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lundi 18 mai 2015 - Gazag

Exodus + Voight-Kampff + Arcania

Divan du Monde - Paris

Gazag

Steve Souza is back in Exodus ! Mais si… Cet Américain qui pose sa voix sur le classique Fabulous Disaster (1989), skeud qui contribua au succès du groupe, jusqu’à son split en 92. Depuis, mis à part un brève reformation au début des années 2000, Steve a pris ses distances avec Exodus. Cependant l’année dernière, coup de théâtre, la formation annonce le retour de leur classic frontman, avec en bonus un album dans les tuyaux. Blood In, Blood Out sort en octobre 2014 et montre que Souza en a encore sous le capot. Bref, quand on a appris que le groupe passait à Paris pour sa première date Française avec le retour du 'sieur, on ne s’est pas fait prier.

Au Divan du Monde, on a souvent la fâcheuse tendance à faire entrer les spectateurs une fois le premier groupe sur les planches. Si vous êtes situés en tête de file, vous vous retrouvez donc à quatre pécores devant les musiciens (ce qui a l’avantage d’avoir le groupe dans son salon). En revanche, si vous êtes bon dernier dans la rue, vous pouvez rater la majeure partie de la prestation en cours. Planté au milieu de la file, nous arrivons donc logiquement dans la salle avec Arcania, son set déjà bien entamé.

Arcania

Le Divan du Monde n’offre pas aux Angevins les meilleures conditions de concert. Le son est médiocre, avec des guitares pas assez en avant et un chant re-balancé entre chaque morceaux. Mais le plus gros problème pour le groupe est le public. La fosse qui assiste à leur show est quasiment vide et surtout pas du tout dans le trip. Ca envoie plus de sms que ça headbang ! Les applaudissements sont poussifs et le pit quasi-inexistant (20 secondes de bagarre sur l’ensemble du concert). Seule réconfort pour le groupe, une excitée au premier rang qui se trémousse comme une possédée. 

Pourtant, Arcania propose de quoi bouger son boule. Les compos sont bien speed, avec certaines parties mélodiques bien senties. Le tout fonctionne en live, mis à part le mid-tempo. Les zikos se donnent également pour faire le show : si on occulte le frontman, qui reste à camper devant son pied de micro, ses deux comparses à la guitare et à la basse se trémoussent, s’accaparent la scène et prennent leur pied. Et le batteur, s’il reste planqué derrière son rideau capillaire, joue bien son rôle de matraqueur de fûts. C’est du tout bon côté scène, même si leur communication avec l’audience est parfois approximative, tendant plus vers la blagounette du dimanche que vers la thématique de la soirée : la violence. 

Arcania a eu beau faire de son mieux, il est clair que les conditions pour un bon show n’étaient pas réunies. Néanmoins, les Angevins ne se sont pas laissé démonter et ont performé comme il le pouvaient. Le rôle de chauffeur de salle n’a certes pas été rempli, mais il est certain que le potentiel de la formation à faire bouger des têtes est bien là. A revoir dans un autre contexte.

Rise and Never Fall
Watch us dying
Dreams are dead
Face in the mirror
No end

Voight-Kampff

Avec un nom pareil, difficile de ne pas voir le concept qui se cache derrière la formation Bretonne Voight-Kampff. Le groupe entre en scène, sur fond de séquences de Blade Runner projetées en arrière-plan. Les musiciens arborent de simples T-shirt noirs, invitant notre regard à fixer les images diffusées en fond de scène. La fosse gagne en consistance, il faut maintenant demander pardon pour arriver devant les amplis de retour.

Si on devait étiqueter leur musique, "Thrash progressif" semblerait être un bon candidat. Les riffs sont typiquement Thrash, la composition des morceaux est alambiquée. Le tempo varie et les structures prennent à contre-pied. On saute d’une partie speed à une partie technique en passant par des pans mélodiques et des ponts ambiants, supports à de longs solos. Le tout est parfaitement exécuté. Bref, ça fonctionne pour peu que vous soyez ouvert à ce genre de déviances. 

Le son est bien meilleur, la basse est plus consistante. Seul bémol, une batterie un peu trop en avant. La fosse est assez sceptique au début du set, la musique n’est pas accessible dès le premier coup de médiator, et la communication du groupe accuse quelques lacunes. Le frontman a l’air impressionné par le public et semble être mal à l’aise quand il ne chante pas, alors qu’il est complètement possédé quand il braille. Les temps morts entre les morceaux sont longs et bancals : on se croirait en répète. Les deux guitaristes ne semblent pas plus impliqués que ça, alors que le bassiste fait corps avec son instrument, il grimace et prend des poses en brandissant sa quatre cordes. Ces contradictions démontrent que Voight-Kampff ne sait pas encore s’accaparer parfaitement une scène. Malgré tout, la musique fait le taff, et le public se laisse progressivement happer par le concept androïde des Bretons pour au final bouger un poil son boule et remercier le groupe une fois la prestation terminée. 

Voight-Kampff n’a pas changé les spectateurs en répliquants. L’audience est restée fébrile. Cependant, malgré une communication à revoir, le groupe a assumé son parti-pris et offert une prestation originale et rafraichissante en ce milieu de soirée. 

Cityscape horizon
Form destroyer
Genetic genesis
Substance Reve
Robotic Warfare
Fire of orc

Exodus

Impensable il y a encore un an, Steve Souza foule les planches du Divan du Monde avec Exodus. La salle est à présent comble et ovationne le groupe à leur arrivée. Dès le premier morceau, Black 13, issu du dernier skeud, la fosse part en gros moshpit bien vilain. Un moshpit violent et compact sur lequel aucun parieur n’aurait misé à la vue de la fosse durant les deux précédentes prestations. Conclusion : tout le monde s’est déplacé uniquement pour les Américains. 

On enchaîne sur le titre éponyme du dernier bambin du groupe, Bood In, Blood Out, qui passe super bien en live. Globalement le son est correct. Les guitares sont bien mises en avant mais la basse est un peu en retrait. La batterie reste à sa place et n’empiète pas sur le reste des instruments. On notera deux trois pains sur quelques solos, mais le reste est bien bien carré. Exodus connaît son affaire.

La setlit est majoritairement composée de titres du dernier effort et de Bonded By Blood (trentième anniversaire cette année). Pour le reste, le groupe tape dans l’ensemble de sa disco. Les titres lourds et entêtants des anciens albums fonctionnent toujours. Les morceaux plus complexes des nouvelles galettes passent le baptême du live haut la main. Mention spéciale à Body Harvest, joué pour la première fois en live et qui fait tourner la caboche avec ses côtés technique et rentre-dedans.

Le retour de Mister Souza fait plaisir à voir. Le gars envoie encore du bois à 51 balais ! Certes ça ne saute pas dans tous les sens, ça pointe des spectateurs un peu au hasard et la voix a perdu de sa superbe, mais on sent que le mec en veut et que l’envie est là. Le bassiste est assez statique, contrastant avec les deux gratteux, l’un exploite chaque moment d’accalmie pour communiquer avec le public, et l’autre headbang avant de courir d’un bout à l’autre de la scène. Pour terminer, le batteur se met plusieurs fois debout, un pied sur chaque grosse-caisse pour haranguer le public. Exodus est motivé, et le restera sans s’essouffler. La formation fait chauffer le Divan et le garde à température d'ébullition durant tout le concert.

Le public est évidemment sensible à cette énergie et leur renvoie en déclinant toutes les figures du catalogue du thrasheux qui se respecte: moshpits, circle-pits, slams, et aussi Bravehearts. Cette synergie entre musiciens et spectateurs transforme le Divan en cocotte-minute. 

La dernière compo, Strike of the Beast arrive comme une douche froide. Le concert est passé très vite. Encore quelques coups de médiators et Exodus quitte un Divan du Monde qui lui mange pourtant dans la main. 

Les Américains ont ce soir proposé une set list hétérogène qui varie les plaisirs, avec des titres neufs efficaces et des morceaux plus anciens qui reprennent des couleurs. Exodus, canon laser en festival, montre qu’il est tout à fait capable de retourner une fosse en salle. Les vétérans Californiens viennent de mettre tout le monde d’accord. Exodus maîtrise son art et conforte sa place de mastodonte du Thrash. 

Encore une soirée réussie pour le Divan et Garmonbozia. Merci à eux d’avoir organisé une soirée Thrash ; avec des premières parties motivées (en dépit d’un public pas chaud) et avec une tête d’affiche à la hauteur de sa réputation. On ressort avec des courbatures aux cervicales, des riffs incisifs plein la tête et des beaux bleus pour les gros clients du pit.

Black 13
Blood in Blood out
Iconoclasm
Children of a Worthless God
Piranha
Salt the Wound
Pleasures of the Flesh
Body Harvest
Metal Command
The Last Act of Defiance
Blacklist
A lesson in Violence
Bonded by Blood
War is my Shepherd
The Toxic Waltz
Strike of the Beast

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