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Album

09/12/14 - U-Zine

Bloodbath

Grand Morbid Funeral

LabelPeaceville Records
styleDeath Metal suédois
formatAlbum
paysSuède
sortienovembre 2014
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

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Après une chronique en Norvège, je retourne en Suède. J'ai l'impression d'être une balle de tennis et que ces deux pays sont les raquettes qui m'éclatent la tronche à chaque salve musicale orchestrée par des black metalleux ou des death metalleux tous plus furieux les uns que les autres. Si les deux contrées ont chacune leur mot à dire en Black Metal, il n'en va pas de même pour le Metal de la mort dont le trône se situe en Suède.

J'ai arrêté d'apprécier Bloodbath après Nightmare Made Flesh, dernier enregistrement convaincant des suédois. Ce groupe semblait voué à sortir des albums contractuels, puisque l'idée de départ née avec Breeding Death, qui était un hommage au style, planifié par des amis et passionnés, s'était totalement évaporée sur The Fathomless Mastery. Le départ de Mikael Åkerfeldt (complètement égaré dans la musique progressive) est à mon avis la meilleure chose qui pouvait arriver au groupe. Les musiciens ont finalement pris conscience de ce qui leur arrivait. Grand Morbid Funeral voit l'entrée en scène d'un nouveau zombie, qui n'est autre que le père Nick Holmes des britanniques de Paradis Lost. Le choix peut paraître surprenant, mais la prestation du vocaliste est plus que convaincante, j'y reviendrai ultérieurement. Le reste du line-up conserve son ossature.

Avec ce millésime, chaque titre s'apparente à une pluie de macchabés nous tombant sur la trogne ! Les corps volent dans tous les sens pour notre plus grand plaisir. Grand Morbid Funeral renoue avec un style diabolique et direct. On sent clairement la volonté des musiciens de sonner plus old school et malsain, mais il ne s'agit pas uniquement d'une affaire de son. En effet, la horde scandinave a retrouvé l'état d'esprit nécessaire pour la composition de cette offrande. Jonas Renkse et Anders Blakkheim Nyström se sont focalisés sur l'essence même de leur union et il est clair qu'ils n'ont pas fait les choses à moitié. Grand Morbid Funeral respire les corps exhumés et la pestilence. Comme le disait si bien Dan Swanö Brutality Comes Through Simplicity !

Nos cinq fossoyeurs travaillent nos orifices auditifs au tractopelle. Les blast beats ont presque disparu (ce qui est une bonne chose), au profit de tempo ravageurs. Martin Axenrot a certainement troqué ses baguettes contre des fémurs car ça cogne fort ! Per Sodomizer Eriksson et Anders Blakkheim Nyström s'occupent des obsèques grâce aux guitares et leurs riffs sombres de mammouth. Renkse œuvre sur le chantier de l'ossuaire avec sa basse bulldozer. Nick Holmes contribue grandement à l'atmosphère subversive, ce dernier s'exprime par le biais d'un chant varié et spectral qui tire vers des vocaux Black Metal par moment (assez proche dans le timbre de ceux de Mikko Aspa). La fine équipe est en parfaite adéquation. Les cadavres sortent des tombes, Nous voilà de retour dans le cimetière de Stockholm !

La salle mortuaire qui a servi pour la cérémonie funéraire a déjà été utilisée par le passé. La différence ? Eh bien, cette fois Bloodbath est arrivé des chauves-souris plein la tête, en sachant pertinemment comment ce nouveau cercueil devait sonner. Si la production se veut contemporaine et équilibrée, on ne peut pas dire qu'elle nuit au climat de l'opus, au contraire elle respecte même bien les critères du genre, avec des sonorités que n'aurait pas renié Entombed à l'époque des Sunlight studios. Les deux mots qui me viennent à l'esprit dès la première écoute sont massif et puissant. Quelle claque ! Le son vient du fond de la crypte et envahie la nécropole de toute part. L'ambiance de sépulture profanée est bien au rendez-vous.

L'être humain a toujours cherché à améliorer sa condition et prolonger sa vie. Bloodbath va à contre courant et nous propose une visite guidée dans une morgue abandonnée pour mieux nous imprégner de l'odeur de ces onze corps en putréfaction.
Si vous pensez qu'un contrat d'assurance vie peut vous faire côtoyer la mort de prêt, c'est que vous n'avez pas encore pris le temps d'écouter Grand Morbid Funeral. Ce dernier vous fera l'effet d'une pierre tombale vous arrivant droit dans la face, tout en vous enterrant par la même occasion ! R.I.P.

01. Let the Stillborn Come to Me
02. Total Death Exhumed
03. Anne
04. Church of Vastitas
05. Famine of God's Word
06. Mental Abortion
07. Beyond Cremation
08. His Infernal Necropsy
09. Unite in Pain
10. My Torturer
11. Grand Morbid Funeral

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