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Album

15/10/15 - DarkMorue

Gorod

A Maze of Recycled Creeds

LabelListenable Records
styleDeath Technique à la Gorod
formatAlbum
paysFrance
sortieoctobre 2015
La note de
DarkMorue
10/10


DarkMorue

Un mec qui écrit des trucs.

Mine de rien ils commencent à peser nos petits Gorod. Rien qu'à voir le feu qu'ils ont mis et la puissance de leur prestation au Neurotic de cette année où ils ont été le seul groupe français à taper la Mainstage (devant Benighted et Kronos, excusez du peu), on se réconforte un peu par rapport à leur accueil en France qui reste assez mitigé compte tenu de leur potentiel. Et donc, après un sacré paquet de temps d'existence et déjà quatre albums sous les bras, ils se tiennent là. Complètement inconnus jusqu'au monstre "Process of a New Decline" (alors que "Leading Vision" restait leur meilleur album) et ayant quelque peu divisé les foules avec un "A Perfect Absolution" très contrasté et coloré, les voilà de retour en 2015. Et vous avez déjà vu la note, là, en haut à droite, donc pas besoin de taire la surprise. Gorod viennent de sortir leur meilleur album et album français de l'année. Voire l'album de Death de l'année en général. Peut-être même l'album de l'année tout court. Si cette fois ils l'ont pas, leur reconnaissance mondiale, et qu'on en fait pas un deuxième Gojira, c'est que quelque chose tourne pas rond par chez nous.

On pouvait craindre un peu que le changement de batteur porte préjudice. M'enfin, on se rappelle que ça râlait déjà au départ de Sandrine et qu'en 2009 le batteur était jugé "trop masculin" en comparaison.,. Donc aucune inquiétude ici : le nouveau venu se fond parfaitement dans le décor et a à la fois la puissance de jeu et le groove nécessaire pour que le groupe puisse exploiter tout son potentiel, aucune régression à signaler, rien de voyant. Le groupe a une fois de plus sorti le grand jeu. Concept classieux basé sur l'ordre de la Rose Croix tout en s'inscrivant dans le fil conducteur spirituel global de leur discographie, et changement de logo vers quelque chose de plus classieux, encore plus typé tech-death et SF. Et c'est exactement ça. Gorod ont ici trouvé un équilibre parfait, et sonnent encore plus aériens, encore plus futuristes, plus brutaux tout en étant toujours plus subtils et au Groove parfaitement géré. Toujours plus complexe tout en devenant encore plus accessible et naturel. En fait, le seul reproche que je pourrais donner concernerait le premier titre dévoilé, "Temple of the Art God", efficace comme opener mais ne tenant aucune comparaison avec les trouvailles sonores constantes de toute la suite, lui donnant des allures de boulet lorsqu'on appuie sur Replay. Ah oui c'est un bon morceau avec du riff droit dans la gueule planant. Mais tout le reste sonne mieux à mes oreilles vu qu'il semble faire le lien avec l'album précédent. L'inverse d'un "Process of a New Decline" excellent de bout en bout mais aux deux premiers titres enterrant toute leur discographie.

Rien qu'écouter un "Inner Alchemy" et ses riffs sautillants devrait faire fondre n'importe quelle personne ayant des affinités avec le genre. On remarque également une énorme amélioration sur les vocaux, toujours aussi variés que sur le précédent et prenant souvent des allures hurlées et épiques, mais mettant les bouchées doubles sur un guttural maintenant imposant et jouissif. Tiens ben on en parle d'ailleurs de "Inner Alchemy". C'est pas compliqué, on y retrouve tout et c'est probablement le meilleur titre qu'ils nous fourniront jamais, ni plus ni moins. Une telle aisance de jeu, un titre aussi virevoltant et aérien tout en condensant riffs inoubliables et groove animal ne devrait tout simplement pas être possible. Il pourrait justifier à lui seul l'achat en quatre exemplaires de n'importe quel album, mais, hé, on va pas s'arrêter là hein. Mais merde, y'en a tellement partout que faire une longue description chiante de tout ce qui se passe reviendrait à écrire une chronique de 8 pages Word. Rien que voir les contrastes de "From Passion to Holiness" tour à tour glaçant et nostalgique ou bien dansant et pouvant presque se frayer un chemin sur l'album de Kalisia en certains plans, on sait qu'on a pas affaire à n'importe qui.

Non mais vraiment. Le point fort de Gorod réside dans ses riffs. Ses multiples visages et son don à être naturel et décontracté tout en sortant des trucs pas possibles (et cette basse quoi!). Ici, on ne jette rien. Rien du tout. On fend l'éther en chaque seconde, et tous les titres offrent un orgasme auditif à au moins un moment chacun. On fait cohabiter un "Rejoice Your Soul" mélodique, aquatique et aux textures vivantes avec une bien plus directe "Celestial Nature" qui arrive à sortir des riffs circulaires pas possibles tout en tapant fort là où on le sent (blast mon amour). Et l'album a de plus le bon goût de se terminer sur une relecture instrumentale légèrement modifiée, au son plus raw et à la fin amputée. De quoi reprendre de nos émotions après une "Syncretic Delirium" démarrant de manière très directe mais se métamorphosant en transe guitaristique orgasmique à mi-parcours. Toujours on se mange quelque chose qui nous met sur le cul, on navigue tour à tour entre Cynic (pour la mélodie et la fluidité), Trepalium (groove jazzy) et Nile (riffs de porc et brutalité épique) pour l'esprit et le style mais en conservant cette patte, ce son si particulier qu'on connaît désormais tous et qui est simplement transcendé. La marque des grands de ce monde.

Bref, je pense que vous l'avez compris. Gorod envoie aujourd'hui sur le marché un véritable coup de maître, explosion de talent coloré qui devrait cette fois mettre tout le monde d'accord. En effaçant purement et simplement les imperfections du précédent et en s’engouffrant pile poil dans la direction opposée à celle de la solution de facilité qu'on les craignait voir emprunter, "A Maze of Recycled Creeds" n'a à rougir de personne et devrait dans un monde idéal être enfin la porte d'entrée du groupe au royaume des grands tant on met une branlée à toute la scène Death Tech qui n'a plus qu'à prendre exemple et s'incliner. En espérant du coup les voir tourner beaucoup cette année avec le plus possible de titres de cette nouvelle merveille histoire que l'argument du "boah c'est Gorod, on les a déjà vus 15fois" ne puisse plus être pris en compte. Victoire de la France par KO, pour une fois c'est bien que ça aille dans ce sens.

Tracklist :

1 – Air de L'Ordre
2 – Temple of the Art-God
3 – Celestial Nature
4 – Inner Alchemy
5 – The Mystic Triad of Artistry
6 – An Order to Reclaim
7 – From Passion to Holiness
8 – Dig into Yourself
9 – Rejoice Your Soul
10 – Syncretic Delirium
11 – An Order to Reclaim (Alternative Version)

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