Chronique Retour

Album

09/12/14 - U-Zine

Hacride

Back To Where You've Never Been

LabelIndie Recordings
styleDeath progressif
formatAlbum
paysFrance
sortieavril 2013
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Hacride est loin d’être un groupe comme les autres. Il suit son chemin en marquant le paysage metal français d’une empreinte particulière et tout le monde est capable de citer le nom d’un de leurs albums sans même l’avoir écouté. Alors lorsqu’ils sortent leur nouvel opus, Back To Where You’ve Never Been, la curiosité est à son comble et nombre de questions se bousculent : vers où ont-ils navigué pour revenir de cet endroit où ils n’ont jamais mis les pieds ? Vont-ils nous surprendre ? Après le succès critique de leurs précédents albums, comment se renouveler ?
Tout cela commence par des changements. Changement de label, puisqu’ils signent chez les Norvégiens de Indie Recordings. Mais aussi changement de personnel, Florent Marcadet de Klone reprend les fûts et le chanteur Luiss Roux intègre le groupe à la position la plus délicate, celle de frontman et voix du groupe. Ce qui change tout ou presque. L’identité du groupe est forte et marquée, même si on les compare souvent à des poids lourds comme Meshuggah, ils ont ce petit « je-ne-sais-quoi », comme dirait les Américains, qui fait la différence.

Alors pour préparer l’arrivée de leur quatrième album, ils ont tourné avec leurs potes de la Klonosphere, ils ont préparé le public à leur son et ont travaillé la cohésion du groupe. Ils ont aussi soigné leur visuel. La cover de Back To Where You’ve Never Been est somptueuse, même si l’implantation du cercle central ne semble pas suivre l’inclinaison du corps Presque en filigrane derrière. Les teintes de noir et de gris, le coup de crayon et le flou donnent une impression irréelle comme lorsque l’on est sonné et que l’on ne distingue pas bien les contours du monde qui nous entoure en revenant à la conscience.
Et cette impression de flou, de retour des limbes continue sur Introversion, son fade in au clavier, typé film inquiétant et l’arrivée des instruments, qui naturellement reprennent cette ambiance pour la pousser un peu plus haut à coups de roulements de caisse claire et d’arpèges. Hacride ne prend pas l’auditeur de front tout de suite, ils jouent la carte de la finesse et de la souplesse, du crescendo. Ils ne sortent de l’ombre pour faire exploser la saturation qu’après la moitié du titre. C’est comme si l’on était descendu de la Terre vers les forges de l’Enfer où le métal coule à flot.

Car ne nous méprenons pas, si on a tendance à coller l’étiquette « progressif » à Hacride, ils n’en restent pas moins un groupe de métal à tendance extrême. Overcome, Edification of the Fall et Ghosts of the Modern World sont là pour le rappeler au public. Sans pour autant verser dans la brutalité sans aucun sens, le groupe va plutôt se servir du côté énergique du metal pour faire rebondir ou décoller leurs titres. Les mots traînent et vibrent jusqu’au bout du souffle, rien n’est jeté à toute vitesse pour donner une sensation d’énergie compacte. Ainsi cette façon de faire va nous faire entendre un son qui pourrait se rapprocher des passages énervés de Devin Townsend, autant par la voix criée qui ne se rapproche en rien des chants classiques, growls et compagnie, de l’extrême que par la construction qui ne se donne pas au premier abord.

Le passage central de Edification of the Fall en est le meilleur exemple, plein de pêche, l’énergie du groupe se libère sans pour autant que tout parte dans tous les sens. L’aspect technique ayant une telle importance pour Hacride que l’on a l’impression que chaque note est placée avec précision et là où l’on s’attend à un déboulé de vitesse, ce sont les cassures dans le rythme qui nous tiennent en haleine. Sans compter les longues touches bien progressives autour des 3 minutes, où chaque détail rajoute un peu au plaisir de la performance que l’on apprécie sans limite.

On peut aussi signaler les deux instrumentaux qui portent des fonctions et des sons différents. Synesthesia est la fin du tryptique Introversion / Strive To Ever More / Synesthesia qui du propre aveu du groupe se lit comme un seul titre. Ce dernier chapitre reprend le thème développé avant et le termine dans un morceau qui se joue presque comme un générique. Sans trop d’innovation mais un chemin vers la sortie. To Numb The Pain joue sur la dualité électrique / électronique puisque le clavier prend le pas sur le reste et ici aussi on se laisse porter par un titre assez planant sans trop de relief mais avec une certaine intensité.

L’aspect jouissif de Back To Where You’ve Never Been est bien réel, comme sur Ghosts Of The Modern World et son passage après 4 minutes. Ce qui nous fait dire que mettre l’album de Hacride dans les oreilles c’est l’assurance de passer un bon moment avec un groupe que l’on connait bien maintenant et qui ne déçoit pas. Inévitablement, on le comparera avec ses prédécesseurs, mais à aucun moment on n’oubliera qu’il a une âme qui lui est propre et c’est pour cela que l’on se souviendra de cet album.

01. Introversion
02. Strive Ever To More
03. Synesthesia
04. Overcome
05. Edification Of The Fall
06. To Numb The Pain
07. Ghosts Of The Modern World
08. Requiem For A Lullaby

Les autres chroniques