
We Metal Fest 2026 - Jour 1
Le Plan - Ris-Orangis

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.
Aurélie Jungle : «Il fait beau, il fait chaud, la vie coule comme une chanson...». Troisième édition du We Metal Fest, deuxième pour ma pomme. Toujours au Plan, à Ris Orangis (91), le We Metal Fest affiche complet cette fois-ci et il le mérite. Ce fest est excellemment bien organisé. En seulement deux éditions, il a réussi à se tailler une belle réputation. Pour la faire simple : il est à taille humaine, hyper bien agencé, il n’y a pas de choix à faire sur la prog' (les concerts s’enchaînent grâce à deux salles, c’est juste à toi de courir à chaque fin de set), y’a à manger, à boire… Bref y’a une ambiance de before avant les grands festivals de cet été (sujet qui rythme absolument toutes les conversations).
En supplément, le We Metal Fest est retransmis sur le Twitch de L’Empreinte (co-organisateur du festival) animé par l'équipe d'Outcasts (Mymetalunicorn, Bakared et Dealer2metal). On y retrouve, entre autres, des bouts de live et des interviews des groupes présents.
Enfin, 49 balles pour deux jours (une vente en early à 30€) avec des têtes d’affiche comme Rise of The Northstar, Ten56., Lofofora ou Shaârghot… C’est donné. « Support your local scene ».

Je débarque en touriste. Il y a quelques groupes que je connais, sans plus d’affinités, d’autres que je ne veux pas rater et d’autres dont je ne connaissais pas l’existence avant de les voir sur l’affiche. C’était pareil l’année dernière et je suis allée de surprise en surprise. Puis rappelons-le, c’est un peu, aussi, le principe des festivals.
Samedi 4 avril - Jour 1
Revnoir | Downterra | The Browning | Th3ory | Ten56. | Spleen | Rise of the Northstar
Revnoir
Grande Salle
Le We Metal Fest démarre avec Revnoir. Il est 16h, le groupe ouvre donc le festival et étonnamment, la Grande Salle est bondée. Revnoir, c’est du metalcore avec quelques touches de rock et de dark électro. Pas mon truc sur le papier mais je reste complètement extasiée face aux compétences vocales de Maxime, le chanteur donc. J’ai limite l’impression qu’il est en play-back, tant il a l’air de ne faire aucun effort. Il enchaîne le chant clair et le scream avec une aisance déconcertante, puis monte sur des notes très hautes notamment sur le morceau «Red Ice». Le crash terreux de la batterie donne une texture folle à l’ensemble, les musiciens transpirent le bonheur et la journée démarre très très très bien avec un public surmotivé qui exécute son premier wall of death sur le break infernal du deuxième morceau. Petite surprise sur «…Revenge», Clément, chanteur du groupe Ashen (qui était à l’affiche en 2025), débarque sur scène pour un duo post-refrain. La fraternité de la scène metal française sera donc à nouveau à l'oeuvre cette année.

Downterra
Club
Downterra, le nouveau concept d’Arthur Alternatif. L’année dernière, Arthur Alternatif avait clôturé la première soirée du festival avec Alternight. Du metalcore / hardcore qui fonctionnait plutôt bien, à grands renforts de reprises de grands classiques metal. Cette année, on part sur un mix dubstep / hardtek / drum’n’bass / metalcore. Oui, on le sait, d'autres ont essayé avant et l’exercice est casse-gueule. Mais qui sait ? Peut-être que l’amour de la basse est plus fort que tout. Problème ici : le set est complètement aléatoire. Arthur le sait et il l'avouera lui même : « on a essayé de faire un truc débile ». C’est pas le terme que j’aurais employé.
Ils sont deux sur scène : Arthur au chant et XtronX derrière les platines. Les styles pré-cités ne sont pas mixés entre eux. Ils s’enchaînent les uns après les autres, parfois sur le même morceau. C'est-à-dire que tu peux démarrer un morceau sur du metalcore pour finir sur de la hardtek, sans transition. Aucune. On passe donc du coq à l'âne. Bien que j'apprécie l'ensemble des styles utilisés, leur face à face brutal est déstabilisant. Et je mets de côté le morceau de rap en «feat» qui se finit par de la liquid drum’n’bass (oui, toute la basse-cour y est passée). Arthur, en excellent frontman (il faut quand même le souligner) fait tout pour motiver la fosse qui, elle, tente de trouver un fil rouge à tout ça. En vain parfois. À chaque changement de BPM sa remise en question et ce, malgré l’amour de la basse et une intro faite sur «Smells Like Teen Spirit» histoire de poser et/ou rappeler les bases qui nous réunissent aujourd'hui.


The Browning
Grande Salle
The Browning, seule formation américaine de l’affiche. The Browning est un groupe d’electrocore. En pratique, ça donne du deathcore dopé aux infra-basses et à l’électro. À ça s'ajoutent parfois des choeurs ecclésiastiques ou encore des samples de violons pour un côté symphonique. Tu vois la vidéo de Michel qui chante du Carmina Burana avec une clope au bec sous la douche ? Même délire (si t'as pas la ref). Sur scène, il y a un chanteur, un batteur et un guitariste. Pas de bassiste ? Ce sera électronique. Et ces messieurs n'ont absolument pas lésiné sur l'infra-basse qui nous souffle à chaque fois qu'elle est utilisée.
Côté scéno, ça joue beaucoup avec la lumière quitte à ce que la scène se pare de noir plus que de raison, les spots n’ont de cesse de tourbillonner, puis c’est la crise d’épilepsie sur chaque break (ce qui explique le manque de photos). Si le set était très orienté deathcore au début, il se transforme petit à petit en rave party. Les BPM sont de plus en plus rapides et prennent de plus en plus de place. Là où ça marche c’est que le gabber (ouais, y’a du gabber) qui se lance, par exemple, se retrouve complètement avalé par les breaks death et, entre-temps, les deux styles se mélangent plutôt bien. Bref ça fonctionne cette fois et les circle pits sont légion. La fin se fait en chœur sur «Blue (Da Ba Dee)» de Eiffel 65 remixé à la sauce The Browning.
Th3ory
Club
On patiente sur du Igorrr en attendant Th3ory, groupe de cyber nu metal. Th3ory est composé de 5 messieurs qui débarquent sur une scène trop petite pour le coup. Ils ont mis le paquet sur la scénographie et nous voilà plongés dans une ambiance Deadspace x Mad Max, sans lance-flammes mais avec des canons à CO2. Deux chanteurs, un qui rape et un qui scream et… Beaucoup de chorégraphie. Malgré l'ambiance que tentent de mettre les musiciens et les riffs lancinants, le public est inactif, silencieux, on s'entend chuchoter entre chaque morceau. Mode « découverte » activé. Pour nous faire participer, on nous invite à chanter sur un refrain, pour nous faire bouger, l’un des chanteurs décide de se jeter dans la fosse pour tenter de créer un pogo. Tous ces efforts ne prendront pas… Je n’ai pas retenu les titres des morceaux mais sur le break de l’un d’entre eux, le batteur lâche son poste et rejoint le reste du groupe pour se joindre à leur chorégraphie sur le devant de la scène. J’en perds mon latin. Je n’ai rien à dire sur la prestation du groupe, c’est propre, les gars sont motivés mais j’en sors peu convaincue avec une grosse impression de répétition.


Ten56.
Grande Salle
Direction la grande salle pour Ten56. Ma troisième si on compte la doublette du Motocultor 2022 en remplacement de Lorna Shore (qui n’a d’ailleurs jamais ré-honoré sa présence - je pose ça là). Ten56. c’est un groupe (un supergroupe aussi mais je vais passer ce détail) franco-britannique de metalcore / deathcore avec des samples électro, très très basses, tout comme la voix qui lead l’ensemble, celle d’Aaron Matts (chanteur d’origine britannique et ancien chanteur de Betraying the Martyrs). La petite particularité de ce groupe, c’est les sonorités apocalyptiques qui sortent de leurs instruments. Ca griffe, ça pince, ça monte à plus de 150 BPM, les médiators sont littéralement limés pour un résultat massif, oppressant.
Ten56. a un son reconnaissable entre mille et c’est un bordel pour se mettre sur la gueule. Th3ory a fait office de pause, le public est de nouveau actif et y’a pas un moment pour souffler (à part peut-être sur «RLS», ok). Même les breaks, aussi noirs qu’une nuit sans lune, constituent un moment opportun pour se faire défigurer en slow motion. C'est lourd, presque irrespirable. Je suis toujours aussi admirative devant le professionnalisme de ce très jeune groupe (2020) et je rigole toujours autant quand Aaron cale les insultes qu’il a appris dans la langue de Molière. Petit girls pit sur le break démoniaque de «Yenta» avec un enchaînement sur «I Know Where You Sleep». Oui, on terminera le set sur les genoux.


Spleen
Club
Spleen, groupe de metalcore / deathcore que je ne connais pas. Pour le coup : la salle est trop petite. La scène se pare de candélabres pour nous plonger dans une ambiance mélancolique (coucou Baudelaire) et là… C’est la claque. Première claque de cette première journée. Spleen débarque et boom : du growl, du fry, des “blegh” et la fosse qui tangue. Les breaks sont assommants, les guitares tranchantes, des blasts débarquent au moment où tu t’y attends le moins, les changements de tempos te retournent les tympans... L’attaque est viscérale. C'est à la fois cru et sophistiqué. Y'a un côté Ten56. à la différence qu'on a du fry. Gaëtan (chanteur) a une présence presque animale et sa polyvalence vocale est impressionnante. Shout-out aussi au bassiste qui a égayé mes tympans.
La fosse est presque meurtrière quand on arrive sur le break de «VEN 75». Un break lent avec une guitare bénigne, un chant clair assuré par l’un des guitaristes auquel répondra Gaëtan avec du scream. Le contraste est inattendu. Même idée sur le morceau «It Can(‘t) Be Worse» qui a rapidement suivi. C’est là que tu comprends l’aspect mélancolique évoqué par le nom du groupe et la scéno. Les guitares qui s'adoucissent, la seconde voix moelleuse qui fait son apparition, le tout face à un Gaëtan qui ne lâche rien et démarre une joute orale jusqu'à faire sombrer son interlocuteur : la métaphore auditive fonctionne à merveille. Ce sera évidemment le calme avant la tempête cette histoire. La fin du set sur «Moonshiner» sera mortelle. Spleen a seulement trois ans d’existence et il me tarde de recroiser leur route.

Rise of the Northstar
Grande Salle
Au tour de la tête d’affiche de cette première journée : Rise of the Northstar (ROTNS). ROTNS c’est du hardcore très groovy avec un côté hip-hop/rap et une adoration pour le Japon. Est-ce que j’aime ROTNS ? Non. Du moins pas sur CD. En live, je dois reconnaître qu’ils me font de l'effet. La scénographie est soignée et vraiment je suis contente de voir qu’ils mettent autant d’efforts dans les petits comme dans les grand fests. Évidemment les références au Japon vont bon train. On a donc un cerisier en fleurs, des kanjis disséminés et un distributeur reconnaissable entre mille pour ceux qui ont mis un pied au pays du soleil levant. Le décor évoluera même au milieu du set avec la pochette du dernier album qui apparaîtra en fond.
La soirée se transforme en samedi transpi avec un démarrage sur «…Neo Paris», titre issu du dernier album. La salle est bondée, la fosse est déchaînée et les tubes du groupe s’enchaînent, le tout malgré la cheville cassée de Vithia (chanteur).
Ce qui est également appréciable en concert avec ce groupe, c’est l’investissement vocal de leurs fans. Les morceaux de ROTNS sont taillés pour le live, à visée participative. Les titres comme «Showdown», «Here Comes the Boom» ou «Back 2 Basics» prennent alors une autre dimension. Difficile, pour ma part, de retourner sur CD ensuite. On souffle sur un moment de recueillement, presque solennel, provoqué par un interlude juste après «A.I.R. Max». Le guitariste s'asseoit sous un halo de lumière pour un solo en douceur, reprenant plus lentement les riffs emblématiques du morceau suivant : «Rise». Le set s’enchaîne rythmé par du circle pit, du wall of death et des slams à n'en plus finr… La soirée se termine sur le classique «Again and Again» et le public glâne ses dernières cordes vocales pour assurer le «WOO-HA».

*
Je termine cette première journée avec une cheville en moins et la dalle. C'est peut-être le seul bémol de cette édition : il y a trop peu de stands pour se sustenter. Par contre, et j'ai complètement oublié d'aborder le sujet : la qualité du son est démentielle. Peu importe la salle, peu importe le style (et on était pas sur des styles simples aujourd'hui comme t'as pu le remarquer), tous les sets étaient auditivement parfaits. Il est l’heure de reprendre des forces pour enchaîner sur la seconde journée.
Crédits photos : l'incroyable Sonia Sicard - Metal in Paname














