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dimanche 12 octobre 2014 - Michael

In Flames + Wovenwar + While She Sleeps

Bataclan - Paris

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Ce dimanche 12 octobre 2014, le Bataclan était plein à craquer pour accueillir les rois du death metal mélodique suédois (enfin, par le passé) : In Flames. Après avoir récemment sorti un album décrié à la frontière entre le death mélodique et le pop métal, le groupe avait fort à faire pour nous convaincre que ce Siren Charms mérite mieux en live que ce que l’on pense de lui sur cd. Accompagnés de While She Sleeps et de la sensation Wovenwar, l’attente était donc grande.

While She Sleeps :

Après quelques minutes de retard sur le planning officiel, le groupe While She Sleeps rentre sur scène. Né en 2006, le groupe n’a sorti pour le moment qu’un EP en 2010 (The North Stands for Nothing) et un album studio en 2012 (This Is the Six). Les natifs de Sheffield officient dans un metal/hardcore pas vraiment très original ni très puissant et la prestation va être très longue malgré la trentaine de minutes de show. Lawrence Taylor est assez dynamique sur scène, assez théâtral par moment et ne manquera pas de sauter à plusieurs reprises dans le public malgré le pit photo mais le tout me semble assez fade et le public ne répondra pas forcément présent malgré le nombre déjà présent dans les locaux. A l’exception de quelques riffs et quelques phrasés, on n’est pas ébloui par la prestation du groupe même si l’énergie sur scène est évidente.

Wovenwar :

Malgré tout, Wovenwar était attendu ce soir. Attendu par les nouveaux fans du groupe, évidemment, mais aussi par tous les curieux dont je fais partie qui apprécient ou ont apprécié As I Lay Dying en dépit de la personnalité de leur chanteur. Surtout, les membres de AILD qui ont tous rejoint Wovenwar ne sont pas dénués de talent, bien loin de là. Et pourtant le show va vite s'avérer être d’une fadeur sans nom. Pas forcément convaincu par leur premier album, la prestation live n’est pas davantage prenante. Déjà, d’un point de vue scénique : trois guitares (le chanteur Shane Blay a sa guitare, bien inutile d’ailleurs), un milieu de scène divisé en deux entre lui et Josh Gilbert, bassiste et chanteur également et des guitaristes relayés de part et d'autre de la scène. Le tout est d’une immobilité incroyable et donne un effet de pétard mouillé au peu de passages vraiment entraînants.

Musicalement, je n’ai pas davantage été emporté. La voix de Shane Blay est loin d’être irréprochable en live (comme celle d’ailleurs de Josh, mais on le savait déjà) et le tout est vraiment mou. Après l’écoute de leur premier album je m’attendais, malgré le coté mélodique, à quelque chose de bien plus soutenu en live. Mais il n’en est rien. Pire encore, le groupe arrive sans un mot pour le public et repart à la fin d’un titre sans un mot également. Rien. La dernière note sonne, on pose sa guitare, et au revoir merci bon weekend. Une belle déception.

Setlist :
Foreword
All Rise
Death to Rights
The Mason
Profane
Archers
Identity
Tempest
Matter of Time
Prophets
Onward

In Flames :

Après quelques minutes d’attente, relativement courtes au demeurant, les suédois entrent sur scène. Anders déboule avec son style hipster directement sorti de Södermalm ou de Williamsburg pour nous interpréter deux titres issus du dernier album où, déjà, on sent ses limites vocales. Everything’s gone laisse entrevoir les difficultés du suédois à réitérer en live les performances studio comme on avait pu le craindre en écoutant Siren Charms à la lumière des récentes prestations live du groupe. Toujours est-il qu’après ces deux titres passables, le groupe nous offre Fear is the Weakness, très efficace et qui nous rappelle que, oui, Sounds of a Playgroung Fading contient quelques perles (d’ailleurs seule All for Me n’a pas été jouée parmi les tueries de l’album).

Se rappelant qu’ils disposent de 11 albums dont quelques anciens qui font rêver la grande majorité des présents ce soir, le groupe nous gratifie d’un Trigger. Inutile d’en dire plus, dire que le groupe a joué Trigger suffit en soi pour imaginer les riffs, les soli, le public qui devient fou et ma voix qui commence déjà à faiblir.

Petit plaisir du soir, le groupe enchaîne avec Resin, seul titre issu de l’album Colony qui sera joué. C’est un titre relativement rare qui avait été joué (de mémoire) pour la première fois en France au Unholy Alliance II il y a bien longtemps. J’avais déjà pris une claque à l’époque malgré le son horrible de Bercy et un Bjorn hésitant. Ce soir, que du bon. Un break et un solo réussi à la perfection pour une chanson courte, puissante et pleine d’émotion. Une tuerie, point à la ligne.

Autant dire que lorsque Where the Dead Ship Dwell résonne dans le Bataclan, nous sommes tous heureux et la fosse s’en donne à cœur joie malgré la chaleur. Ce titre est terriblement efficace en live, en alternant les refrains chantés et un riff bien puissant accompagné de sample.

Le groupe va néanmoins faire rapidement retomber la pression en enchaînant trois titres du nouvel album qui vont clairement plomber le public. Et je ne dis pas ça uniquement en raison de mon désamour pour leur dernier opus. D'ailleurs l’invitation d’Anders à slammer n’y fera rien (de son aveu d’ailleurs, les titres ne sont pas fait pour) : le public ressemble à une mer d’huile et l’on peine à trouver un second souffle à des titres moyens sur cd. Enfin, moyens pour du In Flames. Là encore, Siren Charms est un bon album, mais un mauvais album d’In FlamesWith Eyes Wide OpenParalysed et Through Oblivion m’ont laissé de marbre, et je ne crois pas avoir été le seul.

Heureusement, quand tout stagne, Anders balance deux/trois blagues sur les gens qui passent leur temps à filmer lors des concerts alors qu'ils se trouvent au premier rang, l'histoire de faire rire le public. Il enchaîne ensuite avec Ropes pour relancer la machine. Même si l’intro n’est pas passée nickel, il faut quand même préciser que ce soir Bjorn et consorts ont été très propres avec un son globalement très bon. S'en suit Delight and Angers, l’un des meilleurs titres d’A Sense of Purpose. On retrouve là le mix parfait entre des riffs tranchants (le son des 5150 est vraiment une merveille) et une mélodie catchy et prenante. Mais rien ne vaut le Cloud Connected qui va suivre pour mettre tout le monde d’accord et faire de nouveau bouger tous les fans de la première heure qui n’attendaient que ça. Encore une claque pour un des meilleurs titres en live des suédois.

C’est le moment que le groupe trouve pour tout recalmer en jouant The Chosen Pessimist tiré d’A Sens of Purpose. Le groupe avait ouvert la tournée de promo de l’album précité en jouant ce titre, longue montée en puissance avec un rideau entre le public et le groupe qui tombait au moment du refrain. L’impression était excellente à l’époque. Ce soir, j’ai trouvé le tout un peu mou en milieu de set. On ne regrette pas qu’ils aient joués le titre, mais qu’ils l’aient joué à ce moment-là du set, juste après un titre rapide et puissant. Surtout juste avant un The Quiet Place toujours aussi bon et un Rusted Nails étrangement agréable en live.

In Flames termine alors son set dans la chaleur et l’humidité sur The Mirror’s Truth (très bonne), Deliver Us (plutôt pas mal) et Take This Life (excellente) après un petit speech d’Anders qui a été peu loquace ce soir (contrairement à d’autres fois, bien sûr).

Au final, Anders nous a donné une drôle d’impression : celle de vivre pleinement et intensément les titres du nouvel album avec peu de communication, un visage crispé et des mimiques qui témoignent d’un certain engagement. Et au contraire d’être en roue libre sur les anciens titres, comme s’ils étaient joués plus l’histoire de ne pas complètement renier le passé. Pourtant les faits sont là, aucun titre des albums Whoracle et The Jester Race et seulement un de Colony et de Clayman. A l’inverse, 6 titres du dernier album (rien de moins logique pour une tournée de promo de l’album) mais 4 de Sounds of A Playground Fading, 3 de A Sense of Purpose.

On est donc partagé sur ce sentiment. Et ce d’autant plus que les titres du dernier album, à l’exception peut-être de Rusted Nails sont très faiblardes en live. Car ce que l’on craignait arrive : Anders a de plus en plus de mal à crier comme par le passé, mais il n’est pas pour autant plus juste et limpide dans les passages clairs qui existent à foison dans le dernier opus. Et le passage de trois titres du nouvel album au milieu du set à clairement calmé les ardeurs d’un peu tout le monde. Il aura fallu un Cloud Connected pour relancer le Bataclan.

Mais le public parisien ne semble pas en tenir rigueur aux suédois, eux qui seront acclamés pendant de longues minutes à la fin du show, laissant un Anders sans voix. Et c’est avec un goût étrange que l’on quitte la Bataclan, celui d’aimer toujours autant In Flames en live même si j’aurais troqué tous les titres du nouvel album sans aucune hésitation pour Pinball MapJotunDial 595 Escape ou bien encore System. Mais les temps changent pour le bien comme pour le pire.

Setlist :
In Plain View
Everything's Gone
Fear Is the Weakness
Trigger
Resin
Where the Dead Ships Dwell
With Eyes Wide Open
Paralyzed
Through Oblivion
Ropes
Delight and Angers
Cloud Connected
Only for the Weak
The Chosen Pessimist
The Quiet Place
Rusted Nail
The Mirror's Truth
Deliver Us
Take This Life

Je tiens à remercier Roger de Replica Promotions.