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vendredi 16 juin 2017 - Team Horns Up

Hellfest Open Air 2017 - Jour 1

Open Air - Clisson

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Le Hellfest est devenu une institution, ni plus, ni moins. Désormais très exposé médiatiquement avec des articles dans la presse tant locale que nationale, le bébé de Benjamin Barbaud et Yoann Le Nevé grandit et se professionnalise chaque année. Il serait bien inutile de vous présenter le festival en long, en large et en travers : non seulement cela a déjà été fait par le passé dans nos pages, mais la plupart des metalleux ont déjà foulé la terre clissonnaise au moins une fois.

Ben Barbaud avait annoncé que cette édition 2017 serait placée sous le signe du confort du festivalier après avoir admis que, par le passé - et notamment en 2016 -, une jauge de visiteurs revue à la hausse avait conduit le site à montrer très rapidement des signes de faiblesse. Impossibilité pour certains d’assister dans des conditions convenables aux concerts des têtes d’affiches, attente interminable aux bornes de retrait, aux bars, aux stands de nourritur -bref, des conditions un peu difficiles pour pleinement profiter d’un weekend marathon. Et, à la vérité, l’organisation du Hellfest n’a pas menti en revoyant le plan du site et en offrant ainsi plus de place devant les mainstages et en revoyant également les modalités d’entrée sur le site, afin de fluidifier le tout. Assurément, le festival a été plus agréable pour tout le monde, et ce en dépit d’une chaleur caniculaire sur les trois jours entraînant un manque d’eau en fin de weekend (du fait des restrictions communales) et de la poussière, énormément de poussière !

La warzone dans le fog de poussière créé par le pit

A noter également un relooking des mainstages avec désormais d’immenses écrans géants placés de part et d’autre des deux scènes, mettant fin à ces décorations atroces qui les ornaient en 2015 et 2016, obligeant les festivaliers mal placés à voir les concert sur des écrans absolument pas adaptés.

A l’évidence, le Hellfest est dans une phase de stabilisation et de perfectionnement, et non plus dans une phase d’expansion. Et ce n’est clairement pas pour nous déplaire. Plus de festivaliers n’a que peu d’intérêt (autre que financier) et risquerait à terme de peser sur les visiteurs, compte tenu du prix à débourser pour y assister. L’amélioration du confort de séjour des festivaliers tout en conservant une programmation tout aussi diversifiée que pointue semble être au programme pour les années qui viennent.

Côté ambiance, alors même que nous avions critiqué un peu l’esprit des festivaliers l’an dernier, rien de tout ça cette année. Portés par une météo clémente et une programmation somme toute assez solide, c’est résolument dans une ambiance bon enfant que le festival se sera déroulé. D’aucuns reprocheront toujours le nombre de gens déguisés ou à contre courant dans certains concerts qui méritent un peu plus de solennité, mais c’est inévitable en festival.

A la vérité, le seul point noir de l’organisation du site - qui a vraisemblablement vocation à être définitive - est la Warzone. Si elle constitue à n’en pas douter la scène la plus belle du festival, elle demeure très difficile d’accès en fin de journée pour les têtes d’affiche, et ce d’autant plus que l’immense régie son/lumière située au milieu du pit entraine un cône de no man’s land derrière elle.

Mais au-delà de ces quelques petits détails, c’est trois jours d’exception que le Hellfest nous aura apportés en cette édition 2017, qu’il nous tarde de vous faire vivre ou revivre par nos écrits.

Retrouvez d'autres photos d'ambiance par ici.

 

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Liste des groupes commentés :

Putrid Offal - Deathcode Society - Sick of Stupidy - Okkultokrati - Betraying The Martyrs - True Black Dawn - Booze & Glory - Wormed - Noothgrush - Animals As Leaders - Valkyrja - Exhumed - Subrosa - Dodheimsgard - Krisiun - Helmet - Devin Townsend Project - Tyr - Powerwolf - Firespawn - Red Fang - Minisrtry - Corvus Corax - Behemoth - Cryptopsy - Baroness - Deep Purple - Obituary - Electric Wizard - Sabaton - Autopsy - Monster Magnet - In Flames - Alestorm - The Damned.

PUTRID OFFAL
ALTAR
10:30 > 11:00

Schifeul : J’arrive tout juste pour la fin du set de Putrid Offal, ce qui me suffit pour remarquer que le son est tout pourri, comme cela va être particulièrement le cas sous la Altar tout le week-end… Mais ce n’est pas ça qui va repousser les vieux briscards, reformés depuis quelques années maintenant, qui vont terminer sous un chapiteau déjà pas mal fourni. Menés par un Franck qui cabotine comme à son habitude sur une scène décorée façon morgue souillée, le groupe en profite pour lancer les premiers circle pits. Parfait pour finir son petit déj’ PB&J. 

DEATHCODE SOCIETY
TEMPLE
11:05 > 11:35

Schifeul : Je décale vers la Temple pour Deathcode Society et son black sympho très influencé par Emperor. Bien content de revoir les gaillards suite à la belle claque qu’ils m’ont foutu lors de leur passage à Lille l’année dernière, je suis curieux de voir ce qu’ils vont donner sur la grande scène de la Temple. Cette année, celle-ci est d’ailleurs décorée de 3 pentacles lumineux en hauteur. Si l’idée avait l’air un peu naze, ce type de light a tout de même donné son petit effet.

Sur scène, les Deathcode Society sont vêtus de toges à capuche et d’un masque noir leur recouvrant le visage pour les musiciens, tandis que pour le chanteur celui-ci est blanc. Cet attirail sied à merveille à leur musique et renforce leur ambiance qui passe plutôt bien malgré la lumière. Faut dire, loin d’être un peu paumé dans cette configuration grande scène, Deathcode Society va sortir un très bon concert, qui ouvre de fort belle manière cette Temple 2017. On pourra juste tiquer sur les interventions du frontman en mode “ça va ? On est content d’être là !“ qui dénotent un peu ici.

SICK OF STUPIDITY
ALTAR
11:40 > 12:10

Schifeul : Pas de fioriture chez Sick Of Stupidity. Deux chanteurs, une batterie, une guitare et ça te crache à la gueule son grindcore bien détère ! Bon, par contre même avec cette formation réduite en nombre de musiciens, ils ont réussi à foirer le départ d’un morceau… ! M’enfin, après deux échanges de regards furibonds, c'est reparti pour poutrer des tronches, mais pas longtemps, car les voilà qui quittent la scène 10 minutes en avance. Ce qui, sur un créneau qui devait en faire 30, représente pas mal quand même. Mais bon, avec au compteur un seul EP de 13 minutes, ils vont pas faire des miracles non plus.

OKKULTOKRATI
VALLEY
11:40 > 12:10

Di Sab : C’est quasi mathématique : le Leclerc du Vendredi fait rater le premier groupe. Le fest qui devait s’ouvrir sur les excellents français de Verdun débutera donc avec les norvégiens d’Okkultokrati qui remplacent Seven Sisters of Sleep. Moderne par excellence, le combo signé chez Southern Lord joue sur le phénomène de décloisonnement qui touche les musiques extrêmes actuellement : une ossature à base de riffs punks, de voix black le tout soutenu par un batteur qui joue un pattern très punk/hardcore. A cela se greffent de petits passages goth rock que n’aurait pas reniés Beastmilk, du synthé et des ralentissements. C’est très direct, il ne faut pas avoir fait Polytechnique pour comprendre où les Norvégiens veulent en venir. Le son, pas au top, occulte souvent les synthés ainsi que les petites mélodies hardcore. Le combo y gagne en agressivité, y perd en subtilité, mais ce côté bineuronal me va bien, impossible de comprendre plus à 11h sous cette chaleur. Le public, assez peu nombreux; semble avoir un peu plus de mal et se clairsème encore plus au fil du set. Mais malgré tout, une bonne entrée en matière qui m’a donné envie de réessayer sur CD.

BETRAYING THE MARTYRS
MAINSTAGE 01
12:15 > 12:45

Michaël : Compte tenu du shitstorm à propos de ce groupe sur les réseaux sociaux, c’était l’occasion pour moi d’ouvrir ce Hellfest cuvée 2017 avec une découverte en live pour me rendre compte de la justification du trollage permanent de ce groupe. Et, à vrai dire, je ne sais pas trop quoi en penser. Au fond, je trouve cela un peu lassant tout ce bashing sur les groupes de metalcore/deathcore et dérivés. Oui, c’est souvent facile. Oui, c’est un genre où les poseurs sont malheureusement légion. Oui c’est un genre très en vogue, ce qui fait un peu mal aux metalleux "de base" pour qui la popularité d’un genre auprès d'un public très jeune est nécessairement synonyme de musique formatée et sans intérêt. Mais, pour autant, est-ce justifié ? Question de goûts, assurément. En tout cas, la prestation des Français m’a semblé plutôt convaincante, ne se gargarisant pas sans cesse des clichés scéniques du genre, tout en délivrant une prestation solide devant un public pour partie pleinement acquis à sa cause. Musicalement, ce n’est clairement pas mon truc, mais de là à descendre le groupe pour délit de faciès, il y a un fossé. En tout cas, il y a bien pire ailleurs…

TRUE BLACK DAWN
TEMPLE
12:15 > 12:45

Sleap : Je n’avais assisté qu’à la moitié du set de Black Dawn au dernier Netherlands Deathfest à cause du chevauchement avec d’autres groupes. Et le peu de set que j’avais pu voir s’était avéré très bon en petite salle avec un son et un public adéquat. Mais malheureusement, cela ne va pas être identique pour mon premier concert de la journée au Hellfest.

J’ai tout d’abord la confirmation que le son de la Temple ne semble toujours pas s’être amélioré depuis les années précédentes. Même avec deux guitares, on peine à discerner les riffs lors des nombreuses parties de blast. Je reconnais à peine le troisième titre du premier album. Par ailleurs, la différence flagrante avec mon précédent show est le cadre. Ce groupe n’est définitivement pas fait pour les grandes scènes. Chaque membre ne sait pas où se mettre et semble assez mal à l’aise durant toute la prestation. De plus, la très courte durée de set et les conditions totalement inadéquates n’aident pas vraiment (concert à midi devant un parterre de festivaliers encore endormis). C’est donc avec une petite déception que je débute cette première journée…

Schifeul : On reste sous la fraîcheur des chapiteaux pour assister au concert de The True Black Dawn. J’avais déjà entendu le nom du groupe çà et là, sans jamais chercher à y jeter une oreille. Ce sera donc chose faite ici. Corpse-Paint et faux sang sur la gueule, le concert commence avec le chanteur, vêtu d’une robe ecclésiastique qui se boutonne sur le devant assez classe, qui nous la fait Jésus sur sa croix. Enchaînant les titres de son deuxième album, Come the Colorless Dawn (ils auraient pu se creuser plus la tronche) le groupe titille pas mal ma curiosité, les compos tombant pile dans ce que je peux chercher en terme de black. Même si le son se fait un peu brouillon quand ça déballe de la double, mais hormis ça, concert très plaisant à regarder malgré des membres un peu statiques. À voir ce qu’ils ont dans le ventre en salle!

BOOZE & GLORY
WARZONE
12:15 > 12:45

Shawn : Premier concert de la journée, et direction la Warzone pour commencer en douceur avec les appels du punk made in London. C’est en effet Booze & Glory qui débarque, et dès les premières notes, on ressent l’héritage londonien. Le groupe semble avoir misé sur l’efficacité en composant sa setlist et nous offre certains de ses morceaux les plus énergiques alors que beaucoup de leurs titres ont une ambiance plus tamisée invitant à se rendre au pub. Tirant parfois sur le Oï, leur punk nous emmène directement dans l’ambiance sulfureuse des matchs de foot entre hooligans. L’essentiel des refrains est repris par le public tandis que dans la foule, un valeureux fan tout d’Union Jack vêtu brandit un drapeau, porté par la foule ! Pas de doute, l’Angleterre est à l’honneur, plus que jamais !

 

 

TEXTURES
MAINSTAGE 02
12:50 > 13:30

WORMED
ALTAR
12:50 > 13:30

Sleap :Wormed fait partie de mes groupes espagnols préférés, et en plus de 8 ans je n’ai toujours pas été déçu, tant en studio qu’en live. Et malgré le son quelque peu approximatif de l’Altar en ce début de journée, je vais une nouvelle fois apprécier le show du combo ibère comme il se doit. Celui-ci débute sur un titre du tout dernier album qui s’avère encore plus audacieux en live. Bien que j’aie un faible pour les deux premiers – Planisphærium en tête – les morceaux de ce dernier méfait sont vraiment impressionnants de complexité en live.

Le son s’améliore au fil du set et les musiciens sont toujours aussi énergiques, même sur une aussi grande scène. À l’instar du concert de Brodequin ici-même l’année passée, on observe un certain nombre de Jean-Michel Hellfest qui pogotent sans trop savoir ce qu’ils écoutent, mais je suis ma foi assez habitué à ce genre de scènes. Les habituels Multivectorial Reionisation et surtout Geodesic Dome – et son break de l’espace – sont de mise et constituent, avec le « tube » Tautochrone, les points d’orgue du concert. Le set s’achève sur le très précis Techkinox Wormhole et ses saccades finales improbables. Sans être aussi exceptionnel que certaines de leurs autres prestations, ce concert est donc pour moi une réussite. Wormed ne cesse décidément pas de m’impressionner. 

NOOTHGRUSH
VALLEY
12:50 > 13:30

Alors que j’échange au second rang avec Romaiden le frère tombé, un petit type se pointe sur scène, il gueule « hard roooock yeaheeee », performance vocale accompagnée du petit déhanché règlementaire, aux normes de l’UE. Il a un piercing dans le pif, mais tellement protubérant que à la base je croyais que c’était un kazou ou un shilom, enfin un truc qui ne se met pas en travers du nez, du coup forcément je rigole bien. Mais en fait, le type, c’était le chanteur de Noothgrush et ils ont commencé à jouer juste après et subitement j’ai arrêté de me marrer. Sludge 90’s au riffing très Eyehategod sans les passages véloces inspirés de Black Flag et avec beaucoup moins de larsens, mais avec les mêmes vrais morceaux de haine dedans. Plus nerveux que groovy, la guitare à tendance à souligner les hurlements du chanteur, pour un résultat lourd au possible. Les poings volent, les nuques se plient et au terme de cette petite demi-heure et d’un Hatred for Species définitif, le groupe se retire sous de nombreux applaudissements mérités. Groupe trop rare en France et trop mésestimé qui vient se rappeler au bon souvenir de nombreux festivaliers. Première claque d’une longue série au sein de ces trois jours. 

 

ANIMAL AS LEADERS
MAINSTAGE 01
13:35 > 14:15

Lactance : Longtemps fermé au style, le Hellfest aura attendu sa onzième édition pour mettre à l'honneur le djent. Genre pas toujours facile à caser ceci dit, même sur une affiche comme celle de cette année. Après les Néerlandais de Textures, aperçus juste avant sur la Main Stage 2, c'est donc au tour du combo américain Animals As Leaders de fouler les planches de la Main Stage 1. Au croisement du metal progressif instrumental et du jazz fusion, le trio réussit à séduire la foule dès les premières mesures d'Arithmophobia, en nous invitant dans son univers mathématique et organique, où aucune voix n'a cependant sa place. Polyrythmies en tout genre, slaps syncopés à la guitare, tapping savamment utilisé, riffs toniques et saccadés... Même si le groupe paraît parfois très stoïque sur scène, les trois virtuoses impressionnent par la technicité de leur jeu, devant un public étrangement réceptif et captivé d'un bout à l'autre du concert (loin d'être évident vu la musique, puis surtout à cause du cagnard de ce début d'après-midi). Notamment sur le morceau Physical Education (extrait de l'excellent Joy Of Motion paru en 2014) où les mélodies se veulent peut-être moins complexes et plus entêtantes qu'à l'accoutumée, mais aussi pendant le final sur CAFO. Une piste phénoménale qui combine à elle seule toute l'intensité du djent, avec son intro déroutante et ses phases au groove prenant. Un live rafraîchissant pour les initiés comme pour les plus novices, en somme.

Setlist :
Tempting Time
Arithmophobia
Ectogenesis
Physical Education
Ka$cade
The Brain Dance
Inner Assassins
The Woven Web
CAFO

VALKYRJA
TEMPLE
13:35 > 14:15

Schifeul : Groupe que je ne connais absolument pas, Valkyrja donne un peu dans le Watain, tant dans la musique que les fringues, mais un Watain qui aurait gardé le coté vénère, ce qui est tant mieux, car j’ai un peu complètement lâché ces derniers. Niveau public, la Temple commence à bien se remplir, pour preuve, alors que sur les précédents groupes de cette scène, je pouvais installer ma chaise contre les barrières, là, je suis un peu forcé de me poser à la plateforme PMR. (pour ceux qui ne suivent pas, je me suis pris un Américain dans le genou.). D’ailleurs ce public n’hésite pas répondre aux invectives du frontman, commençant ainsi à se bouger le fion ! Pour ma part, du haut de ma plateforme là, le concert est vraiment plaisant à regarder, avec une bonne mise en place. Encore un nom à rajouter à la liste des groupes du Hellfest à écouter alors qu’on aurait mieux fait de s’y pencher avant d’y aller. 3 concerts sous la Temple, trois claques/bonne découvertes. Moi qui trouvais la prog de cette scène un peu faible, me voilà renvoyé dans les cordes par ce début de fest plus que bon.

EVERGREY
MAINSTAGE 02
14:20 > 15:00

EXHUMED
ALTAR
14:20 > 15:00

Sleap : Je ne vais pas épiloguer sur Exhumed, vous ayant déjà rebattu les oreilles avec ce groupe en live je ne sais combien de fois. Sachez seulement que les gars sont toujours aussi carrés sur scène. Musicalement aucune fausse note, et scéniquement les musiciens sont d’un charisme indéniable (les deux guitaristes en tête). Le show débute comme d’habitude sur l’intro d’All Guts no Glory et les fans commencent à se bousculer comme il se doit. Au niveau scénographie, le groupe ne sort évidemment pas le grand jeu pour ce court set en open air. Exit donc les animations, pancartes, guitariste qui vomit, etc. On a seulement droit à l’habituelle mascotte du groupe avec sa tronçonneuse, sa tête en plastique et ses fausses tripes qu’il déverse à la fin d’Open the Abscess. Necromaniac n’est une nouvelle fois pas de la partie, mais les Torso et Limb from Limb font quand même leur petit effet sur la foule. Sans surprise, pour la énième fois, un show ultra carré de la part de la bande à Matt Harvey. Simple, efficace, merci au revoir !

Schifeul : Comme beaucoup, je vais être tristesse suite à ce passage d’Exhumed, car ils vont malheureusement gagner la palme du son le plus pourri du fest qui va détruire chacun de leurs titres. Bien dommage, car le groupe est plein de bonne volonté et son frontman enchaîne les calembours entre les titres d’un set ponctué par les interventions de leur chirurgien fou qui manie tronçonneuse et tête coupé. Mais non, on aura toujours cette impression de concert qui aurait pu être méga cool, mais en fait non. Triste de devoir tirer la gueule devant un des groupes les plus fun du death metal!

SUBROSA
VALLEY
14:20 > 15:00

Di Sab : Alors que More Constant than Gods avait été une claque monumentale en 2013, je n’ai pas suivi assidûment le devenir de Subrosa, n’ayant écouté que peu de fois l’album paru l’année dernière, pas désagréable au demeurant, simplement moins marquant. Les trois titres du set en étaient tirés et bien que je déplore l’absence du moindre extrait de More Constant Than God, quel show ! Un peu plus accessible (beaucoup d’arpèges un poil post rock et des parties vocales plus chantées, bien que moins original que celles des titres de More Constant) le groupe bénéficie surtout d’un son absolument parfait (ces petits pincements de cordes des violonistes sur Despair is a Siren qui s’entendent par-dessus les instruments amplifiés et la batterie putain) ce qui rend l’immersion et l’adhésion absolument immédiates. Au rayon des nouveautés, les 2 violonistes et le bassiste chantent (il me semble que ce n’était pas le cas en 2014), le dernier assurant un chant gutural moyennement convainquant, mais bon, Subrosa poursuit son petit bonhomme de chemin. Le concert aurait été parfait avec au moins un titre de More Constant et avec l’absence des quelques A poil dont on se serait bien dispensés. 

TYR
TEMPLE
15:05 > 15:55

Lactance : Le folk metal est rarement ma tasse de thé mais la curiosité restant l'un de mes vilains défauts, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller faire un tour sous la Temple pour voir la presta' de Týr. Plus branché par le cuir et les vêtements cloutés, que par les peaux de bêtes ou autres cornes à boire, c'est d'ailleurs plutôt ce côté heavy - voire quasi power metal - qui m'attire le plus dans la musique du groupe. Une musique somme toute efficace, plutôt variée et on ne peut plus fédératrice en live, comme auront l'occasion de nous le prouver les Féroïens au cours d'une performance plutôt solide dans l'ensemble. Entre le terrible Hold The Heathen Hammer High et l'imparable By The Sword In My Hand, la bande à Heri Joensen cache en effet une force de frappe redoutable, sur fond de choeurs vikings, de mid-tempi mélodiques et d'accélérations guerrières rappelant parfois Ensiferum ou Amon Amarth. Généralement plus soft, le groupe bat également le fer tant qu'il est chaud sur Blood Of Heroes et quelques autres chansons extraites du dernier album (Valkyrja), avec leurs refrains tubesques qui marquent facilement les esprits et qui poussent la foule à chanter à l'unisson. Bref l'excitation est à son comble, le public est ravi, l'ambiance est à son top. On jurerait que Týr a volé la vedette à Alestorm.

Shawn : Le folk metal, c’est en festival la garantie de ramener un maximum de monde sur une scène. Et quand on voit la foule compacte devant la Temple pour Týr, on ne s’en étonne plus. Pourtant comme l’a très bien expliqué Lactance, la formation féringienne n’est pas purement folk et a su créer un univers musical qui lui est propre, basant l’essentiel de sa force sur le chant, à l’image du travail de Skalmold. Et évidement, quand le combo nous sort certains de ses hymnes cultes, à l’image de  Hold The Heathen Hammer High, la formule fonctionne. Notons par ailleurs la présence d’un tout nouveau batteur en remplacement d’Amon Djurhuus, qui à défaut de s’être fait remarquer, aura assuré la prestation sans fausse note. Pourtant, si le groupe tient son public dans la main, il serait temps de proposer du nouveau contenu puisque Valkyrja, dernier opus de Týr date déjà de 2013, et leurs prestations depuis cette date ont quand même tendance à toutes se ressembler ! Un peu de fraîcheur messieurs, que le vent du nord souffle et qu’il soit messager de bonnes nouvelles !

 

 

KRISIUN
ALTAR
16:00 > 16:40

Michaël : En ce qui me concerne, Krisiun c’est toujours un plaisir à voir et à entendre. De fait, ça ne bouge pas beaucoup sur scène et avec des titres aussi monolithiques, le moindre coup de mou de l’ingé son et on se retrouve dans une bouillie de notes pas à l’avantage des Brésiliens (ce fut un peu le cas ce vendredi), ces derniers ne pouvant pas vraiment compenser par une présence scénique hors pair. Mais le combo dégage une telle énergie et une telle puissance qu’on parvient toujours à faire abstraction de ces éléments - et de la pauvreté relative de leurs compositions par rapport à d’autres cadors du genre - pour passer un sacré moment dont nos cervicales se rappelleront pendant tout le restant du festival. En tout cas, cela me convent sur un set de 40 minutes. Et ce Hellfest 2017 n’aura fait exception avec une prestation violente et communicative à souhait en dépit d'une setlist qui aurait surement mérité quelques ajustements.

Sleap : C’est également l’un des très nombreux live reports que j’ai l’occasion de faire sur Krisiun, donc tout comme pour Exhumed, je ne vais pas m’attarder. Je constate amèrement que les sets du groupe ne se sont visiblement pas améliorés depuis 2015. Toujours les mêmes Combustion Inferno, Bloodcraft et Blood of Lions complètement plats et mous du genou. Le son, sans être mauvais, n’est pas non plus exceptionnel. Bref, exactement le même ressenti que mes nombreux concert précédents du trio brésilien… Malgré les Ravager ou Vengeance’s Revelation, je ne parviens vraiment pas à prendre autant mon pied qu’il y a 5 ou 6 ans. Le seul moment où je suis agréablement surpris est le final sur l’inattendu Hatred Inherit. Mais mis à part cela, c’est encore une énième déception en ce qui me concerne…

Shawn : Il serait malvenu de ne pas le reconnaitre d’emblée : Krisiun, c’est toujours peu ou prou la même chose. Les trois frangins brésiliens ont beau proposer d’année en année d’excellents opus studios (et le dernier Forged in Fury nous a d’ailleurs laissé perplexes), en live, le groupe nous propose la même soupe à chaque nouveau concert. Alors oui, c’est carré, oui ça joue bien, mais ici, alors que l’ingé son a semble-t-il confondu la console avec une manette de playstation, le son est tellement brouillon qu’on peine à distinguer quelque chose de la bouillie. Doublé au fait que la setlist ne semble pas évoluer et à un concert prévisible, on ressort un peu déçu. Krisiun fait du Krisiun et la terre continue de tourner. Dommage car quelques pépites (Blood of Lions par exemple) sont toujours aussi jouissives à entendre.

HELMET
VALLEY
16:00 > 16:40

Di Sab : Premier lifting de la Valley au niveau du public. Tu vois ton oncle/cousin metalleux qui faisait chier ta grand-mère en repas de famille avec son t shirt Bad Religion il y a quelques années ? Il est là en centaines voire milliers d’exemplaires pour voir Helmet. Groupe 90’s s’il en est aux confluences du punk, du grunge et du stoner, ça n’a étonnamment pas si mal vieilli que ça (dans ce genre de cas c’est vraiment tout ou rien). Une chose à faire : des petits mouvements de bassin en gardant le corps raide pendant absolument tout le set. Une seule chose à se rappeler : les trajets dans Las Venturas avec CJ lorsque le groupe, vers les deux tiers du set se fend d’un Unsung repris en cœur par la foule. N’ayant pas grandi avec eux, je ne bénéficie pas de l’effet madeleine de Proust mais au regard des sourires des festivaliers qui sortent de la tente au sortir du concert, on peut raisonnablement estimer que le pari est réussi pour Helmet

DEVIN TOWNSEND PROJECT
MAINSTAGE 01
16:45 > 17:35

Michaël : Captivant. Tout simplement captivant. Non seulement Devin Townsend est un OVNI dans le milieu du metal, mais sa musique est d’une richesse impressionnante. Ajoutez à cela une présence scénique bien plus attrayante que la plupart des groupes du genre (avouons-le, on s’ennuie souvent ferme lors des concerts de metal progressif), pour une prestation de haute volée qui aura conquis plus d’un présent. Porté par un son excellent - dans l’axe de la scène, en tout cas - Devin Townsend aura livré une ode à la mélodie et aux riffs acérés pendant plus de 50 minutes, avec pour point d’orgue l’enchainement Supercrush!, March of the Poozers et la très attendue Kingdom qui aura ravi une foule compacte prête à manger dans la main du leader charismatique. La belle claque du vendredi !

Lactance : En l'espace de 20 ans de carrière, Devin Townsend est parvenu à s'imposer comme l'un des nouveaux monstres sacrés du metal progressif, voire plus largement du metal. Si je suis un peu frustré de ne pas avoir le droit à Ocean Machine : Biomech dans son intégralité - contrairement aux petits chanceux qui se rendront d'ici quelques jours au Be Prog My Friend -, je suis tout de même impatient d'avoir enfin l'opportunité de croiser le projet solo du Canadien. Huit titres pour cinquante minutes de jeu, c'est d'ailleurs presque un scandale, mais quelle claque on se prend ! D'une générosité hors pair, l'ancien leader de Strapping Young Lad a la faculté de mettre le smile à tout le monde et à me provoquer un émerveillement quasi constant pendant toute la durée du concert. Chaque octave est impressionant de justesse, ça se donne à fond et avec plaisir, l'approche est communicative : Townsend joue son rôle à la perfection avec toute la sensibilité et le professionnalisme qu'on lui connait. Mention spéciale enfin à Higher, paru récemment sur Transcendence. Un dernier acte magistral, aux allures de space opéra musical (du haut de ses neuf minutes de jeu), venu conclure un set remarquable en tout point. 

DODHEIMSGARD
TEMPLE
16:45 > 17:35

Schifeul : Autre groupe qui m’a mis une claque en salle y a pas loin, Dodheimsgard entre en scène, tous avec un maquillage différent. Vicotnik se place devant le micro en faisant le signe de Baphomet de la main (si vous avez un meilleur nom, je suis preneur), vêtu d’un gros t-shirt all-over représentant Shiva. C’est le côté ésotérique et les ambiances qui vont être mis en avant ce soir, avec ce décor de scène de tapis et une intro qui dure des plombes histoire d’installer l’atmosphère adéquate. Sauf que là, bah ça ne prend pas. Peut-être à cause des titres choisis, beaucoup plus lents ou à cause d’un public devenu tout mou, mais le set joué sera bien en dessous de la prestation délivrée à Lille.

Ce n'est pourtant pas faute d’essayer, comme le montre un Vicotnik très impliqué qui se roule par terre, passe sa tête entre les retours, complètement possédé par sa musique, mais non, ça ne veut pas et c’est bien dommage… Peut-être que la barre avait été mise trop haut, mais je ressors plutôt pas mal déçu de ce concert. Un peu comme lors de leur précédent passage au Hellfest. Un groupe à voir en salle donc.

POWERWOLF
MAINSTAGE 02
17:40 > 18:30

Michaël : Bon, ok, je l'admets, c'est un peu étonnant de s'apprêter à encenser Powerwolf alors que, quelques paragraphes plus bas, je vais un peu torpiller Sabaton pour lequel je peine à comprendre l’engouement du public. Il y a quelques années, je m’étais un peu moqué de Powerwolf quand je les avais découvert au SummerBreeze. A commencer par leur nom ! Powerwolf ! Sérieusement les mecs ? Mais une fois que le groupe entre sur scène, on comprend de quoi est fait le groupe : c’est kitsch, c’est un peu ridicule, mais c’est ultra-efficace et fédérateur. Ca ne se prend vraiment pas au sérieux et c’est ce qui justifie qu’à chaque fois, en festival comme en salle, le groupe nous emmène dans sa grande messe Heavy Metal. Pour le reste, c’est affaire de goûts et de savoir ce que l’on recherche lorsque l’on écoute de la musique.

Mais revenons-en à la prestation des Allemands avec, côté setlist, aucune surprise avec les cultes We Drink Your Blood, Sanctified With Dynamite, Amen & Attack ou bien encore Blessed & Possessed, mais également avec la culte-en-devenir Armata Strigoi que le groupe met en avant depuis la sortie de leur dernier album. Il faut dire que sa mélodie entêtante est l’occasion pour tout le public de chanter - pas trop mal d’ailleurs ce vendredi - et de faire craquer ses genoux sur ses riffs endiablés malgré la chaleur toujours étouffante. Et c’est après 50 minutes de show et quelques mots de remerciements - y compris en français - que le groupe nous laisse avec la douce sensation d’avoir acquiescé à un truc pas forcément très intelligent, mais terriblement bon. On regrettera juste la présence de Werewolves of Armenia que je trouve très faiblarde et qui aurait pu être remplacée par l’excellente All We Need Is Blood !

Setlist :
Blessed & Possessed
Army of the Night
Amen & Attack
Coleus Sanctus
Armata Strigoi
Resurrection by Erection
Sanctified With Dynamite
Werewolves of Armenia
We Drink Your Blood

FIRESPAWN
ALTAR
17:40 > 18:30

Lactance : Dans la naïveté la plus totale, je pensais que le premier concert de Firespawn au Hellfest constituerait sans doute la bonne surprise du jour pour pas mal de monde. Mais arrivé en cours de route sur un All Hail pourtant bien exécuté, j'ai l'étonnement de constater que l'ambiance est carrément morte sous l'Altar, aux rangs beaucoup plus clairsemés qu'il y a un an tout pile, lors du passage remarqué d'Entombed A.D.. Ce qui est tout de même fort dommage, car le deuxième album du combo assure en matière de death metal brut et monolithique, en faisant du neuf avec du vieux. Mais ce n'est pas ça qui va décourager notre bon Petrov, qui ne se laisse évidemment pas abattre en adoptant un air confiant et déterminé. Même s'il parvient difficilement à mobiliser son public (avec ses interventions souvent très bateaux, incompréhensibles ou, au choix, hors sujet), le chanteur reste fidèle à lui-même en beuglant comme un dératé derrière son micro et en faisant sans arrêt des va-et-vient sur la scène (un peu comme un mélange d'Ozzy et de Mike Muir). Pour ce qui est de l'instru, Firespawn ne se démarque évidemment pas par son originalité. Toutefois, en comptant plusieurs vétérans aguerris d'Entombed A.D. et de Necrophobic dans ses rangs, le groupe fait clairement le café à renfort de riffs rouleaux-compresseurs et de breaks taillés à même le granite, le tout desservi par une HM2 bien huilée. Ainsi, malgré cette preuve de bonne volonté, je ne tarde pas à ressentir une légère frustration du côté des musiciens et du frontman qui, fait amusant, ne comprend pas pourquoi aucune bière n'est disponible sur le plateau pour s'hydrater (qu'il obtiendra tout de même à la fin du set et qu'il accueillera avec un gros sourire d'enfant). Pas de chance donc, les conditions n'étaient peut-être pas des plus optimales pour ce premier concert en terres clissonnaises, qui n'a pas forcément marqué pour quelques raisons qui m'échappent d'ailleurs encore. La seconde tentative n'en sera que meilleure.  

RED FANG
VALLEY
17:40 > 18:30

Shawn : Que dire de Red Fang ? J’ai comme l’impression que le groupe faisait partie d’une bulle en 2011/2012 lors de la sortie de leur second album Murder The Mountain. L’excellent clip de Wires tournait en boucle, et le groupe a véritablement explosé à cette période-là. On les voyait partout, on rigolait de leur esprit « balec/bière ». Sauf que 5 ans plus tard, le vent semble avoir changé. Red Fang est devenu un groupe parmi bien d’autres, une formation qui semble déjà au bout de seulement 4 albums s’essouffler en studio (sérieusement, qui a apprécié Only Ghosts ?). Et assez logiquement, en live, c’est le même ressenti. Alors certes, le groupe arrivera toujours à trouver son public, mais on a l’impression de revoir en boucle un concert déjà vécu à plusieurs reprises. Certes encore, on ne pourra pas dire que Malverde, Flies ou Prehistoric Dog passent mal en live : objectivement l’ambiance est là, mais il manque ce supplément d’âme, ce côté humain et moins mécanique qui pourrait faire la différence. Dommage …

 

MINISTRY
MAINSTAGE 01
18:35 > 19:35

Lactance : Attendu au tournant par des milliers de spectateurs en liesse, Ministry n'a pas failli à son statut de leader et de précurseur de la scène indus, en ce début de soirée déjà bien mouvementé. Apparu pour la dernière fois en 2008, lors d'une énième tournée d'adieu baptisée C U LatouR, les pionniers du metal industriel ont prouvé en une heure de set que les années les plus sombres du groupe étaient désormais loin derrière. Même si, au cas où vous en douteriez peut-être, le spectacle s'est bien déroulé, lui, dans un esprit purement rock'n'roll. Muni de ses petites lunettes noires et de son mégaphone à la main, Al Jourgensen est effectivement d'attaque sur pratiquement tous les titres interprétés ce soir. Autant sur le morceau phare Rio Grande Blood, où le débit de paroles ne semble plus freiner le frontman, que sur le dernier single Antifa et son message politique qui ne laisse planer aucune ambiguïté (dévoilé en exclusivité pour la tournée). En fin de compte, on serait presque tenté de dire que le résultat des dernières élections américaines ont injecté une petite piqûre de jouvence au leader de Ministry, qui semble avoir retrouvé sa niaque d'antan et qui n'hésite pas à se saisir de sa gratte sur N.W.O. et Just One Fix (particulièrement jouissif dans leur version live). En parlant justement du nouveau président américain, la tronche de Trump semble bel et bien avoir remplacé celle de Bush fils sur les écrans en arrière-plan. Va-t-on avoir le droit prochainement à une nouvelle série d'albums bien vénères ? La question a le mérite d'être posée. 

 

CORVUS CORAX
TEMPLE
18:35 > 19:35

Shawn : Voilà maintenant 28 ans que Corvus Corax nous distille son néo-medieval. Et aussi curieux que ça puisse paraître, c’est un genre adulé en festival allemand qui laisse pourtant indifférent en France. A l’époque où les In Extremo et autres Subway To Sally sont en tête d’affiche des SummerBreeze et consort, la France s’en bat les couilles. A raison ? Pas si sûr car objectivement même si Corvus Corax n’aura pas donné LE show du week-end, on s’y sera quand même bien amusé. J’ai toujours considéré que le succès de ce genre était l’utilisation des percussions offrant un coté ultra marqué et presque hardtek là où un Wardruna se fera bien plus tamisé et onirique. Là, les tambours sont là pour marquer le temps et marquer le rythme, point barre. Ajoutons à cela une chiée de cornemuse, et on se retrouve dans un moyen-âge festif utopique, ouvrant tout de même la perspective d’un décor champêtre et de danses autour du feu. Sympathique à défaut d’être réellement marquant ! Quoi qu’il en soit, je conseille aux amateurs du genre de se pencher également sur Tanzwut, la version électronique du groupe, expliquant probablement ces influences hardtek !

 

BEHEMOTH
MAINSTAGE 02
19:40 > 20:40

Michaël : Le problème avec Behemoth, c'est que l'on a tellement vu le groupe ces dernières années (à Paris en 2014 et 2016, Savigny le Temple en 2014, Hellfest 2016 et j’en passe) que l’on finit toujours par retrouver des choses à redire même lorsqu'on est un inconditionel du groupe. A l’évidence, les Polonais auront encore offert aux Français un show XXL avec un Nergal toujours aussi charismatique et un jeu de scène parfaitement huilé. Si d’aucuns pourraient regretter le manque de spontanéité, c’est assurément l’aspect théâtral des représentations du combo qui donne cette puissance et ce côté quasi mystique aux prestations du groupe. En tout cas, ce n'est pas pour me déplaire pour ce genre de groupes même si la multiplicité des occasions de les voir fait perdre un peu le charme du tout.

Malgré cela, les motifs de déception sont nombreux. Deux méritent principalement que l'on s'y attarde. Le premier est celui de la setlist avec la part belle faite au dernier album du groupe (The Satanist) et donc l’absence de certains titres plus dynamiques - et attendus - des précédents opus comme Conquer allAt the left hand ov god (!!!) ou bien encore Slaves Shall Serve. Le second est que The Satanist fait un peu l'effet d'un pétard mouillé sur une scène en plein jour. On se le demande vraiment : pourquoi diable les faire à nouveau jouer en pleine journée ? Behemoth en pleine nuit ce n’est plus la même donne, et a fortiori lorsque ce dernier élabore une setlist orientée vers le dernier album qui repose principalement sur les ambiances plutot que sur des riffs ou des rythmiques efficaces. The Satanist est résolument un excellent album, mais dans ces conditions, je ne suis pas certain que ce soit judicieux.

Le pari est donc un peu raté pour le groupe qui a offert une prestation monolithique à son public, dans les conditions qui s'y prêtaient le moins. Quoi qu'il en soit, ce show aura eu le mérite de décontenancer un peu les spectateurs des mainstages, pas vraiment habitués à ce genre de groupes durant le weekend.

Schifeul : Première escapade du côté de la mainstage pour aller voir Behemoth. Et oui, encore une fois, les Polonais se retrouvent à jouer en plein soleil. Bon, ça n’a pas l’air de gêner plus que ça Nergal et sa troupe, leur professionnalisme faisant qu’ils peuvent te dérouler un show en distribution de mandales dans n’importe quelles conditions. Genre, même en se demandant pendant une heure où sont leurs valises. Mais bon, il serait temps de redonner à leur set l’écrin qu’il mérite en les faisant jouer la nuit, comme à ce putain de ce concert du Hellfest 2012, mon meilleur souvenir live du groupe.

Pour l’occasion, et sûrement pour pas ressortir la même limonade qu’en 2014, Behemoth va nous jouer en intégralité son dernier album, The Satanist et perso, ce concert ne m’a pas emballé plus que ça. Ok, cet album est excellent, mais est-ce bien judicieux de s’adonner à de telles péripéties dans le cadre d’un festival ? Surtout que non seulement cet album, plus basé sur les ambiances, est moins véloce, mais aussi cela met sur la touche les gros hits comme Slaves Shall Serve ou Christians To the Lions. Heureusement, The Satanist n’est pas non plus en reste et des titres comme Ora Pro Nobis Lucifer sont là pour foutre un peu le zbeul dans le bazar.

Niveau visuel, outre les costumes et les flammes, on pourra noter qu’entre In The Absence ov Light et O Father O Satan O Sun, on a droit à un jet de confettis, avant que le groupe ne revienne la face ensanglantée. Bon, ça peut paraître un peu nul dit comme ça, ce jet de petits rectangles noirs, ça donne un petit effet “invasion de sauterelles” ou “pluie de cendres suite à un incendie” qui au final rentre bien dans le visuel d’un concert de Behemoth. On se demande seulement pourquoi ils font ça entre deux morceaux…Bref, O father machin se termine avec les Polonais affublés de masques puis on a droit à un rappel alors que le backdrop noir avec le logo “feu de camp” en blanc tombe pour laisser apparaître un backdrop blanc avec le logo “feu de camp” en noir. En guise d’ultime titre on a donc droit à Ov Fire and the Void, puis pour finir ça de la plus belle des manière, un petit Chant for Eschaton 2000, joué en crachant du sang. Pas la meilleure presta que j’ai pu voir de leur part, mais toujours sympa à regarder.

Setlist :
Blow Your Trumpets Gabriel
Furor Divinus
Messe Noire
Ora Pro Nobis Lucifer
Amen
The Satanist
Ben Sahar
In the Absence ov Light
O Father O Satan O Sun!
Ov Fire and the Void
Chant for Ezkaton 2000

CRYPTOPSY
ALTAR
19:40 > 20:40

Sleap : Passons maintenant au plat de résistance de cette première journée. Cryptopsy est l’une de mes deux grosses attentes de ce vendredi car, comme beaucoup le savent déjà, il s’agit d’une tournée consacrée à leur meilleur album: None so Vile.

Après quelques titres d’introduction, donc un excellent Mutant Christ, le carnage commence enfin : « I do that rather well, don’t you think ? ». Pas de doute, l’album va être joué en entier, et dans l’ordre ! Malgré les vocaux légèrement différents du nouveau chanteur, celui-ci se débrouille assez bien et possède un charisme certain en live. Un peu trop de « bang your fucking head » ou de « circle fucking pit » à mon gout, mais il tient assurément la foule du Hellfest dans sa poche. Le seul véritable point noir du concert est le son. D’ordinaire, même à une seule guitare, Cryptopsy jouissent d’un très bon son en live. Mais sous l’Altar, tout peut très vite changer… C’est donc des conditions sonores extrêmement cradingues auxquelles nous avons droit en cette fin de journée, mais cela ne m’empêche pas de devenir complètement fou lors des Slit your Guts, Grave of the Fathers ou autre Benedictine Convulsions. Dommage pour ceux qui ne connaissent pas l’album, mais quelque part : on les emmerde ! La doublette finale, quasiment jamais jouée sur scène, constitue pour ma part le point d’orgue du concert. Un vrai bonheur d’entendre enfin Orgiastic Disembowelment en live !

Je n’en dis pas plus, même avec ce son exécrable, c’est pour l’instant mon concert de la journée. J’ai déjà hâte de revoir ce set cet été, avec un son encore meilleur !

Setlist :
Two-Pound Torch
Mutant Christ
Detritus (The One They Kept)
Crown of Horns
Slit Your Guts
Graves of the Fathers
Dead and Dripping
Benedictine Convulsions
Phobophile
Lichmistress
Orgiastic Disembowelment

 

BARONESS
VALLEY
19:40 > 20:40

Di Sab : Tout était en place pour que ce concert de Baroness soit LA révélation du Hellfest : au terme d’une intro épique, la magie opère quasi instantanément tant Baroness était exactement ce qu’il fallait au moment présent. Après 2 heures où la chaleur était insupportable pour votre serviteur, quoi de mieux qu’une avalanche de petites mélodies légères ?  Baizley, plus showman que jamais, monte sur les retours demander le soutien du public, plaque le premier accord et nous transporte littéralement pendant une heure. Je n’appréciais que franchement moyennement en studio mais quelle révélation ! Tout était à sa place, à chaque moment, les morceaux évoluent dans la bonne direction et ce malgré les différences que l’on retrouve entre les albums. Le popisant Shock Me (en terme de tube on est au moins à 7 sur l’échelle de Show Yourself) me transcende et dialogue parfaitement avec les titres plus anciens (donc plus lourds) comme Tower Falls ou Isak. De manière générale, le set était orienté Purple Album avec une voix plus mise en avant pour un résultat paradoxalement éthéré et catchy. Son parfait, public à fond, Baizley qui se donne à 200%, Baroness a tout niqué. Meilleur « concert totalement inattendu » depuis Triptykon en 2015.

Lactance : Dire que Baroness était attendu avec impatience sous la Valley tenait, jusqu'à très récemment encore, du doux euphémisme. Figure emblématique de la scène sludge géorgienne (US), aux côtés de Mastodon, Black Tusk ou encore Kylesa, le concert des Américains comptent parmi ceux que j'attends le plus aujourd'hui. Et visiblement, je ne suis pas le seul à ne pas avoir raté une seule miette de cette performance exceptionnelle, qui aura tenu toutes ses promesses et plus encore. March To The Sea, Morningstar, Shock Me, The Gnashing : Baroness se sent comme pousser des ailes en nous dévoilant quelques unes des plus belles pépites de sa collection.

En variant autant les plaisirs, les ambiances et les tempos, le résultat est donc à la hauteur de mes espérances et de celle des fans, qui ne cachent plus leur joie à la fin de chaque morceau, accompagné par un gros tonnerre d'applaudissements. Car s'il y a une chose que les Américains arrivent à instaurer sur scène, c'est bien cette atmosphère chaleureuse et délicieusement feutrée, qui semble nous transporter quelques instants vers un autre monde. Tantôt mélodique, progressive ou plus spontanée, chaque facette de Baroness est explorée à merveille et se raccorde divinement bien avec les visuels présents à l'écran (aux couleurs des différents albums et qui change au rythme des morceaux).

Même s'il fait parfois le fifou en bougeant dans tous les sens, Baizley se montre également irréprochable sur ses parties vocales, sous les encouragements des spectateurs, envoûtés et subjugués par les prouesses du chanteur. Parmi les quatre membres du groupe, c'est également Gina Gleason, la seule fille présente aux côtés des trois autres musiciens, qui attire très souvent l'attention. Souriante, investie dans son jeu, surprenante aussi sur les passages screamés de The Sweetest Curse, la jeune guitariste apporte clairement un vent de fraîcheur au groupe, même si Peter Adams faisait aussi de l'excellent taf auparavant. Par pure gourmandise, Baroness s'autorise enfin quelques pistes instrumentales en bonus, comme Green Theme et Fugue, avant de tirer sa révérence sur un Take My Bones Away bluffant. Un sans-faute pour les Américains, le mot est lâché, qui auront suscité joie, émotion et enthousiasme dans la plus stricte intimité et tout en pudeur.

Setlist :
Kerosene
March to the Sea
Morningstar
Green Theme
Shock Me
If I Have to Wake Up (Would You Stop the Rain?)
Fugue
The Sweetest Curse
Tower Falls
Chlorine & Wine
The Gnashing
Isak
Take My Bones Away
 

DEEP PURPLE
MAINSTAGE 01
20:45 > 22:15

Sleap : Après avoir raté le passage du groupe en 2014, je décide d’aller revoir les légendes de Deep Purple pour leur tournée d’adieu. Il s‘agit là d’un des plus grands groupes de Hard Rock de tous les temps et, même si la fougue des premières années n’est plus là, c’est un vrai plaisir de les revoir une dernière fois. De plus, la setlist est aux petits oignons pour cette dernière tournée : Bloodsucker, putain de Fireball, et de nombreux autres classiques tels que Perfect Strangers ou Space Truckin’ ! Les soli de Steve Morse et Don Airey sont toujours aussi bluffants. Ce dernier nous balance même des extraits de Work Song du Cannonball Adderley Quintet avant Lazy. Il n’y a pas à dire, les musiciens sont vraiment au top.

Cependant, comme vous vous y attendez, le gros défaut de ce concert est la voix de Ian Gillan. Celui-ci n’a évidemment plus vingt ans et cela se sent. Ses nombreuses tentatives de montées dans les aigus sont d’ailleurs passablement irritantes par moments. Mais je tente de faire abstraction. Cela me fait le même effet que pour Motörhead ici-même en 2015, où j’étais placé quasiment au même endroit. Malgré le côté laborieux du chant et le manque d’énergie, on est tout de même heureux d’assister une dernière fois à un show des légendes d’un genre. Je n’ai malheureusement pas le temps d’assister à la fin de set car l’appel de l’Altar se fait trop fort pour moi en cette journée que j’ai quasi-exclusivement réservée au Death Metal…

Setlist :
Time for Bedlam
Fireball
Bloodsucker
Strange Kind of Woman
Uncommon Man
The Surprising
Lazy
Birds of Prey
Hell to Pay
Keyboard Solo
Perfect Strangers
Space Truckin'
Smoke on the Water
----
Hush (Joe South cover)
Black Night

OBITUARY
ALTAR
21:50 > 22:50

Sleap : Ce concert marque la symbolique dixième fois que je vois Obituary sur scène. Et comme vous devez en avoir marre que je rabâche les mêmes choses concernant ce groupe en live, je vais là aussi tâcher de faire court :

Meilleur son du week-end sous l’Altar (comme d’habitude avec ce groupe), setlist absolument terrible (quasiment que des deux premiers – et meilleurs – albums), meilleure ambiance de la journée dans le public (une fosse blindée et des pogos devant, derrière, à gauche, à droite…, bref partout). J’ai beau ne pas être un « die hard » de ce groupe en studio, il s’agit sans nul doute d’une des valeurs les plus sures en live pour ce qui est du US Death old school. Et c’est toujours le cas après je ne sais combien d’années. Je n’en reviens toujours pas…

Shawn : A l’inverse de mon comparse ci-dessus, cela fait bien longtemps que j’ai arrêté de compter le nombre de fois où j’ai pu voir les Floridiens sur scène. Car Obituary, c’est l’assurance d’avoir un show géré à la perfection. De très loin meilleur son de la journée, le groupe a juste un seul point négatif contre lui : le créneau en même temps qu’Electric Wizard. Les sorciers étant fatalement plus rares qu’Obituary, le choix était vite fait, c’est seulement trois titres que j’entendrai d’eux. Notons d’ailleurs l’extraordinaire culot d’avoir placé un pavé tel que Chopped in Half en deuxième titre, coupant l’herbe sous le pied à tout le monde ! On regrettera pourtant l’absence de la setlist de Redneck Stomp, pourtant traditionnel titre d’ouverture qui disparaît désormais de la setlist … L’occasion ne manquera pas d'être rattrapée sur d’autres festivals puisque le dernier album éponyme ayant eu un accueil unanime, hâte de voir ce qu’il rend en live !

Setlist :
Internal Bleeding
Chopped in Half
Turned Inside Out
Visions in My Head
Sentence Day
A Lesson in Vengeance
Dying
Find the Arise
Deadly Intentions
Ten Thousand Ways to Die
No Hope
'Til Death
Don't Care
Words of Evil
Slowly We Rot

 

ELECTRIC WIZARD
VALLEY
21:50 > 22:50

Di Sab : Bon, il vous arrive quoi à vous ? De base, vous avez la flemme de donner de bons concerts non ? Alors expliquez-moi comment, avec les mêmes films, le même son dans lequel la voix de Jus peine à se distinguer et surtout la putain de même setlist (ultra discutable) ou presque depuis que je vous ai vus en 2011 vous avez donné un concert de cet acabit ?

4 ème fois que je vois le Wizard aka mon groupe favori, et 3 fois sur 4 je suis ressorti des concerts avec un petit pincement au coeur, mais là… 15 min avant, une foule de fanatiques, prête à légaliser drogues et meurtre comme jamais attendait déjà la délivrance. Et dès l’ascendant Witchcult Today, yeux rouges et teint blafard, chacun était parti de son côté, quelque part, loin et proche de son voisin.  On enchaine sur l’envoutant Black Mass, les majeurs pointent alors que Jus supplie qu’on l’emmène plus haut. Sur scène, ça se donne pas plus de mal que d’habitude, on sent le show rodé (en même temps quand tu joues les mêmes titres depuis 7-8 ans ça doit aider) mais cette fois ci, qu’est-ce que ça prend. Une heure de suffocation non stop, avec comme climax un Return Trip absolument intenable et un final sur Funeralopolis bien mieux que d’habitude. Titre qui a tendance à me saouler en live par excellence, le quatuor du Dorset a réussi cette fois-ci à en retranscrire tout l’intensité.

Visuellement c’est toujours un subtil mélange entre du Jean Rollin, des scènes SM, des gros bikers type Psychomania/The Wild Angels et des distorsions LSDesque, ça fait toujours le taff quand tu en as marre de les voir à contrejour. Seul réel reproche du concert : dans aucun monde, dans aucune réalité, parallèle ou quoi que ce soit, il n'est autorisé de privilégier Incense for the Damned au détriment de Dopethrone (j’en rage encore). Un poing en l’air, un merci, Electric Wizard est venu en maître et laisse derrière lui quelques larsens et un public totalement siphonné qui a du mal à comprendre ce qu’il vient de lui arriver.  

Shawn : De très loin un concert dans le top 3 du festival. DiSab ayant tout résumé avec classe et style et ne voulant pas le paraphraser, rien à rajouter pour ma part. Black Mass restera à mon sens l'un des meilleurs moments du festival tant l'electricité ambiante fut folle ! Hail the Wizard !

Setlist :
Witchcult Today
Black Mass
Satanic Rites of Drugula
Return Trip
Incense for the Damned
The Chosen Few
Funeralopolis
 

 

SABATON
MAINSTAGE 02
22:20 > 23:20

Michaël : Cette fois ci, je me suis dit que j’allais enfin assister à l’intégralité d’un show de Sabaton, pour me faire une vraie idée de ce que les Suédois ont dans le ventre, mais aussi pour essayer de comprendre l’engouement - qui me dépasse un peu - autour de ce groupe. Et autant dire que ce concert aura confirmé mes précédentes impressions des bribes de concert que j’avais vues. Sabaton est uniquement un groupe de live. Musicalement, ce n’est ni fun ni original (contrairement à Powerwolf !), et encore moins particulièrement réussi. C’est juste pleinement efficace pour arriver à l’unique but affiché par le groupe : faire passer un bon moment aux fans venus les soutenir à coup de riffs bas du front et de chants guerriers. Effets pyrotechniques, lights excellentes, des poses à n’en plus finir des différents membres du groupe, le tout pour faire sauter et chanter un public apparemment ravi d’entendre ça.

De mon côté, la mayonnaise ne prend absolument pas malgré la participation sympathique de Laurent Fabisz en guest (initiative amusante). Si Powerwolf arrive à me faire marrer et bouger avec une musique kitsch à mort et pleinement assumée, la musique de Sabaton me laisse de marbre et je me lasse très vite des facéties de Joachim. Mais bon, apparemment, certains aiment et c’est le plus important.

Setlist :
Ghost Division
The Art of War
Carolus Rex
Screaming Eagles
Sparta
The Last Stand
Winged Hussars
Swedish Pagans
Night Witches
Primo Victoria
Shiroyama
To Hell and Back

MARDUK
TEMPLE
22:55 > 23:55

AUTOPSY
ALTAR
00:00 > 01:00

Sleap : Place maintenant à ma véritable deuxième grosse attente de la journée. Après 27 ans d’absence en France, la bête est enfin de retour pour clore cette journée de fou sous l’Altar.

Et le massacre commence comme au Netherlands Deathfest 2016 avec les trois premiers morceaux de Mental Funeral. Perte de contrôle de mon corps et de mon esprit. Les trois titans au devant de la scène ont toujours autant la classe, mais c’est évidemment le légendaire batteur-chanteur Chris Reifert qui accapare toute l’attention. Ce dernier ne cesse d’haranguer le public entre et pendant les morceaux et déploie une énergie folle derrière son kit. Et quels vocaux, mes aïeux !

Cependant, ce concert souffre de gros désavantages par rapport au précédent il y a un an aux Pays-Bas. En plus de ne pas jouer en salle mais en open air, le groupe souffre d’un son tout aussi crade que pour Cryptopsy. Et pour couronner le tout, il y a très peu de monde dans la fosse par rapport à la notoriété du groupe. Le peu de personnes présentes bougent à peine et il semble n’y avoir qu’une petite poignée de fans du groupe. Vraiment dommage…

Fort heureusement pour moi, ces différents points faibles n’altèrent en rien mon appréciation du concert. La setlist est majoritairement concentrée sur les deux premiers monuments du groupe, et en particulier Severed Survival avec entre autres Ridden with Disease, Critical Madness et un final apocalyptique sur Gasping for Air ! Malheureusement pas de Slaughterday ou de Service for a Vacant Coffin, mais la petite heure de set passe très rapidement. Malgré le son médiocre et le manque de fans, je passe donc un excellent moment en compagnie du mythique quatuor californien. Mon concert de la journée avec Cryptopsy !

Schifeul : Ce qui fait la particularité du Hellfest, c’est d’arriver à réussir de jolis coups, en faisant venir des groupes qui ne tournent pas particulièrement beaucoup. Autopsy est de ceux-là, surtout que le groupe n’a pas pointé le bout de son nez en France depuis 1990. Et quand en plus, on a le droit à un énorme concert, c’est tout benef ! Mené par un Chris Reifert muni d’un collier de chien” fuck you” et qui riboule des yeux lors des growls, Autopsy va taper dans tout sa disco, privilégiant le culte Severed Survival pour un concert au poil ! D’autant que là pour le coup le son est plutôt bon (du moins du fond de la Altar) et si lors des passages rapides ça tabasse d’importance, les passages plus lents sont joués avec une lourdeur qui doit pouvoir foutre en slip toute la Valley. Bon, il est tard et le public fatigué ne capte pas bien toutes les blagues balancées, mais il en faut plus Chris à qui essaye de réveiller le monde à grand coup de yeeaaah. Encore un groupe qui te fait te sentir comme une merde de pas avoir exploré plus profondement toute leur disco.

MONSTER MAGNET
VALLEY
00:00 > 01:00

Di Sab : Après avoir vu 20 min de Rob Zombie qui, manifestement, a décidé de se foutre du Hellfest pour la 3ème fois consécutive en privilégiant les interludes aux titres, il est temps de clore cette journée de la plus belle des façons qui soit. Enfin, ça c’était ce qui devait se passer. Mais Monster Magnet, après m’avoir littéralement retourné en 2014, m’a littéralement déçu en 2017. Je ne sais pas quoi dire d’autre si ce n’est « gâchis ». Dave Wyndorf ne s’économise pas (il arpente sans cesse la scène, fait le chauffeur de train/la pompe avec ses poings), il y a un réel effort de mise en scène (light show au point et projections tirées de films : Eyes Wide Shut, Werewolfes on Wheels ou des planêtes qui explosent et une fille plantureuse qui a manifestement beaucoup plu à mon voisin, voisin qui d’ailleurs n’a pas compris qu’il était relativement inutile de siffler une image), et surtout une setlist des plus efficace. Le nombre de riffs hallucinants, de refrains plus que fédérateurs et les enchainements qu’a proposés le groupe ce soir me conforte dans l’idée que Monster Magnet est peut-être le « grand groupe » de stoner le plus sous-estimé de la scène.

Mais voilà, toutes ces bonnes choses ruinées par un usage immodéré (le mot est franchement faible) de la reverb sur la voix de Dave.  Reverb tellement présente qu’on a eu droit à des moments franchement cocasses (le jeu de question/réponse avec le public où l’écho de sa voix répondait tout seul ou bien des discours imbittables avec la réverb qui se place sur la voix « en direct » ce qui fait qu’au terme du speech les plus anglophones d’entre nous n’avaient compris que « Rock N Roll Baby »). Le soucis c’est qu’elle était parfois forte au point de noyer la batterie, pour un résultat que je vous laisse imaginer. Un gros quart d’heure avant la fin et après un speech de 5 min, le riff de Space Lord retentit. La chanson qui fait 5 min originellement a été allongée et a durée 10 min…et puis ? Rien. Monster Magnet quitte la scène 10 min avant l’horaire prévu. Il est toujours appréciable d’entendre Look out to your Orb for the Warning, I Want More ou Twin Earth mais ne nous voilons pas la face, ce fut (plus que) décevant. 

Setlist :
Dopes to Infinity
Radiation Day
Powertrip
Look to Your Orb for the Warning
Twin Earth
I Want More
Negasonic Teenage Warhead
Tractor
Space Lord

 

IN FLAMES
MAINSTAGE 02
01:00 > 02:05

Michael : Dire que j’attendais la prestation des Suédois est un doux euphémisme dans la mesure où j’ai raté leur dernière date à l’Alhambra de Paris. Même si je ne suis pas vraiment un fan de leur dernier album - ni même d’ailleurs du précédent -, je garde un amour inconditionnel pour ce groupe qui parvient toujours à me transporter et à me faire vibrer en live. Et c’est devant un public plutôt compact - pour un concert à 1h du matin - qu’In Flames débarque sur scène avec Wallflower, qui n’est pas du plus bel effet mais qui a le mérite de lancer les hostilités.

Après un Leeches ultra-plaisant que l’on attendait certainement pas (le titre est tout de même très rarement joué alors que c’est un des meilleurs de Come Clarity), le groupe enchaine avec All ForMe, que je considère comme l’une des meilleures chansons du groupe de ces dix dernières années. Elle est la quintessance de ce que fait de mieux le groupe dans son ère "moderne", à savoir une musique très mélodique et mélancolique sans toutefois jamais sombrer dans le mièvre. Ce refrain et ses paroles imprègnent l’atmosphère du Hellfest d’une émotion palpable pour quatre minutes de bonheur absolu. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’enchainement avec Where The Dead Ships Dwell - qui demeure excellente en live - ne fait pas retomber la pression avec qui plus est des lights parfaitement calibrées sur les riffs de guitare. C'est d’ailleurs l’occasion de rappeler à quel point le groupe a encore bénéficié ce soir de conditions excellentes, que ce soit au niveau du son (cristallin dans toutes ses composantes) que pour les lumières, ultra dynamiques.

Quoi qu’il en soit, c’est le moment où In Flames, devant nos yeux ébahis, décide de nous sortir de derrière les fagots un enchainement The Jester’s dance - Moonshield. L’album The Jester Race est et restera l’un des chefs d’œuvres du death metal mélodique, et ces deux titres l’ont encore démontré ce soir. Surtout, le groupe a fait un choix pleinement cohérent, avec un début de setlist résolument orienté vers des titres mélancoliques et intenses, si bien que le résultat n’aurait probablement pas été le même avec d’autres classiques du groupe plus dynamiques ou enjoués (JotunTriggerColony, par exemple).

Mais comme l’avait indiqué Anders dans l’interview réalisée sur notre site en septembre dernier, le groupe aime proposer dans leurs setlists actuelles des titres de toutes les époques qui correspondent à "different layers of In Flames" (sic). Et c’est donc tout bonnement que le groupe embarque une deuxième partie de set sur un enchainement plus direct avec Only for the weak - pour faire sauter la foule -, Cloud Connected - pour la faire vibrer et Deliver Us pour la faire headbanger. A noter d’ailleurs que le groupe accueille désormais sur scène un claviériste (Anders nous avait confié y réfléchir pour l’avenir), ce qui donne une autre dimension au live (notamment sur Cloud Connected) et va forcer le groupe à mettre en avant les effets visuels et sonores de plusieurs de ses titres, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Neuf titres de joués, et quasiment aucun du dernier album ?! Il fallait bien que cet état de bonheur s’arrête un moment ou à un autre. Et c’est malheureusement Here Until Forever qui va faire retomber le soufflet d’un coup en dépit de la charge émotionnelle de ce titre et du discours d’Anders sur un ami d’ami décédé à la veille de son mariage dans un accident de voiture, invitant par là même le public à vivre l’instant présent (sic). Une baisse de régime que The Truth (qui passe mieux en live que sur cd même si Anders ne maîtrise pas vraiment le refrain) peinera à relever. Même Paralyzed redonnera du dynamisme et de l’intensité à un set qui commençait à en perdre, c’est dire !

Heureusement pour les Suédois, après quelques remerciements et discours d’Anders toujours aussi prolixe et drôle, le groupe va clore son set sur The End (très agréable surprise) et Take This Life qui, bien qu’excellente et toujours aussi efficace en live, mériterait sûrement d’être renouvelée par un autre titre. Pourquoi ne pas terminer sur Colony ou My Sweet Shadow, comme à la bonne époque ? Quoi qu’il en soit, dans des conditions optimales (son, lumières, chaleur, public), In Flames aura encore une fois démontré que même si leurs derniers albums font à juste titre débat sur l’orientation récente du groupe (je parle des deux derniers albums qui ont pris un tournant résolument metal alternatif) , ils n’ont pas entaché sa capacité à nous faire rêver en live.

Setlist :
Wallflower
Leeches
All for Me
Where the Dead Ships Dwell
Moonshield
The Jester's Dance
Only for the Weak
Cloud Connected
Deliver Us
Here Until Forever
The Truth
Paralyzed
The End
Take This Life

ALESTORM
TEMPLE
01:05 > 02:05

Shawn : Ça fait un petit moment que le bateau pirate Alestorm est sorti des écrans radars. Le groupe, que l’on sent depuis trois ans parti en totale roue libre nous a lâchés cette année un nouvel opus. On a depuis longtemps arrêté de chercher une logique dans tout ça quand Chris Bowes a reconnu en interview que la totalité de ce qu’ils connaissent des pirates vient de Wikipedia et de Pirates des Caraïbes. Alors que le groupe se dirige de plus en plus vers un Korpiklaani ne cherchant que de bonnes raisons pour débouchonner une boutanche de rhum, les voilà à nouveau au Hellfest dans une Temple évidemment pleine à craquer. Si sur scène plus rien n’a de logique, dans le pit, c’est encore pire : slam sur des licornes gonflables à tel point que c’est une véritable ménagerie qui restera dans le pit sécurité/photo avec des poulpes, des dauphins et autres créatures marines. Coté setlist, le groupe a fait dans l’efficacité puisqu’il débute avec un Keelhauled qui met l’ambiance d’office. Mexico ou Fucked with an Anchor seront de la partie montrant que les nouveaux titres s’intègrent parfaitement au bordel ambiant. Si Alestorm navigue en solo, plus personne ne semble être à la barre !

Setlist :
Keelhauled
Alestorm
Shipwrecked
Magnetic North
The Sunk'n Norwegian
Nancy the Tavern Wench
Mexico
Fucked with an Anchor
No Grave But The Sea
Drink
1741 (The Battle of Cartagena)
Rum
Wenches & Mead

 

 

THE DAMNED
WARZONE
01:05 > 02:05

Sleap : Tout comme pour UK Subs l’an passé, The Damned faisait partie de ces légendes du Punk ’77 que je n’avais toujours pas vu en live. Je me rattrape donc en me posant au fond de la Warzone, complètement exténué après cette intense première journée.

Et, contrairement à moi, le groupe est en très grande forme pour ce show de clôture. Dave Vanian et Captain Sensible, membres fondateurs du groupe, sont très charismatiques sur scène tout en gardant une certaine jovialité et une proximité avec le public. Le chanteur n’hésite d’ailleurs pas à descendre jusqu’aux barrières lors de l’excellent Neat Neat Neat. Pour ma part, c’est le claviériste complètement excentrique qui attire mon attention. Lorsqu’il ne joue pas, celui-ci saute hystériquement et gesticule dans tous les sens à l’arrière de la scène avec ses lunettes rondes et sa coupe à la Shane Embury. De là où je suis, la fosse a l’air en effervescence, et on entend de très loin les « wooh wooohooh » du public lors de titres comme Ignite. Je suis bien content de voir que The Damned, comme pas mal d’autres groupes de l’époque, assurent encore aujourd’hui en live. Un bien sympathique moment pour finir la journée !

Setlist :
Melody Lee
Nasty
Born to Kill
I Just Can't Be Happy Today
Love Song
Machine Gun Etiquette
Ignite
Anti-Pope
Wait for the Blackout
New Rose
The History of the World (Part 1)
Neat Neat Neat
Fan Club
1 of the 2
Disco Man
Smash It Up

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Crédits :

Textes par l'équipe Horns Up.

Les photos de Deep Purple, Dodheimsgard, Subrosa, Valkyrja, Animal As Leaders, Okkultokrati par Julien Chazeaubénit, collaborateur de Metalorgie.

Photos d'ambiance et des autres groupes par Michaël et Shawn, équipe Horns Up.

Photos