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lundi 26 novembre 2012 - U-Zine

Kreator + Morbid Angel + Nile + Fueled By Fire

Fri-Son - Fribourg

U-Zine

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Lundi 26 novembre dernier, le FRI-SON, salle de musique polyvalente fribourgeoise (à comprendre de Fribourg, Suisse) accueillait en son sein le gros plateau qui a mis pas mal de monde d'accord ce dernier mois un peu partout en Europe, j'ai cité : KREATOR + MORBID ANGEL + NILE + FUELED BY FIRE.
 

FUELED BY FIRE

Il ne fait pas bon travailler tard lorsque ce genre de tournée passe pas très loin de chez vous en pleine semaine. Ce sera donc sans surprise mais avec pourtant la volonté prior d'y remédier que je raterais Fueled By Fire, groupe de Thrash américain, qui a du payer cher son tour support pour seulement jouer devant une cinquantaine de personnes par date (à en croire mes oreilles du net ou mes confrères, le show a toujours commencé trop tôt : http://u-zine.org/review.php?id=557). Arrivant sur les dernières notes du dernier morceau, il ne me sera pas possible de vous transmettre quelque critique que ce soit au regard de ce groupe. Tant pis hein.
 

NILE

Il est encore très tôt mais c'est au tour de Nile de monter sur la scène et de nous asséner son Brutal Death égyptien. D'avance ça me fait marrer de penser au gros Karl Sanders, réputé pour être le roi des casses-couilles se retrouvant cette fois-ci à ouvrir pour deux autres groupes et qui commence à jouer à même pas 19h00. Surprise, Sanders est plutôt communicatif et il arrive sur le planché du Fri-Son avec le big smile. Il restera dans cet état tout le long du concert. Ca fait du bien parfois de se remettre à sa place ou alors il avait pris de la drogue, au choix, néanmoins le show a été plus facile à apprécier sans un relou qui fait la gueule tout du long.
Musicalement le show de Nile était comme tous les autres. Nile ne fait pas bon avoir été vu plusieurs fois, le public a vraiment l'impression d'assister au même show à chacune de leur venue. Je vous raconte pas si vous suivez le groupe depuis plus de 10ans, on frise l'overdose. Bref, Nile avait 45min pour mettre son public d'accord et je pense que le pari a été bien tenu. Sans aucune surprise ni saveur particulière bien entendu, le groupe a quand même su, à son habitude, nous faire un show propre et ultra carré. Bien accès sur une setlist illustrant le dernier album, promotion oblige, les morceaux de ce dernier avoinent correctement sur scène. On a quand même eu le droit à quelques classiques comme l'incontournable "Black Seeds of Vengeance" pour fermer la marche et mettre tout le monde d'accord.

Setlist :

- Sacrifice Unto Sebek
- Defiling the Gates of Ishtar
- Kafir!
- Hittite Dung Incantation
- Enduring the Eternal Molestation of Flame
- Sarcophagus
- Supreme Humanism of Megalomania
- Black Seeds of Vengeance
 

MORBID ANGEL


« Dieu est mort » nous disait Nietzsche à travers les paroles de Zarathustra. Tel un visionnaire, je pense que Nietzsche voulait parler de Morbid Angel à son retour sur les devants de la scène avec son dernier album en date mega kikoolol David Guetta, j'ai nommé « Illuvium machin là ». Très curieux de venir les voir en live, je dois admettre que ce n'était pas par goût musical, vu que je n'ai jamais pu encadrer Morbid Angel, mais bel et bien pour venir me marrer un bon coup sur leurs nouveaux morceaux Dancefloor. Ma surprise fût grande, telle que je ne l'attendais pas...

Très vite le groupe s'empare de la scène avec une violence que je ne leur connaissais pas. Une violence que je mets quand même énormément sur les bras de Tim « The Rocket » Yeung, batteur de génie et peut-être mon îdole du blast à l'heure actuelle. Quand je serai grand, je serai Tim Yeung. Le temps de faire attention à ce que Morbid Angel joue réellement, je m'amuse à admirer le jeu de double du batteur qui commence à rendre mon zizi tout dur. Le regardant danser comme jamais sur sa double, c'est avec douceur que la sauce monte et que je me rends compte que petit à petit, je suis en train de me prendre une grosse branlée. Pas un pet de travers, jonglant avec ses baguettes, Tim ramasse toutes les dents de l'assemblée à coup de blast et putain ce que c'est bon !
Pendant ce temps là David Vincent, frontman avéré dont le nom et la posture me rappelle un acteur déchu de film porno, récupère peu à peu mon attention. Très charismatique, le gros David n'hésitera pas à faire le con tout le long du set et à jouer de son personnage jusqu'à l'extrême. Entre lui et Tim Yeung, on a un peu l'impression d'assister à un duo comique, mais version Death Metal. Leurs mimiques, jeux de regard, jeux de mains, sont tels que l'on se demande d'abord si on assiste à un jubilé de la Gay Pride ou si ces putains de musiciens sont également des putains d'acteurs qui jouent l'image de la critique à son paroxysme. Toujours est-il que le sourire se lit sur le visage de certaines personnes du public, pris à contre courant par ces personnages de la sphère Death Metal. Morbid Angel c'est un peu l'Ultra Vomit du Death Metal.
Le choix de la setlist sera très hétéroclite et le public aura la chance d'assister à un show couvrant plus ou moins toutes les époques de Morbid Angel, avec une très légère accentuation pour le dernier album, mais uniquement les morceaux les moins pourris. C'est con, j'avais envie de danser boite de nuit sur « I'm Morbid ». Tant pis, j'ai plus qu'à me rabattre sur le remix album, la plus grosse blague des dieux du Death Metal à ce jour. Impressionné donc, par tant de talent pour tenir la scène, et au final, j'ai apprécié pour la première fois de ma vie Morbid Angel. Et dire qu'il fallait attendre un album de merde pour ça...

Setlist :

- Immortal Rites
- Fall From Grace
- Rapture
- Maze of Torment
- Sworn to the Black
- Existo Vulgoré
- Nevermore
- Lord of All Fevers and Plage
- Chapel of Ghouls
- Where the Slime Live
- Blood on My Hands
- Bil Ur-Sag
- God of Emptiness


 

KREATOR


Kreator fera toujours résonner dans ma tête un gros « Pleasure to Kiiiiiil » version over aiguë. Très attendu au tournant, Kreator sera le groupe qui aura le record d'affluence ce soir là. Un peu logique pour une tête d'affiche vous me ferez remarquer ; soit.

Le show commence sur les chapeaux de roues avec un grand voile couvrant toute la scène et dont un historique bien sympa du groupe tourne par rétroprojection. Après deux morceaux, je commence à me dire que le groupe n'est pas venu en fait et qu'ils font juste tourner un DVD mais que nenni ! Le voile tombe et le groupe commence à jouer derrière avec une putain de patate. Sans doute la meilleure entrée en matière qu'il m'ait été donné d'admirer pour un groupe du genre.

C'est avec cette même hargne, cette même violence, que le quatuor allemand des plus connus de la scène Thrash Metal continuera d'assassiner son public alors enflammé. Pour une date anniversaire, le choix de la setlist se permettra le luxe de taper dans pratiquement toute la discographie du groupe et ce, pendant plus d'une heure et demi de show. Bon, clairement à la longue c'était un peu relou pour qui n'est pas fan, mais on ne pourra pas leur reprocher d'avoir essayé de tout donner. Très kitch par moment, les zicos n'hésiteront pas à changer de positions selon les différents platos installés ça et là en surélévation et nous prodigueront même parfois des chorégraphies à faire pâlir DragonForce. Evidemment avec un chant de fillette derrière, difficile de prendre le groupe au sérieux mais bon, les fans eux, pardonnent tout.
Parlons en des fans d'ailleurs. Comme de bon moutons, ou gens qui s'amusent au choix, ils suivront tout ce que leur dit le frontman de Kreator et c'est avec délectation que j'assisterais à du super circle pit bien énergique et même un bon gros wall of death qui partira de la scène jusqu'à la console de son, pas mal ! La foule se déchaîne alors que les morceaux s’enchaînent avec la violence propre à Kreator. A force malheureusement, le show commence à se linéariser. Certaines personnes s'en vont pour ne pas rater leur dernier train (le plaisir des concerts en semaine) d'autres tout simplement se fatiguent. Kreator arrivera malgré tout à relancer de temps en temps la foule grâce à son show à l'américaine jusqu'à lâcher un bon « Pleasure to Kiiiiiiiil », comme je l'attendais. Avançant dans le même ton, Kreator réveillera une dernière fois la foule sur « Betrayer » soulignant un problème important des états qui ne nous soutiennent plus, mais nous la mettent bien profond. Un pti plaisir haineux final de la part des zicos de Kreator qui, malgré leurs âges, envoient toujours bien la purée. Relativement pour ce genre de zic j'entends bien. Même si le show finit par tirer un peu sur la corde de l'ennui, les allemands auront réussi leur pari de montrer à tout le monde qu'ils sont encore grands et loin d'être enterrés ! Bref, c'était cool comme soirée.

Setlist :

- Personal Jesus (Intro)
- Mars Mantra (Intro)
- Phantom Antichrist
- From Flood Into Fire
- Enemy of God
- Phobia
- Hordes of Chaos (A Necrologue For the Elite)
- Civilization Collapse
- Voices of the Dead
- Extreme Aggression
- People of the Lie
- Dead to This World
- Coma of Souls (Intro)
- Endless Pain
- Pleasure to Kill
- The Patriarch (Intro)
- Violent Revolution
- United in Hate
- Betrayer
- Flag of Hate
- Tormentor

Pour résumer ma soirée, je dois admettre que de ne pas suivre un concert complètement torché peut avoir du bon. J'ai pu apprécier la musique avec plus d'attention (et par moment beaucoup plus me faire chier également, ça va de paire) et j'ai vraiment été impressionné par la prestance des Morbid Angel qui sont loin d'avoir disparu également. Au final, une bonne expérience, qui m'a été rendue possible par le Fri-Son, une très bonne salle suisse que je remercie chaudement et dont j'ai apprécié le son, l'ambiance et l'accueil. A une prochaine fois les gars, et merci !