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Album

13 février 2022 - Circé

Wiegedood

There's Always Blood At The End Of The Road

LabelCentury Media Records
styleBlack Metal
formatAlbum
paysBelgique
sortiejanvier 2022
La note de
Circé
9/10


Circé

hell god baby damn no!

Wiegedood a déjà parcouru un beau chemin depuis le début de la trilogie De doden hebben het goed, en même temps que les amis de la Church of Ra et la petite hype qui suit toute cette sphère depuis pas mal d'années maintenant. Wiegedood est d'ailleurs peut-être celui qui rallie le plus un public à la fois amateur de post-black et de black plus “trve” parmi tous les groupes liés à cette sphère, et on les a vu rapidement monter sur les affiches de festival pointus comme généralistes sans souci après un deal rapide chez ni plus ni moins que Century Media après le second opus. Un équilibre dans le style bien représenté par leurs trois premiers albums, trois galettes courtes mais éprouvantes, albums-concepts dans lesquels il fallait se plonger corps et âme afin de percer ce mur de son qui nous écrasait dès les premières notes. On pourrait peut-être leur reprocher, à force, de commencer à tourner en rond, manquant de nous proposer de vraies surprises dans leur son et prenant le risque de devenir “encore un autre groupe de black metal moderne”.

C'est là que les Belges nous balancent leur quatrième album, There's Always Blood At The End Of The Road. Une étape claire, nette et précise, rideau baissé sur la trilogie de début de carrière. Maintenant vient la maturité, dirait-on bien. Les fans n'ont pas non plus de souci à se faire : Wiegedood reste Wiegedood. Un Black Metal dense et oppressant, sans compromis et à la production puissante. Et malgré ces sonorités familières, cet album est un vrai bol d'air frais – ou plutôt, une descente vers les enfers encore plus radicale. Termes bien clichés certes, mais à l'image de la musique qui reprend à la perfection tous les codes d'un black metal torturé, malaisant et violent pour les effectuer d'une main experte en les mêlant à une esthétique et à une production modernes. Les riffs précipités de “FN SCAR” et les beuglements possédés qui résonnent en fond, les cordes dérangeantes de “Wade”... Le groupe parvient à créer cette atmosphère malsaine et rampante à la Funeral Mist, un black metal à la fois imposant et chaotique, sulfureux au possible. On y retrouve aussi des morceaux plus conventionnels, en particulier en milieu d'album, qui auraient bien pu se retrouver sur les opus précédents. Wiegedood garde une affinité pour les riffing hypnotiques, surtout dans les morceaux plus calmes, ainsi qu'un goût pour des mélodies dissonantes assez proches de ce qui foisonne dans le BM islandais.

Le résultat est un album réellement varié où chaque morceau offre de nouvelles idées, de nouvelles influences, de nouvelles ambiances. Wiegedood nous offre une perspective complètement différente de celle de ses trois premiers albums qui s'écoutaient d'une traite comme un tout et pas autrement. Ici, chaque morceau se détache et s'identifie immédiatement, ce qui rend en surface l'album plus accessible... mais aussi plus riche. On passe de pur chaos frontal à des riffs étrangement mélancoliques voire entraînants (“Carousel”), de beuglements inhumains à des chants ritualistes – There's Always Blood At The End Of The Road secoue comme une montagne russe du début à la fin, sans non plus avoir l'air d'un patchwork de morceaux individuels. Il y a une progression, une frénésie qui semble se calmer simplement pour reprendre de plus belle sur la fin, qui lie l'album ensemble et donne sens à une écoute d'une traite.

Faire cela, proposer de vraies ambiances malsaines mais avec une prod moderne au lieu des clichés du groupe de BM trve et raw de base, c'est quelque chose que je retrouve peu parmi les groupes de cette même vague. Il y avait déjà de très bonnes choses dans les albums précédents de Wiegedood, mais celui-ci emmène tout plus loin, saute le pas qu'il fallait encore franchir pour créer quelque chose de mémorable. Loin de s'arrêter à la trilogie qui les aura fait connaître, les Belges prouvent qu'il va bien encore falloir compter sur eux dans les années à venir. Et vu la démence qui commence déjà à se dégager de l'album, on a bien hâte que les concerts reprennent pour de bon pour voir ce que tout cela donne sur scène.

Tracklist :

1. FN SCAR 16
2. And in old Salamano's room, the dog whimpered softly
3. Noblesse oblige, richesse oblige
4. Until it is not
5. Now will always be
6. Wade
7. Nuages
8. Theft and Begging
9. Carousel

 

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