
Chasse le Dragon #8 : Eternal Champion, Sortilège, Greyhawk, Triumpher, Mega Colossus, Exxûl...
dimanche 29 mars 2026
Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.
Enfin ! Chasse le Dragon est de retour, après une longue pause. Résultat : les prises sont nombreuses en cette fin de premier trimestre 2026, et certaines sentent peut-être déjà un peu le faisandé puisqu'elles datent du dernier trimestre de 2025. Mais on ne pouvait décemment pas faire sans vous parler, par exemple, du nouvel album de Sortilège.
Si la temporalité de cette rubrique pourrait bien, à l'avenir, s'autoriser ce genre de pauses plus longues, l'explication est claire : fini de racler les fonds de tiroir comme on dit, Horns Up ne veut désormais plus que vous présenter des albums de très grande qualité, qui vous donneront envie d'y revenir et pas juste de l'écouter en coup de vent. Bienvenue dans la salle des trophées !
Groupes évoqués : Fable | Fifi Bibiano's Fortress | Greyhawk | Eternal Champion | Burning Path | Mega Colossus | Rave in Fire | Triumpher | Sortilège | Kate's Acid | Exxûl
Fable – Long Hath the Night Dwelt
Heavy/hard fantasy – Antarctique ? (Indépendant)
Dolorès : Le nom et le layout de ce Long Hath the Night Dwelt suffisent à comprendre où le groupe souhaite emmener son public : une fantasy douce où se côtoient les hiboux, les chênes et la lune (si l'on en croit la tracklist). En résumé, une bien belle fable qui prend la forme d'un heavy teinté de hard rock, constamment mid-tempo, aux mélodies qui prennent leur temps pour s'installer, où la guitare folk fait parfois quelques entrées et où les progressions sont présentes, mais jamais pressées. À cela s'ajoute un chant maîtrisé mais qui reste dans une dynamique raisonnable, sans s'éparpiller dans des tirades lyriques et des élans épiques inattendus.
On pourrait reprocher à Fable de ne, justement, pas être très « inattendu ». Pourtant, c'est ce cocon de heavy doucement épique, lumineux, rêveur, qui fait la marque de fabrique de cet EP qu'il est agréable de réécouter à chaque fois. Le style n'est pas sans rappeler Elle Tea, Wytch Hazel ou encore Phantom Spell, dont la tête pensante Kyle McNeill a mixé et masterisé ce Long Hath the Night Dwelt. Bien que le projet anonyme Fable indique provenir d'Antarctique, il ne serait pas étonnant que le line-up soit en réalité emprunté à des groupes déjà bien installés tant la qualité de l'EP est au rendez-vous.
Fifi Bibiano's Fortress – Death is Your Master
Heavy metal néoclassique– États-Unis (High Roller Records)
Malice : Tout commence par une descente de manche et continue par une voix haut perchée : on se croirait replongé dans l'Odyssey d'Yngwie Malmsteen. Fili Bibiano est le chef d'orchestre de Fortress, et il offre très clairement avec ce Death is Your Master l'un des albums de heavy/power de ce début d'année. Si le chant peut parfois aller un poil trop loin, tout en amenant cette touche très Michael Kiske qui fait son petit effet, il est dans l'ensemble très maîtrisé et, sur un album d'une telle efficacité (sept titres, trente-quatre minutes, pas de fioritures !), ne lasse pas. Il porte même le meilleur titre de l'album, « Fugitive », sur ses épaules.
De brûlots power (« Flesh & Dagger », « B.y.o.d. ») à des titres plus hard rock 80s (« Fugitive », l'assez Dio-esque « Night City » sur lequel Juan Aguila tente plus de choses), Fortress réussit un beau step-up par rapport à Don't Spare the Wicked (2021), bien aidé par le travail de guitare absolument fantastique de « son » Ritchie Blackmore, Fili Bibiano. Un album qui sera sur beaucoup de listes en fin d'année.
Greyhawk – Warriors of Greyhawk
Heavy/power metal – États-Unis (Cruz Del Sur Music)
Malice : En heavy, le juge de paix, c'est bien souvent le chanteur : combien de groupes semblent excellents jusqu'à ce que la voix débarque et gâche tout ? Mais aussi, combien d'albums de qualité auraient été véritablement mémorables s'ils avaient eu, au lieu d'un chanteur « simplement » bon, un chanteur exceptionnel – ou au moins marquant ? Greyhawk avait la chance de pouvoir compter avec Rev Taylor sur un vocaliste à la personnalité très forte, une voix de ténor qui tranchait nettement avec la concurrence. De quoi sublimer des compos déjà au-dessus du lot sur l'exceptionnel Thunderheart.
Malheureusement, dans la foulée de la parution de ce deuxième album, Rev quittait le groupe. Et Anthony Corso, son remplaçant, a un style nettement plus... classique : une voix assez criarde, qu'il pousse pour montrer qu'il en est capable. Le fait est que ça marche souvent (« Land of Ashes », « Words of Power »), mais le style de Greyhawk en est inévitablement altéré et se rapproche plus souvent du power à la Helloween que du heavy à hymnes à la Visigoth de Thunderheart. Et pourtant, Corso sait reprendre le style de Rev Taylor, comme sur l'immense morceau-titre, futur classique en concert. Mais Rev lui-même fait un cadeau empoisonné au groupe en venant poser sa voix si racée sur un titre (« Chosen »), rappelant à quel point il manquera au futur de Greyhawk. Qu'on espère tout de même brillant...
Eternal Champion – Friend of War
Heavy & ambient – Etats-Unis (Sword Worship)
Dolorès : Un EP deux-titres, dont un tableau ultra épique de treize minutes et une longue plage ambient dungeon synth de dix-huit minutes ? Je signe ! Six ans après Ravening Iron (2020), loin d'atteindre la qualité de The Armor of Ire (2016) selon beaucoup de fans, on était en droit d'attendre un retour un peu coup de poing.
« Friend of War » a la saveur d'un morceau qu'on a envie de relancer immédiatement, aux riffs cruels, aux scansions du chanteur tout à fait entêtantes, jusqu'aux micro portes ouvertes sur de la guitare classique absolument inattendue et parfaitement dosée. L'outro qui plonge dans la noirceur peu à peu, par nappes, avant d'éclater en heavy épique une dernière fois, prépare au gros tableau qui suit, « Yslsl », qui ne passe pas inaperçu. Ce second titre évolue en plongeant progressivement dans une transe hypnotique qui rappelle le dark ambient, la dungeon synth et, à titre personnel, les plages électroniques d'un vieil album de Thy Catafalque (« Neath Waters » sur Tűnő idő tárlat).
Le groupe a précisé, à la sortie de l'EP, que celui-ci était dédié au travail de Karl Edward Wagner (auquel le groupe a déjà fait référence) et notamment son roman Dark Crusade. Autant dire que cela donne envie de plonger dans les lignes du bouquin et, après une courte lecture de l'intrigue, cela semble surtout expliquer pourquoi l'aura de cet EP a une teinte plus sombre dont même la pochette, aux tons moins chauds et criards que d'habitude, semble annoncer quelque chose de plus tumultueux.
Burning Path – Burning Path
Heavy metal – Chili (Dying Victims Productions)
Malice : En 2024, le groupe chilien Lucifer's Hammer sortait Be and Exist, un chouette album d'Iron Maiden-worship plein de qualités. Malheureusement, le talentueux vocaliste Hades est décédé l'année passée et Lucifer's Hammer n'a pas continué sans lui, Titán et Hypnos formant dès lors Burning Path, qui sort donc son premier album. On peut le dire : ça aurait été un sacré gâchis que de tels compositeurs s'arrêtent là. Car Burning Path part dans une autre direction : nettement moins poli, cet album est une véritable décharge d'énergie old school dont le chant oscille entre Klaus Meine (Scorpions) et de maladroites mais tellement savoureuses montées dans les aigus à la King Diamond.
Les refrains sont terriblement accrocheurs, dans la veine de l'intemporel Time Tells No Lies de Praying Mantis (« Chasing the Future » et « A Step Far Beyond » sont imparables). Abandonnant les twin guitars et soli entrelacés de Lucifer's Hammer, Burning Path se fait bien plus catchy, parfois presque hard rock, avant un final plus sombre et épique dédié à la mémoire de Hades. Et sans vouloir verser dans le cynisme, on se dit que des cendres du projet précédent est peut-être né un groupe bien plus prometteur...
Mega Colossus – Watch Out!
Heavy mélodique – États-Unis (Cruz Del Sur)
Malice : Mega Colossus est très clairement l'un des groupes les plus rafraîchissants et originaux de la scène. The Showdown amenait une vibe particulièrement joyeuse, qui rappelait le « happy metal » des dernières années d'un Edguy, voire par moments – et la comparaison est un peu étrange – le côté western d'un Volbeat. Le tout, bien sûr, passé à la moulinette NWOTHM de l'impeccable label Cruz Del Sur.
Et Watch Out! continue clairement dans cette veine, avec cette ambiance si éloignée des thèmes classiques du heavy – pensez donc : « Tag in Your Friend » parle... de catch. Le tout s'avère peut-être un petit peu moins honteusement catchy que The Showdown (difficile de faire aussi fort), mais encore une fois, quelle claque, tout en heavy mélodique et moderne qui fout la pêche et réussit à ne pas se la jouer solennel même quand il se veut épique (l'excellent « Halls of Mystikos »). La voix de Sean Buchanan, si particulière, n'a jamais aussi bien sonné et au-delà du fun, ça joue sévère, avec un solide sens de la mélodie (la ballade « Here Lies You » fait presque aussi fort que « Wicked Road ») : oui, Mega Colossus est la crème de la crème.
Rave in Fire – Square One
Heavy metal – Espagne (High Roller Records)
Malice : Bon, de prime abord, cet album avait quand même pas mal de red flags. D'abord parce que le heavy espagnol, autant le dire d'emblée, ça n'est que rarement le haut du panier. Ensuite parce que le combo « nom de groupe un peu pété – pochette assez moche type cyberpunk » inspire peu confiance aussi. Mais miracle : Rave in Fire est en réalité tout ce qu'il y a de plus recommandable.
Imaginez, pour grossir le trait, un heavy très typé mid-80s, accrocheur et parfois teinté des aspects modernes d'un Turbo, avec au chant une disciple de Doro Pesch. Vous aurez une petite idée de ce qui vous attend sur ce Square One, un album qui ne brille pas forcément par ses morceaux les plus speed (« Untiring Eagles », comme ne le suggère pas son drôle de nom, est un peu fatiguant) mais bien par son côté « over the top », presque hard rock de stade (« Crown of Stars », l'excellent final éponyme), qui ne laisse jamais la recherche d'un son « old school » gâcher l'expérience d'écoute. Tout est propre, bien chanté, bien joué, et rien que ça place Rave in Fire parmi les bons élèves de la turbulente classe du heavy en 2026.
Triumpher – Piercing the Heart of the World
Heavy/Power metal – Grèce (No Remorse Records)
Matthias : Si l'on devait faire la liste des grandes nations du metal contemporain, les Grecs seraient indéniablement mentionnés, et pas comme une note en bas de page. C'est d'autant plus vrai pour les styles au chant clair, les Hellènes se taillant presque systématiquement un trophée de choix lors des Chasses au Dragon. Triumpher avait d'ailleurs marqué les esprit fin 2024 avec Spirit Invictus, album mature qui arrivait à mêler heavy/power et références plus extrêmes tout en conservant son équilibre. Voici nos héros de l'Attique de retour avec un Piercing the Heart of the World qui démarre très bien, en particulier sur un « Destroyer » qui s'essaie à nouveaux à de (petites) touches de growl dans un chant qui rappelle en effet celui d'Alan de Primordial. Hélas, ce troisième album s'égare ensuite, le temps de deux ballades qui semblent, tel Ulysse, faire un long détour – « Ithaca (Return of the Eternal King) » ; en un sens c'est cohérent.
Plus ancrées dans le power metal moderne, ces pistes émoussent aussi un peu le côté brut de décoffrage qui faisait la force de la formation hellénique ; non qu'elles soient mauvaises, mais le rythme de l'ensemble en pâtit, malgré le retour à des morceaux plus directs ensuite. Le riff d'« Erynies » est franchement heavy/black dans l'esprit et nous réserve une petite surprise vocale. « The Flaming Sword » sera repris en chœur par des salles entières à Athènes, je n'en doute pas, d'autant que le frontman Antonis Vailas/Mars Triumph (oui !) est du genre survolté et tend facilement le micro. Le disque se termine toutefois sur un drôle de climax, et il faut être honnête, Piercing the Heart of the World ne nous laisse pas essouflés et avides de recommencer comme l'album précédent. Mais Triumpher s'offre ici quelques nouvelles flèches qui serviront en live, où le groupe dépasse aussi largement le reste de la phalange de la tête et des épaules.
Sortilège – Le Poids de l'Âme
Heavy français dopé aux hormones – France (Verycords)
Malice : Voilà un album dont on a bien failli ne pas parler, Chasse le Dragon ayant pris un break bien nécessaire fin d'année passée, au moment correspondant à la sortie de ce deuxième opus du Sortilège « new look ». Un album que j'attendais avec une certaine impatience car malgré tous ses défauts, Apocalypto avait aussi de vraies qualités et on sentait que Zouille & cie avaient encore quelque part en eux un potentiel classique.
Alors, est-ce que ce sera Le Poids de l'Âme ? Probablement pas. Non pas que ce nouvel album soit dénué de qualités : le regretté Bruno Ramos délivre encore un superbe travail sur certains solis et riffs, certains titres (la doublette inaugurale « Medusa – Cœurs d'Acier » et leurs refrains imparables, le pesant et orientalisant « Le Poids de l'Âme ») ne feront pas tache au sein de setlists plus old-school. Zouille, bien sûr, garde cette patte inimitable dans la voix, même s'il a tendance à abuser de ce « graillon » qui lui est cher... alors qu'on le sait, il en a encore sous la pédale s'il voulait monter un peu plus haut. C'est d'ailleurs le souci de Sortilège en 2026 : vouloir à tout prix la jouer moderne, quitte à être hors de propos (« Colère ») vis-à-vis des attentes de son public. C'est, toutefois, moins souvent le cas sur Le Poids de l'Âme que sur Apocalypto. Le live sera le juge de paix...
Kate's Acid – Hellbender
Heavy/speed metal – Belgique (High Roller)
Malice : Au début des années 80, Acid et sa charismatique chanteuse Kate De Lombaert sortait deux albums coup sur coup : Acid et Maniac, qu'on peut bel et bien considérer comme faisant partie des premiers albums de thrash metal de l'histoire, contemporains de Kill'Em All. Un pionnier qui réapparaîtra en 2019... avant une dispute, Kate quittant Acid – qui détient toujours les droits d'utiliser le nom du groupe... mais n'en fait rien, puisque Kate, C'EST Acid – et formant, vous l'aurez deviné, Kate's Acid.
Après plusieurs années à jouer dans des festivals old school et à rappeler que malgré ses quarante ans de plus, elle a toujours une belle pêche, Kate De Lombaert revient donc avec un nouvel album : Hellbender. Et si j'aurais été le dernier à parier dessus, c'est une vraie réussite. Plutôt que d'essayer de reprendre la course au speed/thrash, qui l'a dépassée il y a longtemps, Kate met à profit l'extraordinaire talent de Geert Annys (ex-Ostrogoth mais surtout Mystery, fantastique groupe belge d'AOR) pour ajouter un côté très hard rock, voire très Europe à ce Hellbender catchy de bout en bout. Soli de haut vol (le groovy « Taking Back my Wings »), refrains imparables (« Hellbender » où Kate montre d'emblée qu'elle a encore de la voix, « Riding Out ») : Kate's Acid est LA bonne surprise heavy de ce début d'année.
Exxûl – Sealed Into None
Epic doom qui en fout partout – Canada (Productions TSO)
Malice : Revoilà Philippe Tougas ! Si vous fréquentez Rate Your Music ou si vous êtes lecteur assidû de Horns Up, il y a fort à parier que vous êtes avez déjà vu passer l'un des précédents projets du seul Canadien aussi hyperactif que Devin Townsend. En l'occurrence, l'année passée, c'était Zeicrydeus qui avait fait une belle unanimité au sein de la rédaction et récolté un buzz bien mérité. Et en ce début 2026, Phil Tougas est de retour avec plusieurs projets dont Worm, dont on parlera plutôt en Série Noire, et Exxûl.
Et à la première écoute, j'avais le même sentiment qu'après La Grande Hérésie de Zeicrydeus : Sealed Into None est l'un des albums de l'année. Le niveau atteint par Exxûl sur cet album est sidérant : la section rythmique est celle de Chthe'ilist, projet death metal de Tougas relié au même univers que Zeicrydeus et Exxûl (oui parce qu'en plus, il y a un lore...), et elle est formidable, Tougas lui-même balance riffs à la découpe et soli archi-techniques comme à la parade. « Blighted Deity », qui ouvre l'album, vous laisse sur le cul, comme une espèce d'avatar epic doom de Crimson Glory. « Walls of Endless Darkness » commence en ralentissant encore le rythme, avant une descente de manche folle de Tougas.
Mais le seul vrai problème commence à apparaître au fil des réécoutes : Exxûl ne parvient jamais à ne pas en faire un peu trop. C'est principalement la « faute » (le mot est fort) de Thomas « Stargazer » Karam, vocaliste de Noor, un groupe d'epic doom que j'avais déjà trouvé difficilement digeste à cause de sa prestation un peu trop emphatique. Monstrueux de technique et de puissance, il est un peu trop conscient de ses capacités, et ne comptez pas sur Tougas pour l'inciter à en faire moins. Comme l'empereur Joseph II devant l'œuvre de Mozart, je ne peux pas m'empêcher de considérer que dans l'ensemble, Sealed Into None contient... un peu trop de notes. Mais je ne doute pas que Philippe Tougas apprécierait la comparaison. Et le fantastique final « The Screaming Tower », au long de ses quatorze minutes de démonstration, lui donnera raison...
Également dans le radar de Chasse le Dragon :
Tant qu'on en est à parler de Phil Tougas, l'homme, décidément inarrêtable, a aussi participé au réenregistrement – et en réalité, au premier vrai album ! – du groupe canadien de heavy metal formé en 1979, D.D.T. ... aux côtés de son père Pierre et de ses oncles François et Paul. Loin d'Exxûl, on est ici sur un album de heavy brut de décoffrage aux accents punk des débuts de la NWOBHM, porté par un chanteur d'origine qui a encore tout son coffre. Et ça le fait !
Comment dit-on Iron Maiden en bengali ? Bon, Google Translate, qu'on sait fiable, me dit Āẏarana Mēḍēna, et ça aurait été un bien beau nom pour Executioner's Steel, le premier groupe issu du Bangladesh sur lequel on ait, de notre côté en tout cas, posé l'oreille. Et, euh... c'est trop bien ? Rage of the Thunderstorm, sur lequel l'ombre de la Vierge de Fer plane notamment du côté du vocaliste un poil trop inspiré par Bruce-Bruce, mais qui est aussi un hommage grandeur nature à Manowar, est avec toute sa naïveté un très solide album de heavy/power épique prenant, que les fans du genre ne doivent pas seulement écouter par recherche d'exotisme.
Vous allez les voir un peu partout si vous fréquentez les festivals du genre, et notamment au Pyrenean Open Air : autant donc vous parler vite fait des Espagnols de Redshark. Un speed metal survitaminé, taillé pour faire exploser la fosse de Torreilles : ça ne marquera pas l'histoire du genre, mais parfois, il n'en faut pas plus !
Parfois, un petit coup de pouce à la scène locale ne mange pas de pain : je (Malice) vais donc vous parler brièvement de Formol & Bones, trio belge d'epic doom formé sur les cendres de Doomforge. On est en terrain connu : du doom à la Candlemass porté par une voix plutôt proche de ce que Johan Lanqvist propose actuellement, enregistré avec des moyens limités mais qui a une vraie personnalité au long des quatre titres du premier EP à écouter par ici.













