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Album

09/12/14 - U-Zine

Coilguns

Commuters

LabelPelagic Records
styleHardcore Chaotique
formatAlbum
paysSuisse
sortiefévrier 2013
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

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Coilguns, c'est un peu comme un de mes enfants, groupe que je suis depuis ses tous débuts en 2011 et que j'ai vu évoluer au fur et à mesure de ses sorties. Du Dillinger Escape Plan-like, le groupe s'est affirmé pour devenir un monstre d'Hardcore Chaotique à la gloire de Satan. Enfin presque...
Toujours est-il qu'il est temps de franchir un cap important pour les Suisses, celui de l'album que j'attends impatiemment depuis la sortie de l'EP Stadia Rods, il y a un peu moins d'un an. L'attente avait été entrecoupée d'un split avec Never Void mais pas assez pour me rassasier, il me fallait l'album.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Coilguns, encore une fois n'a pas fait semblant pour sortir Commuters. Je vous avais déjà parlé du packaging du split qui était un des plus choses les plus soignées que j'avais eu entre les mains. Celui de Commuters est, certes, plus classique mais tout aussi soigné. Il ne manque que les paroles des morceaux pour que tout soit parfait.
Il en va de même pour le contenu de l'album. Coilguns aurait pu très bien la jouer facile et refourguer de vieux morceaux des différents splits ou de Stadia Rods mais à la place, les Suisses ont pris la peine (plutôt le plaisir en l'occurrence) de composer une cinquantaine de minutes de - comme le groupe le dit lui-même - « distorsions indigestes » avec toujours ce soupçon de Satan qui fait toute la différence.

Ce qu'on peut dire, c'est que le groupe ne bastonne plus autant qu'avant et va de plus en plus se tourner vers des compositions plus longues, plus lentes et moins variées où l'ambiance prend le pas sur le reste. « Commuters Part 2 » dure onze minutes, si on la recolle avec sa première partie à laquelle elle s'enchaîne merveilleusement bien, on en a déjà pour quatorze minutes. Le titre de conclusion « Earthians » flirte avec les neuf minutes. De quoi vous effrayer ? Pas vraiment tant l'ambiance répétitive est forte et prenante avec juste le nombre de variations qu'il faut pour ne pas s'ennuyer. Sans même les avoir entendu en concert, ces trois titres font déjà partis des classiques de la formation. Mais pour arriver à cette conclusion, il faudra vous armer de patience parce que Commuters n'est pas un album à mettre entre toutes les oreilles. Celui-ci ne produira son effet qu'auprès d'oreilles averties aimant se faire mal avec des morceaux aux structures situées aux antipodes des formats habituels, à base d' une ambiance apocalyptique très pesante. Cela même quand le groupe se permet un aparté en plein milieu d'album de quatre morceaux oscillant entre une trente et trois minutes qui vient rappeler que Coilguns, c'était à la base du tout pour la violence. Cette partie est plutôt pas mal mais ce n'est pas celle du tout que je préfère face aux compositions plus portées sur l'ambiance qui me transportent littéralement vers des mondes futuristes totalitaires qui sont majoritaires sur l'album.

Limité par le fait de n'avoir que deux instrumentalistes, Coilguns, toujours dans sa volonté de vouloir tout enregistrer « live » en une seule prise chaque morceau, a du se résoudre à inviter des musiciens pour pouvoir tout enregistrer. Les morceaux « Commuters Part 2 » et l'instrumentale « Blunderbuss Committee » ont été enregistrés avec quatre guitares en même temps tandis que « Earthians » en compte cinq. C'est dire la richesse de ces morceaux qui sont de véritables pépites chaotiques, par ailleurs. En invité de marque, on peut aussi noter la présence du chanteur de Rotten Sound et Nasum, Keijo Niinima qui vient rajouter toute sa puissance vocale à « Minkowski Manhattan Distance ».

Comme prévu, je peux déjà vous promettre que ce Commuters sera l'un des premiers moments forts de l'année car vous n'aurez pas beaucoup d'albums aussi oppressants, riches et si bien construits en 2013. Coilguns ne se repose jamais sur ses lauriers et arrive toujours à surpasser son précédent effort au prix d'efforts. Il devient même difficile de classer ce groupe qui plus il avance, plus il s'affranchit de toutes ses influences pour former un nouveau monstre qui va tout détruire sur son passage. Si vous aviez prévu de les voir lors de leur tournée en février et après, vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenus.

1. Commuters Part 1
2. Commuters Part 2
3. Hypnograms
4. Machines Of Sleep
5. Plug-In Citizens
6. Submarine Warfare Anthem
7. Minkowski Manhattan Distance
8. Blunderbuss Committee
9. 21 Almonds A Day
10. Flippists / Privateers
11. Earthians

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