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Album

21 mars 2024 - Storyteller

Aro Ora

The Twelfth Hour

LabelAutoproduction
styleDeath metal moderne
formatAlbum
paysFrance
sortiemars 2024
La note de
Storyteller
8.5/10


Storyteller

Why not ?

Si l’accent du nom du groupe Aro Ora et de ses deux premières réalisations Mahara (2015) et Wairua (2019) avaient des accents exotiques, rien n’y fait, on redescend sur terre avec The Twelfth Hour. Ce moment où il est trop tard pour agir, et où l’on sent l’urgence et la fatalité frapper. Alors comment retranscrire tout cela en musique ? c’est le défi que les Tourangeaux se sont lancés avec ce deuxième album, autoproduit. On aborde doucement le mystère avec une cover en deux couleurs majoritaires : un fond noir et des lignes oranges traçant une congrégation d’êtres étranges ou de monuments autour d’un centre dans lequel on peut voir le logo du groupe. Enigmatique et artistique puisqu’on voit la vibration des couleurs et des traits qui marquent la dynamique de ce groupe qui donne dans le death avec des touches techniques, progressives et parfois atmosphériques.

Premier détail qui frappe notre oreille en lançant « A People Defiled » c’est le son, à la fois moderne, très travaillé, mais qui ne manque pas d’une certaine chaleur tant il est dense. Et les compositions vont lui faire honneur. Aro Ora, c’est plutôt du metal direct, sans grande violence, mais on se trouve face à une proposition proche du metal progressif parfois, mélangé avec une branche américaine de metal contemporain. « Equal in the Sequel » mixe les deux genres : ponts techniques, blasts, chant furieux, puis une large partie qui part dans une atmosphère plus posée, qui repousse la distorsion avant de la faire revenir en crescendo. Comme ce que le post metal pourrait parfois proposer, mais sans y verser complétement dedans. Le groupe garde 100% de sa volonté de produire une musique intense.

Et on tombe même parfois sur des riffs qui sont des hits instantanés : « Tragically Numb » est un headbanger : riff saccadé imparable, double qui suit, basse qui appuie, on va un peu plus vite à chaque fois. Une ouverture sans faute mélodique qui va étirer le titre vers d’autres horizons : une technique déroutante, des syncopes et un final planant. L’opposé de « In Sheer Luck Lays No Hazard » qui part doucement avant de se densifier. On voit à quel point le groupe a mis de l’attention et du soin dans la composition.  

Les musiciens revendiquent avoir épuré leurs titres et s’être tournés vers quelque chose de plus direct, pour éviter le côté shred ou too much. Pas de soli dans le disque et plus de gros riffs. Tout en gardant du chant clair et des passages plus posés. Voilà la recette que Aro Ora a voulu nous cuisiner. Et cela fonctionne. Je me suis senti moins en connexion avec « Anger and Love », sûrement à cause du chant et d’un petit quelque chose qui fait que l’unité du morceau est moins sensible, moins visible, trop torturé. On notera par ailleurs que deux bonus sont inclus sur le disque (des singles sortis en 2023) et une version live de « Running on the Mobius Strip », histoire de peser l’évolution du quintet et sa puissance en live.

Finalement, The Twelfth Hour est pile la bonne heure pour écouter cet album de Aro Ora. Puissant, technique et parfaitement senti, on ressent un potentiel incroyable pour ce groupe qui semble encore chercher sa voie. J’ai trouvé qu’ils s’intègrent parfaitement dans les canons du metal moderne : à la croisée des chemins, capable de piocher dans tous les styles et d’écrire avec des accents différents. Un éclectisme tout à fait bienvenu et que l’on attend au plus haut niveau.

 

Tracklist : 

1. A People Defiled
2. To Die A Pacifist
3. In Sheer Luck Lays No Hazard 4. Equal In The Sequel
5. Anger And Love
6. Tragically Numb
7. Long Live (Bonus Track)
8. Unsung Heroes (Bonus Track)
9. Running On The Mobius Strip (Live - Bonus Track)