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vendredi 10 avril 2015

Betizfest 2015

Palais des Grottes - Cambrai

Schifeul

Dans l'équipe car il était là avant.

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Comme chaque année depuis plus de 10 ans a lieu à Cambrai le BetizFest. Festival indoor proposant moult groupes de musique actuels, avec à chaque fois une journée consacrée au Metal et à ses dérivés.

Avant toute chose, j'ai un coming-out à faire... J'ai toujours dit que mon premier concert était The Unholy Alliance à Paris en 2004, avec Slayer et Slipknot. Et bah en fait non, la vérité c'est que ce fut 3 mois avant, à la fête de la musique avec la scène installée Rue Des Primeurs à Lille, devant le bar Le Carré des Halles. Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que la tête d'affiche de cette scène (Ou juste avant [Tri]Balles, je ne sais plus, tout est si flou) c'était Unswabbed. Me voilà donc à les revoir plus de 10 ans après.

Et en 10 ans, la gueule du chanteur n'a pas changé d'un iota ! Toujours ce même bouc et ses cheveux en pique, couplés à l’ensemble pompe de skate/baggie/T-shirt : la panoplie néo metal en somme ! Et ça ressort aussi dans la gestuelle avec le classique j'hurle dans le micro en étant plié en deux, comme si je devais faire pipi. Tout cela me ramène dans la première moitié des années 2000 ! Après cet instant nostalgie, voyons ce que donne maintenant les Lillois. Les titres s’enchaînent, mélangeant le néo du début, les titres plus rocks qu’ils composèrent par la suite et quelques tout nouveaux titres. On aura même un titre plus lent, plus prog... En bref, plus intello, comme le montre le batteur qui pose ses lunettes sur son nez. Batteur qui officie normalement dans The Lumberjack Feedback d'ailleurs, et remplace au pied levé l’habituel, contraint de laisser sa place suite à un empêchement. Le bougre s'en sort sans soucis de ce coté là.

Mais alors que le groupe annonce le dernier titre, je me vois déjà me mettre àgueuler comme un connard les paroles de Si Souvent, qui sont encore restées en tête malgré la quasi décennie sans en écouter une note. Mais en fait non, ils jouent autre chose à la place . La déception, la madeleine de Proust périmée trempée dans un thé nul... Dommage, j'ai pas eu la puissance du retour à l'adolescence que j'ai eu au Hellfest en tombant sur Last Resort de Papa Roach... Flûte.

Fall Of Messiah ouvre l'Eclipse Stage et officie dans un style post-quelque chose, mais sans chanteur ! Du coup, on a typiquement le groupe qu'on écoute de loin, assis par terre. La musique se fait vite limite atmosphérique, avec quelques très bons passages, mais je le prends plus comme un moyen agréable pour attendre la suite et principale raison de ma venue au BetizFest.

Deuxième passage pour Rise Of The Northstar au Betiz'fest et deuxième fois que je vois les cocos depuis la sortie de leur très bon premier album Welcame. Et ce que l'on peut dire c'est qu'il y a du monde pour eux ce soir ! Il n'y avait qu'à voir le nombre de merch à l'effigie du groupe sur les festivaliers et ceux qui sont repartis avec le vinyle du dernier album sous le bras pour s'en rendre compte. Mais encore plus que tout cela, c’est bien la foule compacte qui se presse devant la scène qui témoigne de la popularité du groupe. En encore une fois ROTNS va démontrer que ce statut n’est pas usurpé, en déroulant un concert de haute volée. Dans la fosse, pas de surprise, c’est le foutoir total, avec un public qui mange dans la main de Vithia, s’exécutant au circle pit dès que ce dernier lui demande. Seul truc dommage, il y aura très peu de sing along, le frontman ne s’étant frotté aux barrières qu’une fois. La cause est sans doute l’absence de l’avancée de scène habituelle, ou du mal de dos de ce dernier, comme le démontre le moment où il retire sa ceinture dorsale. Passer de Vegeta à Sakuragi, c’est un peu dommage ! M’enfin les deux se considèrent comme des génies, donc ça colle !

Et putain, les mecs, ne pas jouer The New Path, le meilleur titre de votre album, monumentale erreur !

What The Fuck
Welcame
Bososoku
Bejita’s Revenge
Sound Of Wolves
Authentic
Again And Again
Protect Ya Chest
Demonstrating My Saiya Style
Samurai Spirit
Simon Says (breakdown)

Retour sur la petite scène pour les Nordistes de W.I.L.D. On retrouve à nouveau un public plus dispersé, mais l'ambiance est toujours là, le groupe étant bien connu de la scène locale depuis un paquet de temps, les premiers rangs sont bien prêts à recevoir le thrash à retour en bouche death metal distillé par le groupe. Après un concert maîtrisé et groovy, celui-ci se termine sur une tonitruante reprise de Davidian de Machine Head qui fait monter son petit souk aux abords de la scène pour conclure le set comme il se doit.

C'est au tour de Madball de prendre d’assaut la BetiZArena et les New-yorkais vont délivrer une copie plus que solide ! Enchaînant les titres sans temps mort, Madball va éclater le Betizfest en parcourant toute leur carrière dans la set-list. Le dernier album est bien sûr mis à l’honneur, mais ses titres sonnent plutôt bien en live, même Doc Marten Stomp, que je trouvais un peu nul en studio démonte bien dans cette configuration. Le gros chicanos à la basse et l'homme sans cou à la gratte font bien le taff’, tandis que Freddy s’occupe d’hurler ses paroles et de motiver l’assistance entre deux hight-kick. Bref, très bonne presta’ de Madball comme on en a l’habitude. Un peu trop d’ailleurs, car même si tout cela est très bon, ça manque d’un peu de folie pour avoir une véritable tuerie.

Dernier groupe à passer sur l'Eclipse Stage, As They Burn monte sur les planches pour donner un concert dans le cadre de sa tournée d'adieu (ça sera d'ailleurs l'avant dernière date du groupe par la même occasion). J'avais déjà vu le groupe à Roubaix, il y a quelques années, pour une première partie de Despised Icon et malgré un show solide, leur deathcore ne m'avait pas emballé plus que ça. Bah comme entre deux je ne suis pas devenu plus fan de leur style, c'est un peu rebelote cette fois. Mais une fois mis ça de côté, leur live est efficace, ça tape, et on suit aisément ça de loin. Avec ce genre de prestation, As They Burn peut partir la tête haute.

Tête d'affiche de ce soir, Skindread esttypiquement le groupe où, lorsque que l'on me demande si je connais, je réponds «bah de nom quoi». Du coup, leur présence ce soir me permet de combler cette lacune et de me renseigner un peu. Alors que donne le style ? Ragga metal... Ouch. Mais alors que je m'attends à un truc un peu bancal, qui mélange les deux genres dans une mélasse nulle, on a le droit ici à de la musique lorgnant vers le Metal mais aussi un peu de hardcore et de punk et surtout un chant 100% raggae qui s'incorpore parfaitement avec le style joué par les musiciens ! Parlons en du chanteur ! Un black à dreads, vêtu d'un manteau de fourrure de proxénète et arborant des lunettes de soleil mono-verre à piques, qui une fois retirées révèlent.. D'autre lunettes de soleil ! Un génie ! En plus, de ça le mec sait tenir une foule et génère un gros charisme, ce qui permet de passer un excellent moment ! Mention spéciale lorsqu'il a balancé un « what the fuck is that ? » à un hohohooooo un peu faible venant du public ! Le genre de machin que j'écouterais pas chez moi, mais à ne pas rater en concert .

Encore une excellente édition du Betizfest, moins de groupes qu'à l'accoutumée pour cette journée metal mais en échange on a une affiche plus compacte et moins éparse sur la qualité des groupes présents.