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mardi 20 novembre 2012

Gojira + Trepalium + Klone

Le Chato' do - Blois

U-Zine

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En règle générale, la région Centre n’est pas spécialement fertile en termes d’évènements metal. Fort heureusement, quelques irréductibles parviennent à proposer des affiches de qualité, qui nous auront en l’occurrence conduits à assister au concert de Gojira, accompagné de Trepalium et de Klone, au Chato'do de Blois, modeste et agréable salle d’une capacité n’excédant pas les 600 personnes.

C’est donc à l’heure assez tardive de 20h30 que les portes se sont ouvertes, pour laisser la place à Klone, qui investi les planches un gros quart-d’heure plus tard.
 

De Klone, je dois avouer ne pas connaître grand-chose et c’est devant un public épars mais relativement conséquent que se produiront ces membres historiques du collectif Klonosphère.
Promouvant son dernier album en date, The Dreamer's Hideaway, les 6 membres de la formation originaires de Poitiers n’avait qu’un temps très court de jeu et hérite de la position toujours délicate de groupe d’ouverture, cet instant de flottement où le public prend son temps d’adaptation pour rentrer dans l’ambiance. Et en dépit de tout cela, et d’un public pas spécialement en transe mais attentif, Klone a montré un très beau visage de son art en live. Certes peu communicatifs, pour mieux leur laisser le temps de jouer, les mecs de Klone sont très impliqués dans leur art, et malgré un son particulièrement fort, semblent être parvenus à séduire les curieux. Rien n’est à invoquer à l’encontre de leur présence scénique, les mecs sont à l’aise, jouent bien, même si je dois avouer être resté assez hermétique à leur rock/metal un peu fourre tout. La qualité est là, les compos se tiennent largement et sont diablement bien défendues en live, mais ce n’est résolument pas ma came. Nul doute néanmoins que Klone a trouvé son public et en a gagné une frange présente ce soir là.

Un bref changement de plateau plus tard, et c’est au tour de Trepalium de prendre possession du Chato d’O.
Davantage de personnes semblent avoir fait le déplacement pour le groupe, fort de son récent et très réussi H.N.P ainsi que de sa popularité grandissante. Trois gros quarts-d’heure d’un son qui fait saigner les tympans, mais aux balances équilibrées, permettront à chacun d’apprécier le Death Metal barré du quintet qui fait groover les foules.
 

Pas de doutes, Trepalium sur scène, c’est du solide, c’est ultra carré, ça avoine dan s la gueule et ça fait bouger le peuple. La technique et le groove du groupe passe toujours aussi bien l’épreuve du live, et l’on sent depuis le concert du Hellfest 2012 que le groupe a largement rôdé l’interprétation des nouveaux titres, et savent toujours faire sonner les anciens. Le public est relativement motivé, relativement oui, mais l’ambiance est bonne et Trepalium fait plaisir à voir tant il semble prendre du plaisir à jouer. A titre personnel, c’est encore une fois en tant que première partie que je les vois, et aimerai particulièrement en prendre pour ¾ d’heure de plus. Quoi qu’il en soit, Trepalium, en plus d’assoir son statut de valeur sûre du Death français, confirme son statut d’excellents artistes live.

22h45.

Gojira déploie un fond de scène de bien belle facture à l’effigie de son dernier album, L’Enfant Sauvage, et pas besoin d’avoir fait polytech pour comprendre que le groupe était particulièrement attendu. La salle se tasse, l’ambiance monte à l’arrivée du quatuor. Et s’il y a bien un truc qui me fait toujours bizarre, c’est que depuis From Mars to Sirius, j’avais un peu décroché du groupe, appréciant toujours les albums plus anciens, aimant toujours une (généreuse) poignée de nouveaux morceaux, sans pour autant souscrire à l’engouement incroyable pour les Landais. Et à chaque fois que j’ai l’occasion de les voir en live, c’est toujours la même chose, je redeviens subitement fan. Gojira sur scène ce sont les tauliers, il n’y a rien à dire là-dessus. Comme toujours avec le groupe, le son est tout bonnement monumental, massif et rend parfaitement justice aux riffs et rythmes pachydermiques de leurs compos. Une voix un peu en retrait sur les premières minutes d’Explosia sera bien vite corrigée, et l’alchimie public/groupe fait mouche immédiatement.
 

Particulièrement généreux et bénéficiant d’une aura particulièrement présente, Gojira en impose par un charisme imparable. Ca bouge sur scène, je suis par ailleurs toujours aussi époustouflé par le jeu de scène de Jean-Michel Labadie, aérien comme nul autre, mais pas un membre ne démérite face à l’autre, l’énergie communique de la batterie aux guitares et se transmet au public. Servis par des lights très bien foutues, et un visuel discret diffusé sur le fond de scène, Gojira assure un vrai spectacle, un régal pour les yeux et les oreilles.
 


Massif, le jeu de Mario Duplantier est impressionnant. Ce dernier me confiait dans l’après-midi qu’il tapait très fort, comme en prouve pour l’anecdote une baguette qui a volé en éclats en moins de 2 minutes de show. Mais la précision et la puissance de frappe est là, la section rythmique, élément charnière du groupe en impose beaucoup, la pirouette Flying Whales / Backbone / The Heaviest Matter of the Universe est tout bonnement imparable et constituera un moment fort du concert.

Si je les attendais peut-être un peu plus communicatifs entre les morceaux, l’interaction que Gojira entretien avec le public lors de leur interprétation compense largement, et une petite surprise, du moins pour ceux ne s’étant pas gavés d’images de la tournée sur le net, a pointé le bout de son nez.

A mi-parcours, Mario quitte ses fûts, empoigne la guitare de Joe. Ce dernier se pose derrière la batterie, et voilà que le groupe interprète un gros Death Metal heavy qui tache. Qui tache oui. Précisons que Mario était en charge d’une des guitares, sans pour autant quitter ses gants de batteurs, balançait des vocaux gutturaux à souhait, tandis que Joe nous a gratifié d’une magnifique perte de baguette dès les premières mesures. Un interlude un peu WTF, auquel succédera le reste du show, un peu trop axé sur les dernières sorties du groupe à mon sens, mais je ne m’attendais pas forcément à autre chose. Quoi qu’un Clone m’aurait foncièrement ravi.

Un solo de batterie, à l’intérêt toujours aussi discutable, et un Vacuity plus tard, nous voici au rappel, un peu court, composé de la superbe The Guift of Guilt et Gojira quitte les lieux sous les ovations d’un public qui a manifestement passé une excellente soirée.
Et je ne les contredirais pas, même si bien sûr, plus j'avance et plus les mecs qui puent la bière et le gymnase braillant 'ta chatte' et 'à poil' (à qui Joe Duplantier et on l'en remercie à demandé de sortir selon l'expression consacrée) me donnent l'envie d'éprouver une théorie unissant une mâchoire et un trottoir.
Quoi qu'il en soit, l'épreuve du feu est passée avec un tel brio que le groupe est parvenu à me faire souscrire totalement aux derniers morceaux, qui m'ont jusqu'alors laissés indifférents sur disque, mais que j'écoute avec joie aujourd'hui.

Si ça c'est pas ça, savoir défendre un skeud sur scène...


Merci à LN pour les photos, sans pit de prévu à cet effet.
Merci à John, Shawn, Karine et la salle du Chato d'O pour l'accréditation.