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Album

24/02/17 - ZSK

Immolation

Atonement

LabelNuclear Blast Records
styleDeath Metal
formatAlbum
paysUSA
sortiefévrier 2017
La note de
ZSK
8/10


ZSK

"On est tous le boomer de quelqu'un d'autre."

Plus qu’une petite année et Immolation pourra souffler ses 30 bougies. Bon il l’a déjà fait en 2016 s’il compte ses années passées sous le nom Rigor Mortis mais qu’importe, en voilà un groupe qui forge le respect par sa longévité, sa classe et son efficacité en toutes circonstances. Une des légendes du Death-Metal américain, tout simplement, même si l’on a parfois l’impression qu’il lui manque un poil de reconnaissance pour être vraiment considéré comme un groupe majeur aux côtés de Morbid Angel, Cannibal Corpse et même Obituary. Pas vraiment old-school, ni trop brutal, ni trop rampant, Immolation a bien tracé sa route depuis Close To A World Below, son véritable album culte sorti à l’an 2000. Depuis, ses sorties ne font peut-être pas l’unanimité à chaque coup, mais Ross Dolan, Robert Vigna et leurs compères sont toujours là, bien décidés à pondre des albums de Death-Metal massif et implacable aux bons moments, sans lasser, sans faiblir même si leur période « Listenable » m’a toujours personnellement paru plus… disons moyenne en termes de production sonore. Il a bien sûr été difficile de passer après des brûlots comme Close To A World Below et Unholy Cult (2002) mais depuis son arrivée sur Nuclear Blast pour Majesty And Decay en 2010, Immolation est (re)devenu assez monstrueux en son genre. On notera au passage l’excellent EP Providence (2011), pour moi ce que la formation américaine a fait de mieux récemment d’ailleurs, en termes de fond et de forme (cette section rythmique incroyable de "What They Bring"…), et le dernier full-length en date Kingdom Of Conspiracy (2013) avait convaincu de par son efficacité monolithique, du pur Immolation « 2010’s ». 4 ans plus tard, Immolation nous balance sa nouvelle offrande Atonement, chopant un nouveau guitariste au passage (Alex Bouks, passé par Funebrarum, Incantation et Master en Live).

Je vous arrête tout de suite, non la présence du logo utilisé de la démo éponyme de 1989 jusqu’à l’album Here In After (1996) sur la fort jolie pochette d’Atonement ne va pas signifier que Immolation va opérer un réel « retour aux sources », si tant est qu’il avait besoin d’en faire un, lui qui a plutôt modernisé son style au fil des années plutôt que de réellement le faire évoluer ou changer. Non, on se situe bien dans la lignée de tout ce que le groupe a sorti depuis Majesty And Decay, bref on reste en plein dans la période « Nuclear Blast ». Mais si Majesty And Decay avait développé le côté le plus lourd et monumental du groupe, tandis que Kingdom Of Conspiracy mettait plus en valeur sa frénésie et son côté percutant, Atonement va lui classiquement se poser comme un chaînon manquant, trouvant un équilibre entre efficacité et lourdeur. Le chant de Ross Dolan est toujours aussi profond, et la production de Paul Orofino et Zack Ohren toujours aussi bien adaptée au groupe, avec cette puissance mais aussi ce côté abrasif. En presque ¾ d’heure, Immolation ne va pas franchement se renouveler, mais montrer qu’il est toujours là, et a de l’inspiration à revendre. D’ailleurs si on ne retenait rien de particulier au sein de Kingdom Of Conspiracy, Atonement va directement convaincre avec l’excellent "The Distorting Light" d’entrée, on l’on se laisse déjà happer par ces patterns de batterie terrassants, ces rythmiques de l’enfer, et surtout un côté très bavard qui nous offre déjà un des meilleurs riffs du disque ainsi que des leads et solos endiablés. Immolation a de nouveau ouvert les portes du monde bien brûlant des profondeurs, et livre d’entrée un de ses morceaux les plus croustillants de ces dernières années.

Après 30 ans de carrière dans le Death-Metal, Robert Vigna a encore de la ressource et Atonement est encore l’occasion pour lui de nous balancer un paquet de riffs démoniaques, qui font mouche à des moments cruciaux de la plupart des morceaux ("When the Jackals Come", "Thrown to the Fire", "Lower", "Above All"). Emballé dans une ambiance bien sombre et sinistre, Atonement réussit bien à jouer sur le tableau de la lourdeur, en témoigne notamment le fantastique single "Fostering the Divide" qui bénéficie en outre d’un jeu de batterie au top. Une splendide performance et ensuite des plages comme "Thrown to the Fire", "The Power of Gods" ou encore le plus chaloupé "Above All" ne sont pas en reste niveau lourdeur. Mais Immolation sait aussi envoyer la sauce et trouve avec Atonement un équilibre parfait, pour notre dose de blasts et de riffing frénétique on s’arrêtera donc sur "When the Jackals Come", "Rise the Heretics", "Destructive Currents" ou encore le bien massif morceau-titre. Mais chaque piste sait savamment proposer une accélération fatale au milieu de sa lourdeur ou un ralentissement bien pesant au milieu de sa fureur, Immolation c’est sûr maîtrisant parfaitement les arcanes de son style. Se terminant par le bien puissant "Epiphany", cette galette n’est pas exempte de tous reproches avec des morceaux qui paraîtront peut-être un peu anecdotiques, je laisserai ici le soin à chacun de faire sa sélection de ce qui est de trop. Certes, Atonement ne surprend absolument pas, est limite fan-service mais j’ai envie de dire que c’est l’album le plus équilibré, et donc peut-être le meilleur, de leur période actuelle qui a débuté en 2010. On n’attend pas vraiment qu’une légende du Death-Metal américain change réellement sa cuti (jurisprudence Illud Divinum Insanus), Immolation fait du Immolation et le fait magistralement bien, et même si à mon sens Providence n’est pas encore égalé (même en termes de production !), Atonement est un album très solide qui est tout simplement indispensable pour tout fan d’Immolation et en général, de tout amateur de Death-Metal traditionnel bien costaud.

 

Tracklist de Atonement :

1. The Distorting Light (3:14)
2. When the Jackals Come (3:54)
3. Fostering the Divide (3:27)
4. Rise the Heretics (3:41)
5. Thrown to the Fire (4:04)
6. Destructive Currents (4:26)
7. Lower (4:01)
8. Atonement (4:32)
9. Above All (4:55)
10. The Power of Gods (3:58)
11. Epiphany (4:22)

 

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