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lundi 30 janvier 2017 - Michael

Biffy Clyro @Paris

Olympia - Paris

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Après quelques années d'absence et un passage éclair mais remarqué au Download Festival Paris, où Horns Up a pu interviewer le groupe, les Écossais de Biffy Clyro étaient de retour en salle ce lundi 30 janvier 2017 à l'Olympia, accompagnés de Frank Carter & The Rattlesnakes. Dire que Biffy Clyro est un groupe qui soulève les foules outre-Manche est un doux euphémisme. En France c'est un peu différent, même si l'affluence de l'Olympia nous aura montré la popularité toujours grandissante du groupe (et aussi le nombre élevé d'Anglo-Saxons de passage ou vivant à Paris).

Retour en textes et en images sur la soirée.

Frank Carter & The Rattlesnakes

Autant le préciser tout de suite, je ne suis pas un grand fan de rock anglo-saxon. À quelques exceptions près, le mouvement me laisse de marbre. Sur cd, en tout cas, car il faut admettre que le genre prend toute son ampleur en live. J'ai toujours trouvé que c'était une musique qui se vivait davantage qu'elle ne s'écoutait. Et la prestation de Frank Carter & The Rattlesnakes, acclamée par un public déjà bien présent dans la salle et contenant un bon paquet de fans du groupe, n'aura pas dérogé à la règle. Les Anglais auront en effet délivré sur la scène de l'Olympia un show propre, carré, porté par un Frank Carter charismatique à souhait qui en fait des tonnes sur scène et entre les morceaux. C'est souvent à la qualité de son meneur qu'on juge un groupe sur scène. Et il suffit de voir l'ascension fulgurante de ce nouveau projet de Frank Carter - alors même qu'il n'existe que depuis 2015 - pour comprendre l' "effet Frank Carter".

De titres très bondissants à des titres plus "violents", en passant par des ballades, Frank Carter et ses compères naviguent entre les genres et les émotions sans se perdre et sans nous perdre. En quelques instants, Frank Carter lance quelques blagues pour le public, marche (littéralement!) sur le public, fait un peu de crowdsurfing, bondit sur scène puis enchaîne avec un titre rempli d'émotions, sans pour autant que l'on se sente désarconné par ce mélange des genres. On aura même eu le droit à un passage où le public est invité à s'accroupir pour mieux sauter (façon Spit It Out). La panoplie complète d'un groupe de rock aux facettes multiples.

I Hate You et ses riffs ravageurs viennent clore un set réussi, qui aura vraisemblablement fait vibrer le public parisien. Frank Carter & The Rattlesnakes aura démontré encore une fois, s'il en était encore besoin, la richesse de la scène rock britannique et sa capacité à fasciner une fois sous les projecteurs.

Setlist :

Snake Eyes
Fangs
God Is My Friend
Lullaby
Wild Flowers
Devil Inside Me
Vampires
I Hate You

Biffy Clyro

Après avoir vu Biffy Clyro au Download Festival Paris et dans le froid polaire d'Edimbourg à l'occasion du Hogmanay 2015, j'avais hâte de revoir les Écossais en concert. Surtout, j'étais impatient d'entendre les titres d'Ellipsis sur scène, le groupe n'ayant joué que quelques titres au Download.

Après une longue montée en pression sans fioritures, c'est sur l'excellente Wolves of Winter que le groupe commence son set. Le premier constat est celui d'un son globalement très bon et d'un jeu de lumière particulièrement excellent. Ce dernier le restera d'ailleurs tout le long du concert, pour atteindre un point culminant sur Medecine et Many Of Horror avec des lights vraiment inspirées donnant une saveur particulière au show. Le deuxième constat est celui d'un groupe en forme, prêt à en découdre sur scène, et surtout prêt à perpétuer la réputation du groupe de "live performer". Cette date à l'Olympia est venue une fois de plus confirmer tout le bien que l'on pense du groupe sur scène : un Simon Neil juste, débordant d'énergie mais qui n'en fait pas trop, un James Johnston martelant sa basse frénétiquement et ne cessant de bouger dans tous les sens et un Ben Johnston martelant ses fûts toujours avec le sourire. En somme, beaucoup d'énergie mais rien de surjoué.

Côté setlist, le groupe nous a gâté. Outre les tubes de toujours que les Écossais ne pouvaient décemment pas omettre (Biblical, Bubbles, Black Chandelier, Mountains, Many of Horror, Stingin' Belle, etc.), Biffy Clyro nous a offert pas moins de 10 titres de son dernier album, Ellipsis. Ces derniers passent d'ailleurs avec brio l'épreuve du live, à l'exception peut-être de Friends and Enemies et Herex, un peu faiblardes. Quoi qu'il en soit, il est toujours plaisant de pouvoir entendre lors des tournées suivant la sortie d'un album des titres qui, probablement, ne seront plus ou très peu joués dans la suite de la carrière du groupe. Cette date avait donc une certaine importance pour ceux qui ont apprécié dans les moindres détails la dernière galette de Biffy Clyro !

Avec 24 titres joués, le groupe ne s'est pas moqué de nous (même si The Captain n'a pas été joué ! Ô tristesse). Le revers de la médaille étant un enchaînement assez rapide des titres : changement de guitare et de basse quasi systématique, un petit mot pour le public (ou pas, d'ailleurs) et ça repart. Ça a le mérite de créer une dynamique importante dans un concert, mais ça a également pour conséquence de limiter les échanges avec le public. De toute façon, vu l'accent à couper au couteau de la bande à Simon (souvenirs de galère en interview!), le public français, rarement très doué en anglais, se serait noyé.

Le public parisien ne semble d'ailleurs pas tenir rigueur à Biffy Clyro de ne pas être aussi communicatif que n'a pu l'être Frank Carter quelques minutes plus tôt. Quelques "merci" et mots doux suffisent à le ravir. Il est d'ailleurs assez saissisant de voir le contraste entre le groupe lorsqu'il interprète un morceau, plein d'énergie, de puissance, à faire le show, et le groupe après un morceau, presque timide, gêné d'être sur scène, osant ne regarder le public que pour le remercier du bout des lèvres avant de se lancer à corps perdu dans un nouveau titre.

L'ambiance aura également été au rendez-vous (au milieu de la fosse, en tout cas!). Si les inimitables Black Chandelier, Bubbles ou bien encore Many of Horror ont fait grimper le mercure avec un public prêt à donner de sa personne, c'est certainement Mountains qui remporte la palme de la soirée avec beaucoup de mouvement et de cordes vocales martyrisées. Mais, à vrai dire, le public aura largement participé tout au long de l'heure quarante-cinq de concert.

C'est fatigué mais heureux que l'on quitte l'Olympia après une prestation globalement très convaincante de Biffy Clyro en dépit de quelques petits points de détails qui pourraient être améliorés ci et là : la setlist où l'on trouvera toujours à redire, la distance relative avec le public, etc. Mais il faudrait être sacrément fine bouche pour ne pas avoir apprécié la prestation des Écossais ce soir.

Setlist :

Wolves of Winter
Living Is a Problem Because Everything Dies
Sounds Like Balloons
Biblical
Victory Over the Sun
Howl
God & Satan
Bubbles
Booooom, Blast & Ruin
Friends and Enemies
Black Chandelier
On a Bang
Re-Arrange
Herex
Medicine
Glitter and Trauma
Mountains
In the Name of the Wee Man
Flammable
That Golden Rule
Many of Horror
Machines
Animal Style
Stingin' Belle

Merci à Warner, Live Nation et à l'Olympia.

Photos