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lundi 2 janvier 2023

Anders Fridén (In Flames)

Anders Fridén

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Il est 15h30, je quitte mon boulot à la va-vite et traverse tout Paris pour me rendre au Bataclan. En 2016, j'avais eu l'opportunité d'interviewer Anders Fridén d'In Flames juste avant la sortie de l'album Battles. Le bougre avait été particulièrement agréable alors, forcément, j'avais envie de remettre le couvert ; surtout qu'il y a beaucoup de questions à lui poser avec la sortie du nouvel album d'In Flames en février prochain, son side-project, ses anciens collègues partis former The Halo Effect... 

Et c'est dans les coulisses du Bataclan, où déambuler fait toujours un peu froid dans le dos, que j'ai pu rencontrer pour une vingtaine de minutes le leader de l'un des plus grands groupes de death mélodique, quelques heures avant qu'ils embrasent les planches de la salle parisienne - cf. live report.

Retour sur cet entretien.

An English version of the interview is available below for our non-French speaking readers.

*

 

Merci beaucoup d'avoir accepté cette interview, Anders. Comment va ? Comment te sens-tu à l'idée d'être de retour à Paris après toutes ces années ?

C'est bon d'être de retour en France ! Nous avons joué hier à Strasbourg et c'était génial. Je me sens toutefois un peu bizarre d'être dans cette salle. Avec son histoire et tout ce qui est arrivé. J'ai eu des frissons en entrant ce matin. Mais globalement, être de retour sur la route, c'est génial.

Je me souviens que vous étiez en tournée en France lorsque les attaques terroristes de novembre 2015 ont eu lieu. Je devais vous voir le lendemain à Nancy et vous aviez légitimement et évidemment annulé le spectacle....

Ouais. C'était horrible. Anders fait une pause. Horrible.

Après presque deux ans de pandémie, vous êtes repartis fort avec une petite tournée au Royaume-Uni en mai, puis une tournée complète aux États-Unis en septembre/octobre, et maintenant vous entamez une tournée européenne. Qu'est-ce que cela fait d'être de retour sur la route après un si long moment à la maison ? Etiez-vous impatients de repartir en tournée ?

Oui ! Nous avons attendu si longtemps. Tourner est ce que nous avons fait - et ce que j'ai fait - pendant toute ma vie d'adulte. C'est ma famille, tu sais. J'ai une famille à la maison et j'ai une famille en tournée avec l'équipe, le groupe, les fans et tout le reste. Ça nous a vraiment manqué. Le premier concert au Royaume-Uni, je pense que c'était à Brighton, je m'en souviens à peine car il y avait tellement d'émotions à être sur cette scène et à voir nos fans... Donc oui, c'est génial. C'est ce que nous sommes et nous aimons ça.

La pandémie a-t-elle été un moment difficile pour toi ou, à la vérité, une pause bienvenue avec ta famille dans une carrière très intense ces dernières années ?

C'était difficile. Je veux dire, ne te méprends pas, j'aime ma famille ! Mais, tu sais, nous sommes tellement habitués à voyager. Nous avons fait cela pendant tant d'années et tout d'un coup, cela s'arrête sans perspective de savoir quand tout va reprendre. La première année est passée assez vite, mais alors qu'on semblait se diriger vers une réouverture du monde, nous avons été frappés par cet Omicron - ou quel que soit le nom du variant en cause - et le monde s'est refermé. C'était vraiment dur ; quand vous êtes presque sorti d'affaire et que finalement tout recommence. C'était un long moment et nous ne savions pas comment ça se passerait après, surtout pour nous. En même temps, nous étions en sécurité avec nos familles. Je connais des gens qui ont été malades ou qui ont perdu leur emploi ou des choses comme ça, donc... Tout compte fait... Anders fait une pause. Je pense que c'était plutôt une bonne chose pour notre groupe dans un sens. On a eu cette longue pause et on a pu prendre du recul pour réfléchir à ce qui est réellement important dans la vie. On en est sortis plus forts. À mon sens, nous avons enregistré un album qui est l'un de nos meilleurs. Il ressemble à un résumé de ce que In Flames représente. La mélodie et l'agression des albums passés, du présent et de tout ce qui se trouve entre les deux.

Même pendant la pandémie, tu as été très occupé par des side-projects. En plus du nouvel album qui sortira en février, tu as sorti à la fin de l'année dernière un album d'ambient intitulé If anything, Suspicious. Et In Flames va sortir une bande dessinée intitulée « In Flames : The Jester's Curse » l'année prochaine. Peux-tu m'en dire plus sur ces projets ?

Oui, tu as raison. Nous avons été très actifs pendant cette période mais nous sommes avant tout un groupe de tournée, un groupe de scène. En ce qui me concerne, je ne peux pas m'arrêter de créer ; c'est ce que je suis. Il était donc important de faire quelque chose de ce temps libre. J'ai donc construit un studio et acheté tout un tas de synthés et j'ai commencé à créer cet album de musique ambient. Il n'était pas destiné à être publié, je l'ai juste fait pour rester sain d'esprit, tu sais...

Est-ce un projet ponctuel ou as-tu l'intention de créer et de sortir d'autres albums ?

Je suis toujours en train d'écrire des choses pour ce projet. Mais c'est quelque chose que je fais quand je suis à la maison. Je ne veux pas faire ça sur un petit ordinateur ou un portable en tournée, j'ai vraiment besoin d'avoir tout le matériel adéquat dans un studio. Mais, oui, je vais en faire plus à l'avenir. J'adore faire de la musique instrumentale, créer des émotions avec du son.

Tu n'es pas le seul à avoir été créatif ces derniers mois. Je fais référence à d'anciens membres d'In Flames qui ont créé The Halo Effect et sorti un album plus tôt cette année (ndlr : en 2022). Que ressens-tu en voyant tous ces anciens membres se réunir et sortir un album ?

Eh bien, nous ne sommes pas propriétaires de la musique. Les gens font ce qu'ils veulent. C'est ce qu'ils ont fait et c'est tant mieux. J'ai vu des membres partir dans le passé et former des groupes et c'est tout à fait normal. Maintenant, il se trouve que ce projet comporte cinq anciens membres mais that's all good (sic). Ils suivent leur chemin et cela n'a rien à voir avec ce que nous faisons avec In Flames. En fait, je ne les ai même pas écoutés donc... J'entends juste les gens dire que ça sonne plus ou moins comme Dark Tranquillity ou en tout cas plus comme Dark Tranquillity que In Flames ; ça pourrait avoir quelque chose à voir avec le chant de Mikael. Quoi qu'il en soit, c'est tout à fait normal.

Il n'y a pas eu de déclaration officielle disant que Niklas était sorti du groupe mais Chris Broderick fait de facto partie d'In Flames. Il y a maintenant trois Américains dans le groupe : In Flames n'a jamais été aussi yankee qu'aujourd'hui. Cela change-t-il votre façon d'aborder la musique ou de fonctionner en tant que groupe ?

Déjà, ce sont des gens bien, sinon ils ne seraient pas dans le groupe ! Bjorn et moi continuons à écrire la musique, donc cela ne change rien à ce que nous sommes. Je suis très heureux de la situation dans laquelle nous nous trouvons, car ces gars sont de grands professionnels, très talentueux dans ce qu'ils font. Je suis également très heureux de la façon dont In Flames sonne aujourd'hui. Encore une fois, je ne veux pas dénigrer les gars précédents, mais la façon dont nous sonnons sur scène et la façon dont cet album est sorti... Je ne pense pas que nous ayons jamais sonné mieux. C'est une question d'opinion si vous aimez ou non, bien sûr, mais pour moi, ça l'est. Je ne vois pas vraiment ça comme "Oh, il y a plus d'Américains que de Suédois". Vous n'êtes pas le premier à poser la question et je la comprends totalement mais, en fait, ce sont tout simplement de bons êtres humains qui se trouvent être nés aux Etats-Unis !

Parlons un peu de votre nouvel album, Foregone, qui sortira en février prochain. Depuis Battles, vous avez enregistré tous vos albums à Los Angeles avec Howard Benson. Avez-vous opté pour le même schéma pour cet album ? Était-ce une volonté de maintenir cette approche « américaine » dans la production et le son ?

Non, ça n'a rien à voir avec un quelconque « son américain ». Howard vit là-bas et il a évidemment une certaine façon d'aborder la musique, mais nous écrivons ce que nous écrivons. Le producteur nous aide et a ses idées ; c'est un type formidable et il a un excellent palmarès. Mais c'est surtout un moyen très agréable de sortir de Suède au milieu de l'hiver. Anders rigole. Il fait très froid là-bas, et l'Amérique est chaude et agréable à cette époque ! Nous avons une belle installation en Californie et un tas d'amis que nous avons appris à connaître au cours de ces années, en particulier Blake (ndlr : Blake Armstrong) qui réalise nos artworks. C'est juste un ensemble de bonnes vibrations. Pour enregistrer en Suède ou à la maison, vous avez la distraction de la routine quotidienne ; si vous allez ailleurs, il s'agit de la musique et rien d'autre. Nous pourrions probablement aller où nous voulons ; nous avons été dans plusieurs endroits dans le passé. Nous avons fait un disque au Danemark et ce n'était pas un son danois, nous avons fait un disque en Allemagne et ce n'était pas un son allemand, donc c'est pareil aux Etats-Unis. Il ne s'agit pas d'obtenir tel ou tel son, il s'agit juste d'être dans une bulle et de se faire plaisir. Parce que pour moi, un album est tellement important que je veux lui donner la meilleure chance possible.

Tu viens de mentionner que Bjorn et toi êtes toujours ceux qui écrivent la musique. Les autres membres sont-ils également impliqués dans le processus d'une manière ou d'une autre ?

Ils ont tous ajouté leurs éléments et leurs compétences lors de l'enregistrement. Bryce (ndlr : Bryce Paul) à la basse, Tanner (ndlr : Tanner Wayne) à la batterie et aussi Chris (ndlr : Chris Broderick, ex-Megadeth) qui avait envie de faire des solos pour certaines chansons de cet album, ce qui est incroyable. Mais au final, c'est Bjorn et moi qui écrivons la musique, les paroles, les mélodies et tout le reste. Et puis ils ajoutent leur pierre à l'édifice. Nous verrons si cela changera à l'avenir. J'entends par là qu'il y a une très bonne ambiance dans le groupe. Et ça ne sonnerait pas pareil si c'était d'autres personnes qui l'enregistraient. Je pense vraiment que leur talent brille dans cet album et que vous pouvez l'entendre.

C'est clairement le cas avec Tanner Wayne, à la batterie. Je ne suis pas sûr d'avoir entendu des rythmes et des lignes de batterie aussi bons depuis peut-être Soundtrack to Your Escape en 2004, où la batterie était centrale dans la façon dont les chansons étaient composées. J'apprécie vraiment ce qu'il apporte sur ce nouvel album. Sans vouloir critiquer l'album précédent, bien sûr...

Oui, Tanner est un cheval de course !

J'ai eu la chance de jeter une oreille à votre album pendant quelques jours. Je pense qu'il résume un peu vos quatre derniers albums, tout d'abord en ce qui concerne les vocals avec une vibe très mélodique, presque pop...

Anders m'interrompt. C'est censé être mélodique, je suppose.

Et, d'un autre côté, il y a une sorte de vibe de l'époque A Sense of Purpose sur la façon dont la musique est très guitar-driven et les titres pleins d'émotion. Je ne suis pas sûr que vous feriez le même résumé mais...

Anders m'interrompt. Eh bien, c'est ton sentiment et si cette lecture est celle que tu fais alors c'est parfait !

Est-ce que ramener des éléments plus old school dans votre musique actuelle était la voie que vous vouliez suivre ?

Nous voulons suivre le chemin que nous prenons ! Anders sourit. J'aime notre passé, ce n'est pas quelque chose pour lequel je dis "Pfff... J'aurais aimé que nous fassions autre chose". Il est toujours là, il est dans nos mains. Mais encore une fois, la pandémie et la pause que nous avons eue ; être capable de voir ce qui est important... Ca a beaucoup à voir avec la façon dont cet album sonne. Et l'énergie globale qui s'en dégage, être dans la même pièce que les gars, cela a eu un impact sur la musique. La seule chose que nous avons précisé à propos de cet album, c'est qu'avant de commencer à le faire, nous voulions qu'il soit un peu plus axé sur les guitares et la batterie. Et s'il y a une critique que je pourrais faire, c'est que certains mixages des albums précédents sont un peu trop "décontractés". Je voulais que celui-ci sonne un peu plus brut.

Ce que vous avez réussi à faire.

Oui, je l'espère. Et c'est peut-être pour ça que les gens disent que ça peut ressembler à telle ou telle époque. Mais pour moi, c'est comme si nous continuions vers un endroit, même si je ne sais pas vraiment où. C'est juste un album plein d'énergie ! Il était important pour moi que les parties plus heavy soient plus justes, et que les parties plus lentes / plus dynamiques soient également jouées avec un certain feeling. Chaque coup sur les fûts, chaque corde qui vibre doit compter.

Est-ce quelque chose qui te dérange que les gens comparent toujours votre musique avec les anciens albums d'In Flames ou essaient de trouver un lien quelconque avec eux ? Je veux dire, quand vous êtes un groupe qui existe deuis près de 30 ans, vous évoluez évidemment en tant que groupe, en tant que musicien, en tant qu'être humain et cela a naturellement un impact sur votre musique. Vos fans peuvent, pour des raisons qui leurs sont propres, être un peu bloqués sur telle ou telle période de votre carrière parce qu'ils se sont sentis concernés à l'époque et se sont appropriés votre musique.

Je pense que c'est très naturel. Quand vous entendez quelque chose pour la première fois qui résonne vraiment en vous, alors vous comparez tout à ce moment. Encore une fois, c'est une question de goût. On ne peut pas vraiment dire "ton goût est mauvais", "ton goût est bon" (Anders pointe dans diverses directions). C'est comme ça, c'est tout. Je suis extrêmement habitué à cela ; bien sûr, je suis fatigué à certains moments de cette comparaison. J'ai parfois l'impression de devoir défendre quelque chose que je trouve vraiment inutile puisque, là encore... Anders fait une pause. Ce sont des opinions, des goûts. Les deux ne sont pas des faits. Je préfère être un groupe dont les gens discutent qu'un groupe dont les gens ne se soucient pas. Je pense que ce qui est très cool et ce qui me rend le plus fier, c'est que nous avons un son qui est le nôtre. Que vous aimiez The Jester Race, I, the Mask, ce nouvel album ou n'importe quelle sortie entre les deux, vous entendrez que c'est In Flames. Peut-être que vous allez dire que ce n'est pas pour vous, et c'est cool. Mais vous pouvez entendre que c'est nous. Il y a des gens qui ont tout aimé, il y a des gens qui ont arrêté de nous écouter avec Colony et cela ne nous pose aucun problème. Au moins vous aimez ces albums et c'est génial. Nous avons eu quelqu'un l'autre jour, une fille à un meet & greet, qui a dit que Battles était l'album d'In Flames qui a tout changé pour elle. Et c'est génial aussi ! Nous sommes tous connectés à des niveaux différents et cela nous convient en tant que groupe.

Vous faites clairement partie de cette caste de groupes de heavy metal, comme Lamb of God par exemple, où il ne faut pas plus de 10 secondes de chaque titre pour savoir de quel groupe il s'agit. Et c'est le cas depuis le premier jour...

Oui et je préfère être ce genre de groupe plutôt qu'un groupe où l'on dirait « ça ressemble à AC/DC mais ce n'est pas eux ! ». Je ne peux pas contrôler ce que les autres pensent ou ressentent. Ce serait à la fois stupide et une perte de temps pour moi d'essayer d'expliquer pourquoi vous devriez toujours écouter In Flames. Si vous ne comprenez pas, alors vous ne comprenez pas et c'est très bien comme ça.

En parlant du temps qui passe, c'est un sujet que l'on retrouve beaucoup dans vos textes au fil des années. Dans tout l'album Sounds of a Playground Fading par exemple mais aussi dans le titre « Wallflower » de l'album Battles. Le fait de vieillir, est-ce quelque chose qui vous effraie ou qui vous inspire ?

Devenir père a été une prise de conscience du temps qui passe, à coup sûr. Et c'est un sujet intéressant à traiter. C'est quelque chose que nous ne pouvons pas fuir. L'horloge fait tic-tac pour tout le monde et on ne peut pas l'arrêter. Nous avons tous des horloges différentes codées dans notre ADN et nous ne savons pas quand c'est notre heure de partir, pour ainsi dire. J'ai fini par l'accepter mais... Je pense que cet album est plus tourné vers l'extérieur que vers l'intérieur. La pandémie m'a fait réaliser et espérer que l'après sera meilleur, que nous réfléchirons tous à ce que nous avons, à la façon dont nous nous traitons les uns les autres, à la façon dont nous traitons le monde qui nous a été donné, le temps qui nous a été donné. Et voir que nous ne le faisons pas, que nous avons toujours moins de tolérance, que nous avons toujours plus de colère, que nous pointons toujours plus du doigt vers les autres... Et encore une fois, à propos de ces opinions, comme je l'ai dit dans une des chansons : « Bend the truth to fit your opinions ». C'est comme, « mec, ce ne sont pas des faits dont tu parles, c'est juste... ». Anders fait une pause. Oui, j'ai peur de l'avenir. J'ai peur de l'époque et du monde que nous léguons à nos enfants. Et maintenant, nous avons une guerre en Europe, ce qui est une situation très triste et une façon très peu moderne de voir le monde.

Le temps a toujours été un de vos thèmes de prédilection et il a toujours été lié à une ambiance très mélancolique / triste ressentie dans vos précédents albums. Je veux dire, vous n'avez jamais écrit de chansons joyeuses, ce n'est pas ce que vous êtes...

Anders rigole. Non, ce n'est pas ce que nous sommes !

Mais depuis Battles, nous avons vu In Flames opter pour une vision plus optimiste, comparé, par exemple, à un album comme A Sense of Purpose qui était sombre et mélancolique.

Oui. Mais il doit y avoir de l'espoir, tu sais. Sinon, à quoi bon ? Sinon on abandonne, tout simplement. Je pense que pour moi ou pour quiconque lisant les paroles, nous sentons toujours le temps passer et nous pensons parfois que nous devrions abandonner. Mais il y a des choses importantes dans le monde dont nous devons nous occuper. Je veux être là pour mes enfants et pour leurs enfants aussi. Mes textes sont comme mes propres séances de thérapie, pour me permettre de faire face à ce qui se passe dans le monde. C'est comme si, je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de cela, mais quand vous êtes très triste ou quand vous avez un problème avec quelqu'un, vous devriez écrire vos difficultés sur un papier puis aller dans la forêt et le brûler. C'est comme ça que ça se passe avec ces paroles : je les écris, je vous les donne et ensuite elles sont à vous, donc vous pouvez en faire ce que vous voulez et faire vos propres interprétations. C'est une façon pour moi de me décharger de tout ce poids sur mes épaules.

En ce qui concerne l'avenir, nous avons assisté à des changements drastiques dans l'industrie musicale ces dernières années. De moins en moins d'albums vendus, le numérique est la nouvelle façon de consommer la musique. De plus en plus de groupes sortent des EPs, des singles et des clips sur Youtube plutôt que des albums. D'un autre côté, Fenriz de Darkthrone a récemment déclaré que dans le metal, les albums ne disparaîtront jamais car ils constituent l'unité de base ou la façon dont nous créons la musique. Quel est ton point de vue à ce sujet ?

J'entends depuis de nombreuses années que le format album est mort. Mais ce n'est pas vrai. C'est peut-être parce que je viens d'une époque où nous créions tous des albums, mais c'est toujours ainsi que je conçois la musique. Je pense à la face A et à la face B, je pense à toute la dynamique au sein d'un album complet en vinyle. Nous n'écrivons pas de singles, nous écrivons des albums. Nous verrons de quoi l'avenir est fait, bien sûr. Et je comprends quand les gens créent et écoutent des playlists sur Spotify ou autre, qu'ils écoutent 15 secondes par-ci, 15 secondes par-là, puis passent à la suivante. Mais ce n'est pas comme ça que je veux montrer notre musique et notre groupe. Nous sommes tellement plus qu'une chanson. Et je ne pense pas que vous puissiez nous juger avec un single ou 15 secondes. Pour moi, le format album est extrêmement important et je pense que pour le heavy metal, ce concept a toujours de la valeur pour nos fans, car ils sont très loyaux : ils viennent aux concerts, ils achètent les t-shirts, ils achètent l'album, ils veulent l'artwork, ils veulent le concept complet. Peut-être que pour d'autres genres, c'est moins important ; ils sortent juste un tas de singles et les mettent le cas échéant dans un vinyle dans un second temps. Mais ce n'est pas ainsi que nos fans consomment la musique. En même temps, nous devons nous adapter à la situation et je pense que c'est incroyable que nous puissions avoir toute la musique que nous voulons dans notre poche. Mais l'aspect physique est extrêmement important pour nous ; c'est pourquoi nous sortons notre album en février prochain, bien qu'il soit prêt depuis des mois. Nous voulons que nos fans puissent se procurer le vinyle, la cassette, le CD ou ce qu'ils veulent au même moment.

Ces changements t'inquiètent-ils ? Moins de revenus pour les albums, ce qui signifie que vous devez tourner encore plus, mais avec la multiplication des tournées et les gens qui n'ont pas un budget illimité pour les concerts...

Oui... Nous en voyons déjà les effets. Quelqu'un m'a dit qu'il y a actuellement sept tournées de groupes de notre taille en Europe. Je comprends donc que les gens ne puissent pas venir nous voir tous, c'est tout simplement impossible. Maintenant que les factures de nourriture, d'électricité et de gaz augmentent, nous avons tous moins d'argent en poche pour soutenir nos groupes préférés. Pourtant, les fans de metal sont là et essaient d'aider et aiment consommer de la musique. Mais oui, c'est dur. Anders hésite. C'est parfois frustrant de voir les revenus disparaître pour certains groupes mais, en même temps, il est plus facile que jamais de sortir de la musique. Il est plus difficile de se faire entendre parce qu'il y a tellement de groupes, mais il est plus facile de diffuser sa musique au monde. Nous verrons ce qui se passera à l'avenir.

Notre temps est presque écoulé donc je ne te poserai qu'une dernière question. La dernière fois que je t'ai interviewé en 2016 avant la sortie de Battles, je t'avais demandé si In Flames ferait une tournée où vous joueriez un album entier pour celébrer un anniversaire par exemple, et vous m'aviez répondu "Hell no !".

Anders rigole. C'est toujours "Hell no !".

Mais est-ce que tu envisagerais peut-être de faire un set on-request où tu proposerais trois ou quatre titres de chaque album et laisserais le public décider ? Ou peut-être voulez-vous garder le contrôle de la structure de vos setlists et des différentes couches d'In Flames que vous voulez mettre en avant.

C'est intéressant. Je ne devrais jamais dire non. Nous avons fait des choses dans le passé où nous avons apporté des violons, différentes cordes avec nous sur scène, ce qui était extrêmement cool. Cela a donné une autre vision de notre musique. Peut-être... Anders fait une pause. Nous verrons. En revanche jouer l'ensemble d'un album, je pense que c'est... Il y a eu tellement de fois où nous avons eu la chance de célébrer notre musique et nous l'avons en quelque sorte manquée. J'ai entendu il y a quelques jours que c'était les 25 ans de Whoracle ; quand quelqu'un me l'a dit, je n'en avais aucune idée ! En réalité, je ne veux pas m'étendre sur un seul album, ce serait une solution de facilité.

C'est une question intéressée parce que Soundtrack to Your Escape, que j'adore, va bientôt fêter ses 20 ans...

Anders rigole. En fait, c'est le seul que nous ayons joué en entier à l'époque ! Nous préparions un festival en Suède et nous l'avons fait lors d'un live amusant au moment de la sortie de l'album.

Je sais... Je regrette amèrement de ne pas avoir été là à l'époque ! Notre temps est écoulé... peut-être peux-tu donner un dernier mot pour vos fans français ?

Bien sûr ! Merci d'être toujours là ! Nous aimons être ici et jouer notre musique, voir ces beaux visages dans le public. Nous apprécions vraiment que tout le monde vienne et nous soutienne. Et écoutez ce nouvel album car il est génial !

 

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English Version

 

Thank you very much for having me, Anders. How are you? How do you feel being back in Paris after all this years?

It’s good being back in France! I mean, we played yesterday in Strasbourg and it was awesome. I feel a little bit eerie about being in this venue. With its history and everything. Kind of getting the chills when I walked in this morning. But, I mean, overall being back on the road feels amazing.

I remember you were touring in France when the November 2015 terrorist attacks happened. I was supposed to see you the day after in Nancy and you rightfully and obviously cancelled the show...

Yeah. That was horrible. Anders pauses. Horrible.

After nearly two years of the pandemic, you started strong with a small UK tour back in May, then to the US in September / October, and now you starting an EU tour. How does it feel to be back on the road after such a long time at home? Were you eager to be on tour again?

Yes. We waited for such a long time and this is what we have been - or I have been - doing for my whole grown up life. It’s my family, you know. I have a family at home and I have a touring family with the crew, the band and the fans and everything. We really missed that. The first show in UK, I think it was in Brighton, I barely remember because there was so much emotions being on that stage and seeing people. So yeah, it’s great. This is what we do and we love this.

Was the pandemic a tough moment for you or, basically, a welcome break with your family in a very intense touring career in the past years?

It was tough. I mean, don’t get me wrong, I love my family! But, you know, we are so used to be coming and going. We have done this for so many years and all of a sudden it was not there anymore and we did not know when we were going to see everyone again. The first year went by fairly quick, and it looked like the world was going to open, and then we were hit with this Omicron or whatever the virus was called and the world closed down again. That was really tough; when you’re almost out of it and back again. It was a long time and we did not know how it would be afterwards, especially for us. At the same time, we were safe with our families. I know people who got hurt or lost their jobs or stuff like that so… All in all… Anders pauses. I think it was good for our band in a way. We got a break and we got to look at ourself with this pause. We really had to think with what is important in life. So we came out of that stronger. And, to me, we’ve made an album that is one of the best we have done. It feels like a really solid summary of what In Flames stands for. The melody and the aggression of the past, the present and everything in between.

Even during the pandemic you were pretty busy with some side-projects. On top of the new album coming out, you released at the end of last year an album for your Ambient-Type Project called If anything, Suspicious. And you will release In Flames: The Jester’s Curse, a comic book next year. Can you tell me more about these exciting projects?

Yes, you are correct. I mean, things are definitely happening but we are a touring band, we are a live band. For me… I can’t stop creating, that is who I am. So it was important for me to do something, so I’ve built a studio and bought a bunch of synths and started creating this ambient album. It was not meant to be released in a way, I’ve just did it to stay sane, you know.

Is this a one time thing or do you intent to create and release other albums?

I’m still writing stuff for that project. But that’s something I do when I’m at home. I do not want to do this on a small computer or a laptop on tour, I really need to have all the material in a studio. But, yeah, I will do way more. I love to do stuff that is no vocals; you just create and emulate emotions with sound.

You’re not the only one who has been creative in the past months, I’m talking about ex members of your band who created The Halo Effect and released an album earlier this year (editor’s note : in 2022). How do you feel seeing all these former In Flames members gathering and releasing an album? Doesn’t it feel a bit weird?

Well, we don’t own the music. People can do whatever they want. That’s what they did and that’s fine. I’ve seen members leaving in the past and forming bands and that’s totally fine. Now it just happened to be five members together but it’s all good. They follow their path and it has nothing to do with what we do. Actually, I haven’t even listened to them so… I just hear people say that it sounds more or less like Dark Tranquillity or more like Dark Tranquillity than In Flames; it might have something to do with Mikael’s vocals. It’s totally fine.

There was no official statement saying that Niklas was out of the band but Chris Broderick is now de facto part of the band. There is now three Americans in the band: In Flames has never been as yankee as nowadays. Does it change the way you approach music or you function as a band?

Well, they are good people; otherwise they wouldn’t be in the band. Bjorn and I still write the music so it does not change the big picture. It’s still us, you know. I am very happy with where we are because these guys are super professionals, super talented at what they do. I am also very happy with the way we sound today. Again, I don’t want to put shadow on the previous guys, but the way we sound on stage and the way this album came out… I do not think we have ever sounded better. It’s a matter of opinion if you like it or not, of course, but to me it is. I don’t really see it as “Oh there are more Americans than Swedes”. You are not the first one to ask the question and I totally understand it but, as a matter of fact, they are the right humans who just happened to be born in the US!

Let’s talk a little bit about your new album, Foregone, which will be released next February. Since Battles, you have recorded all your albums in Los Angeles with Howard Benson. Did you chose the same process for this album? Were you leaning toward having an American sound or American approach to this album?

No, it has nothing to with the American sound. Howard lives there and he obviously has a certain way of approaching the music, but we write what we write. The producer helps and has his ideas; he is an amazing guy and has a great track record. But it’s mainly a very nice way to get out of Sweden in the middle of the winter. It’s very cold up there, and America is warm and nice at that time! We have a nice setup in California and a bunch of friends around that we’ve got to know through these years, especially Blake (editor’s note: Blake Armstrong) who does our artworks. It’s just an overall of good vibes. To record in Sweden or at home, you have the distraction from the daily routine; if you go somewhere else, it’s all about the music and nothing else. We could probably go wherever we want; we’ve been to several places in the past. We’ve made a record in Danmark and it was not a Danish sound, we’ve made a record in Germany and it was not a German sound, so it is the same in the US. It is not about getting that, it’s just about being in the bubble and setting up nice for ourselves. Because to me an album is so fucking important that I want to give it the best chance I can.

You’ve just mentioned that you and Bjorn are still the one writing the music. Are the other members also involved in the process one way or another?

They all added their elements and craft when we recorded. Bryce (editor’s note: Bryce Paul) who played the Bass, Tanner (editor’s note: Tanner Wayne) who plays the Drums and also Chris (editor’s note: Chris Broderick, ex-Megadeth) who was craving some solos for some songs of this album, which is amazing. But in the end it’s Bjorn & I that are writing the music, lyrics, melodies and all that stuff. And then they come. We will see what happens in the future. I mean, there is a really good vibe in the band. And it would not sound the same if it was some other people recording it, so. I really think that their talent is shining in this album and that you can hear it.

Especially Tanner Wayne, on the drums. I’m not sure I’ve heard such great rhythms and drum patterns since maybe Soundtrack to Your Escape in 2004, where the drums were so important in the way the songs were composed. I really thought that he brought something really good to the table on that new album. Not to take a shot at the previous one of course…

Yeah, I mean, he is a racehorse!

I had the chance to take a good hear at your album for a few days. I do think that it kind of summarizes your last four albums regarding the clean vocals with a pop vibe..

Anders interrupts me. It’s supposed to be melodic, I guess.

And, on the other side, it kind of has a vibe of the era of A Sense of Purpose on how the music is guitar-driven and all titles are full of emotion. I am not sure that you would make the same summary but…

Anders interrupts me. Well, that’s your feeling and if it’s right to you then that’s perfectly fine!

Was bringing back some “old stuff” elements to your current music, the way you wanted to head?

We want to go with the route we are heading! He smiles. But I love our past, it’s not something where I would say “Pfff.. I wish we could have done something else”. It’s always there, it’s in our fingers. But again, the pandemic and the break that we had, to be able to see what’s important… it had a lot to do with how this album sounds. And the energy, like being in the same room with the guys - as I said - had an impact on the music. The only thing we said about this album was, before we started making it, that we wanted it to be a little more guitar-driven and drums up-front. And if there is some criticism that I could make is that some mixes in the past albums are a little bit too laid back. I mean, I wanted it to sound a little bit more raw.

Which you managed to.

Yes, I hope so. And that’s maybe why people say that it may sound like this era or this era. But to me, It’s like we are continuing toward a place, and I do not know where really. It’s just an album full of energy! It was important to me that the heavier parts were more on point, and the slower / more dynamic parts were also played with a certain feel. Every drum hit, every guitar pick must count.

Is this something that bothers you that people may always compare your music with the old In Flames or try to find any link thereof? I mean, when you are a 30 year-old band you will obviously evolve as a band, as a musician, as a human being and it can obviously have an impact on your music. Your fans can be, for their own reasons, may be a little bit stuck on this era or that era of your music because how they felt and appropriate your music.

I think that’s very natural. When you ear something for the first time that really resonates with you, then you compare everything to that moment. Again, it’s a matter of taste here. We can’t really say “your taste is wrong”, “your taste is fine” (he points in various directions). It is just the way it is. I am extremely used to it; of course I am tired at points here and there. I feel sometimes that I have to defend something which I find really unnecessary since, again.. he pauses, it’s opinions, it’s tastes. Both of them are not facts. It’s just like, it’s okay. I would rather be a band that people discuss that a band that people don’t care about. To me, as well, I think what is very cool and what makes me the most proud is that we have a sound that is ours. Whether you like The Jester Race, I, the Mask, this new one or anything in-between, you will hear it’s In Flames. Maybe you will say that it this is not for you, then that’s cool. But you can hear it’s us. We have people that liked everything, we have people that stopped listening to us with Colony and that’s also fine. At least you like these albums and that’s amazing. We had someone the other day, a girl at a meet and greet, who said that Battles was her album, the In Flames’ album that changed everything for her. And that’s awesome too. We all connect on different levels and that’s fine with us.

You are clearly part of that small group of heavy metal bands, like Lamb of God for instance, where you do not need more than 10 seconds of each title to know what band it is. And that’s been the case since day 1…

Yeah, and I would rather be this kind of band compared to a one where we would say “It sounds like AC/DC but it’s not”. I can’t control what other people feel. It would be both stupid and very time consuming of me trying to be out there to explain why you should listen to this. If you don’t get it, then you don’t get and that’s fine.

Speaking of time, that’s a topic we do find a lot in your lyrics through the years. In the whole Sounds of a Playground Fading album for instance but also in the title Wallflower in the Battles album. Is time passing by, you getting older, something that fears you or just inspire you lyrically-wise?

Becoming a father was a realization of time for sure. And it’s an interesting topic. It’s something we cannot run away from. The clock is ticking for everybody and you can’t stop it. We all have different clocks coded in our DNA and we don’t know when it’s our time to go, so to speak. I have come to terms with it more but… I think that this album is way more outlooking than inwards. The whole pandemic made me realize and hope that it will be a better outcome, that we all would think about what we have, how we treat each other, how we treat the world we were given, the time we were given. And seeing that we actually don’t, that we have less tolerance, that we have more anger, that we are pointing more fingers. And again, about these opinions, like I said in one of the songs : “bend the truth to fit your opinions”. It’s like, “dude, it’s not facts you are talking about, it’s just…” he pauses. Yeah, I’m scared of the future. I’m scared of the time and the world we are giving to our children and so on. And now we have a war going on in Europe which is just a very sad situation and very unmodern way to look at the world.

Time has always been a theme of yours and it’s always been kind of connected to a very melancholic or sad vibe that we felt in your past albums. I mean, you have never written happy songs, that’s not who you are.

Anders laughs. No, were not.

But since Battles, we have seen In Flames opting for a more optimistic way to deal with this subject, compared, for instance, to an album such as A Sense of Purpose which was pretty sorrowful.

Yeah. But it has to be some hope, you know. Otherwise, what’s the point? Then we would just give up. I think that for me or whoever read the lyrics, we always feel the time passing and maybe that we should give up. But there are important things in the world that we have to address. I want to be there for my children and for their children too. My lyrics are like my own therapy sessions, to allow me to cope with what’s going on in the world. It’s like, I don’t know if you have ever heard about that, but when you are super sad or when you have an issue with someone you should write it down and then go to the forest and burn up the paper. This is how it is for me with this lyrics: I write it down, I give it to you and then it’s yours so you can do whatever you want with them and do your own interpretations. It’s a way for me to unload my shoulders.

Speaking about the future, we’ve seen some changes in the musical industry. Less and less albums sold, digital is the new way to consume music, more and more bands are just releasing EP, singles and clips on Youtube rather than frequent albums. On the other hand, Fenriz from Darkthrone said that in the metal genre, albums will never disappear as it is the base unit or how we create music. What is your take on that?

I have been hearing for many years that the album format is dead. But that’s not true. Maybe it’s because I am coming from an era where we all created albums, but that’s still how I look at music. I think about Side A and Side B, I think about the whole dynamic within a vinyl of a full album. We do not write singles, we write albums. Then we will see what happens in the future, of course. I get when people create and listen to playlist on spotify or whatever, and listen 15 seconds here, 15 seconds there and then move on to the next one. But that’s not how I want to show our music and our band. We are so much more than a song. And I don’t think you can judge us with a single or 15 seconds. To me, the album format is extremely important and I do think that for heavy metal that concept is still valuable for our fans because they are very loyal: they come to the shows, they buy the t-shirts, they buy the album, they want the artwork, they want the full concept. Maybe for other genres it’s less important; they release just a bunch a singles and then maybe put them in one vinyl. But it’s not how our fans consume music. Same time we have to adapt to the situation and I think that it’s amazing that we can have all the music we want in our back pocket, that’s awesome. But, the physical thing is extremely important to us; that is why we are releasing our album next February despite the fact that is has been ready for months. We want our fans to be able to get the vinyl, the cassette, the CD or whatever they want at the same time.

Does these changes worry you? Less revenues from the albums so basically you have to tour even more, but with the multiplication of tours and people who do not have unlimited budget for gigs…

Yeah, I mean we are already seeing the effect of that. Someone told me that there are currently seven or something metal tours of our size in Europe. So I get that people can’t come and see all of us, it’s just impossible. Now with the food, electric and gas bills going up, we all have less money in our pocket to support our favourite bands. Still, the metal fans are there and trying to help out and love to consume music. But yeah, it’s tough. Anders hesitates. It is frustrating at time to see the revenues disappearing for some bands but, at the same time, It is now easier than ever to release music. It’s tougher to be heard because there are so much bands out there, but it is easier to get your music out. We will see what happens in the future.

Our time is nearly up so I will only ask you a last question. When I last interviewed you back in 2016 before Battles went out, I asked you whether In Flames would do a tour where they would play a whole album for an anniversary, and you told me “Hell no!”.

Anders laughs. That’s still “Hell no!”.

But would you consider may be to do an on-request set where you propose three of four titles of each album and let the audience decide? Or maybe you want to keep the control of the structure of your setlist and of the different layers of In Flames you want to put out.

I mean, that’s interesting. I should never say no. We have done stuff in the past where we brought violins, different strings with us on stage, which was extremely cool. It gave a different take on our music. Maybe… Anders pauses. we will see. But the whole album I think it’s… There so many times where we had a chance to celebrate our music and we kind of missed it. I heard a few days ago that it was the 25 year anniversary of Whoracle when someone told me, I had no idea! I don’t want to lie on one album, it would be easy just to tour one album.

That’s a self-serving question because it will soon be the 20 year anniversary of Soundtrack to Your Escape, which I love…

Anders laughs. Actually, that’s the only one we have played in full at the time! We were preparing for a festival in Sweden and we just did that at a fun thing when the album was released.

I know... I still feel bad for not being there at the time! Time is up... maybe you can give one last word for your French fans?

Sure! Thank you for still being around! We love being here and playing our music, seeing the pretty faces in the audience. We are truly appreciative of everyone coming and supporting us. And listen to this new album because it’s awesome !

 

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Merci à Anders d’In Flames, à Nuclear Blast et à Valérie de JMT Consulting.