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jeudi 20 avril 2017 - Michael

Parkway Drive + Asking Alexandria + Stick To Your Guns

Bataclan - Paris

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Après avoir retourné le Cabaret Sauvage en décembre 2014 puis la Cigale en février 2016, les Australiens de Parkway Drive étaient de retour dans notre verte contrée ce jeudi 13 avril 2017 en compagnie d'Asking Alexandria et de Stick To Your Guns.

Retour en texte et en images sur cette soirée qui aura marqué les esprits.

Stick To Your Guns :

Lactance : Arrivé au Bataclan avec presque une demi-heure de retard, autant vous dire que je n’ai pas vraiment eu le temps d’apprécier la performance de Stick To Your Guns. Pas de chance car on m’a souvent vanté les mérites du groupe en live. Une prochaine fois j’imagine !

Setlist :

Against Them All
Empty Heads
Nobody
What Choice Did You Give Us?
We Still Believe
Such Pain
Universal Language
Amber

Asking Alexandria :

Lactance : Contrairement à beaucoup de personnes présentes ici ce soir apparemment, je n’ai pour ainsi dire jamais accroché à Asking Alexandria. Considéré comme un des groupes emblématiques de la scène ‘core britannique, aux côtés de BMTH, B4MV et While She Sleeps, j’avoue que j’ai encore du mal à saisir l’engouement autour du combo, quand d’autres formations du même style me paraissent tout de même nettement plus intéressantes…

C’est donc plus motivé par la curiosité que par un réel enthousiasme que je me lance dans le deuxième show de la soirée, avant l’arrivée tant attendue de Parkway Drive. Un show pas très convaincant et assez inégal dans l’ensemble, mais peut-être pas aussi mauvais que ce que je craignais. Il faut avouer qu’entre les riffs ‘core souvent très aseptisés, les breakdowns plutôt bas de gamme et les power-ballades formatées bien comme il faut, la performance des Britanniques n’est effectivement pas toujours une partie de plaisir.

En revanche, on ne peut pas retirer aux cinq musiciens de s’impliquer à 100% pendant toute la durée du set et de soigner leur prestation. En plus de bien se répartir la scène à tour de rôle et de commencer à chauffer le Bataclan comme il se doit, le quintet peut compter aussi sur un atout de taille, en la personne de Danny Worsnop, pour rehausser les passages susmentionnés. Passant d’un timbre plutôt rock à vrai dire (avec quelques intonations limite crooner par moment) à des screams ‘core parfaitement maîtrisés, le leader du groupe offre une prestation vocale exemplaire et même agréable à suivre globalement. Si on était un peu mauvaise langue, on en reviendrait presque à se demander pourquoi le chanteur a fait le choix de revenir dans Asking Alexandria l’an passé, au lieu de se concentrer sur We Are Harlot - mais c’est une autre question.

Setlist :

Welcome
Dear Insanity
To the Stage
Dedication
Someone, Somewhere
Run Free
The Death of Me
Moving On
The Road
Not the American Average
The Final Episode (Let's Change the Channel)

Parkway Drive:

Lactance : Presque un an après un passage aussi remarqué que réussi à la Cigale, Parkway Drive est de retour à Paris dans le cadre de sa nouvelle tournée européenne « Unbreakable Tour ». Passé du statut d’apprentis ‘coreux en 2005 à celui de véritable phénomène international dix ans plus tard, rien ne semble arrêter le combo australien qui continue, année après année, à surfer sur la vague du succès.

Et comme la dernière fois au 120 boulevard de Rochechouart, la bande de Byron Bay n’aura pas failli à sa réputation, devant un Bataclan plein à craquer et prêt à s’ambiancer non-stop pendant près d’une heure et demie. Débarquant tranquillement sur Wild Eyes (histoire de partir directement sur des bases saines), suivi de près par Carrion (pour faire monter la pression encore un peu plus), inutile de dire que Parkway Drive n’est pas venu ce soir pour faire les choses à moitié. 

Du début à la fin, les Australiens nous délivrent en effet une performance musclée et intense, sans oublier de s’appuyer aussi sur le public, ravi de s’époumoner en choeur sur certaines mélodies d’Idols & Anchors. Toujours aussi communicatif et amical avec les premiers rangs, Winston McCall prend également son rôle de leader très à coeur, malgré la chaleur ambiante, limite suffocante par moment, qui ne viendra pourtant pas à bout du chanteur. Même pas sur Karma en tout cas, l’un des morceaux phares du groupe, qui transforme évidemment le Bataclan en gros défouloir, avec des strobos et des flashs bien violents pour couronner le tout.

En parlant justement de matos, on peut également souligner que la qualité du son est au rendez-vous et nickel tout le long du set. Là où le son au Cabaret Sauvage (2014) et à la Cigale (2016) m’avait légèrement froissé par moment (au détour de certains morceaux plus expéditifs), je dois admettre que le live de ce soir est de loin celui avec le meilleur rendu sonore. Un vrai bonheur, en particulier sur le solo blindé d’effets de Bulls On Parade, repris de RATM, qui fait toujours plaisir à entendre avant la prochaine tournée des Prophets Of Rage

Une fois de plus, ce sera plutôt du côté de la setlist qu’on pourra trouver quelques petites choses à redire. En effet, avec pas moins de six morceaux extraits d’IRE, je reste un peu déçu à l’idée de ne pas avoir décroché au moins un Home Is For The Heartless ou bien un Deliver Me. Taillés typiquement pour les grandes salles et les fest’, j’ai effectivement la sensation que les morceaux récents cherchent beaucoup trop le forcing. Autant sur le plan des paroles, que sur certains leads beaucoup trop édulcorés à mon goût. En dehors de Vice Grip, le constat me paraît on ne peut plus clair ce soir avec Writings On The Walls et ses « put your hands up » en total décalage avec le reste du set. Heureusement, le groupe sait se rattraper en quelque sorte avec Boneyards, extrait cette fois-ci du désormais célèbre Horizons. Un lot de consolation plus qu’honnête, qui nous prouve bien que Parkway Drive n’a pas besoin de placer des « hey » ou des « yeaaah yeah » à tout bout de champ pour fédérer son audience.   

Michaël : Mon collègue Lactance a parfaitement décrit le concert et son atmosphère, du coup, je me contenterai de quelques impressions sur cette soirée relativement courte pour moi qui n’ait pu me libérer du joug du travail avant le milieu du set d’Asking Alexandria.

Pas particulièrement fan d’Ire, j’espérais de cette tournée - qui n’est pas une tournée de promo de cet album à proprement parler - un peu de variation dans la setlist et, pourquoi pas, d’avoir l’occasion de réécouter quelques vieilleries. Et outre un départ de concert en fanfare avec un WildEyes et un Carrion qui ont mis la barre très haut dès les premières minutes du concert, c’est tout de même six titres du dernier album qui auront été joués, dont certains qui manquent tout de même cruellement de relief (Destroyer, Writings on the wall) là où d’autres passent en revanche haut la main en live (ViceGrip, Crushed, BottomFeeder). Pour mon plus grand bonheur, le groupe a tout de même pioché dans du vieux (et du moins vieux) avec Boneyards (!!!!!!) ou bien encore les cultissimes Idols and Anchors, Sleepwalker ou Swing.

En vérité, sauf à faire le vieux c**, il faut admettre que la setlist du soir était non seulement cohérente au regard de l'intensité et du rythme des différents titres joués, mais également au regard de l’orientation que le groupe souhaite donner à ses concerts, tous les titres (ou presque) offrant une grande participation du public ayant été passés en revue.

Pour autant, Parkway Drive m’a laissé ce soir un sentiment assez étrange, au milieu du gué. D’une part, je suis pleinement conscient d’avoir passé une excellente soirée, grâce à une prestation du groupe toujours aussi propre. Les Australiens sont devenus une vraie machine en live avec des lights et un son excellent, ainsi qu’un jeu de scène particulièrement rôdé sans démonstrations exaspérantes contrairement à d’autres cadors du genre (pas de sauts continus et autres pirouettes). D’autre part, porté par un Ire qui plonge le groupe dans des penchants "Hey metal" qui ne me siéent guère, Parkway Drive livre désormais des prestations plus lisses, probablement moins intenses et brutes que ce qu’elles ont pu être par le passé. J’ai notamment souvenir d’un live au Cabaret Sauvage qui en avait laissé plus d’un sur le derrière… !

Quoi qu’il en soit, Parkway Drive a encore prouvé ce soir, s’il en était encore besoin, qu’il constitue l’un des meilleurs groupes du genre.

Setlist :

Wild Eyes
Carrion
Dedicated
Vice Grip
Karma
Sleepwalker
Dark Days
Destroyer
Boneyards
Writings on the Walls
Idols and Anchors
Bulls on Parade (RATM cover)
Swing
Crushed
Bottom Feeder

Merci à Alternative Live et au Bataclan.

Photos