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Album

09/12/14 - U-Zine

Strapping Young Lad

City

LabelCentury Media
styleIndus Extrême
formatAlbum
sortienovembre 1997
La note de
U-Zine
9/10


U-Zine

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Voilà certes huit ans qu’est sorti cet album, mais il me paraissait impensable de ne pas en parler tant ce second effort de Strapping Young Lad est un chef d’œuvre.
A première écoute, l’oreille d’un non averti sera à coup sûr choqué et ravagé par la déflagration sonore que propage City malgré la qualité sublime du son de cet album.
Ici, la définition du mot bruit prend toute son ampleur, du fait de la puissance monumentale des riffs et de la batterie.
Une fois l’effet de surprise passée après plusieurs écoutes, les différentes facettes de ce second opus du grandiose Devin Townsend se dévoilent à nous et l’auditeur peut apprécier, à juste titre, chaque note séparément.

C’est ainsi que l’on peut apprécier le talent surhumain des musiciens de Strapping Young Lad (SYL pour les intimes). On ne peut qu’être admiratif devant la puissance de frappe et le génie musicale, autant technique que rythmique, de Gene Hoglan. En effet, le batteur enchaîne les blasts avec des breaks inhumains comme sur Oh My Fucking God, le tout avec une rapidité d’exécution à la double pédale qui en ferait pâlir plus d’un... Quant à Jed Simon, il nous assène des riffs d’une efficacité à tout épreuve, voire même inoubliable comme sur la cultissime Detox. A l’aide d’un Devin au sommet de son art, l’album n’est qu’un mur de sons alternant entre des riffs syncopés, techniques, basiques mais efficaces, voire même groovy (comme sur la montée en régime sur AAA), le tout dans une ambiance pesante et lourde, bien aidée, il est vrai par l’énorme basse de Byron Stroud.

Mais dans ce chaos surréaliste, amplifié par un clavier et des samples, sublimes, mystérieux et froid, à profusion, il est sûrement impossible d’entendre la voix du demi-dieu Devin, me direz-vous ? Que neni ! Le mix de l’album est tout simplement sublime. Ainsi, chaque modulation de la voix de Hevy Devy a une impact sur le morceau. Qu’il hurle à la mort, qu’il susurre, chacune de ses paroles est emplie de complainte. En effet, City traite de thèmes tels que la solitude, le renfermement et la non ouverture d’esprit car les hommes sont emprisonnés dans leur blocs de béton.

L’album s’achève sur deux titres bien plus calmes que l’apocalypse qui précédait. Ainsi, SYL s’offre le luxe de reprendre un titre des Cop Shoot Cop : Room 429 en y ajoutant une lourdeur indescriptible. Puis, le quatuor achève les 40 minutes de démonstrations techniques avec un Spirituality apaisant malgré le caractère répétitif du riff d’intro, accentuant la sensation de lourdeur qui se dégage du titre.

Une fois la surprise passée, le mot chef d’œuvre sort tout naturellement de votre bouche (après avoir balancé un bon Oh ! My Fucking God !) lorsque vous parlerez de cet album. Huit ans après, le son indus de ce petit bijou n’ a pas pris une ride et on comprend parfaitement comment de si nombreux groupes furent influencés par Strapping Young Lad et notamment par cet album. Hélas, City est tellement parfait que jamais un autre album de SYL ne viendra le détrôner. Et ce ne sont pas les, certes très bons, Strapping Yound Lad et Alien qui me contrediront !


1. Velvet Kevorkian
2. All Hail The New Flesh
3. Oh My Fucking God
4. Detox
5. Home Nucleonics
6. AAA
7. Underneath The Waves
8. Room 429
9. Spirituality

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