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REVUE D'ACTU #56 : Black Magnet, Vermilia, Venom Inc., Sigh, Amon Amarth,...

dimanche 19 juin 2022
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

On se doute bien que la majorité de notre lectorat se retrouve soit au Hellfest, soit au Graspop, et dans les deux cas en train de se faire frire les neurones, mais ce n'est pas pour autant que l'actualité se met en pause. D'autant que si la sélection de cette quinzaine est assez succincte, elle contient quelques noms qui suscitent la curiosité, voire un intérêt certain.

Morbid Evils

S.A.D.E : Que les musiciens de grindcore se prennent d'affection pour la lenteur du doom, la chose n'est pas nouvelle (le passage de Lee Dorian chez Napalm Death avant la fondation de Cathedral en témoigne) et c'est le cas de Keijo Niinimaa qui nous intéresse ici. Chanteur chez Rotten Sound, il a fondé Morbid Evils, projet doom/sludge qui lorgne vers le death et le funeral, et dont le premier album sortira le 19 août chez Transcending Obscurity. Une musique pesante et opressante donc, qui se dévoile pour l'instant à travers un premier (et long) single. "Anxious" se déroule dans une atmosphère plutôt lugubre, le riffing n'hésitant pas à parfois lorgner du côté Morbid Angelien de la force (le riff façon descente d'organe autour des six minutes trente vous le démontrera). C'est bien fait, bien composé, dans un registre où Conan se serait mangé un parpaing Death metal avant de naître.
 

 

Black Magnet

S.A.D.E : Révelation Indus de l'année 2020, Black Magnet revient le 29 juillet prochain, toujours chez 20 Buck Spin, pour Body Prophecy son second album. Et le premier single offre tout ce qu'il faut pour se réjouir : une production toujours aussi impressionnante par sa puissance et sa précision, un sens de l'efficacité prodigieux, une composition toujours riche et dense. On baigne toujours dans cette ambiance années 90, à la croisée de Godflesh, Ministry, Nine Inch Nails et Manson. Et, parmi les infos déjà connues sur l'album, on sait que Justin Broadrick (de Godflesh) s'est fendu d'un remix de l'un des titres, preuve supplémentaire que Black Magnet a tout pour convaincre les amateurs du genre : quand le grand parrain en personne vient dire bonjour, le respect s'impose.

 

Vermilia

Dolorès : On manque clairement d'un mot français pour traduire one-woman-band. Ce dame-seule-groupe m'était jusqu'ici inconnue, alors que le projet existe depuis 2017. Depuis la Finlande, Vermilia propose un style qui lui est propre dans un black metal très mélodieux. J'ai eu un peu peur, lorsqu'on m'a parlé de black pagan, mais je peux dire que « Hautavajo » m'a bien charmée. Le titre est extrêmement lumineux, avec des lignes qui restent en tête, tant dans la guitare que dans les lignes vocales claires qui créent le refrain. Clairement, on lorgne plutôt du côté épique et mélodieux du black que du pagan, bien que son univers global s'inscrive évidemment dedans.

C'est pour moi l'occasion d'aller découvrir le reste de sa discographie, en attendant le petit nouvel album, Ruska, qui sortira le 6 septembre. Il semblerait également que le projet ait trouvé une adaptation pour la scène avec quelques belles affiches prévues cette année, affaire à suivre en France ?
 

Amon Amarth

 Matthias : Il y a quelques temps j'évoquais dans cette rubrique « Put Your Back Into The Oar », single d'Amon Amarth étonnamment catchy alors que les Suédois n'avaient plus sorti grand-chose susceptible de me faire hocher la tête depuis au moins deux albums. Voila que nos vikings récidivent avec ce « Get In The Ring », qui fera visiblement partie intégrante d'un nouvel album, intitulé The Great Heathen Army et annoncé pour le 5 août prochain chez Metal Blades Records. Bon on passera rapidement sur l'esthétique post-apocalyptique du clip qui accompagne le morceau, sorte de best of des clichés inspirés de Mad Max,la folie en moins. Je fais partie des gens qui s'intéressent tant à l'aspect vidéo que musical, même si j'admets que le Metal brille rarement de ce côté-là. Allez, disons que ça nous change des fjords et des embruns. Quant à la musique, je reconnais qu'il y a quelque chose, même s'il m'a fallu trois écoutes pour mettre des mots dessus. Des sonorités plus ouvertement Death, et puis un ton un peu moins adapté à un festival de JDR dédié à Naheulbeuk, peut-être. Pour un peu, je retrouverais même certains riffs de l'époque With Oden on Our Side, même si soyons honnêtes, le niveau d'écriture des textes reste difficilement comparable. Bon, pourquoi pas, si c'est là un des morceaux de second ordre de l'album à venir, il se peut que celui-ci m'intéresse.

Venom Inc.

  Matthias : C'est en me renseignant sur Venom Inc. pour le troisième et dernier épisode du live report du Throne Fest que je me suis rendu compte que les vétérans anglais planchaient sur un nouvel album, intitulé There's Only Black et attendu pour le 23 septembre prochain chez Nuclear Blast Records. Bon, malgré son histoire, cette incarnation du groupe qui a tant fait pour lancer ce qui deviendra le Black Metal penche clairement vers le Thrash avec ce "Don't Feed Me Your Lies". Et l'ensemble sonne de bonne facture pour qui aime ça, même si personnellement je ne suis pas fan de la voix de Demolition Man. C'est du bon worship des 80's, il n'y a pas grand-chose à en dire de plus. Ce qui me turlupine plutôt, c'est le nombre de groupes de cette génération qui sortent singles et clips sur des thèmes finalement très complotistes sans le dire, même si aucune véritable thèse ne me semble présente derrière le morceau, outre une esthétique à la « On nous manipule ». Comme si le virus avait mis ça à la mode...

Sigh

 Varulven : Chef de file d’une scène japonaise avant-gardiste et extravertie, Sigh reviendra le 22 août prochain pour nous présenter son nouvel album. Estampe en guise de pochette, tracklist intégralement en japonais, Shiki va, semble t-il, poursuivre dans la même direction artistique que Heir to Despair. Et ce n’est pas "Mayonaka No Kaii", premier extrait du douzième rejeton de Mirai, qui va suggèrer le contraire. Le morceau reprend l’habillage aérien et progressif déjà présent sur Heir to Despair, les arrangements électroniques et les voix voccodées de la période Imaginary Sonicscape, ainsi qu’une emphase vocale entre la possession diabolique et le burlesque. Tout porte à croire que, malgré un manque de surprise assez inhabituel de la part de Sigh, ce nouveau disque nous entrainera une fois de plus dans un marasme de contraires. Entre sérenité et tumulte, beauté et horreur, tradition et modernité.