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Falling on the edge of the scene : Part I : The Speed Kings

mardi 5 mai 2015 - Balin
Balin

Matthieu, 24 ans, basé à Nantes. Ancien membre d'U-Zine et de Spirit of Metal. Vous me retrouverez pour les chroniques et live reports de divers styles musicaux.

Nous avons tous une raison bien personnelle de fréquenter Horns Up de nos jours et aucune n’est résolument meilleure qu’une autre. J’ai pourtant souhaité vous faire part de la mienne par une brève série d’articles sur ce qui m’a poussé à creuser cette musique que l’on aime tant. Fan de tout un tas de style, je ne serais assurément pas là à vous parler sans le Hard Rock et son nombre incalculable de classiques. Pourtant, j’ai souhaité briser un peu ma routine épistolaire pour me concentrer sur un des éléments majeurs du Hard Rock : les Lives. Cela se fait de moins en moins, peut-être car ce n’est plus ce que le public recherche ou tout simplement parce que la qualité scénique d’antan ne trouvera jamais sa pareille ? Toujours est-il que cela est selon moi essentiel pour appréhender la musique de nos rêves. Voir ces musiciens de génies transcender mes morceaux favoris m’a toujours fasciné. Voilà donc la raison qui m’amène à inaugurer en ce jour cette série d’articles que j'ai choisi d'intituler Falling on the edge of the scene en hommage à mon groupe favori : Black Sabbath. Et quoi de plus logique que de débuter une série d’articles sur les plus grands lives de l’histoire du Hard Rock que d’introduire le sujet avec le meilleur d’entre eux (en toute objectivité) : Deep Purple.

   J’ai choisi, dans un souci de lisibilité, de ne conserver que les lives qui me paraissent essentiels pour le sujet. Deep Purple ayant publié un nombre incalculable de lives, j’en ai conservé cinq pour mon propos, qui seront présentés de façon chronologique.

MADE IN JAPAN : 1972

Premier véritable live publié par le groupe et très certainement le plus célèbre des lives de la formation anglaise tout en étant un des plus cultes de l’histoire du Hard Rock, et ce à juste titre, le Made in Japan réunit tous les éléments indispensables pour faire d’un show un évènement qui marquera à jamais les générations. Enregistré sur trois soirs d’affilée (Osaka et Tokyo) lors de la tournée qui suivit la sortie de l’album Machine Head en Août 1972, Made in Japan présente le groupe sous son line-up le plus culte, la Mark II : Ian Gillan au chant, Ritchie Blackmore à la guitare, Jon Lord aux synthés, Roger Glover à la basse et Ian Paice à la batterie. Nous reviendrons plus tard sur cette réalité ou non, mais ce line-up, auteur des albums les plus célèbres du Purple, à savoir In Rock, Fireball et Machine Head est resté dans les esprits comme le quintet magique. Les pièces sont posées, l’échiquier est en place et les salles sont pleines à craquer.

Aucune tournée du quintet ne possédera la même setlist, ni même un ordre particulier comme le font la majorité du groupe (placer les tubes en dernière position par exemple). Ce double LP s’ouvre donc par un Highway Star que tout le monde connait par cœur (sinon tu sors direct). Nous avons ici droit à une version légèrement rallongée mais qui ne contient pas beaucoup d’improvisations (moins de sept minutes). L’intérêt principal réside à mon sens dans le solo de Blackmore qui dispose comme à son habitude d’un son tout simplement transcendant. Le public leur mange déjà dans les mains. S’ensuit alors Child in Time. Tout le monde connait Child in Time, mais la montée live faisant suite au deuxième refrain vaut particulièrement le coup d’oreille. Tout simplement parce que l’improvisation qui suit ce climax musical devrait être enseigné dans chaque école de musique. Les lignes de basse de Roger Glover servent alors de fond à un véritable duel entre la mythique Stratocaster de Blackmore et les machines de JON GOD LORD. Près de 13 minutes plus tard, la magie redescend… pour mieux reprendre avec un certain tube interplanétaire…

Pourtant loin d’être le meilleur morceau du Purple, Smoke on the Water est un hymne et on le retrouvera dans la grande majorité des lives du groupe (alors que la quasi-totalité des autres classiques giclent à un moment ou à un autre !). Introduit cette fois quasi immédiatement par LE riff que tout le monde a tenté de jouer à la gratte ou tout du moins chanté, la foule hurle et c’est parti pour près de huit minutes de pur rock n’ roll. Car oui, Ritchie Blackmore est un soliste hallucinant, mais c’est également un guitariste rythmique hors pair. Le son est exceptionnel et rend justice à chaque instrument. La basse de Roger Glover tient une place prépondérante et chaque note de Jon Lord résonne dans toute la salle. Je tiens enfin à préciser que Ian Gillan, si cela n’a pas toujours été le cas au cours de sa carrière, est ici très en forme.

The Mule, seul titre de la version originale de Fireball présent sur le live, se voit rallongé par un très long solo de batterie de Ian Paice qui, qu’on le veuille ou non, reste pourtant souvent à l’écart des prestations lives quand tous les autres membres ont leur heure de gloire. Ian Paice sera pourtant le seul membre à ne jamais quitter la formation et ses talents ne sont depuis bien longtemps plus à démontrer ! Le groupe occulte déjà volontairement ses trois premiers albums et c’est au tour de Strange Kind of Woman d’être magnifié par l’expérience live. Sorti originellement en single en février 1971, elle est finalement intégrée au pressage américain et japonais de Fireball suite au succès que le titre rencontre. Et un tel succès pousse le groupe à l’intégrer très souvent en live. La version du Made in Japan dure près de dix minutes et offre comme souvent un duel guitare/chant entre Blackmore/Gillan, le premier jouant quelques notes que le suivant imite ensuite. Un vrai régal !

Lazy est introduite tout d’abord par une cacophonie d’expérimentations du ‘sieur Jon Lord, puis par son doigté et ce son si unique. Le squelette ordinaire du titre sera divisé en deux par un solo interminable (et c’est tant mieux) de Ritchie Blackmore. Chaque note est portée par les hurlements de la foule et la tension retombe d’un cran avant de repartir pour le grand final. Et pour terminer, qu’est ce qui aurait pu davantage faire figure de conclusion qu’un monstrueux Space Truckin’ de près de vingt minutes ? Rien mon général ! L’enchainement des deux derniers titres de Machine Head joués live est certainement un des temps les plus célèbres de l’histoire du Hard Rock ! Le morceau original fait rapidement place aux improvisations donc seul Deep Purple a le secret. Et c'est après vingt minutes d'apothéose que l'osmose musicale s'arrête pour ne laisser finalement que les ovations d'un public béni d'avoir été témoin d'un tel évènement.

Pour la petite histoire, Martin Birch, l’ingénieur du son, est parvenu à capter le live avec un master d’uniquement quatre pistes ! La qualité de la salle d’Osaka (le dernier soir) étant selon Birch bien meilleure, la majorité des pistes proviennent de ce dernier show. Une réédition CD propose d’ailleurs la version intégrale des deux premiers concerts ainsi que des morceaux bonus, comme Black Night, Speed King et Lucille, rien de négligeable donc !

Vous l’aurez certainement compris même si mes mots peinent à retransmettre les émotions que j’éprouve à l’écoute de ce live. Il n’est pas culte pour rien. D’ailleurs même Iron Maiden y rendra hommage avec son propre live Maiden Japan (ce jeu de mot !) de 1981 héhé !

Setlist :

1. Highway Star  
2. Child in Time  
3. Smoke on the Water    
4. The Mule  
5. Strange Kind of Woman  
6. Lazy  
7. Space Truckin’ 

IN CONCERT 1970/1972

Enregistré lors d'un concert dans le studio de la BBC de Londres en 1970 et au Paris Theatre de Londres en 1972, le double LP In Concert ne verra le jour qu'en 1980 (une réédition verra ensuite le jour en 2001). Pour replacer le contexte, le premier concert est en fait un remplacement de dernière minute que le groupe assure suite à l'annulation de Joe Cocker et j'ai envie de vous dire, tant mieux vu la prestation à laquelle nous avons le droit dans ce premier LP! Si jamais vous vous demandiez quel était l'énergumène qui présente chaque titre de ce premier live, sachez que c'est John Peel, le présentateur de la BBC ! 1970 oblige, Deep Purple livre ici un titre de The Book of Taliesyn : Wring That Neck dans une version de près de 19 minutes (ok on est loin des 30 minutes du live Scandinavian Nights de la même année mais quand même !) ainsi qu'une très rare version live de Mandrake Root' (Shades of Deep Purple), elle aussi s'allongeant sur près de 18 minutes ! Ces deux titres, originellement chantés par Rod Evans en studio, sont magistralement repris par Ian Gillan qui prouve, peu de temps après son intégration dans le groupe, qu'il est un des meilleurs chanteurs du moment. Mandrake Root' contient par ailleurs un des plus mythiques solos de Blackmore, tout simplement hallucinant... Pour le reste, Speed King ("Good old whatever it was" lance un Gillan déchainé !) porte bien son titre et annonce tout en rapidité (oui 7 minutes pour le groupe, c'est très court) les prémices du Heavy Metal que le groupe contribuera grandement à faire naitre. La spontanéité et l'humour sont à l'époque des éléments prépondérants des lives du Purple et ce LP est en est une excellente démonstration car capté peu de temps avant que la popularité et la pression ne pervertissent quelque peu l'ambiance générale. 

Pour le second live, il s'agit de Mike Harding qui introduit chaque titre. Ce second LP est particulièrement essentiel pour tous les fans du Purple pour deux principales raisons. Car outre une version dantesque mais habituelle de Space Truckin' (près de 22 minutes), nous avons ici droit à la seule interprétation live de Never Before retranscrite sur disque commercialisé, tout comme une des très rares prestatitions de la Mark II jouant un des tous meilleurs titres de Machine Head à mon sens, Maybe I'm a Leo. Occultant ainsi délibérément l'ultra classique Child in Time pour promouvoir la sortie de Machine Head, les anglais livrent ici une des toutes meilleures prestations de leur carrière selon votre serviteur. Deux ans après la première partie du In Concert, le groupe est encore plus rôdé en live et la machine scénique est alors irréprochable, chaque instrument et chaque improvisation étant maitrisée à la perfection. Ritchie Blackmore fait sans cesse pleurer sa guitare, enchaînant comme bon lui semble riff péchu et solo interminable, Jon Lord révolutionne à lui seul de par son son et son toucher l'univers du synthétiseur et Roger Glover assure la rythmique d'une main de fer, rickenbacker noire en main et chapeau en guise de couvre chef. Ian Paice, le hippie suit la machine tandis que Gillan assure le show avec une voix irréprochable et un physique qui fait mouche. Non vraiment, il n'y a rien à redire, à condition d'être ouvert aux expérimentations live. Considéré à juste titre comme le premier groupe de Hard Rock progressif, nous retrouvons le fameux duel chant/voix sur Strange Kind of Woman et un Lazy qui est assurément le point d'orgue du show. Ajoutons également que le groupe ouvre sur un Highway Star qui était censé n'être qu'un soundcheck ! Enfin, et comme c'est le souvent le cas à cette période, le groupe quitte la scène sur Lucille.

Le groupe est alors à son apogée, mais ironiquement, Ian Gillan quitte le groupe un an plus tard, suivi peu de temps après par Roger Glover. La Mark II est pour le moment morte et enterrée, mais ceci est une autre histoire.

Setlist :

LP n° 1.

1. Speed King    
2. Child in Time      
3. Wring That Neck  
4. Mandrake Root'

LP n° 2.

1. Highway Star    
2. Strange Kind of Woman     
3. Maybe I'm a Leo    
4. Never Before    
5. Lazy 
6. Space Truckin' 
7. Smoke on the Water  
8. Lucille

CALIFORNIA JAM : 1974

Tête d'affiche du festival California Jam d'Ontario en 1974, Deep Puprle se produira après des groupes tels que Black Sabbath, Emerson, Lake and Palmer, Eagles ou encore Earth, Wind and Fire devant plus de 250 000 personnes et sur une scène ornée d'un magnifique arc en ciel. Ayant récemment changé de line-up avec le départ de Ian Gillan et le Roger Glover, tous deux respectivement remplacé par David Coverdale (futur Whitesnake) au chant et Glenn Hughes à la basse et au chant, la Mark III vient alors tout juste de sortir son premier album sous cette forme, l'énorme Burn.

Si ce live dispose d'une excellent setlist et offre une bonne prestation globale de chaque musicien, ce sont véritablement les conneries de Ritchie Blackmore qui vont faire entrer ce live dans la légende. Mais nous verrons cela plus tard. Désireux de rompre avec le Mark II, la setlist présente pas moins de quatre titres tirés de Burn, et certainement les quatre plus emblématiques : Burn, Might Just Take Your Life, You Fool No One et Mistreated, titre qui sera repris par Blackmore dans tous ses projets un nombre incalculable de fois. Ajoutez à cela The Mule (pour le solo de Ian Paice) et les incontournables Smoke on the Water, Lazy et Space Truckin' et vous obtenez les 1h25 du California Jamming, nom de l'album live qui immortalisera une première fois l'évènement car un DVD live intitulé Live in California 74 sortira en 2005.

On entre avec ce live dans une période où David Coverdale, faisant pourtant des merveilles en studio, peine légèrement sur scène au niveau des aigus alors qu'il maîtrise son sujet dans tous les autres domaines (Mistreated, studio ou live, me donnera toujours des frissons). Cependant, j'aimerais avec cet article redoré le blason d'un grand oublié de l'histoire du Hard Rock en la personne de Glenn Hughes. Bassiste d'exception et très grand chanteur, les parties vocales de ce dernier sont, sur ce live ou sur les autres, à couper le souffle ! Il bat même Coverdale à son propre jeu, c'est dire ! Burn par exemple montre bien les limites vocales de Coverdale sur scène alors que Hughes impressionne.

Mais comme dit précédemment, c'est bien le final de Space Truckin' (auquel on rajoute comme d'habitude plus de dix bonnes minutes d'impro) qui fait parler de lui, et surtout de l'attitude de Ritchie Blackmore. Qualifié dans la vidéo Youtube du live de berserker ("Space Truckin'/Blackmore going berserk" ahah), le leader du quintet devient littéralement fou et détruit tout d'abord une guitare, puis deux (cette dernière atterrit d'ailleurs dans le public, ce qui provoque une véritable bagarre entre une petite dizaine de spectateurs afin de faire l'acquisition des restes de la six corde) avant de provoquer une petite explosion sur scène (ce qui entraîne un petit feu sur une partie de la scène). Mais ce n'est pas tout, il détruit ensuite une caméra de télévision et balance du haut de la scène deux cabinets de guitare (il jouait à l'époque sur quatre cabs reliés à deux têtes marshall, il a donc du rechange) avant de ruiner une troisième strat' et de clôre le set de cette façon ! Emprise de l'alcool, de la drogue ou simple caprice de rock star ? Très certainement les trois, mais quel final ! Le groupe sera d'ailleurs contraint de quitter les lieux en hélicoptère sous peine d'être arrêter par les forces de l'ordre. Aaaaaah le rock'n roll...

https://www.youtube.com/watch?v=KJ-CMPqvzQU

Setlist :

1. Burn  
2. Might Just Take Your Life 
3. Mistreated    
4. Smoke on the Water 
5. Lazy/You Fool No One/ The Mule (Drum solo)  
6. Space Truckin'

LIVE IN LONDON : 1974

Enregistré lors de la même tournée que le California Jam 74, le Live in London présente un groupe au sommet de son art et une formation bien rôdée au sein de laquelle David Coverdale et Glenn Hughes sont désormais bien intégrés. Proposant une setlist globalement identique que sur le live précédemment cité, je ne m'attarderais pas longtemps dessus. J'aimerais simplement vous parler d'un des tous meilleurs enchainement de l'histoire du groupe sur scène, à savoir un Might Just Take Your Life/Lay Down, Slay Down absolument dantesque ! Lay Down, Slay Down, présenté par un David Coverdale un peu plus bavard que d'habitude est introduite par le monstrueux Jon Lord puis par la mythique stratocaster de Blackmore dont les deux instruments se sont rarement mieux complétés qu'ici. La version LP se termine après un Smoke On the Water de près de dix minutes et surtout un You Fool No One qui atteint les 18 minutes ! Pourtant ce n'est rien à côté de la version monumentale de Space Truckin' présente sur la réédition CD de plus de 31 minutes ! Rien que ce titre justifie l'achat de cette réédition tant l'osmose entre les cinq membres est indescriptible... 

Setlist :

1. Burn   
2. Might Just Take Your Life    
3. Lay Down, Stay Down               
4. Mistreated     
5. Smoke On the Water                      
6. You Fool No One      
7. Space Truckin'

MADE IN EUROPE : 1976

Troisième série de lives enregistrée par la Mark III mais la première sortie dans les bacs (donc avant le California Jam et le Live in London enregistrés deux ans auparavant), le Made in Europe fut capté comme le Made in Japan à travers trois concerts différents : le 4 avril 1975 à Graz, le lendemain à Sarrebruck et enfin le 7 avril à Paris. Produit une nouvelle fois par Martin Birch, il s'agit d'un des plus courts LP live de la carrière de Deep Purple. Nous n'avons en effet seulement droit qu'à cinq titres pour une durée totale de 45 petites minutes.  

Si j'aime personnellement beaucoup ce live, ce n'est pas le cas de tout le monde, la faute principalement à la prestation quelque peu foirée de Coverdale sur Burn (vous me direz, comme souvent!) alors que Glenn Hughes assure lui comme toujours. Premier live enregistré après la sortie de l'excellent Stormbringer et du très bon mais oublié Come Taste the Band, la setlist ne fait honneur qu'au premier avec deux des meilleurs titres, à savoir l'énorme Lady Double Dealer et le titre éponyme, dont l'ossature principale est certainement un des meilleurs riffs du groupe, qui termine ce live d'une façon très dynamique ! Pourtant les points d'orgue de ce live sont les deux autres titres du concert à commencer par l'habituel Mistreated auquel est incorporé Rock me Baby, un standart du blues enregistré par B.B. King pour la première fois en 64. Pourtant le véritable temps fort de ce Made in Europe est bien You Fool No One dans une version de près de 17 minutes. L'ensemble des musiciens s'y donnent à coeur joie, successivement Jon Lord, Ian Paice et pour terminer un immense solo de Blackmore qui me donnera décidemment toujours des frissons... pour finalement repartir avec un Ian Paice impérial avant que l'orchestre ne reparte dans son intégralité. Rock on !

Pourtant ce live sera le dernier enregistré avec Ritchie Blackmore, qui quitte le groupe peu de temps après la tournée.Véritable épitaphe d'un line-up presque aussi culte que le Mark II, la sortie du Made in Europe marque également une époque révolue. Les lives de Deep Purple ne seront désormais jamais plus les mêmes, le saint triumvirat du guitare/clavier/batterie venant de perdre sa pièce maitresse. Le côté historique de ce live apporte donc, sans occulter l'aspect purement musical, une dimension émotionnelle importante pour tout fan de la formation. Le Mark III venait de rendre l'âme... 

Setlist : 

1. Burn    
2. Mistreated 
3. Lady Double Dealer  
4. You Fool No One 
5. Stormbringer

Il ne s'agit bien entendu que d'une petite sélection personnelle et je serais ravi de discuter de ce choix et de ceux des autres en commentaires. Il existe en effet bien d'autres lives du Purple qui méritent une attention toute particulière. Citons par exemple l'excellent Scandinavian Nights de 1970 ou le Last Concert in Japan sorti en 1977 qui présente l'énorme avantage de contenir une setlist très variée avec des morceaux que l'on a pas l'habitude d'entendre sur scène à l'époque comme le classique Woman From Tokyo, Soldier of Fortune ou encore Lady Luck ! Comme on peut déja le constater, les années 70 sont à l'honneur lorsqu'on souhaite parler des lives les plus inoubliables de l'histoire du Hard Rock, réalité que les prochains articles ne feront que confirmer. Alors comment qu’il dit le père Wino déjà ? Ah oui, I was born too late… Mais modérons cet affligeant constat. Si la folie et la ferveur de l'époque est désormais révolue, Deep Purple demeure un excellent groupe live avec des setlist toujours intéressantes puisant un peu partout, mais également avec la présence actuelle de Steve Morse, guitariste d'exception lui aussi ou de Don Airey qui, s'il n'est pas Jon Lord, s'attèle à lui faire honneur chaque soir de concert.

On se retrouve bientôt avec un nouveau groupe dont je tairais pour le moment le nom. Saurez-vous deviner duquel il s’agit ? En attendant, bon visionnage/bonne écoute !

"I have often told you stories  
About the way    
I lived the life of a drifter    
Waiting for the day
When I'd take your hand   
And sing your songs
Then maybe you would say
Come lay with me love me
And I would surely stay"