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mardi 13 septembre 2005 - U-Zine

Opeth

Martin Mendez

U-Zine

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Après une longue absence sur le territoire français, Opeth était de retour en France l'espace d'un soir. U-zine en a donc profité pour rencontrer le bassiste suédois, peu locace, afin de s'entretenir sur leur nouvel album studio "Ghost Reveries".

U-zine.net : Aviez-vous été contacté par différents labels avant la faillite de votre ancienne maison de disques, Music For Nations ?
Martin Mendez (basse) : Oui, beaucoup de labels nous ont contacté mais Roadrunner était le plus gros, c’est ça qui a fait la différence.

Tu peux développer un peu sur le choix de Roadrunner ?
C’est tout simplement eux qui nous ont proposé le meilleur deal… (ndr : quel développement !)

Penses-tu que vos fans vont bien réagir suite à cette signature sur un label décrié comme commercial ?
En fait, je m’en fous un peu de ces rumeurs… Si nos fans aiment notre musique, ils continueront à acheter nos CDs quelque soit notre maison de disque car nous jouons toujours la même musique. Le but d’un label est d’aider à promouvoir un groupe et non de le forcer à jouer quelque chose d’autre. Opeth restera toujours Opeth, quelque soit notre label.

Et tu attends quoi alors de Roadrunner ?
J’espère juste qu’ils font faire un excellent travail et qu’ils vont nous permettre d’être écouter par de plus en plus de personnes. Et puis, à côté de ça, cela va nous permettre d’accroître la distribution de nos albums dans le monde, ce qui permettra aux gens de mieux nous connaître car notre album sera dispo un peu partout ! Voilà ce que j’attends de Roadrunner, c’est à peu près tout.

Vous venez de sortir votre nouvel album "Ghost Reveries" il y a peu, pourtant, Mickaël Akerfeldt avait annoncé qu’il prendrait une très longue pause après la sortie de Deliverance / Damnation. Quelle est la raison de son retour si rapide ?
J’en sais rien en fait, et je ne sais pas non plus quel sera l’avenir d’Opeth. Tout ce que je peux te dire, c’est que nous adorons jouer de la musique et je pense donc qu’aucun d’entre nous ne quittera le groupe tant qu’il prendra son pied en jouant ! Nous sommes comme un sorte de famille qui ont du mal à se passer des uns, des autres.

En parlant de famille, la famille Opeth vient de s’agrandir avec l’arrivée d’un claviériste permanent en la personne de Per Wilberg. Pourquoi vous êtes-vous enfin décidé à engager un claviériste à temps plein ?
Son arrivée au sein du groupe apporte beaucoup à la richesse de la musique d’Opeth. Je ne vois donc pas pourquoi on ne devait pas l’engager. Et puis, pendant qu’on répétait, il a su apporter une touche personnelle aux morceaux, même si Mikael avait composé 95 % de l’album. Tout le monde aime sa présence dans le groupe et il se sent comme chez lui, je pense…

Cette fois-ci, vous – ou plutôt Mikael – avez produit entièrement votre album, sans aide extérieure. Ce ne fut pas trop dur ?
Non, c’était une évolution naturelle et une direction que nous souhaitions prendre depuis longtemps… Et puis, comme Steven Wilson n’a pas pu bossé avec nous cette fois-ci, on en a profité pour produire cet album par nous-même. Le son de Steven Wilson est vraiment bon et colle parfaitement à la musique d’Opeth, mais bosser par nos propres moyens nous a permis d’obtenir un son plus sombre et bien plus beau…

Pensez-vous continuer à produire par vous-même vos albums dans le futur ?
Oui, pourquoi pas… J’en sais rien en fait, car on aime beaucoup Steven, mais seul le temps nous le dira ! C’est trop éloigné pour que je puisse me prononcer (rires).

J’avais lu que Mikael Akerfeldt avait écrit un concept album, pourtant, au final, seuls trois morceaux sont reliés entre eux. Que s’est-il passé ?
J’en sais rien, c’est lui qui écrit, pas moi… Personnellement, je considère Ghost Reveries comme un véritable concept album, chaque morceau y trouve parfaitement sa place et peux être relié aux autres. C’est venu comme ça, je pense, au fil de l’écriture… Après sa pensée a sûrement divagué, mais il savait ce qu’il fait, vu que c’est lui gère ça depuis longtemps maintenant.

Et lorsqu’il vous a parlé de son projet de concept album, aviez-vous votre mot à dire ?
En fait, on se soucit guère des paroles… C’est lui qui s’en charge et on les découvre que très tardivement.

Ghost Reveries contient des parties à la fois bien plus mélodiques mais également plus brutales que vos précédents albums…
En fait, on a réussit à trouver un nouveau son grâce à l’arrivée de Per dans le groupe et à ses parties de claviers… Et puis, notre travail a été beaucoup plus fluide que par le passé, avec moins de pression. On a pu faire quelque chose de vraiment varié sur cet album, on est allé plus loin que par le passé !

Depuis peu, on peut voir le clip de The Grand Conjuration sur le site de Roadrunner. Contrairement aux dires d’Akerfeldt au moment de la signature avec Roadrunner, vous avez tout de même cédé pour une version edit…
En fait, nous avons accepté de faire une version edit du morceau afin que les médias s’en servent. Il est clair que ce n’est pas le même morceau que l’original, mais je peux sans problème écouter ce morceau car il est très proche de l’initial. Et puis, une vidéo n’est pas sensée durer trop longtemps, donc ça ne me choque pas qu’elle soit réduite. Ce qui compte, c’est que le titre intégral soit sur l’album, c’est celui-là que nos fans écouteront ! Le reste n’est qu’une affaire de promotion…

Le plus étonnant dans cette vidéo, c’est l’absence de Martin Lopez derrière les fûts, du fait de sa maladie, remplacé par Gene Hoglan (Strapping Young Lad)…
Oui, mais comme tu viens de le dire, Martin ne pouvait pas être présent lors de l’enregistrement du clip, il fallait qu’on lui trouve un remplacent, or Gene jouait avec nous à cette époque, on a donc tout de suite pensé à lui… Mais c’est clair que Opeth n’est pas le même groupe sans Martin Lopez…

Et pourquoi n’avez-vous tout simplement pas fait un clip à 3, sans batteur ?!
Je ne pense pas que ça aurait collé (rires)…

Martin Lopez n’est toujours pas de retour au sein d’Opeth, tu peux nous en dire un peu plus sur ses problèmes de santé ?
Il va de mieux en mieux, mais je ne sais pas combien de temps il va encore resté convalescent… Alors pour l’instant, on joue avec un autre Martin qui vient de Bloodbath et Witchery. On ne sait pas vraiment quand il sera de retour, ça peut prendre encore quelques mois… Mais on espère qu’il sera de retour pour notre tournée Européenne en Décembre.

Comment s’est porté votre dévolu sur Martin Axenrot (Bloodbath) pour remplacer Martin Lopez sur cette tournée ?
Mikael le connaissait car il a joué avec lui dans Bloodbath et son jeu colle très bien avec celui d’Opeth.

Par ailleurs, durant le Sound Of Underground Tour aux Etats-Unis, c’est Gene Hoglan qui s’est chargé de faire le remplacement de luxe, quelle fut votre réaction ?
C’est l’un des meilleurs batteurs metal que je connaisse. Il est tout simplement impressionnant, il n’a jamais répété nos morceaux pendant la tournée, il écoutait juste notre musique au casque et la jouait en live sans aucun problème… C’est incroyable, il dispose d’une excellente technicité et c’est un véritable plaisir de jouer avec lui en concert. Incroyable…

Vous serez de retour en Europe au mois de Décembre, n’avez-vous pas envie de prendre une pause car vous enchaînez les tournées ?!
Non, on a tourné pendant 2/3 ans pour les deux précédents albums, donc ça ne nous gêne pas plus que ça. C’est comme ça que ça marche dans le métier, on doit faire des tournées…

Certes vous êtes obligés de tournée, mais tu pourrais avoir envie de faire une pause !
Oui, j’aimerais ! Car c’est vraiment difficile d’être en tournée, tu es loin des gens que tu aimes, tu n’as pas d’attaches, mais c’est la façon dont ça marche et on vit avec. On ne va pas réinventer les conventions… Donc, je m’en satisfais !

Si Roadrunner vous demandait de re-sortir deux albums quasi en même temps comme pour Deliverance / Damnation, le feriez-vous ?
Oui et non… Je dirai oui si nous disposons d’assez de temps en studio pour enregistrer et composer, mais on ne veut plus de ce rush intense de cette époque ! Cette fois-ci, on a eu bien plus de temps…

Comment expliques-tu le fait que votre musique puisse être extrêmement brutale et à côté de ça, vous êtes d’un calme impressionnant lorsque vous n’êtes pas sur scène ?
C’est la marque de fabrique d’Opeth, cette dynamique entre brutalité et calme… C’est une sublime combinaison je trouve, on peut mélanger différents styles de musiques, de vies… C’est notre façon d’écrire et de vivre la musique, chacun à la sienne, celle-ci est la nôtre ! En plus, nous adorons jouer en live, ce qui rajoute une certaine intensité.

Quel est l’album d’Opeth dont tu es le plus fier avec le recul ?
Je dirai le dernier car c’est le plus complexe, chacun joue bien mieux sur cet album que sur les précédents… Quant aux compositions, elles sont plus travaillées, et parallèlement plus faciles à écouter, moins dense. Jusqu’à présent je suis très fier de cet album, donc je vais te répondre que c’est mon album favori.

Avant de nous quitter, j’aimerai que tu m’en dises un peu plus sur ta participation au projet de l’album tribut de Death ?
On a enregistré un morceau pour ce tribute avec Martin Lopez. Je m’occupe de la basse, et lui donc de la batterie… En fait, je n’en sais pas trop sur ce titre, je ne l’ai encore jamais entendu mais l’album va bientôt sortir, j’espère… D’ailleurs, je n’arrive même plus à me rappeler quels étaient les autres membres qui jouent sur le morceau… (rires)

Bon, très bien… Tu veux rajouter quelque chose ?
Merci beaucoup à toi, ainsi qu’aux gens qui écoutent notre musique en France… J’espère qu’on pourra jouer plein d’autres fois chez vous !

Merci à Martin pour son temps ainsi qu'à Karine et Laure qui ont permis cette interview