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dimanche 13 avril 2008 - U-Zine

Betizfest 2008

Chapiteau - Cambrai

U-Zine

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Le week end du 12 et 13 avril devait être énorme pour moi, puisque j’allais assister au Pestpop en Belgique (Celtic Frost R.I.P., Finntroll, Sodom, Belphegor, Dylath-Leen, The Old Dead Tree, Nightmare, Asrai, etc.) le samedi, puis au Betizfest le dimanche.

Suite à l’annulation du Pestpop, je me suis donc concentré sur le Betizfest (désolé pour le samedi, mais j’en avais profité pour revoir ma famille). Ce Betizfest fêtait ses 5 ans et passait ainsi sur un format en 2 jours !

C’est sous un très beau ciel bleu et avec une affluence déjà importante à l’entrée que je suis arrivé 1 heure avant le début des hostilités.
Au programme : assister aux concerts de la journée, et interviewer Syn et Dylath-Leen.




C’est Euterpia, groupe du coin qui se définit par ¼ death ¼ gothic ¼ doom ¼ heavy, qui a ouvert la fête. Le groupe a livré une bonne prestation, appuyée d’un bon son. Les guitaristes étaient visiblement très heureux de se produire à Cambrai et nous le donnaient en retour.
Aussi, il faut souligner les qualités vocales du chanteur/guitariste, qui en impose dans ses multiples registres et les back vocaux du bassiste étaient puissants, notamment sur « Will to live ».
Musicalement en lui-même, le groupe alterne des passages planant tout en ne négligeant pas son côté metal furieux. 4 chansons, et puis s’en va ! C’était tout pour Euterpia. Le public a semblé apprécier le show, même si, pour un premier concert comme généralement, l’accueil fut bien timide.


Dadabovic se préparant, je suis ressorti du chapiteau pour aller visiter les boutiques. C’est alors qu’une fanfare s’est installée sur la pelouse pour nous interpréter des morceaux en reprise. Son nom : Dissident Chaber ! La fanfare des années 80.
La bande a mis une belle ambiance festive à l’extérieur en ayant un réel talent d’interprétation, un jeu visuel très développé et en nous remémorant tous ces tubes. Dissident Chaber a joué tout au long de la journée pendant les inter-groupes, c’était bien marrant !

Bon, retour sous le chapiteau pour voir le show de Dadabovic. J’avais entendu parler de ce groupe car ils basent leur production musicale sur les maladies psychiatriques et en jouent bien sur scène. C’était ma première entrée dans leur hôpital d’aliénés. Qu’est-ce que j’y ai vu ?
Tout d’abord, après auscultation de la salle d’opération, j’y ai aperçu un écran, un ordinateur portable équipé d’un vidéo projecteur… Tient, tient, curieux…
Ensuite, après une consultation plus précise, j’y ai vu des ustensiles de scientifiques (tube à essai, urinoir… euh… scientifiques j’ai dit).

Puis, comme par un miracle de la science, l’écran géant s’est animé et nos oreilles ont commencé à entendre des choses ! Un court métrage présentant les expériences du Docteur Dadabovic est apparu. Ce petit film était très divertissant, il faut l’admettre !
Enfin, le groupe est monté sur scène, et quel groupe ! Un fou dans sa camisole, un chimiste dans sa blouse blanche, un bassiste en chemise de nuit pour hôpital, et un batteur chirurgien…
Au début, je croyais voir là un énième groupe concept sur la médecine, mais plus le concert passait, plus je prenais mon pied !

Tout d’abord, Dadabovic, c’était un trio vocal très vivant (autant dans la musique que dans ses déplacements sur scène). Ensuite, il y avait quelques samples d’électro par ci par là, qui étaient plaisant (j’aurais jamais cru dire ça un jour…). Puis, il faut avouer que le chanteur dans la camisole était vraiment tordant de rire, avec ses gestuelles totalement incontrôlées (en apparence). Ensuite, les premiers pogos sont apparus dans le public.
Aussi, le batteur (gaucher, y en a qui manquent de bol parfois… merde, j’suis gaucher aussi !) m’amusait bien, notamment avec son jeu syncopé du 2ème morceau.
Et encore ! Le bassiste qui a roulé une pelle au guitariste à la fin du morceau 3…

Cependant, j’ai trouvé dommage qu’à chaque fin de chanson, le chanteur en camisole soit obligé d’aller faire des manipulations sur l’ordinateur portable pour préparer le morceau suivant. Franchement, ça enlève un peu de succès à leur musique : ça veut dire qu’à chaque fois qu’on le voit aller à l’ordinateur, c’est bientôt la fin du morceau…
Enfin, Dadabovic m’a bien bien plu. S’ils continuent sur cette voie, ils vont aller loin ! En tout cas, ils prennent du plaisir sur scène, et ça se voit.
Oups… appel sur mon téléphone portable pendant le concert… il faut que j’aille interviewer Syn.
Ce sera pour une autre fois l’occasion de voir Dadabovic une opération du tympan en entier !

Une fois l’interview de Syn terminée, je suis revenu sous le chapiteau. Start Of The End (SOTE) se préparait à jouer. Après une intro tirée de la célèbre chanson « She’s a maniac » de Michael Sembello, SOTE a voulu tout de suite mettre les choses au point : une grosse voix à la Angela Gossow (sauf que c’est un chanteur là), un bon chant clair du guitariste, un deathcore en vogue actuellement, mais bien exécuté et une très grosse énergie sur scène. Le guitariste a même fait un solo en tapping du plus bel effet.
Le public a bien accueuilli SOTE, semblant apprécier cette musique, ainsi que ces passages « hardcore » bien pesants.
On a même eu droit à une figure acrobatique où le chanteur a porté le bassiste du groupe au dessus de sa tête, puis dans le dos à l’envers pour terminer.
Dommage quand même que je n’ai que moyennement apprécié leur prestation ! Un bon groupe néanmoins !

Après le passage habituel auprès de la fanfare Dissident Chaber, c’était à Syn de fouler la scène du Betizfest. Après une intro orageuse (celle de leur album qui vient juste de sortir, et que j'ai chroniqué), c’est la musique de South Park qui nous a accueilli, avec l’humour qu’on y connaît.
C’est parti ! Et dès le début, dommage : le chanteur Aurélien, avec un grand charisme, avait une voix inaudible d’où j’étais (juste devant l’ingé son). Cependant, le groupe a joué ses premiers morceaux thrashcore avec une bonne attitude scénique (on reprocherait juste au guitariste de droite, Thibaut de ne pas assez bouger). Le second morceau nous a permis d’admirer un quadruple headbanging uniforme, qui s’est suivi d’un pogo assez mouvementé dans le public.

Le guitariste de gauche Julien et Le bassiste Frédéric se donnaient beaucoup sur scène, en tentant régulièrement d’haranguer le public. Aussi, Julien aimait bien faire le poseur partout sur la scène.
Puis, le 3ème morceau « My sweet disaster » a enfin permis d’admirer un duo de guitare et un jeu de scène entre les deux. Ensuite, après un 4ème morceau (« Inaccurate ») au riff de début ressemblant à du Lamb Of God, j’ai pu me concentrer sur le jeu de batterie de Bertrand (également dans Dylath-Leen). Il était très précis, et ce, malgré le fait que ce ne soit pas lui qui a composé pour l’album Road To Ruin.
Syn a délivré un show de bonne prestance, et ce, malgré les soucis de l’ingé son pour trouver le bon réglage pour la voix d’Aurélien (devant par exemple jongler entre le plus fort pendant les morceaux par rapport aux paroles entre les chansons qu’il devait diminuer de volume). Par contre, il y a eu un très bon travail aux lumières.
Nous avons vu des morceaux taillés pour la scène, mais il faut admettre que l’accueil du public a été assez timoré. Se réserveraient-ils pour la fin ? Nous verrons que oui…

Pendant le concert de Syn, j’avais vu Magali (ex-claviériste de Dylath-Leen) arriver dans le public tout sourire. La question ne se pose même pas sur ses motivations pour arriver à cette heure-là. C’est Dylath-Leen qui a enchaîné sur scène, et ce, pour le dernier show avec Arnaud qui est maintenant l’ex-batteur du groupe.

Après une belle intro où chacun des membres du groupe est entré un par un, le set a commencé par la très bonne chanson « Buy me a smile ». Dès le début, on a senti le groupe très en forme et une envie de couvrir au maximum l’espace sous le chapiteau. De belles lumières et un son globalement puissant, massif (et pas agressif).

Le public, comme pour Syn, et malgré le fait que ce soient des groupes de la région, a montré un peu de timidité, mais je m’en fiche. J’ai vraiment aimé le concert de Dylath-Leen.
On a pu y admirer une grande maturité se dégageant du groupe, et ce, pour tous ses membres (Kathy, Igor, Jérémy et Arnaud). De plus, on ne peut qu’être émerveillé par les qualités vocales de Kathy, étant capable du meilleur comme du meilleur… tout en jouant de la guitare.
J’en suis même venu à regretter mon impossibilité de les voir au Hellfest 2007, car ce n’est pas souvent que le groupe a l’occasion de se produire en France, et ailleurs que dans le nord.
Dylath-Leen a joué là un bon show, puisant dans ses 2 albums Insecure et Semeion. Il me tarde de les revoir avec un set entier et un public qui leur fait honneur.

N’ayant pas la possibilité de faire l’interview de Dylath-Leen juste après leur prestation (démontage sur scène, sollicitation des fans, merchandising oblige), j’ai donc pu aller voir en entier la prestation de The Arrs (que j’avais vu au Hellfest, eux).

The Arrs, venons-y. Le groupe a marqué de son empreinte le festival avec le premier gros mouvement de foule de la journée (et sans conteste le plus gros, suivi de près par Black Bomb A plus tard).
Les jeunes présents en nombre au festival ont adoré la prestation de The Arrs. Le groupe parisien a été bienvenue chez les Ch’tis (à l’époque, ça tombait juste après l’épisode de la banderolle parisienne anti ch’tis)…



Leur chanteur, NiKo, arborant son traditionnel bandana a fait preuve d’une bonne présence sur scène. Il est un vrai leader pour le groupe. Parler plus de leur prestation ?
J’en suis bien incapable, car personnellement je me suis emmerdé profondément (je devais être un des seuls du public apparemment…).



Bingo, j’ai eu mon interview de Dylath-Leen. Malheureusement pour moi, de retour sous le chapiteau, Black Bomb A avait déjà entamé son concert…
Qu’importe ! Ce que j’ai vu du groupe m’a suffit pour constater que c’était le meilleur show de la journée ! Un son excellent, des lumières du même acabit, et une énorme présence scénique.
Une ambiance de feu dans le public, avec à un moment un wall of death. Le groupe lillois savait très bien user de leurs artifices pour déjouer les pièges de la monotonie, du statisme et de la répétitivité.
Black Bomb A, c’est d’abord un duo de chanteurs extrêmement actifs sur scène (allant même jusqu’aux slams à foison), Poun et Djag (qui était de retour dans le groupe après le départ d’Arno). On est même surpris parfois d’entendre Poun pousser sa voix façon chant heavy. C’est du tout bon, aussi bien musicalement que scéniquement.



Ensuite, Scalp (qui a quitté le groupe depuis), E.T. et Snake savent très bien échanger leur énergie avec le public. Enfin, R.V. à la batterie, même s’il est discret, joue parfois quelques passages bien Metal qui sont de très bon goût.
Quoi ? Un fan de death technique qui apprécie du Hardcore ?
Oui ! J’ai vraiment bien aimé la prestation de Black Bomb A, tout comme le public. J’ignore combien de morceau j’ai ratés pendant l’interview de Dylath-Leen, mais en tout, Black Bomb A a dû en jouer une quinzaine. Nous avons même eu l’honneur d’avoir une reprise d’une chanson ultra connue « Beds are burning » (de Midnight Oil). C’était le top !



Quand on sait qu’il y a quelques temps auparavant, il y a eu de sacrés mouvements dans le groupe, cette excellente prestation tient du miracle ! Bravo !
Remarque : le plancher du chapiteau, tout comme pour The Arrs, a bien vibré ! Au point que l’on sautait sur place sans le vouloir tellement il y avait du mouvement… C’était fun !



Hop ! Un petit coup de Dissident Chaber, cette fois-ci à côté du stand de restauration, et me voilà de retour sous le chapiteau pour voir l’ultime concert du festival : Lofofora !
Ah… Sacré Pierre (batteur du groupe) ! Dès l’échauffement, il nous en a mis plein la vue. Il est vraiment excellent ce batteur ! Un très beau jeu à regarder et une belle technique.
Voilà, le concert est entamé. Dès le début, on a constaté des différences en terme de mobilité par rapport à Black Bomb A : chez Lofofora, seul Reuno bouge vraiment (normal vu qu’il est le chanteur). Pierre aussi a un jeu de scène, mais étant batteur, il ne peut pas quitter ses fûts.
Daniel et Phil sont statiques à la guitare et la basse.



Qu’importe, le son est très bon, le public bouge beaucoup (un peu moins que pour The Arrs et Black Bomb A) et profitant du premier concert en réelle obscurité, les lumières prennent leur pleine valeur ici.
La setlist du groupe est très variée, puisant dans tous les albums. Je la qualifierais d’agitée au début, de reposante au milieu, et de folle à la fin.
A l’arrivée du morceau « Tous les mêmes », Reuno a fait une allocution contre les supporters parisiens de foot qui avaient fait la banderolle anti-ch’ti. Le public a beaucoup apprécié, mais personnellement, ayant l’esprit plus critique, je dirais que c’était un bon moyen de se mettre le public dans la poche… (Surtout que Lofofora est de Paris). Un petit wall of death réussi, jusqu’au fond de la salle, a eu davantage d’effet ensuite il me semble...



Les morceaux se sont enchaînés très rapidement, pour terminer en apogée sur « Buvez du cul » en rappel.
Lofofora est parti après avoir joué 20 morceaux (en festival, notez que c’est plutôt rare), et des spectateurs ont commencé à quitter le chapiteau…



Non !!! Le groupe est revenu sur scène, et c’était inattendu : ils nous ont interprété un dernier morceau pour tuer les derniers survivants : une reprise d’ « Anarchy in the UK » des Sex Pistols.
On la connaît, et façon Lofofora, elle est devenue : « Anarchie en Sarkozy ».
Au demeurant, ce fut une excellente reprise, qui a terminé le Betizfest de la plus belle des manières !

Setlist : 1) Mémoire de singes – 2) Nous autres – 3) Dernier jugement – 4) Au secours – 5) Psaume – 6) L’œuf – 7) Envie de tuer – 8) Amnes’history – 9) Les choses – 10) Tous les mêmes – 11) Tricolore – 12) Enfant du chaos – 13) Nuit blanche – 14) Autopilote – 15) Nobody’s perfect – 16) Le fond et la forme – 17) Comme des bêtes – 18) Accélère – 19) Trop – 20) RAPPEL 1 : Buvez du cul – 21) RAPPEL 2 : Anarchie en Sarkozy


Bon, il était temps de rentrer… un dimanche très bon avec aucun incident venant entâcher le festival. Le public était nombreux (le double par rapport au Chaulnes Metal Fest qui a lieu pas si loin que ça) et très enthousiaste.
Merci à l’organisation, à tous les bénévoles qui se sont bougés le cul pour nous faire plaisir. Une nourriture pas chère, des boissons aussi, on a apprécié l’effort !
Seule ombre au tableau, mais on leur pardonne : ça aurait été sympa s’il y avait un stand qui vendait des bêtises de Cambrai… oups !

Merci à Kribophotos (www.kribophotos.book.fr) pour les photos notamment !