Articles Retour

10 groupes à ne pas louper au Motocultor 2026

vendredi 3 juillet 2026
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Après un Hellfest (couvert par nos reporters de guerre Michaël et DiSab) et un Rock in Bourlon caniculaires, les festivals se poursuivent cet été avec, notamment, le « petit frère du Hellfest », le Motocultor. Cette année encore, une partie de l'équipe Horns Up sera bien présente à Carhaix, et une fois n'est pas coutume, le festival propose une programmation riche qui en fait une alternative plutôt alléchante. Sans parler de son esprit complètement décalé et proche du terroir avec des groupes locaux ou à la touche celtique parmi les grands noms du metal. Ces derniers sont de taille au Motocultor cuvée 2026, avec de belles captures qui feront date dans l'historique du festival.

À ce titre, on n'est pas là pour vous présenter Judas Priest (notre report post-fest vous en parlera probablement), mais comme chaque année, on vous partage une sélection plutôt variée de 10 groupes à suivre pendant ces quatre jours de Motoc'. Bien que l'affiche ne soit pas énorme, faire des choix fut encore un exercice difficile. Retenez donc que cette liste n'est pas exhaustive ! 

 Sanguisugabogg | Monkeys On Mars Coroner Pain Magazine Master Boot Record | Múr | Slift | Bruit≤ | Fit For An Autopsy | Deafheaven

 

Sanguisugabogg
Supositor Stage - Jeudi

Aurélie Jungle : Démarrage officiel de mon Motocultor à 17h55 le jeudi avec un clash Pilori / Sanguisugabogg ! Mon choix va tout de même se porter vers le groupe avec le nom imprononçable qu'on voit surgir un peu partout depuis 2-3 ans. Et contrairement à ce que tu pourrais penser, la « sangsue des toilettes » (sanguisugabogg donc) c'est pas du grind. Non. C'est du death. Un death viscéral, gore, mais aussi, parfois, complètement idiot, qui ravira les adeptes du chant guttural, de la double pédale qui n'en finit plus et des breaks capables de te couper en deux. En somme, il me tarde d'apprécier la lourdeur de ses guitares, la technicité de sa batterie et la gorge profonde de son frontman, en live. 

 

Monkeys On Mars
Bruce Dickinscène - Dimanche

Simon : Double dose de heavy psyché. La fusion franco-suisse entre Monkey3 et Mars Red Sky est l'attraction récente la plus réjouissante du stoner francophone. Signée par la sortie d'un EP commun, et non d'un split, elle a emmené les deux groupes sur une tournée à trois sets entremêlés où chaque formation joue ses titres avec des interventions des uns et des autres avant de se retrouver pour jouer de nouveaux titres collectifs, à l'instar du format choral des concerts G3 orchestrés par Joe Satriani. Un beau mélange complice en symbiose entre les deux entités comme on en voit rarement.

Dans une programmation dominicale mettant le stoner à l'honneur sur la Bruce Dickinscène, Monkeys On Mars promet d'offrir une respiration par son groove et ses atmosphères planantes. Essayez de garder les pieds au sol, au risque de vous retrouver en orbite sur la planète rouge. Vous êtes prévenu.es pour le décollage.

 

Coroner
Supositor Stage - Vendredi

Aurélie Jungle : Un peu de thrash pour changer. Oui, la présence de Coroner dans ce top 10 est un peu une évidence, parce qu'il y a des carrières qui méritent d'être saluées. Pour moi Coroner en fait partie. Presque habitués du Motocultor (troisième passage), les Suisses écumaient les festivals depuis 2011 pour faire tenir leur public dans l'attente d'un nouvel album. En te passant les détails, c'est chose faite depuis octobre dernier avec Dissonance Theory, 32 ans après le précédent. Et le pire : c'est que c'est un album qui a su faire le taff (la chronique est là).

Combler trois décennies d'attente en faisant l'unanimité c'était un pari presque impossible. En 2026, Coroner est donc toujours sur scène, capable de sortir un très bon album et fait partie de mon bingo des papas : un groupe à voir au moins une fois. Jusqu'ici, ça a toujours été le jeu du chat et de la souris. Je vais donc m'y tenir cette fois et saisir cette opportunité. 

 

Pain Magazine
Massey Ferguscène - Dimanche

Simon : On s'en souvient, Birds in Row a claqué la porte du Hellfest, mais ne semble pas bouder le Motocultor. Les Lavallois ne reviennent pas sous ce nom : c'est le projet Pain Magazine formé en collaboration avec Louisa Pillot aka Louisahhh!!! et Maël Péneau alias Maelstrom, qui mérite ici notre attention. Une combinaison du post-hardcore du trio et de la noise-indus du duo ayant donné lieu à l'album Violent God fin 2025 : spontané, fiévreux, ambivalent, décapant, grinçant et qui promet de nous limer davantage les dents avec un show immersif.

Par le prisme de l'électro glaciale et du post-punk désillusionné, cet hydre montre mille facettes dans des voix tenaces au discours engagé et percutant. Impossible de rester indifférent à la rage latente du titre « Violent God ». On ne garantit pas une tornade dans le pit, mais clairement un orage émotionnel.

 

Master Boot Record
Bruce Dickinscene - Vendredi

Aurélie Jungle : Croisé en première partie d'Igorrr à l'Olympia en octobre dernier, il n'a fallu que deux petites minutes pour que je me laisse entraîner dans le pit de Master Boot Record (MBR - oui comme le composant de ton pc). MBR c'est un projet qui vient d'Italie, créé par Victor Love. 14 albums (14 !) à son actif, toujours dans le chant lexical du programmeur (c'est d'ailleurs une galère pour retenir les noms des morceaux), MBR c'est du heavy metal mixé avec de la musique électronique. « Comme Perturbator ? » Même idée dans le fond si ça peut t'apporter des pistes de compréhension. Dans la réalisation c'est un peu différent. 

Tu mets trois gars sur scène, un batteur, deux guitaristes (dont Victor Love) qui jouent donc du heavy metal en 8bit avec, parfois, des remix 8bit de samples issues de jeux vidéos, de grands classiques metal ou de films : Orion, Final Fantasy, Doom, Terminator… Le tout aidé par des ajouts électroniques par ci par là. Bref c'est une teuf et c'est plutôt impressionnant de voir la programmation se faire en live, tout étant millimétré. Trois petits sons pour celles et ceux qui veulent découvrir sans se faire les 14 albums : « CONFIG.SYS », « CPU » et « Skynet ». Ah et pour Orion c'est « XCOPY.EXE ». 

 

Múr
Massey Ferguscène - Samedi

Simon : Je ne suis qu'un messager. Un ami m'a chaudement recommandé l'écoute du premier album des Islandais de Múr, je n'ai pas été déçu et il fallait que je le partage à l'occasion de leur passage au Motocultor. Fans de post-metal progressif, vous retrouverez tout ce que vous aimez avec Múr avant de courir vers les Norvégiens de Leprous dans la même veine, sauf si vous préférez céder à vos pulsions sur le death metal des Suédois de Grave qui jouent sur le même créneau que Múr.

Une bonne raison de privilégier l'Islande à la Suède ? La richesse des ambiances en cascade alternant la légèreté sincère d'Alcest et les intrications sulfureuses d'Enslaved, l'éruption des riffs après leur bouillonnement magmatique, le dépaysement sur un territoire inconnu si vous ne les avez pas vus en tournée avec Oranssi Pazuzu, les voix à couper le souffle, les pics d'intensité massifs comme des glaciers invoquant l'âme de Devin Townsend dans ses pièces les plus épurées.

Horns Up prend la casquette d'agence de voyage. Destination le large, au travers des mers, droit dans Múr.

 

Slift
Massey Ferguscène - Samedi

Aurélie Jungle : En tournée pour la sortie de Fantasia, son cinquième album le 5 juin dernier, le trio toulousain sera de passage au Motocultor et je ne pense pas me planter en disant qu'il va falloir jouer des coudes pour avoir de la place sous la Massey Ferguscène. Face au black metal industriel de Anaal Nathrakh, ça va être deux salles deux ambiances. Slift c'est un groupe de stoner / psyché / garage rock avec des ambiances ambivalentes (ça peut être très lourd comme très aérien) grâce à des morceaux foutrement imprévisibles, autant sur la mélodie que sur le chant. Ça flirte avec le jazz, avec le doom, avec le desert... Slift c'est un voyage, à bord d'un vaisseau spatial. Et c'est ça qui fait évidemment sa force mais aussi sa capacité à brasser un public très large. Actif depuis 2016, la notoriété du groupe monte rapidement et sûrement depuis la sortie de Ummon en 2020.

Un ou deux morceaux pour découvrir Slift ? « Citadel on a Satellite » et « Weavers'Weft ». Ça aussi c'est deux salles, deux ambiances. Reste à voir si le Motocultor sera à la hauteur du groupe et des ambitions que je lui attribue : un show immersif et une parfaite qualité sonore. Deux aspects dont est largement capable le festival. J'allume un cierge.

 

Bruit≤
Massey Ferguscène - Samedi

Simon : Ils ont quasiment volé la vedette en première partie d'Alcest qui, beaux joueurs, leur avaient laissé dérouler un show abouti, complété par un écran géant pour exprimer la dimension révolutionnaire de leur musique. Après The Age of Ephemerality, le quatuor toulousain est à son paroxysme, mais continue étrangement de s'étendre, à l'instar de leurs chansons s'élevant toujours plus haut quand on pensait avoir atteint le climax, dans la lignée post-rock de Godspeed You! Black Emperor.

Chaque mouvement respire la recherche sonore, la virtuosité dans l'exécution. Néanmoins, le bagage classique savant du groupe ne s'épargne pas d'une spontanéité captivante et d'une approche révoltée. Bruit sait très bien transposer sa musique instrumentale fouillée sur scène. Mieux, la faire vivre. Quiconque les a vus en concert en est déjà convaincu.e, bouleversé.e par le souffle exaltant des orchestrations entre grâce révérencieuse et expérimentation iconoclaste moderne. Ne loupez pas ce petit phénomène en ascension qui envoie un signal puissant parmi le vacarme ambiant.

 

Fit For an Autopsy
Dave Mustage - Dimanche

Aurélie Jungle : La journée du dimanche s'annonce être un véritable marathon pour les adeptes de deathcore et Fit For An Autopsy (FFAA) est programmé à 16h. Un chassé derrière la nuque dès le matin, pas de repos pour les braves et bordel c'est un peu à l'image du sextet étasunien qu'est FFAA : inarrêtable. Des productions efficaces, punitives, un album tous les deux ans environ, des tournées qui sont sans fin et surtout un groupe qui a su redonner du souffle à un genre qui commençait à tourner en rond. Un peu à l'image d'un Shadow of Intent ou d'un Lorna Shore. Ouais c'est tout ça FFAA.

Toujours bien présents en 2026, Fit For An Autopsy démarre (ou continue) ici sa tournée européenne faisant suite à la sortie de « The Wretch » en mars dernier, nouveau single qui annonce très certainement un nouvel album (dont on a pas encore la date de sortie). Une bonne occasion j'imagine d'évaluer l'accueil de ce nouveau single. Ça ne pourra, de toutes façons, pas être pire que « Hostage » (désolée). Est ce que je fais partie des personnes qui ont un problème avec le chant clean de FFAA et cet espèce de latence metalcore sur le dernier album : oui. Mais pour l'amour des anciennes productions, je serai là et je m'attends à un live très très dense où on va manquer de souffle, étouffés sous les riffs de Pat Sheridan et de Tim Howley. J'en ai mangé des concerts YouTube de FFAA : c'est d'une précision chirurgicale, presque irréel. Bordel j'ai hâte de déguster ça. Avec « Black Mammoth » parmi les accompagnements si possible.    

 

Deafheaven
Massey Ferguscène - Dimanche

Simon : Qui aurait pu prédire que Deafheaven figurerait dans cette sélection ? Une partie de la rédaction de Horns Up en parle trop, l'autre n'en parle pas assez. Tout comme Bruit, leur album de 2025 avait trouvé sa place parmi nos AOTY. Il est donc logique de vous en reparler.

Les Californiens ont joué à Clisson l'an dernier et reviennent cette année en Bretagne historique pour la première fois à Carhaix. Ayant particulièrement apprécié la synthèse des facettes du groupe sur Lonely People with Power, je me réjouis d'entendre enfin en live les nouveaux titres de l'album piochant dans tout le spectre blackgaze du plus percutant sur Sunbather au plus minimaliste sur Infinite Granite. Avec sa proposition rayonnante parmi les musiques extrêmes, Deafheaven a sa place sur les temps forts estivals.