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mardi 27 octobre 2009 - U-Zine

Behemoth + DevilDriver + Scar Symmetry + Arsis

La Locomotive - Paris

U-Zine

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En ce mois d'octobre 2009 riche en concerts, une affiche pour le moins éclectique a pointé le bout de son nez à Paris, pour une unique date en France : le Neckbreakers Balls festival :

La salle choisie fut La Locomotive, théâtre d'une lutte acharnée pour son avenir : d'un côté, le personnel de La Locomotive, qui veut racheter la salle et garder la main mise dessus. D'un autre côté, le Moulin Rouge, voisin à gros appétit, qui souhaite s'approprier les lieux pour en faire un "musée/fast food".
Le concert était sold out, ce qui est plutôt rare à l'heure actuelle pour de la musique extrême, et la foule attendait devant la salle. Au dessus des portes étaient installées des banderoles s'opposant au rachat de La Loco par le Moulin Rouge. Les hostilités commencèrent donc dès l'extérieur de la salle, mais c'était l'heure d'aller assister à la guerre sur scène :

Arsis :

Aghahowa :
C'est devant une assemblée à moitié pleine que les américains ont entamé leur set. Ils m'ont fait une meilleure impression que l'année dernière, bénéficiant notamment d'un son plus audible que lors de leur passage à Paris et Rennes en 2008. Le public a semblé réceptif, mais l'accueil ne fut pas énorme. Cependant, sur le morceau "We Are The Nightmare", un bon petit pogo est né, et il a duré jusqu'à la fin. Le nouveau batteur est plutôt bon, peut-être moins démonstratif que David Kinkade, mais collant bien au jeu du groupe. Pour finir, on devrait les retrouver l'année prochaine en tournée, pour promouvoir leur futur album Starve For The Devil.

The Undertaker :
Le dernier morceau, le seul que j'ai pu voir, m'a vraiment rappelé le son qu'a le groupe en studio. Le son était vraiment bon et le public semblait plutôt réceptif. Du coup je regrette de ne pas en avoir entendu plus.

Shawn :
Etant rentré dans la salle en même temps que l'Undertaker, je n'ai qu'entendu (même pas vu, étant donné le monde présent) la toute dernière chanson. Petit regret pour ma part de n'en avoir vu plus étant donné le son.

Scar Symmetry :

Aghahowa :
Idem que pour Arsis, sauf que toute la salle était remplie, et donc, que l'accueil fut très chaleureux : Scar Symmetry m'a fait une meilleure impression que lors du Chaulnes Metal Fest en avril dernier, notamment grâce à la présence accrue de fans et une bonne communication avec le public. Per Nilsson, l'un des guitaristes, m'a plu beaucoup dans son attitude, sa façon de jouer, son efficacité. Le duo de chanteurs est maintenant très pro et carré, ils assurent. Il y a juste un détail qui me fait rire à chaque fois, c'est de voir Roberth Karlsson (voix death) se gonfler comme monsieur muscle à chaque fois qu'il chante. Un bon moment, même si à mon goût, il manque ce je ne sais quoi de brutalité pour me plaire un peu plus.

The Undertaker :
Etant venu en grande partie pour les voir, j'attendais énormément de leur prestation. Le son était vraiment excellent et toutes les petites finesses du groupe sont passées comme une lettre à la poste. Par contre, quelle déception sur les vieux titres car la voix de Lars n'est pas toujours à la hauteur et il a parfois l'air un peu perdu. Bien sûr, il se rattrape sur les titres de Dark Matter Dimensions et sur quelques vieux morceaux comme "The Illusionist", classique des classiques. Le groupe est toujours super pro, les guitaristes assurent comme des fous et le bassiste s'en donne toujours autant à cœur joie. Donc j'ai passé un très bon moment, un petit peu en deçà de mes espérances, mais il ne faut pas oublier que c'était leur premier concert de la tournée.

Shawn :
Découverte vu que je ne connaissais le groupe que de nom. Pas réellement séduit par le style de ce jeune groupe. Deux chanteurs, est-ce réellement utile ou est-ce pour combler les manques d'un seul ? Le chanteur voix clair m'a fait rire un moment avec ces parties chantées ultra mielleuses mais ça en devient très irritant à la longue. Ceci dis, j'applaudis la performance des guitaristes, notamment de Jonas Kjellgren qui m'a totalement bluffé ! En bref, une musique tirant parfois sur le métalcore qui m'a exaspéré alors que les passages death sonnent à la perfection.

setlist ni dans l'ordre, ni exhaustive :The Illusionist - Chaosweaver - The Iconoclast - Noumenon and Phenomenom - Morphogenesis - The Consciousness Eaters - Retaliator
 

DevilDriver :

Aghahowa :
DevilDriver, je n'ai jamais aimé en album, trouvant leur musique assez stéréotypée ricain, mais en live, j'ai toujours apprécié leurs prestations. Une nouvelle fois, dans une Loco cette fois-ci archi-remplie, la bande de Fafara a fait mouche. Beaucoup d'énergie au programme, et un public très réactif (majoritairement présent pour le groupe apparemment) et un son à la hauteur ont rendu l'heure de concert très agréable. Dommage juste, qu'à la fin, un fan au premier rang ait eu une crise d'asthme. DevilDriver, très humain et soucieux de la santé du jeune homme, a interrompu son show et lui est venu au secours. A noter pour finir qu'un cameraman a filmé l'intégralité du show, vu de la scène. Nous verrons probablement sur internet des vidéos de DevilDriver en tournée, le mois prochain.

Caacrinolas :
Bon qu’on se le dise une bonne fois pour toute Devildriver normalement en live c’est toujours excellent, et en festival c’est juste bonnard, mais la dans une salle presque trop petite et avec un public ultra nombreux, leur set n’aura été qu’une petite brise bien loin de l’ouragan que le groupe déchaine d’habitude, en étant mauvaise langue on pourra regretter la présence d’un public en grande majorité de gamins de 15 ans qui est encore bien loin du vrai et qui entre remarques faisant passer François-xavier pour un intellectuel et comportement plus que débile (et va y que je considère que pogoter c’est te foutre des poings dans la gueule partout, et va y que je saute et que je m’en branle de savoir si jte marche sur les pieds ou pas) ca à quelque peu enlevé l’intensité du set. Le summum arrivant lors du dernier morceau « Meet The Wretched » où un gars visiblement pas dans son assiette et pris de crise de tétanie à eu le droit à des remarques style « ouais putain qu’est qu’il nous fait chier lui, on veut voir le groupe, pas un pantin » qui « égaieront » ma soirée à défaut de voir un véritable tonnerre de Devildriver comme j’avais pu en avoir l’habitude jusqu'à ici.
Un mot sur la musique quand même pour dire que si les titres des 3 premiers albums (Nothing’s Wrong quoi !) sont toujours aussi bons en live, il est loin d’en être de même pour les titres du dernier album où mis à part le titre éponyme on s’ennuie ferme. Conclusion : Devildriver en fest = JA Devildriver en salle = Nein

The Undertaker :
Certainement un problème de génération, mais impossible d'accrocher à l'énergique prestation des Californiens. Rien à dire si ce n'est que le public était venu surtout pour eux et que le bande à Fafara ne les a pas déçu au vue de l'énergie dépensée. Belle attitude quand un fan s'est évanoui, dommage que le public n'ait rien compris à ce qu'il demandait et est resté là planté.

Shawn :
Contrairement à Aghahowa et l'Undertaker, j'ai toujours beaucoup accroché à la musique de Devildriver sur album, et le dernier Pray For Villains n'a pas manqué à l'appel. Un seul titre de ce dernier avait été joué au Hellfest ('Pray For Villains') et j'espérais en entendre quelques uns de plus, sans pour autant mettre de coté les titres incontournables que sont "Clouds Over California" ou "Meet The Wretched". Une fois de plus Devildriver a comblé mes attentes avec une très grosse setlist. Un son toujours aussi groovy, racé ricain, dans la veine parfois de Lamb Of God. Ceci dis, il me semble que Devildriver est avant toute chose un groupe de festival. Pour avoir vu leur puissance scénique au Hellfest, et la grandeur du circle pit de "Meet The Wretched" ... or dans une salle de tout juste 1000 personne, on a parfois l'impression d'un pétard mouillé en voyant le peu de mouvement de foule. Grosse déception pour ma part à la fin du set lorsque "Meet The Wretched" sera amputé d'un son correct (perte d'une guitare ?) au même moment où un fan défaillait sur le bord de la scène. On aurai pu penser que le groupe reprendrai le titre à zéro, mais que nenni, les américains ont repris à l'endroit où ils s'étaient arrêtés cassant l'aspect puissance progressive du morceau. Saluons cependant leur humanité !

Pec :
Honnêtement les deux premiers groupes ne m'intéressaient nullement et l'objectif était surtout de voir Devil Driver et Behemoth, mais aussi des connaissances sur Paris, et la bande d'U-zine en grand nombre sur place. Après un constat sur la sodomie houblonnée (5euros la cannette d'Heineken en fer!!) je fus embarqué par des amies dans la régie son, en hauteur en bonne vue pour profiter du set des Californiens. Autant l'avouer que le set fut de mon côté assez agité et alcoolisé, mais ce fut un grand plaisir de profiter pleinement de la furie dans le pit, en vue aérienne, et de l'efficacité en live de Devil Driver. Comme le disait Shawn, Devil Driver est aussi à mon sens un groupe de festival, et en salle il manquait l'étincelle pour en faire un grand set, puis il y avait Behemoth derrière qui me fit assez vite oublier leur prestation.

Setlist :1) End Of The Line - 2) Wander - 3) Nothing's Wrong - 4) Pray For Villains - 5) Clouds Over Cali - 6) Fate Stepped In - 7) I Could Care Less - 8) Hold Back The Day - 9) Vengeance - 10) Hangman's Noose - 11) Wretched -- INTERRUPTION DU SHOW, un fan a eu une crise d'asthme au 1er rang --
 

Behemoth :

Aghahowa :
Behemoth a surpassé tous les groupes de la soirée ! Faisant la promotion de leur nouvel album Evangelion, les polonais ont largement exploité les titres de celui-ci pour ce concert et il faut avouer que tous les morceaux sont très bien passés en live. Le public a semblé très répondant, et surtout impressionné par la prestation en béton armé de Behemoth. Super pro, super carré, Behemoth a eu un jeu de scène dynamique, qui change du statisme de la plupart des groupes death et un leader Nergal qui haranguait la foule sans cesse. Il y a eu néanmoins 3 choses qui m'ont parues ratées : tout d'abord, le jeu de lumière n'a pas été à la hauteur, étant calqué très souvent sur le trigger d'Inferno à la batterie. La conséquence ? Pas assez d'ambiance, trop de stroboscope...
Ensuite, le solo de batterie d'Inferno m'a paru inintéressant : il a privilégié la vitesse d'exécution au détriment du feeling, du groove et de la composition.
Enfin, le rappel, "Lucifer", m'a laissé un goût amer : certes il a assis le statut monstrueux du groupe, mais il manquait peut-être un morceau rapide à la fin pour achever le public. Très bon concert toutefois !

Caacrinolas :
Parce qu’il ne faut pas se le cacher c’était bien évident pour les polonais que j’étais en priorité présent ce soir là. Et là dès le début je me dis que quelque chose à évolué scéniquement pour le groupe, non non ils ont toujours leurs costumes du dimanche, oui oui Orion, Nergal et Seth ont toujours un headbanging digne d’une choré tellement ça à l’air répété, oui oui c’est toujours aussi énorme, mais pour la première fois j’ai réellement ressenti une ambiance ce soir là. Nergal y étant surement pour beaucoup tant il semble avoir raccourci ses blablas habituels pour ne désormais aller qu’à l’essentiel. Coté set list comme d’hab du très lourd puisqu’après une entrée sur le très bon « Ov Fire and The Void » c’est une set list certes raccourcie mais néanmoins best-of que nous sortira le groupe, puisqu’entre « Shemhamforash » et « Alas, The Lord Is Upon Me » nous avons eu le droit à « Slaves Shall Serve » « Conquer All » ou encore « Decade Of Therion ». Et malgré son temps de jeu plus réduit qu’à son habitude les polonais nous ressortiront tout de même « LAM » des fonds de tiroirs pour la plus grande joie des anciens. Un petit regret quand même quant au choix d’interpréter « At the Left Hand Ov God » pour représenter The Apostasy, là où un « Prometherion » ou un « Christgrinding Avenue » auraient carrément fait plus l’affaire. Mais finalement c’est peut être avec l’un des meilleurs titres live de Behemoth que l’on a pu juger ce soir là le sérieux du groupe tant la façon dont ils ont joués « Chant For Ezkaton » fût magique. Dommage qu’en guise de final ils se soient contentés de la très molle « Lucifer » qui ne fait carrément pas l’affaire en live. Aghahowa en avait déjà parlé, c’est désormais une réalité, Behemoth est appelé désormais à être l’un des plus gros groupes de metal extrême.

The Undertaker :
J'attendais ce moment depuis longtemps, et les minutes qui précèdent le concert de Behemoth deviennent de plus en plus insupportables. Quand les Polonais investissent la scène, le chaos est déclaré. Les spectateurs sont tellement hypnotisés qu'il faudra un temps avant qu'un certain nombre d'entre eux ne bouge. Les titres choisis sont mes préférés et le rendu live est tellement pro qu'on se prend tout dans la tête sans comprendre ce qui nous arrive. Dommage qu'il me faille partir pour rejoindre les transports, mais voilà un moment que je ne suis pas prêt d'oublier.

Shawn :
Cela faisait un moment que j'attendais l'occasion de voir Behemoth sur scène. L'attente a été récompensée au centuple. Un set carré, un leader charismatique, un batteur tout purement impressionnant de vitesse, plusieurs titres du dernier album, véritable concentré de haine qui avait fait l'unanimité. Tout pour plaire ! Je rejoins cependant Aghahowa sur le problème du jeu de lumière, trop basé sur l'utilisation du stroboscope et pas assez sur les ambiances lumineuses. Excellente soirée cependant, ma première et probablement ma dernière fois à La Loco. Elle restera gravée longtemps dans ma mémoire !

Pec :
Direction le premier rang, pour profiter pleinement du set des Polonais de Behemoth, que je revoyais avec grand plaisir, mais la première fois en salle. Un décor qui met direct l'ambiance avec un superbe pied de micro, et les aigles en fond, une attente qui fait monter la pression, et c'est parti pour un déluge de décibels, et de rage! Tellement hypnotisé et scotché par le set de Behemoth que je n'ai pris que quelques photos alors que j'étais idéalement placé. Pros, carrés, charismatiques, et efficaces, que demander de plus? Ah si rendez moi mes cervicales! Je ne peux que rejoindre mes compagnons d'u-zine sur la prestation de Behemoth, qui fut de loin le meilleur groupe de la soirée. Une bonne tartignole dans la tronche qui fait plaisir et qui est vraiment de bonne augure pour leur retour au Hellfest en 2010.
Premier concert à la Loco pour ma part, superbe salle, j'espère que le projet de reconversion en fast food, musée (sic) ne se fera pas, en tout cas heureux d'avoir vécu cette soirée, que je dédie à toutes celles et ceux qui se reconnaitront!

Setlist :1) Ov Fire And The Void - 2) Demigod - 3) Shemhamforash - 4) Conquer All - 5) Lam - 6) As Above So Below - 7) Slaves Shall Serve - 8) At The Left Hand Ov God - 9) Drumsolo d'Inferno - 10) Alas, Lord Is Upon Me - 11) Decade Of Therion - 12) Chant For Ezkaton - RAPPEL - 13) Lucifer
 

U-zine est de tout coeur avec les employés de La Locomotive pour le rachat de celle-ci. Verdict le 7 novembre 2009 apparemment.