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vendredi 24 juin 2011 - U-Zine

Le Rock dans tous ses états 2011

Hippodrome - Evreux

U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

J'ai fait quelques festivals dans ma vie et Le Rock Dans Tous Ses Etats est, de loin, le plus humain, le plus convivial et le plus rustique que j'ai eu la chance de faire. Basé sur un hippodrome à Evreux dans l'Eure, Le Rock a cette chance d'être à taille humaine et le restera puisque le terrain a atteint son potentiel maximum. En l'occurrence, c'est une chance. L'intérêt, ici, est clairement la convivialité. Plus encore ici qu'ailleurs, on sort entre gens du coin, entre amis, en famille. La fête est globalement normando-normande et tout le monde s'y connait.

En ce qui concerne, le site en lui même, il est composé de trois scènes. Deux grandes scènes en face l'une de l'autre et une troisième sagement appelé la Gonzomobile juste à coté de la scène A bien plus petite et située dans une espèce de cage. Le camping est collé au site du festival, ce qui évite les longues randonnées pour retourner à sa tente comme au Hellfest.

Le Rock Dans Tous Ses Etats se veut être un festival écologique et pour cela, vous y ferez vos besoins dans des toilettes sèches. Je n'ai essayé que les urinoirs et j'ai été surpris que ces pots remplis de pailles ne sentent pas même au bout de la nuit. Très bonne initiative.

Tout semble parfait pour pouvoir attaquer les concerts!

Dark Dark Dark

Les portes du site s'ouvrent à 17h et, à peine le temps de respirer dès 17h30, on attaque les concerts par Dark Dark Dark. C'est devant quoi vingt personnes à tout casser que le premier show du festival commence. On a connu de meilleurs accueils pour nos amis américains. Le festival se remplit peu à peu mais les portes ont été ouvertes bien trop tard pour que le concert des Américains se passe sous les meilleurs auspices. Dommage car la Pop sombre de Dark Dark Dark avec contrebasse, banjo, guitare, trompette, accordéon et piano est plutot bonne surtout quand ça joue la carte de la tristesse. Quand le groupe est un peu plus joyeux, j'aime beaucoup moins. On sent le groupe blasé par l'accueil mais ça ne l'empêchera pas de jouer le jeu jusqu'au bout et c'est tout à son honneur même si la redondance de la musique en fin de set est à regretter.
Au milieu du set, je remarque un nouveau problème, la scène A - où a lieu ce concert - et la Gonzomobile sont trop proches et on a deux concerts pour le prix d'un. C'est à celui qui jouera le plus fort. Dommage. Sachant que Dark Dark Dark joue beaucoup sur les ambiances, ce n'est pas lui qui a gagné. Encore dommage.

The Experimental Tropic Blues Band

Au vu du public, c'est là dessus que le festival a vraiment commencé. L'ambiance est à la fête et le trio belge sait y faire pour séduire une audience avec seulement deux guitares et une batterie. L'un des deux chanteurs guitaristes tel feu Iggie Pop allant même jusqu'à lâcher la guitare et passer sont temps à chanter au nez et à la barbe de la fosse. Si la Musique ne m'a pas parlé, la prestation des Belges est très bonne avec une grosse présence et un second degré très bienvenu.

C.W. Stoneking

Un Australien qui se prend pour un Américain, ça me paraît prometteur et je me presse devant la scène B pour voir tout ça. En voilà, une musique dépaysante à souhait nous ramenant soixante ans en arrière avec son banjo pour ce Jazz typiquement américain. Un plaisir pour les oreilles même s'il est difficile de rentrer dans le set de C.W. À cause d'un public qui est plus là pour faire la fête que pour écouter de la Musique. Ca parle beaucoup dans un irrespect total et ça empêche l'ambiance minimaliste du sieur de se développer.

Tiken Jah Fakoly

Voila du Reggae sur U-zine.org. Je ne changerai pas d'avis sur ce genre. L'heure est aux chichons, à la fête, pas à la subversion. Pourtant, les textes de Tiken Jah Fakoly sont très politisés, très plats surtout. J'ai du mal à comprendre comment on peut appeler à se rebeller le sourire aux lèvres. Un non sens pour moi. Je passe pour aller voir Drums Are For Parades.

Drums Are For Parades

Mon premier concert sous la Gonzomobile avec les Belges et deux surprises pour moi :
- Le son est bien mauvais alors que sur les autres scène, c'est très bon.
- Le groupe joue un genre que je n'espérais pas : Du bon gros Stoner des familles avec des morceaux très courts comme Torche le fait si bien.

Deux guitares + une batterie = trois chanteurs.

Irréfutable et le concert fut bien bon pour un groupe qui joue à fond devant peu de mondes dont beaucoup de personnes bourrées qui veulent se la jouer métaleux et qui embêtent les autres. Toutefois, ça sera bien pire pour Kylesa, nous y reviendrons.

Kylesa

Évidemment, pour Kylesa, je me place longtemps à l'avance pour être à la barrière et en fait, j'aurais pu arriver cinq minutes avant le début du concert tant le public venu pour ce (Grand) groupe est résiduel. On doit être une toute petite dizaine à tout casser à connaître le groupe et à être devant la scène quand le concert commence. Heureusement, ça se remplit au point d'être une cinquantaine pour entendre les deux notes, elles même joués deux fois, de « Don't Look Back ». Le morceau parti, je me suis senti poussé des ailes, pris aux tripes par une musique jouissive, l'impression d'être dans un rêve. Peut être est-ce du à cette autre impression que le groupe joue dans mon jardin (on était vraiment très peu à coté du concert du Hellfest). Le set proposé sera d'ailleurs le même qu'à Clisson. Quarante cinq minutes de Musique intense avec les même jeux de batterie entre les morceaux, avec toujours Phil Cope qui joue du tambour sur « Crowded Road » mais avec une Laura qui se lâche un peu plus en se la jouant, à un moment, équilibriste headbanger sur des amplis très instables.. Le son est moins mauvais que pour Drums Are For Parades sans non plus crier au génie. Pas grave, je connaissais suffisamment les morceaux pour les apprécier. J'étais plus dérangé par les gars bourrés insupportables qui se la jouent Metal sans en avoir les « codes » et qui font mal à tout le monde. Qu'importe le public, Kylesa a joué le jeu et sort une excellente prestation avec une Laura plutôt en voix sur les parties claires même si elle paraît luter un peu pour gueuler contrairement à Phil Cope qui assure bien même si, le souffle coupé par moment, il chante une phrase sur deux comme sur le refrain de « Scapegoat ».

Néanmoins, j'ai compris en observant bien les membres du groupe sur et en dehors de la scène pourquoi ce groupe me plaisait autant. Il y a du spleen autour du groupe. Une sorte de tristesse à la manière d'In Flames mais ici dans le bon sens du terme car elle sert parfaitement la Musique. Phil Cope donne une impression du gros nounours toujours perdu et qui veut se faire rassurer. Peut être que je suis tombé sur un soir particulier mais ce que j'ai vu n'a fait que confirmer mon affection pour le groupe Savannah.

Toxic Avenger

L'heure est à l'Electro avec le dj parisien. Dans un esprit très Rock rappelant The Prodigy et accompagné par un guitariste et un batteur, Toxic Avenger délivre une musique Electro ultra efficace bien qu'évidente. Le public s'en fiche et ils sont nombreux à courir pour obtenir les première places quitte à donner quelques coups au passage mais c'est secondaire. L'ambiance est une nouvelle fois festive sur ce concert qui avait l'air très attendu par les festivaliers mais pas par moi, je me retire très vite pour reprendre la route et rentrer retrouver mon lit car les jambes se font lourdes.

Bilan :
Les points positifs :
L'organisation ultra carrée
La convivialité
Le son très bon sur les grandes scènes
La programmation très éclectique.
Les toilettes écologiques.

Les Points Négatifs :
La scène A et la Gonzomobile sont trop proches l'une de l'autre.
Le son sur la Gonzomobile.
Des portes ouvertes trop tard.
Le public qui cherche plus à faire la fête qu'à être transporté par la musique.