Chronique Retour

Album

09/12/14 - U-Zine

Ayreon

The Theory Of Everything

LabelInside Out
styleprog metal rock
formatAlbum
paysPays-Bas
sortieoctobre 2013
La note de
U-Zine
9/10


U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Quand on apprend que Arjen Lucassen a laissé un moment tomber son projet Ayreon parce qu’il manquait d’inspiration, on en tombe sur le séant. Comment ce touche-à-tout du heavy progressif peut-il en arriver là ? et surtout comment fait-il pour, sans inspiration, sortir un album de Guilt Machine, un de Star One et un solo, tous très bons dans des registres différents ? ça force le respect ! mais quand l’inspiration est revenue, il a donc décidé d’apporter une suite à 01011001 tout en prenant en compte le fait que l’histoire qu’il avait suivie jusqu’à présent avait trouvé une fin. Il fallait donc trouver un autre concept mais garder l’esprit.

Alors il s’est tourné du côté de Rain Man et a inventé un nouveau scénario qui parle de prodige qui se découvre des capacités mathématiques incroyables, d’enseignant ébahis, de psychiatre qui essaye de comprendre autour de sept personnages tous incarnés par des chanteurs / chanteuses différents. C’est la touche Ayreon. Sachez que Lucassen prévoit des suites à cette histoire, il y voit un potentiel de saga comme celle de la planète Y de ces précédentes réalisations. Autre point typique du groupe : le nombre de compositions. Quatre longs morceaux d’une vingtaine de minutes, subdivisés en toutes petites parties, le tout sur deux cds. Il y a quatre phases : Singularity, Symmetry, Entanglement, Unification. Le tout est construit de manière suivie puisqu’on trouve la reprise du morceau The Theory of Everything trois fois, deux occurrences de The Argument et un thème d’introduction et de conclusion The Blackboard. Evidemment, rien n’est placé au hasard, tout a une importance dans le déroulement du concept. Quitte à faire grandiose autant tout réfléchir.

Les fans avaient pris leur pied sur les albums précédents avec le casting de rêve des musiciens, tous aussi excellents les uns que les autres, dont la personnalité et la singularité avaient pu être conservées et adaptées par Lucassen. Cette fois-ci encore il s’entoure de pointures avec lesquelles il n’avait jamais travaillé, nouveau concept oblige. On retrouve les frontmen / women de Lacuna Coil, Tarot, Kamelot, Asia ou encore Grand Magus. L’objectif est de rendre le côté opéra le plus visible et accessible possible. Par conséquent, la musique se fait souvent écrin pour les chants et les lignes vocales, la diction, les chœurs sont accessibles à l’extrême afin que l’on puisse profiter des émotions que les chanteurs veulent transmettre.
Car toute la subtilité est là, chanter et faire passer quelque chose : le désespoir dans The Parting à coups de cris déchirants, la perplexité dans The Rival’s Dilemma ou encore presque narratif sur the Blackboard avec le côté profond de la voix masculine et la légèreté teintée de tristesse de la voix féminine. Le côté dramatique est parfois poussé à l’extrême et cette fois, les voix ont tendance se manquer un peu de caractère à certains moments, alors que précédemment il était difficile de mélanger Russel Allen et Hansi Küsch ou encore Bruce Dickinson ! Il semblerait que le casting, même s’il est vraiment très bon et talentueux mériterait d’être légèrement affiné.

Si Lucassen tient la plupart des instruments classiques, sauf la batterie, derrière laquelle on retrouve son complice de toujours Ed Warby, il laisse toujours la part belle aux instruments folk comme sur Magnetism (dont certaines lignes vocales rappellent un peu trop l’album précédent) ou encore Quid Pro Quo et ses flûtes. Les invités se font remarquer par des soli surtout, notamment les claviers sur Progressive Waves avec Jordan Ruddess, dont on reconnait immédiatement la touche, et Keith Emerson. Ce morceau est d’ailleurs complétement spatial et porte bien son nom tant on se sent sur une vague quasi interstellaire. On retrouve aussi sur The Parting Steve Hackett à la guitare pour ne citer que lui. Les invités ne sont plus légion et on sent que Lucassen n’a pas cherché à faire dans le pléthorique, ce qui est pleinement justifié.

La justification peut venir du temps qui a certainement été consacré à la composition. On reconnait les sonorités typiques d’Ayreon, surtout celles du clavier et on a du mal à se dire que cet album n’est pas dans la continuité pure du précédent. Et pourtant, le découpage extrêmement fin crée une ambiance singulière : passer d’un morceau à un autre revient très souvent à changer de monde et d’ambiance et on s’en trouve parfois désarçonné, surtout si vous écoutez l’album sur un player qui ne gère pas les transitions et crée un blanc entre les titres (soyons honnêtes ça gâche un peu le plaisir).

Pour le reste du contenu, nul besoin de prouver que le Batave sait tout faire : du rock avec des chants superbement bien coordonnés (The Breakthrough), du gros metal avec du riff mastodonte (Quantum Chaos), de la chanson ballado-folk youpitralala les p’tits oiseaux (The Eleventh Dimension), du presque rien sauf des voix (The Visitation) et tant d’autres ambiances. La recette marche à tous les coups tellement les talents sont bien mélangés et le rendu est fantastique. La prédominance de l’ambiance ne gêne en rien la catharsis des passages purement métal qui viennent remplir l’espace et nos tympans de manière jouissive !

Si vous vous tournez versThe Theory Of Everything et que vous connaissez déjà Ayreon, vous ne serez pas surpris mais vous allez retrouver tous les sentiments qui vous avaient animés avec les autres albums du groupe. Rappelons pour les autres que Ayreon c’est avant tout un opéra métal, mais pas dans le sens parfois grandiloquent d’Avantasia. Ici c’est un film rempli d’émotions diverses servies par une musique impeccable et des chanteurs / acteurs toujours justes. Pour finir sachez que le découpage en quarante-deux morceaux de l’album répond à la « question ultime sur la vie, l’univers et tout le toutim » de l’hilarant The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams. Ah ces fans de SF…

Phase I: Singularity
1. "Prologue: The Blackboard" 1:55
2. "The Theory of Everything Part 1" 3:01
3. "Patterns" 1:03
4. "The Prodigy's World" 1:31
5. "The Teacher's Discovery" 2:58
6. "Love and Envy" 2:39
7. "Progressive Waves" 3:16
8. "The Gift" 2:38
9. "The Eleventh Dimension" 1:46
10. "Inertia" 0:45
11. "The Theory of Everything Part 2" 1:50

Phase II: Symmetry
12. "The Consultation" 3:49
13. "Diagnosis" 2:48
14. "The Argument 1" 0:24
15. "The Rival's Dilemma" 2:22
16. "Surface Tension" 0:57
17. "A Reason to Live" 0:45
18. "Potential" 3:14
19. "Quantum Chaos" 2:09
20. "Dark Medicine" 1:23
21. "Alive!" 2:29
22. "The Prediction" 1:05

Phase III: Entanglement
1. "Fluctuations" 1:01
2. "Transformations" 3:13
3. "Collision" 3:26
4. "Side Effects" 2:59
5. "Frequency Modulation" 1:44
6. "Magnetism" 3:54
7. "Quid Pro Quo" 3:09
8. "String Theory" 1:29
9. "Fortune?" 1:36

Phase IV: Unification
10. "Mirror of Dreams" 2:30
11. "The Lighthouse" 3:16
12. "The Argument 2" 0:49
13. "The Parting" 3:27
14. "The Visitation" 3:27
15. "The Breaktrough" 2:00
16. "The Note" 1:11
17. "The Uncertainty Principle" 2:09
18. "Dark Energy" 0:44
19. "The Theory of Everything Part 3" 1:29
20. "The Blackboard (Reprise)"

Les autres chroniques

Album

juin 2000 U-Zine

Ayreon

Universal Migrator part 2 : Flight Of The Migrator

Album

juin 2000 U-Zine

Ayreon

The Dream Sequencer

Album

janv. 2008 U-Zine

Ayreon

01011001