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Album

14/08/17 - ZSK

Volumes

Different Animals

LabelFearless Records
styleNéo-Pop-Djent-Metalcore
formatAlbum
paysUSA
sortiejuin 2017
La note de
ZSK
7/10


ZSK

"On est tous le boomer de quelqu'un d'autre."

Après l’excellent dernier album de SikTh, vous reprendriez bien un album plutôt frais pour terminer l’été ? Et là, on va passer à un autre cran de fraîcheur, même si on restera dans le domaine du Metal/Core, avec ses riffs lourds et ses voix grasses. Mais Volumes a plusieurs cordes à son arc et le montre depuis 8 ans maintenant. Apparu au beau milieu de la vague Djent en 2010 avec son premier EP The Concept Of Dreaming, le groupe a bien évolué depuis, devenant à la fois le plus Hardcore des groupes de Djent mais aussi une machine de Pop-Metalcore assez redoutable. Après un Via (2011) assez classique, No Sleep (2014) avait montré toutes les facettes du groupe, capable de balancer des mandales Djent/Metalcore percutantes ("The Mixture", "91367", "Pistol Play"…) et de les alterner avec des tubes aux refrains de lover ("Erised", "Across the Bed", "Vahle"…). Un groupe capable de te frapper très fort et de te câliner gentiment ensuite, de faire la grosse bagarre avant de se réconcilier autour d’un verre, presque dans la tradition du Hardcore « tough guy » finalement, des bad guys qui ont un grand cœur. Et d’ailleurs… le groupe a du se séparer de son chanteur clair et second hurleur Michael Barr en 2015, officiellement pour les sempiternelles « divergences musicales » mais le vocaliste s’était aussi distingué pour son goût malhabile pour le crowdkill pendant les premières parties… La bagarre dans tous les sens du terme puis les refrains doux de "Across the Bed" et "Vahle", voilà bien tout le paradoxe de Volumes. Trois ans après l’excellent No Sleep, il est donc temps pour Volumes de remettre le couvert, avec un nouveau vocaliste (Myke Terry, passé par Bury Your Dead) pour donner la réplique à Gus Farias et un Different Animals qui va entériner l’évolution de la musique du groupe… pour le meilleur et pour le pire.

"Waves Control" montre que Volumes ne veut en tout cas pas perdre de temps et on se fait directement accueillir par des riffs Djent bien lourds. Pas d’avertissement, pas de semonce, Volumes arrive par derrière, chope par l’épaule et envoie les coups de poing. D’ailleurs la première occurrence vocale de Myke Terry sera dans le registre hurlé. Un départ d’album qui renvoie bien sûr à celui de No Sleep sur "The Mixture", toutefois nous aurons tout de suite droit à un refrain clair et quelques mélodies mais Volumes met déjà sur la table son registre le plus efficace. Tout ceci pour mieux surprendre son monde dès "Finite" qui va radicalement trancher avec un "91367" qui continuait à balancer les coups pour déjà achever son auditoire et le mettre à terre. Chant clair légèrement vocodé présent dès les premiers instants et prédominant par la suite, Volumes veut déjà envoyer du hit. Si les riffs Djent bien durs et les hurlements de Gus Farias sont bien présents, il est clair que le groupe veut aller encore plus loin dans son versant le plus « soft ». La voix très douce de Myke Terry, avec bon nombre d’effets Pop, est aussi là pour le prouver, et l’on va encore plus loin que les refrains proposés par Michael Barr en son temps. Le très aérien "Feels Good" enfonce le clou, posant déjà définitivement Volumes comme une formation évoluant dans une sorte de Pop-Djent-Metalcore totalement assumé. C’était déjà le cas pour une bonne partie de No Sleep certes, mais le changement de chanteur ouvre de nouvelles perspectives, et finalement on comprendrait presque le départ de Michael Barr qui, d’un côté, devait préférer le côté bagarre… S’il conserve une bonne partie de ses oripeaux Djent/Metal/Core, Volumes devient donc plus « sucré », pour, au risque de me répéter, le meilleur et pour le pire…

"Disaster Vehicle" sera le dernier morceau 100% rentre-dedans et dynamique (et sans chant clair) de Different Animals, exception faite du court final hyper lourd "Left for Dead" qui est surtout là pour boucler la boucle avec "Waves Control" ; pour le reste Volumes va donc balancer sa Pop-Djent-Metalcore à la cool, et réussit d’ailleurs à bien cartonner avec le très joli "Pieces" qui est assurément le morceau le plus marquant de cet album, et mine de rien le chant clair de Myke Terry passe très bien, s’il y a probablement mieux sur le marché il parvient aisément à transmettre des émotions et à pondre un refrain fédérateur. Et après ceci, Volumes continue à creuser son style et à l’épicer avec d’autres éléments musicaux… plus ou moins inattendus et qui risqueraient bien de faire grincer des dents. On passera déjà sur l’interlude "Interlude" hyper sucré avec son vocoder un peu trop grossier et son électro très cliché, pour enchaîner sur "Hope" qui dès le départ, nous propose… du chant rappé à la Limp Bizkit. Oui, Different Animals vire même vers le Néo et Volumes ne s’en cache presque pas. Et le groupe ira même jusqu’à inviter le rappeur Pouya pour quelques vocalises saccadées sur "On Her Mind". Les deux morceaux sont tout de même bien branlés, avec de belles mélodies pour "Hope" et des riffs bien efficaces sur "On Her Mind", et Myke Terry continue à bien assurer ses refrains. Plutôt que de copier No Sleep à l’infini, ce qui aurait tout de même pu être salutaire si le groupe restait inspiré, Volumes a donc choisi d’évoluer dans la continuité et a profité de l’arrivée de son nouveau chanteur pour étirer ses influences et son spectre musical. Tout ceci, toujours, pour le meilleur et pour le pire…

Le pire c’est aussi quelque part, que malgré sa courte durée (35 minutes, même si c’est 2 de plus que No Sleep…), Different Animals connaît quelques longueurs et du remplissage, déjà avec l’interlude sympho "Tide’s Change" totalement inutile, ensuite avec la fin d’album et les plus anecdotiques "Heavy Silence" et "Pullin’ Shades", mous et convenus. Different Animals n’est donc pas une réussite absolue et de toute façon, cette évolution du son de Volumes n’est pas non plus totalement convaincante. Déjà, il fallait aimer le Djent-Core de lover de la moitié de No Sleep pour adhérer ne serait-ce qu’en partie à Different Animals, ce qui n’est pas évident quand on recherchait quelque chose de plus musclé, même du Djent à la Periphery qui passe pour du Deathcore bourrin à côté de certains passages de cet album. Plus « Pop », plus « Néo », plus aéré, plus sucré que jamais, le Volumes cuvée 2017 va encore plus loin dans le côté « Djent qui riffe et qui gueule mais qui est tout gentil », et il faut s’y faire. Pour ma part, j’avoue que le côté frais de cet album en vaut la chandelle, avec des refrains très prenants. Mais les riffs cossus se font tout de même trop rares, alors que le groupe semblait avoir trouvé son équilibre avec No Sleep, second album qui reste en l’état intouchable. Et si les "Finite", "Pieces" et autre "Hope" sont agréables, rien n’arrive vraiment à la cheville des deux tubes absolus qu’étaient "Across the Bed" et "Vahle". Puis, je me demande si je ne préfère pas finalement les voix claires de Michael Barr à celles de Myke Terry, même si le petit nouveau a des qualités, et devrait se calmer sur le vocoder qui fait plus kitsch qu’autre chose. Bref, un album intéressant qui réussit bien à fédérer pas mal d’influences dans un Djent-Metalcore très frais taillé pour l’été, mais qui apparaît parfois bancal, trop osé et trop « exagéré » et demandera confirmation ou rééquilibrage. C’est à prendre ou à laisser mais certains refrains de ce Different Animals accompagneront à coup sûr votre été si vous savez les apprécier… pour le meilleur et pour le pire.

 

Tracklist de Different Animals :

1. Waves Control (2:49)
2. Finite (3:48)
3. Feels Good (3:50)
4. Disaster Vehicle (2:38)
5. Pieces (3:17)
6. Interlude (0:56)
7. Hope (3:26)
8. Tide’s Change (1:46)
9. On Her Mind (3:43)
10. Heavy Silence (2:17)
11. Pullin’ Shades (4:12)
12. Left for Dead (2:16)