Chronique Retour

Album

09/12/14 - U-Zine

Trivium

Shogun

LabelRoadrunner Records
styleHeavy Thrash Metal
formatAlbum
paysUSA
sortieseptembre 2008
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Fort de la sortie du bon mais un peu surestimé The Crusade, Trivium revient aux affaires deux ans plus tard avec ce qui est déjà leur quatrième album (sachant que le leader Matt Heafy n’a que 22 ans!) et donc le troisième chez les géants Roadrunner.
Toutefois, c’est le premier sans le producteur de toujours Jason Suecof (Chimaira, Devildriver et aussi guitariste de Capharnaum) aux manettes. Le groupe ayant besoin d’évoluer, il est remplacé à cette tache par le producteur de Rush (Excusez du peu) et des Foo Fighters, Nick Raskulinecz. Un changement qui a de suite porté ses fruits.

L’évolution du groupe depuis The Crusade est plus que palpable. Déjà la musique entre Heavy, Thrash et Death Melodique, a pris une tournure plus épique tout en restant très variée. Ceci n’est pas le fruit du hasard puisque Trivium a repris la recette ayant connu un grand succès sur Ascendancy et oublié sur The Crusade : L’alternance chant Thrash/chant clair, l’aspect racoleur en moins. Alors oui, ça accroche beaucoup (C’est le but) mais c’est généralement tellement bien amené que ça ne gêne pas vraiment à deux exceptions près (« Kirisute Gomen » et « He Who Spawned The Furies »). Et le bon coté dans tous ça ,c’est que ces chants clairs sont assurés par Matt Heafy, qui chante de mieux en mieux et non pas par le chant niais de Paulo Gregoletto. Par contre, les apparitions de Corey Beaulieu et de son chant monotone sur la longueur se font de plus en plus présentes.

Les morceaux sont nettement mieux composés que par le passé. Jamais Shogun ne perd en intensité (A part sur les morceaux susnommés) grâce à cette richesse dans les riffs mais aussi à ses soli qui ne sont pas que des simples shredds mais suivent une ligne directrice mélodique qui nous fait garder les titres en tête une fois l’album terminé. Ainsi, trois compositions se détachent à mon humble avis : « Insurrection », « Like Callisto To A Star In Heaven » (Même les titres sont épiques) et « Shogun » sont les must en termes d’alliance entre l’intensité, l’accroche et la richesse de composition.

Le morceau titre qui, est par ailleurs, une belle tentative d’arpenter des voies aux structures plus complexes. Cette chanson de près de douze minutes (la plus longue de leur carrière) est le parfait exemple que ce Trivium se fout désormais des modes et cherchent, avec certes, beaucoup de prétentions, à donner une seconde jeunesse au Heavy Metal. Alors de ce coté ce n’est pas vraiment réussi car on est encore loin des pontes du genre que sont les Iron Maiden, Helloween ou bien encore Blind Guardian mais avec plus de maitrise et d’éléments plus progressifs (autre que le simple fait de rallonger les morceaux même si c‘est à bon escient la plupart du temps), on s’en rapprocherait pas mal.

Et si tout le monde s’était trompé ? Et si c’était pas The Crusade mais ce Shogun qui serait l’étendard du Metal actuel ?
La réponse est non, bien évidement, mais ce qui est sur c’est qu’avec cet album Trivium forge encore son identité et mieux encore apparaît enfin mature dans sa façon d’aborder sa musique. Shogun n’est rien d’autre que le meilleur album de la discographie du groupe loin devant le reste malgré des défauts regrettables. On n’y est pas encore mais la bombe que tout le monde attend ne saurait tarder.

01. Kirisute Gomen
02. Torn Between Scylla and Charybdis
03. Down From The Sky
04. Into the Mouth of Hell We March
05. Throes Of Perdition
06. Insurrection
07. The Calamity
08. He Who Spawned the Furies
09. Of Prometheus and the Crucifix
10. Like Callisto to a Star in Heaven
11. Shogun

Les autres chroniques