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Album

09/12/14 - U-Zine

Ajattara

Tyhjyys

LabelSpinefarm Records
styleDark/black metal atmosphérique
formatAlbum
paysFinlande
sortiedécembre 2004
La note de
U-Zine
6.5/10


U-Zine

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Formé en 1998, et après la sortie des albums Itse (2001) et Kuolema (2003), les 3 membres du groupe Ajattara reviennent cette année avec un nouvel opus du nom de Tyhjyys. Pour celui ci, le batteur Malakias a été remplacé par Malakias III(le nom varie pas trop dites moi), l’ancien étant HS soit disant à cause des drogues qu’il prenait.
Leader de la formation, Ruoja (qui était le frontman de Amorphis) est le chanteur/guitariste, mais s’occupe également des claviers s’il vous plaît !

On ne va pas s’attarder sur la pochette très noire de Tyhjyys, tant on ne comprend pas ce qu’elle représente (vous pouvez bien me dire que c’est de l’abstrait ou je ne sais quoi, c’est laid toujours est il). Mais entrons donc sans plus tarder dans le vif du sujet…

Tyhjyys comprend onze morceaux : une intro, une outro, et neuf morceaux de 3 minutes environ, pour une durée totale de 36 petites minutes. On peut apparenter la musique à du Dark metal (avec une touche atmosphérique au passage, grâce aux claviers) tant l’univers est sombre, ainsi qu’à du black pour la voix de Ruoja. Comme on peut rapidement le constater, il chante dans sa langue natale finlandaise, on en a d’ailleurs l’illustration rien qu’en mattant les titres des chansons (interrogation écrite : essayez de prononcer les titres « Katumuksen Kyinen Koura » et « Tyhjyydestä » !… c’est pas moi qui vous dirais ce que ça peut bien vouloir dire).

L’intro très ambiant du skeud, d’une quarantaine de secondes pour la moins glauque et pesante, est là pour nous faire rentrer dans l’univers personnel "dark" de Ajattara, vous mettre en condition optimale. Pas de surprise une fois celle ci passée, on a affaire à un métal plus lent que rapide dans ses compositions, dés « Sortajan Kaipuu ». Les morceaux s’enchaînent bien, et sont liés par une sonoritée reconnaissable les uns par rapport aux autres, un peu pour nous marteler répétitivement leur son spécifique, afin qu’il s’imprime maléfiquement dans nos têtes en quelque sorte, mais c’est tout de même là dans un certain sens que le mât blesse, puisqu’il y a parfois un manque d’originalité flagrante, et ce ne sont pas les rares chants clairs (comme sur « Naaras » et « Langennut » ) qui apportent une innovation trés intéressante. Je dirais plutôt que ces chants ne sont pas spécialement à retenir, bien qu'ils soient une source d'oxygène fâce à la monotonie pouvant rêgner. Il me semble de plus que les riffs d’intro de « Tyhjyydestä » (track10) ressemblent fortement à ceux de « Armon Arvet » (track 5).

En revanche, Les Claviers dans « Sortajan Kaipuu » par exemple donnent un côté atmosphérique à la chanson des plus agréable, mais ne comble pas forcément à eux tout seul la lassitude se forgeant en nous, à cause d’une répétition trop routinière des riffs sur un même morceau, que l’on peut noter particulièrement hélas sur « Katumuksen Kyinen Koura » et « Tyhjyydestä », bien que ces claviers donnent un son dark metal permettant de nous laisser sur une impression positive à la fin de la piste (non, j‘ai pas parlé d‘happy end non plus).

Tout n’est donc pas si noir, et je distingue des parties intéressantes de l’album, le rehaussant forte heureusement, comme cette basse très audible dans « Naaras », même si linéaire. Le groupe apporte une rythmique différente vers le milieu grâce à la batterie, ainsi qu’un étrange chant clair, cassant l’ambiance du morceau (pas moyen, il y a toujours un truc qui cloche).

On décèle également entre les trois premiers morceaux et « Armon Arvet » une différence de son dans l’approche, celui dans ce dernier semblant plus crade si je puis dire et plus tranchant. Autre curiosité, « Pahan Tuoma », bien qu’elle soit moins captivante, peut être cataloguée doom, vis à vis de sa lenteur notamment, ce qui la démarque justement des autres judicieusement.

Enfin, le morceau qui aura retenu mon attention est « Langennut », le meilleur de l’album pour moi. Je le trouve un tantinet plus diversifié dans les riffs saccadés de guitares proposés, plus entraînante. L’album se conclut par une outro malfaisante (avec des voix non humaine prisent limite pour des incantations), angoissante, pour nous rappeler, si besoin est, que ça rigole pas chez Ajattara(ils font pas dans le Finntroll, ah ça... c’est sûr).

Tyhjyys est un album de bonne facture, mais qui finalement, malgré sa courte durée, devient lassant il faut bien l’avouer très rapidement, à cause d’un rythme un peu trop linéaire d’une piste à l’autre, et de riffs tournant trop en boucle. Le mieux reste encore de choisir l’écoute des meilleurs morceaux, et mettre un peu de côté les autres. Ce n’est pas le vide non plus dans son contenu (Tyhjyys veut dire vide en finlandais pour la petite histoire) comme le suggère le titre, puisque les claviers très bien utiliser nous aident à plonger dans un univers de rêverie, et la langue finlandaise chantée par Ruoja sonne d'un accent plutôt barbare non déplaisant. Malgré tout, rien de profondément renversant et inoubliable.

1. Intro
2. Sortajan Kaipuu
3. Katumuksen Kyinen Koura
4. Naaras
5. Armon Arvet
6. Pahan Tuoma
7. Harhojen Renki
8. Langennut
9. Uhrit
10. Tyhjyydestä
11. Outro

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