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mercredi 19 novembre 2008

Enslaved + Audrey Horne + Krakow

Ubu - Rennes

U-Zine

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Arrivé devant l’Ubu au moment même de l’ouverture des portes force est de constater qu’il n’y a pas foule pour accueillir le premier groupe de la soirée : Krakow.

Tout juste une vingtaine de personne occupent les marches qui font face à la scène, la fosse étant désespérément vide. Le groupe ne se laisse pas abattre pour si peu et assure ce pourquoi il est là : chauffer la salle en attendant les grosses pointures. Le quatuor peine dans un premier temps à communiquer une quelconque énergie malgré un son de basse dantesque, tenue par un grand gaillard aux allures ( et à la voix ) de biker.

L'attitude du bassiste contraste avec la frêle carrure du second guitariste qui assure également les voix dans un registre grunge. La batterie est très ( trop ) puissante puisque la sonorisation de la double fait trembler l'Ubu et que les toms et cymbales sont inversement audibles. Néanmoins, passé les premiers morceaux, l'auditoire commence à réagir à la musique proposée, très vintage à l'image des instruments utilisés : un rock mélodique, relativement énergique. Le groupe quitte la scène en ayant remporté un petit succès d'estime mais laisse songeur quant à leur présence sur l'ensemble de la tournée puisqu'un groupe local en ouverture aurait pu tout à fait convenir ... leur appartenance à la scène de Bergen ne doit pas y être étrangers.

Place ensuite , après un changement de disposition scénique, au premier groupe réellement attendu de cette affiche : Audrey Horne, lui aussi aussi originaire de Bergen et, le hasard faisant bien les choses, collègue de label d'Enslaved. Ce fait, Ajouté à la présence de l'un des guitariste d'Enslaved dans ses rangs, peut expliquer le pourquoi du remplacement au pied levé du groupe Stonegard initialement annoncé et qui a splitté entre temps. Le groupe investi la scène sous l'imposante forme d'un sextet.

D'emblée le charismatique chanteur prends le public, désormais plus dense, à la gorge pour ne plus le lâcher : haranguant la foule, désignant certains du doigt, en regardant d'autres comme si il ne chantait que pour eux, descendant à plusieurs reprises dans la fosse, cette véritable pile électrique doté d'un solide sens de l'humour est un frontman comme il m'a rarement été donné de voir dont la voix, à la fois puissante et juste, sait se faire tantôt dynamique, tantôt enjôleuse..

Il faut au moins une personnalité de cette trempe pour concurrencer le magnétique Arve Isdal,

d'autant que le reste du groupe n'est pas vraiment à la fête vocalement parlant puisque les choeurs sont vraiment ténus et que seul le bassiste ( "Le Garçon" ) focalisera un court instant l'attention du public, de même que le second guitariste lors d'un duel de pose du plus bel effet.

Les morceaux du combo passent très bien sur scène et tant les passages calmes d'énergiques sont rendus avec fidélité grâce notamment à un ingénieur du son compétent, dont un morceau du set sera d'ailleurs dédié en son honneur. Le groupe laisse place à Enslaved non sans avoir ravi ses fans et conquis au passage de nouveau aficionados bien que les "estrades" se soient quelque peu vidées à la fin du set.

Enslaved foule désormais la scéne avec une set list qui sera identique à celle de Paris, sans toutefois les deux derniers morceaux, et seulement Isa en rappel. Que dire de ce set si ce n'est que parfois, tout aussi intense l'interprétation fût elle, l'attitude des uns et des autres dénotait clairement un certain conflit de génération entre les fans du groupes : les "anciens" semblant découvrir les morceaux des deux derniers album, les plus jeunes étant perdus sur les morceaux "Eld" et "Alfader Odinn" ( certains ont d'ailleurs quitté la salle à ce moment). Quoiqu'il en soit, dès l'arrivée triomphale du groupe sur scène, l'ambiance si particulière dégagée par le groupe est immédiatement palpable.

Point fort du show, les lights qui sont un régal pour les yeux ( mais le désespoir du photographe ) : tamisées, agressives, chaudes ou froides les ambiances lumineuses se succèdent en osmose avec les morceaux interprétés : ton rouge et éclairage épileptique de rigueur pour les morceaux old school, brouillard bleu pour les parties planantes.

Autre point fort : le discret claviériste/chanteur ... qui prendra même une guitare sur un titre ... dont le chant, bien qu'un peu noyé par un son des instrument par ailleurs d'un volume à la limite du supportable vers la fin du set, est juste et soutient à merveille les ambiances les plus "psyché".

Tout aussi discret, à mon grand étonnement, fut Ivar qui semblait presque caché dans son coin ... mais dont le lead sur "As fire swept to clean the Earth", toujours aussi intense et émouvant, n'est pas passé inaperçu, de même que son entrain retrouvé sur les plus anciens morceaux.

Après un faux départ, le groupe, tout sourire et manifestement ravi de s'être de nouveau produit ici, devant "le meilleur public de France" selon un certain Grutle, hilare, revient pour un dernier morceau en rappel : Isa. De quoi achever la soirée en beauté.