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Album

09/12/14 - U-Zine

Steel Panther

All You Can Eat

LabelUniversal
styleGlam
formatAlbum
paysUSA
sortieavril 2014
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

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Après les deux soirées de folie que nous ont foutus Steel Panther en France (Toulouse et Paris) cette semaine, il était clairement impossible de ne pas aborder le nouvel opus des californiens. Petit retour rapide sur le passif de la formation avant de se jeter la teub la première dans cet album pour lequel « Explicit Lyrics » n’aura jamais été aussi adapté.

Nostalgiques des années 80, de Sunset Boulevard, des ambiances néons à la Vice City, en ces heures d’insouciances ou le Hard FM et le glam dominaient les ondes, Steel Panther s’active depuis bien des années à recréer cette ambiance à travers albums inspirés et show scéniques rodés. Et pour cause, pendant très longtemps cantonnés à leur rôle de groupe de reprise, les californiens ont joué, soir après soir, pendant des années pour se forger une expérience live solide, et ce pendant 9 longues années. Jusqu’en 2009 où Steel Panther sort de l’ombre et se fait un nom à l’échelle internationale avec Feel The Steel, sonnant comme un gros coup de pied dans une fourmilière vieillissante sortant toujours la même soupe depuis bien longtemps. Consécration confirmée par le second album Balls Out en 2011, dans la lignée du premier.

Et si sur album le groupe fait mouche, c’est avant tout en live, et à plus forte raison en salle que le groupe est à voir. Si le Hellfest leur permet de toucher beaucoup de monde, c’est surtout au Bataclan où le groupe jouera 3 fois en 3 ans que Steel Panther marque des points en France. A chaque fois, leur show scénique ultra rodé ne manquera pas de panache, à grand coup d’ambiance sex, drugs et rock’n’roll dans les paroles, instaurant une ambiance à peine imaginable. Les filles juchés sur les épaules de leurs copains, montrant leurs seins au groupe ou encore la scène investie par une vingtaine de belles plantes, offrant un sexy show pour le prix d’une place de concert. Et cette réussite live, c’est en septembre 2012 qu’ils la plaquent sur DVD avec British Invasion, offrant au monde la preuve visionnable que Steel Panther est avant tout une formation qui déploie toute sa magie en concert.

C’est donc à ce stade créatif que l’on retrouve notre quartet permanenté, avec ce troisième opus : All You Can Eat. On dit souvent que le 3ème album est l’album de la maturité, mais pour Steel Panther on repassera, l’esprit déconne n’a jamais été aussi présent. Coup d’œil rapide sur la tracklist, et on s’aperçoit rapidement que cet album est clairement le plus orienté sur le cul que l’ont été les deux autres : Gloryhole, Bukakke Tears, Fucking My Heart in the Ass, … Et alors qu’on croyait le groupe avait quasiment tout tenté, on se rend compte qu’il arrive encore à nous surprendre.

Et dès le début, Pussywhipped laisse pantois … Alors que Steel Panther nous avait habitué à un titre d’introduction fracassant, nous voilà devant une introduction en guitare acoustique rappelant Crystal Ann d’Annihilator. Ne s’est-on pas trompé dans les albums promo ? Est-ce bien Steel Panther que j’écoute ? Le riff de guitare qui suit ainsi que la voix aigüe de Michael Starr nous ramènent à la réalité et nous offre un titre sans grande surprise malgré un refrain qui s’inscrit en mémoire dès la première écoute. Party Like Tomorrow is the End of the World avait fait l’objet d’un clip, le titre n’est donc pas totalement inconnu et offre une rythmique mid-tempo ultra chantante, parfaite pour passer sur scène, un véritable hymne à la fiesta, tel que l’on avait déjà vu auparavent sur Party All Day.

Là où est véritablement le génie, c’est Gloryhole, véritable pépite de l’album qui mélange une thématique clairement explicite avec un refrain mielleux à souhait mais dont la simple écoute suffit à donner le sourire : « I don’t wanna know who’s sucking my cock tonight … I’m going to the Gloryhole … ». Légèreté et bon gout au programme. On se rend rapidement compte que chaque titre possède une ambiance qui lui est propre Ten Strikes You're Out avec son riff très rock’n’roll, The Burden of Being Wonderful et sa rythmique au gout de power balade, BVS (acronyme de Big Vagina Syndrom) et son refrain destructeur, ou encore le riff très heavy de If I Was the King.

En bref, Steel Panther, loin de révolutionner un style vieux de plus de 35 ans se le réapproprie et en tire l’essence la plus pure pour nous livrer un résultat plus que convainquant. Un peu comme Airbourne pour AC/DC. Et la comparaison avec Airbourne pourrait même aller plus loin alors que les deux groupes connaissent une carrière très similaire. Les deux groupes ont connus la même gloire rapide, et sont tous deux à leur 3ème album. Un 3ème opus convainquant pour les deux groupes, dont la fraicheur et le dynamisme sont des atouts, mais qui ne dénotent pas tellement de leurs prédécesseurs. Ainsi, à toujours sortir des albums de la même trempe, aussi excellents soient-ils, il ne serait pas impossible que la magie qui opérait au départ s’effiloche ... Mais après réflexion, Motorhead a beau nous sortir toujours la même sauce, ça n’en reste pas moins des excellents albums. Continuez comme ça les mecs, vous avez tout compris !



1. "Pussywhipped"
2. "Party Like Tomorrow is the End of the World"
3. "Gloryhole"
4. "Bukkake Tears"
5. "Gangbang at the Old Folks Home"
6. "Ten Strikes You're Out"
7. "The Burden of Being Wonderful"
8. "Fucking My Heart in the Ass"
9. "B.V.S."
10. "You're Beautiful When You Don't Talk"
11. "If I Was the King"
12. "She's on the Rag"

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