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mercredi 29 juin 2005 - U-Zine

The ARRS

Nico

U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Chez U-zine, on aime The ARRS (surtout Cannibal JC), alors lorsque nous avons appris que les parisiens étaient en journée promo à Paris afin de défendre leur nouvel album ... Et La Douleur Est La Même, on n'a pas su résister à l'envie de poser nos questions au chanteur du groupe. C'est donc dans le sous-sol d'un bar parisien avec en fond sonore le nouvel album de Soilwork, qu'U-Zine a interviewé un Nico tout juste rentré du Fury Fest.

U-zine.net : Vous gagnez en notoriété de jour en jour. Preuve en est vos récentes apparitions en première partie de Eths puis au Fury Fest. Quelles sont tes impressions ?
Nico (chant) : Ca a été deux grosses expériences. On a commencer pour Eths à l’Elysée Montmartre, le public a vraiment bien réagit, et ça… Ca aide !
Au Fury, on n’était pas prévu. Quand on est monté sur scène, les gens faisaient un peu les grands yeux par rapport au groupe que nous venions de remplacer ! Puis, le concert de Cataract s’est terminé, donc la scène de metalcore s’est plutôt dirigée vers nous. Quant aux retombées, elles ont été assez diverses.

Ah bon ?! Pourtant, j’ai plutôt trouvé que l’engouement pour The ARRS était assez fort, même si je n’ai vu que les 20 dernières minutes du concert !
Ouais, c’est clair qu’à partir de la moitié du set, c’était sympa… Enfin, même depuis le début, mais on avait énormément de pression de jouer au Fury (rires).

Vous avez remporté l’année dernière le tremplin Onde de Choc Roadrunner, qu’est-ce que ça vous a apporté concrètement ?
Se motiver pour faire de la pub sur Internet… A part ça, on a eu des montres et des T-shirts…

Rien au niveau des retombées ?
En fait, ils ont des partenaires. Mais pour l’instant ils attendent sûrement l’album, plus que le deux titres. Sinon, on est censé avoir un sampler, mais vu qu’ils ne l’ont pas fait l’année dernière… On n’a pas de nouvelles pour le moment en tout cas.

Enfin, vous avez quand même un titre sur un sampler Rock Sound grâce à ODC !?
Oui exact, c’est vrai qu’on a eu le titre sur Rock Sound. Carrément !

Vous avez également récemment signé sur Beat Them All Records…
Oui, c’est assez nouveau. On bosse avec eux depuis près de deux mois maintenant. C’est vraiment récent. Néanmoins, ça fait deux / trois ans qu’ils nous suivent et une fois que l’album fut terminé, il a voulu l’écouter et on a discuté cash ! On avait besoin d’un tremplin pour notre premier album et il est bien motivé, il a des contacts… Il va nous en faire profiter, et puis on va voir !

Et t’attends quoi exactement de ce label ?
Tout ! Des tournées et de la promo. Enfin la promo, c’est Active qui s’en charge.

Vu que vous venez juste de sortir votre premier album, vous n’êtes pas encore très connu. Peux-tu donc présenter le groupe ?
Ouais carrément. On est composé de deux guitares, d’une basse, d’une batterie et d’une voix. Il y a Paskual et Pierre aux grattes, Toki à la batterie, Jérôme à la basse et Nico au chant. On fait du metal / hardcore depuis 4 ans. En fait, on existe depuis 1998 mais il y a eu pas mal de changement de line-up et on s’est vraiment fixé en 2001. Quant au bassiste, il est arrivé l’année dernière, ça a mis un petit coup de fouet dans le groupe car il a une bonne main droite, il gère bien. Sinon, on a fait une centaine de concerts que ce soit dans des bonnes salles ou des moins bonnes salles, mais toujours dans une bonne ambiance… Que ce soit un squat ou le Fury Fest ! C’est bien de toucher à tout (rires).

Même si cette question est extrêmement bateau, quelles furent vos influences ?
Ca passe des gros du thrash, surtout à la base, comme des groupes tels que Slayer, Pantera, Sepultura, du death également, il y a aussi Machine Head, sans oublier Madball, pour le côté new-yorkais. Naturellement, après tu écoutes tous les enfants de ces groupes là comme All Out War, Merauder…
(changeant totalement de sujet)
Et puis j’allais oublier, on chante en français !! C’est le côté important du truc.

Ca vous a jamais tenté de chanter en anglais afin de mieux vous exporter ?
J’ai un autre groupe pour ça, tu vois. Mais avec The ARRS, je chante en français pour montrer qu’on peut faire « la même chose », je veux dire par là, faire passer quelque chose, sans l’anglais.

Pourtant, j’avais lu dans une interview, qu’à la base du groupe, il n’y avait pas de paroles, vous gueuliez pour le plaisir de gueuler et chantez en yoghourt ?!
Au début, ouais… Pour quasiment chaque groupe, les compos de départ, c’est toujours du yoghourt. Puis après je pose les paroles dessus. (rires) On est passé par là… On assume !

Avec deux ans de recul, quel regard jettes-tu sur votre première démo, condition humaine ?
C’était une putain de bonne expérience ! Ca nous a permis de jouer, de faire un peu de promotion pour notre groupe. Après, on aurait voulu sortir d’autre chose entre temps, mais on a préféré se calmer… Enfin, se calmer, je veux dire, pas sortir l’album tout de suite, donc on a mis un petit peu de temps, j’avoue.

Vous avez mis un peu de temps à composer ou… ?
Non, non… On avait même plus de morceaux que sur l’album mais on attendait d’avoir les 9 chansons qui nous plaisaient, plus l’outro.

A la base, Condition Humaine provient plus d’un trip que d’autre chose. Abordez-vous la sortie de ce nouvel album plus professionnellement ?
A la base, Condition Humaine s’était vraiment pour démarcher et pour montrer ce qu’on faisait comme style. Alors que là, l’album dans la production ou dans les moyens, on s’est beaucoup plus investi. Ca fait quand même deux ans qu’on travaille dessus. Là, on pose un peu plus les bases sur cet album.

Surtout que vous avez bossé avec des pointures du metal français comme Francis Caste par exemple !
Oui, Francis Caste, il est bon, vraiment bon ! C’est devenu un ami maintenant. Il est vraiment très investi, niveau production, il a mis sa touche et nous a aidé à améliorer l’album. Par exemple, pour les arrangements, il encourageait le guitariste à improviser sur les deux derniers jours, ce qui a donné cette troisième guitare que nous avions déjà utilisée en live pour avoir plus de patate.

D’ailleurs, je trouve que votre musique en live n’a rien à voir avec celle en studio, elle est bien plus teintée death.
Oui, on nous dit ça souvent car il y a à foison de la double et des kicks. Les gens vont même jusqu’à parler de deathcore. Mais, sur album ça n’a rien à voir, surtout que niveau technique, on ne veut pas que ça ressemble à du deathcore…

La sortie de ... Et La Douleur Est La Même a été extrêmement retardée, vu que l’album devait sortir à la base en début d’année. Quelle en est la raison ?
Parce que Francis (ndr –Caste) avait beaucoup de demandes et n’a pu nous prendre qu’au mois de Février… En fait, on voulait l’enregistrer en Novembre et le sortir en Février, mais ça aurait été un peu vite fait pour trouver un label. Mais bon, on était un peu fou (rires).
Donc, on est entré en studio en Février et s’en suit 3 mois de promo avec le label d’où la sortie en Septembre.

Tu peux nous dire un peu plus sur ce nouvel album ?
(réfléchissant) Ouais… C’est deux ans de taf ! Si vous aimez le gros son propre, Francis a bien gérer, après pour les compos, il faut écouter…

Vu qu’on ne peut pas encore l’écouter, si tu devais définir cet album en un mot ?
Ce serra toujours Passion… Et Apéro aussi (rires). Car pour travailler, il n’y a rien de mieux !

Lorsqu’on écoute De Ma Plume, on sent que vous avez franchit un cap certain, tu l’expliques comment ?
Je crois que c’est pour tout le monde pareil, quelque soit la discipline, que ce soit le sport, l’écriture, la musique, les études… C’est en taffant qu’on s’améliore ! On a un meilleur niveau qu’il y a un, deux ou trois ans !

Vous répétez beaucoup ?
On cherche un local… D’ailleurs tu peux le marquer On cherche un local !!! (rires). Ca coûte super cher, on aimerait bien répéter trois ou quatre fois plus. Mais on a quand même pas mal répété ces dernières années, même si on s’est pas mal calmé depuis Février car le nouvel album nous coûte pas mal d’argent (rires).

Et votre label ne peut pas vous donner un coup de pouce pour le local ?
Ils font des demandes aussi, mais ils n’ont pas de local sous la main. Ils cherchent autant que nous, on uni nos forces, en somme.

Ce n’est pas trop frustrant d’arriver à quelques semaines de la sortie de l’album et du début de la tournée sans pouvoir répéter ?
Qu’on ait un album ou pas, c’est frustrant ! C’est désagréable de payer 15 à 20 € l’heure ! C’est un peu tendu les studios à Paris.

Pour revenir à l’album, le mid-tempo était très présent dans Condition Humaine, qu’en est-il de ce nouvel album ?
Il y aura toujours des parties de mosh parts, c’est notre petite gimmick, notre touche hardcore dans notre sauce metal. Sur cet album, il y a des Speed et des très légers Grind. On ne fait pas des enveloppées de folies, mais on a tout de même changé la structure des morceaux, après il faudra juger par toi-même. Ce changement a été fait pour casser en quelque sorte le mid-tempo, ça reste toujours lourd !
Faut vraiment écouter pour se faire une idée, mais c’est clair que le mid-tempo c’est The ARRS !

Les textes de The ARRS sont assez recherchés voire même profonds, d’où vient ton inspiration ?
De la vie, du côté social… De mon père aussi, ainsi que de mes amis… Les discutions qu’on peut avoir…

C’est une sorte d’échappatoire pour toi ?
Ouais, carrément, c’est un exutoire ! Même s’il y a une petite touche d’optimiste dans nos textes, tout n’est pas si noir ! Mais c’est clair que si on fait cette musique, c’est aussi parce que c’est une forme d’exutoire, histoire de cracher un peu notre frustration, sans pour autant que ça soit de la haine. Un peu comme partout dans le milieu metal, en fait.

Ca t’a jamais tenté de prendre une voix plus mélodique sur album comme sur le morceau Juillet 2002 ?
(rires) C’est (ndr – Cannibal) JC qui t’en a parlé ?! J’avais confiance (rires)…
Quel salaud (rires) !
En fait, c’était un test qu’on a juste gardé pour nous. On y viendra peut-être, mais pas pour le moment. Sur l’album, il y a tout de même une partie mélodique pour faire respirer un peu l’auditeur… Mais il faut que les riffs, et le texte s’y prête !

Pourtant c’est la grande mode actuellement dans le metalcore, l’incrustation de chants clairs !
Ouais, mais pas pour nous ! Une ou deux chansons par albu, pas plus ! On fait du thrash, pas du metalcore.

D’ailleurs, tu penses quoi de cette scène metalcore qui explose ?
Killswitch Engage, c’est énorme… Après tout ce qu’il y a à côté, je ne suis pas vraiment fan. Des fois, ça passe, d’autre fois non, mais je suis plus brutal dans mes écoutes.

Vous avez tous un métier en plus du fait d’être dans un The ARRS. Penses-tu un jour pouvoir vivre de ta musique ?
Si je pense ? (rires) J’aimerai bien… Dans les deux prochaines années, je vais tout faire pour être le plus libre possible et puis, si les concerts marchent bien, j’espère pouvoir m’arrêter de travailler.

Question un peu plus général mais, quels sont les groupes que tu écoutes le plus actuellement ?
Blood Has Been Shed, je kiffe, c’est énorme (rires) ! Sinon, j’écoute les vieux standards… Qu’est-ce que j’ai écouté ce matin ? Black Dahlia Murder, c’est bien ça aussi, ça speede bien, Darkest Hour aussi !

Tu m’as dit que tu avais un projet solo, tu m’en dire plus ?
Il y a le batteur de The ARRS également dedans, ça s’appelle Alive but Slave. On répète beaucoup, et on joue pas mal en incruste en concert. On pense enregistrer à la fin de l’année. Ca fait deux ans qu’on existe, mais on y va lentement car on a déjà pas mal à faire avec The ARRS. D’ailleurs, c’est un peu plus bourrin et underground dans le son que The ARRS. Vu que je chante en anglais, ça passe mieux pour bien gueuler, car en français, ca fait assez mongol !

Si tu mets entre parenthèse la popularité des groupes, quel groupe tu préfères ?
J’aime les deux groupes. The ARRS, c’est une histoire de famille, et les autres, c’est un coup de cœur !

Et tu n’as pas peur que The ARRS ne grossisse de trop et que tu sois obligé de stopper ton autre projet ?
Ah non, il n’y a pas moyen que je fasse une pause avec Alive But Slave ! Ils ne flanchent pas, ils restent zen malgré l’actualité de The ARRS.

Tu veux rajouter quelque chose ?
Bah merci U-zine. Je connais votre webzine depuis longtemps maintenant, merci JC ! C’est bien complet, et continuellement mis à jour, ça fait plaisir de voir qu’il y a des gens qui se motivent pour la scène et voilà. Merci à vous !

Merci à Nico pour sa sympathie ainsi qu'à Nathalie.