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mercredi 30 novembre 2005

La Ruda + Brahman

Maroquinerie - Paris

U-Zine

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Après une excellente prestation dans un Elysée Montmartre comble en Mai 2004 puis un concert d’anthologie et pluvieux aux Solidays 2004, les français de La Ruda étaient de retour dans la capitale afin de promouvoir la sortir de leur premier DVD / double album live Dans la Vapeur et le Bruit. Qu’à cela ne tienne, me voilà donc présent en ce 30 Novembre dans la salle intimiste de La Maroquinerie dont la capacité n’excède pas 500 personnes. Choix d’ailleurs plutôt surprenant sachant que le groupe affiche complet à chaque passage à Paris, ce soir ne faisant pas exception à la règle !

Une fois mon interview achevée avec le chanteur Pierrot, je me dirige vers la salle afin d’apprécier la prestation des japonais de Brahman qui nous délivrent une sorte de punk-rock aux relents émo. Il faut avouer que la musique du groupe est assez originale à défaut d’être très technique, mais le point fort du groupe provient de leur prestation live empruntant autant à The Dilliger Escape Plan qu’à Envy. Je m’explique… Le bassiste était littéralement survolté multipliant les coups de pieds dans l’air, quand au chanteur il adoptait régulièrement les postures du chanteur d’Envy très typée screamo. Le public eut l’air réceptif sans pour autant réellement se lâcher, attendant avec impatience l’arrivée de la tête d’affiche !

Julien :Première fois que j’entendais parler de ce groupe qui selon les dires de Pierrot de la Ruda est un bon groupe japonais à qui ils ont demandé de les accompagner sur leur tournée française en l’échange d’une perspective de tournée japonaise. Et dès les premières notes du combo, je suis conquis, ils nous sortent un pop-punk, proche de l’émo à certains moments, alternant des passages calmes, planants avec des moments plus forts, des guitares plus agressives. J’accroche tout de suite à la musique produite, et même au jeu scénique des quatre compères. Le bassiste, pour exprimer sa colère, a donné, à chaque passage « violent » des coups de pieds dans l’air, pendant que le chanteur se roulait par terre ou donnait des coups de poing dans l’air aussi. C’est presque comique mais au moins on sent qu’ils viennent en France pour être appréciés du public et non pour gagner de l’argent, ce qui est très bien compris par le public, qui leur rend ça en créant quelques petits pogos gentillets dans la fosse. Et c’est avec un certain regret qu’après 35 minutes de concert je vois les quatre japonais sortir de scène

21h15… Nous y voilà enfin ! Les lumières s’éteignent, le public hurle, les premières réverbes se font entendre et c’est parti pour l’intro L’Instinct du Meilleur sans le traditionnel tableau d’affichage lumineux faisant le décompte jusqu’à 24 ! D’entrée, le public est conquit et l’effervescence atteindra son paroxysme dès le morceau suivant Le Bruit du Bang, l’un des nombreux hits disponibles sur l’Art de La Joie. L’enchaînement des titres est quasiment semblable à celui de leur DVD live d’une heure trente avec Affaire De Famille – Que Le Bon L’emporte – Profession Détective – Pensée Malsaines. Il n’y a rien à redire sur la prestation de La Ruda, si ce n’est un manque flagrant d’originalité dans les transitions entre les morceaux qui restent immuables avec le temps ! S’ensuit alors le morceau titre de 24 Images / Seconde avant que l’ordre de la set-list ne diffère quelque peu de celui du DVD avec des titres comme L’eau Qui Dort - et son petit côté Aqme - puis Chanson pour Sam (d’ailleurs, c’est le public qui récitera le petit texte d’intro sur les goûts sexuels diverses et variés des gens) … Décidément, le groupe enchaîne les titres de leur nouvel album qui, je dois le reconnaître, passent bien mieux qu’en 2004. Par contre, impossible de vous dire si cela vient d’un phénomène d’accumulation ou d’une réelle amélioration scénique des titres. Peut-être cela venait-il tout simplement du son très brouillon de ce soir vu que le son de la caisse claire était prédominant et la basse du nouveau venu, Xavier, bien trop mis en avant, relayant ainsi au second plan la voix de Pierrot et les guitares mais n’entachant en rien les sonorités des cuivres. Ainsi, le côté plus rock de leur dernier CD s’est donc vu atténué involontairement… Mais ce ne sont que suppositions !
Histoire de ne pas détailler toute la set-list, La Ruda interprétera entre autres la sublime Unis, l’excellente Le Prix du Silence, les récentes Naouel (je n’accroche toujours pas à ce titre) et Paris En Bouteille ou des titres de l’Art de La Joie comme Tant d’Argent dans le Monde ou justement L’Art de La Joie avant de conclure sur un titre uniquement disponible sur leur DVD : Louis.

Après quelques secondes d’attente, revoilà les 8 membres de La Ruda sur scène interprétant un nouveau compte à rebours avec cette fois-ci L’Odysée du Réel. Autant ce titre me transcende sur album, autant je le trouve lent et casseur de rythme en live, dommage… Mais heureusement, vient ensuite – pour ma part – le meilleur titre que La Ruda Salska n’ait jamais écrit : Histoires Improbables déclenchant une nouvelle fois l’hystérie dans la salle. Avant de quitter la scène définitivement non sans avoir interprété Dira t’on encore ?, le groupe nous joue un titre que je n’ai jamais encore entendu avant d’enchaîner sur les vieux Trianon - attendu par la salle toute entière - et Numéro 23. Voilà, le concert est désormais bel et bien fini, les lumières se rallument et Pierrot nous fait son traditionnel Salut à Toi emprunté aux Berus. Mais c’était sans compter la ferveur parisienne réclamant un énième titre ! Finalement, les français cèdent et reviennent interpréter l’un de leur plus anciens titres Orange… On assiste alors à une débauche d’énergie de la part du public parisien sur ce titre cultissime duquel nous avons faillit passer à côté !

La Ruda aura joué 1h45 ce soir soit un quart de plus que d’ordinaire… Tous les tubes et plus encore y sont passés, même si certains hits de l’Art de La Joie manquaient à l’appel. Ce soir, nous avons assisté à une excellente prestation live de La Ruda, néanmoins deux bémols ont entaché cette soirée de fête… Le son pas franchement top et la prestation scénique du groupe moins énergique que d’habitude ce qui ne fait que confirmer le sentiment ressenti en regardant le DVD ! Mais bon, ils n’ont plus 20 ans et enchaînent non-stop les tournées…