Live reports Retour
samedi 29 novembre 2014 - U-Zine

Hell Militia + Kill + Ater Era + Helegion

La clé de voûte - Saint-Etienne

U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Dans le cadre de leur tournée européenne, Hell Militia, Kill et Ater Era sillonnent les quatre coins du Vieux Continent…Allemagne, République Tchèque, Hongrie, Slovénie, Italie, Suisse et enfin…la France pour leur dernière des huit dates programmées. Pour notre plus grand plaisir, c’est en terres stéphanoises que les combos posent leurs amplis, grâce à nos amis de Wintermoon Productions, toujours dans les bons coups. Pour compléter le tableau, ce sont les grenoblois d’Helegion qui nous font l’honneur de leur présence. Pour une fois, les festivités n’ont pas lieu en milieu de semaine mais un samedi. Aucune excuse de ne pas être présent !

Premier à démarrer les hostilités : Helegion. C’est en fait la formation que je connais le plus parmi les quatre de la soirée, les ayant déjà vus il y a quelques années au Dock de Grenoble. Deux des musiciens me sont d’ailleurs familiers : Lord Lokhraed à la batterie et Modii à la basse, membres de Nocturnal Depression, vu très récemment dans la capitale du Dauphiné. Pour dire vrai, leur précédent concert en 2012 ne m’avait pas vraiment laissé de souvenir, du coup je n’attendais rien de particulier de leur part. Et bien…il n’aura fallu que quelques secondes pour mettre en émoi mes conduits auditifs. Soutenu par une mise en scène ritualiste (bougies, crânes, vêtements monastiques et membres inexpressifs en cercle), Helegion nous délivre un Black Metal avec un son à la fois puissant, glacial et satanique, dans l’esprit de la scène scandinave (Horna, old-Gorgoroth, etc). Les riffs sont primaires, arrogants, distants et la voix écorchée, rien de novateur en soi mais bien orchestré. Sept ans après leur unique démo, la formation emmenée par Syllath a sorti en début d’année sa nouvelle offrande chez Atavism records, il va sans doute falloir que je me penche de plus près sur leurs travaux. Quoiqu’il en soit, la soirée commence de la meilleure des façons.

Setlist :
Intro
Proclamation
13th breath
Ignis Occultis
Destroy the fetters
The Gate of Nanna

Place ensuite aux slovènes d’Ater Era, parfaitement inconnus au bataillon en ce qui me concerne. Le trio compte seulement deux albums studio, dont sont extraits les morceaux ce soir. Si la musique d’Ater Era se veut violente et directe, ils ne se privent néanmoins pas de quelques mélodies bien senties, dans une ligne plutôt mystique, presque slave dans l’esprit. J’ignore pourquoi, mais leurs compositions me font penser à leurs compatriotes de Perun, peut-être parce que les groupes slovènes ne courent pas les rues ? En tout cas c’est joué avec sincérité et conviction, les riffs sont interprétés avec justesse et force. La température monte d’un cran dans l’antre de la Clé de Voûte avec cette belle découverte et nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Setlist :

Quod mox servi erimus
Drifts of dead ground
Drowning in the depths
Tormented in limbo
Red thorah

Au tour des suédois de Kill d’entrer sur scène. Là encore, ce trio m’est totalement inconnu, malgré leurs quinze années d’existence et leurs nombreuses productions (une bonne dizaine dont quatre albums studio). Spots rouges de rigueur tout au long de leur set histoire d’exciter l’assistance, le combo n’est pas là pour faire dans la dentelle. Au programme, un Black Metal aussi old school que le look du leader vocaliste-bassiste Carl Warslaughter (80’s style). Nous voilà plongés trente ans en arrière, à l’époque où le Black Metal était teinté d’influence thrash et speed. Les riffs sont rapides et primaires, la batterie est assommante et étouffante, la partie vocale est écorchée à souhait. Pendant près d’une heure, nous avons affaire à un show qui pourrait faire crever un épileptique tant l’intensité et la linéarité sont maîtres-mots. C’est sans doute cette redondance qui a fait fuir pas mal de monde dans le public même si pour ma part je m’en suis abreuvé du début à la fin. Néanmoins, il était temps que ça s’arrête, cette bouillie en devenait presque asphyxiante.

Setlist :

Veni Satana
Vomit of Heaven
Holocaust Fires
Burning Blood
The Devil
Nails of Cursed Steel
Death rape
Anti-cosmic Thunderstorm
Wormwood
Infernal Slaughter

 
 

La salle se remplit de nouveau pour accueillir la tête d’affiche de la soirée : Hell Militia. Ce n’est pas avec eux qu’on va pouvoir reprendre nos esprits déjà bien martyrisés par le Black Metal des trois précédents groupes. Quand on connaît le pédigrée de leurs membres -officiant dans Vorkreist, Temple of Baal, Arkhon Infaustus- on s’attend à passer un sale moment. Les parisiens nous distillent en effet un Black/Death baignant dans le vice, repoussant les limites de la violence et vomissant toutes leurs tripes sur scène. Avant de les voir, j’émettais quelques réserves, n’ayant pas d’affinités particulières avec leurs productions. Leur prestation va balayer d’un revers de main cette méfiance infondée, tant la démonstration proposée aura été convaincante. Ca avoine dans tous les sens et tous les compartiments : batterie déchaînée, guitaristes possédés et, aux vocaux, un RSDX au regard noir et déterminé. En prime, le visuel accompagne l’auditif avec en arrière-plan un film projeté sur toile, montrant des scènes ésotériques et macabre. Parfait.

Petite « surprise » pour le morceau final avec la reprise de GG Allin : l’entrée sur scène des membres d’Ater Era et Kill, venus prêter leurs voix sur le titre du célèbre et controversé artiste américain. Idée intéressante, même si avec toute cette troupe sur les planches, on se serait cru à un spectacle des Enfoirés, comme on me l’a justement fait remarquer sur un ton ironique et amusé. Une belle manière de clôturer la tournée pour ces trois groupes.

Setlist :

Burning human pigs
Fili diaboli
Jacob’s ladder
The ultimate deception
Jonas
Black arts of crime
Deus irae
The pig that became a god
Goathrone
Shoot, knife, strangle, beat & crucify (GG Allin cover)

 
 

Pour un samedi, on aurait pu s’attendre à davantage que la soixantaine d’entrées seulement. Tant pis pour les absents, nous avons passé une très bonne soirée, placée sous le signe de l’extrême avec ces quatre groupes convaincants dans leurs prestations.

Merci à l’ensemble des acteurs.