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vendredi 1 avril 2005 - U-Zine

Candlemass

Messiah Marcolin

U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Après un split éclair, les précurseurs du doom Candlemass sont de retour pour promouvoir leur nouvel album éponyme. De passage dans notre capitale pour une journée promo, U-Zine s'est entretenu avec leur chanteur qui aime se déguiser en moine et qui est pour le moins bavard !

U-zine.net : Avant de parler de votre nouvel album, peux-tu nous expliquer pourquoi vous avez splitté ?
Messiah Marcolin (chant) :Nous faisions pas mal de concerts pour promouvoir notre album de nos meilleurs titres sans pour autant avoir planifié un nouvel album. Au même moment, nous avons commencé à nous envoyer des mails pas très plaisant car nos opinions divergeaient au sein du groupe. Nous n’étions d’accord sur rien et encore moins sur la tournure du nouvel album et sur ce que nous devions faire. On a donc décidé d’arrêter le groupe.
Et puis, 3 mois plus tard, nous nous sommes tous retrouvés à un mariage, nous étions tous bien habillés et on s’est dit "Jouons quelques morceaux en souvenirs du bon vieux temps.". Et tout le monde s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de rancœur quand nous jouions dans le style, je n’aime pas faire ça ou ça.
Nous avions beaucoup de problèmes et il fallait qu’on en parle. Puis, nous avons donc commencé à parler de la possibilité de refaire un album… Peut-être sans moi… Ou alors si oui ou non le groupe allait s’appeler Candlemass car tout le monde n’était pas d’accord. Et puis, on s’est dit que nos fans attendaient depuis plus de 5 ans un nouvel album de Candlemass…
J’en ai donc conclut qu’il fallait que je change d’attitude car je n’ai pas été très correct par le passé. Il fallait qu’on fasse chacun des compromis ! On a donc fait des meetings où l’on s’asseyait en face les uns des autres et chacun exposait ses volontés et ses idées sur notre image, notre musique, le nom du groupe, le logo… On en a donc parlé pendant des heures et chacun a fait des concessions.
Nous sommes donc allé en studio et en 10 jours PAN… C’était fait ! Nous avons doomé la salle où l’on enregistrait et puis c’était parti. En 10 jours, nous avons été très efficace et concentré. Tout le monde enregistrait ses parties en même temps, ce qui fait une grande différence et donne un sentiment plus live vu que tout le monde est dans la même pièce, enregistrant ses parties chacun à son tour. C’était génial surtout pour notre batteur qui a vraiment pu ressentir le son qu’on voulait. On y est donc allé au feeling suivant les dires de notre cœur. On a enregistré la batterie puis la basse ainsi que les guitares et enfin les chants….

Et ce fut pas difficile pour vous de retrouver l’inspiration vu que vous n’aviez pas enregistré d’album studio depuis 6 ans ?
Non pas du tout. C’est comme remettre des vieilles chaussures…
Nous avons travaillé très vite et puis pas mal de morceaux étaient déjà prêt avant qu’on entre en studio mais d’autres n’étaient pas finis comme Copernicus, Seven Silver Keys ou Assassin Of The Light. Nous avons donc travaillé ces titres également en studio et ça donné quelque chose de bon.
Je pense que ce fut une bonne chose de mettre nos problèmes à plat avant d’entrer en studio afin d’être parfaitement concentré. Une fois, en un jour, on a enregistré 5 à 6 morceaux !

Et pourquoi avez-vous appelé cet album Candlemass ?
Les temps sont meilleurs pour nous. Nous avons signé un deal avec Nuclear Blast, qui est un label très puissant et très bien distribué. Ils ont entendu le morceau que nous leur avions envoyé comme à d’autres labels… Puis nous leur avons envoyé trois nouveaux titres et lorsqu’ils les ont entendus, ils nous ont appelé et dit Nous voulons signer Candlemass pour faire leur promotion dans le monde entier. Et vu leur renommée, on a dit oui.
C’est donc une chance pour nous de passer au niveau supérieur avec Candlemass et devenir plus gros.

Mais tu ne m’as pas dit pourquoi vous avez appelé cet album Candlemass !
Bah si en quelque sorte… Mais pour résumer, tout simplement parce que c’était très simple ! (rires). On ne voulait rien compliquer !

En écoutant cet album éponyme, On sent que ce nouvel opus est composé de deux parties. La première plus roots et une seconde plus orientée vers l’avenir avec un son nouveau. Pourquoi avez-vous disposé vos morceaux de cette manière ?
Tout est nouveau ! On a mis les morceaux dans l’ordre que nous pensions le plus opportun pour l’album. Mais il n’y avait aucun but précis dans le tracklisting. On voulait juste qu’il y ait un flot continu de musique.

Ce n’est donc pas une manière de dire que Candlemass est de retour avec un nouveau son ?
Non ! Nous sommes de retour c’est sûr… Mais il n’y avait pas de mauvais son sur nos albums… Et celui-ci est vraiment excellent. Et puis, tu n’as qu’à mettre les titres sur shuffle, ça restera toujours un très bon album (rires). Personnellement, c’est ce que je fais lorsque j’écoute un album ! Tu ne sais pas quelle sera le prochain morceau, j’aime ça… Tu devrais essayer de faire ça avec tes albums favoris car tu ne sais pas à quoi t’attendre…

Ca m’arrive…
Pour en revenir à votre album, je trouve que ta voix est plus heavy que précédemment. A quoi est-ce du ?

Je voulais essayer de chanter comme je le faisais en concert. Car lorsque je chante en live, je chant au feeling, je ne pense pas à ce que je vais devoir faire à la seconde d’après. Le public qui crie, tape dans ses mains chante me transporte ! Et puis même si nous faisons des morceaux très lents Doom Gloomy, nos titres n’en restent pas moins très puissant.
Je voulais donc tenter quelque chose de différent, de plus spontané et rauque en y allant au feeling.
Avant j’étais très perfectionniste, aujourd’hui je fais ça au feeling et ça me plait. Et puis, à côté de ça, je contrôle bien mieux ma voix… Avant je ne savais chanter que d’une seule façon et aujourd’hui je peux modifier ma voix et changer d’octaves… Et ça marche à merveille (rires) !

La pochette de votre album est très sobre, vous étiez à court d’idée ou c’était plus pour faire quelque chose de frappant au premier regard ?
Oui, c’est pour marquer les esprits. En fait, quand tu ouvres notre album, c’est comme lorsque tu ouvres un journal et que tu regardes qui est mort aujourd’hui (rires). Et puis tu peux voir une photo de nous en costume noir sortant d’un mausolée. Cet album est un peu comme nos funérailles (rires).
Et puis sur l’édition digipak vous pourrez trouver un titre bonus Mars And Volcanos, quant à la pochette elle sera en relief !

Comme tu viens de le faire remarquer, vous portez des costumes maintenant. On ne te verra plus jamais porter ton costume de moine ?
Si bien sûr ! Je serai toujours habillé en moine en concert ! Les autres n’étaient pas très chauds pour que je continue à m’habiller de cette façon, ils voulaient essayer quelque chose de nouveau. J’ai dit qu’il n’y avait pas de problèmes, ce qui explique cette photo de nous en costume.
Avant de changer mon attitude, j’aurai dit NON, hors de question… Mais maintenant, ça ne me gène pas vu qu’en live je continue à porter mon habit de moine car c’est un peu ma marque de fabrique. Quand je lève mes bras, tout le monde me regarde avec des grands yeux, alors que si je faisais ça en T-shirt, tout le monde s’en ficherait. (Rires) C’est un habit de moine magique !

En parlant de concert, quels sont vos projets de tournées ?
On va faire pas mal de festival cet été. On à joué pour la première fois en Espagne ! Et puis on va jouer la semaine prochaine à Oslo.
Puis nous jouerons en Juin dans un festival à Milan qui s’appelle Iron Fest, ce sera également la première fois qu’on jouera en Italie. On enchaînera ensuite avec le Sweden Rock Festival qui a une très grande renommée. On jouera ensuite à un festival en Grèce qui s’appelle Rock Wave je crois puis le Wacken ! Ensuite, on ira en Russie, à Moscou… Voilà tout ce qu’on a prévu pour le moment.
Mais on prévoit de faire une tournée des petites salles à l’Automne et là on pourra jouer de plus longs concerts avec pleins de nouveaux morceaux. Et on jouera là où on peut comme par exemple en France.

Donc vous n’avez pas de projet en France pour les festivals d’été ?!
En France ? Non…
J’ai vu que vous aviez un festival qui s’appelle Fury Fest, mais les organisateurs ne nous ont jamais contacté, c’est dommage (voix très déçue). Mais j’espère qu’ils le ferons dans le futur…

Etant les précurseurs de la scène doom, pourquoi penses-tu qu’il y ait si peu de groupes qui jouent de ce style ?
J’en sais rien. Tu dois être passionné par le doom pour en jouer. La plus part des groupes de doom que je connaisse jouent lentement continuellement, c’est très triste et gloomy en live.
Alors que nous, nous y mettons le plus d’énergie possible, nous faisons de l’epic doom metal. Nous sommes des stars du doom en quelque sorte ! Beaucoup de groupes ont été inspiré par notre musique et marchent sur nos traces et je trouve ça cool. Je suis fan de My Dying Bride par exemple.
Si tu veux jouer lentement et avec une manière triste, il faut vraiment avoir le feeling et peut-être que tout le monde ne l’a pas. Il faut être passionné !

Tu veux ajouter quelque chose ?
J’ai remarqué que le metal était de plus en plus écouté en France et je trouve ça bien ! Et si vous avez la possibilité d’aller au Wacken, allez y et venez nous voir !
Autrement, nous essaierons de venir cet Automne en France et sûrement à Paris…
Et puis, nous revoilà avec un nouvel album que nos fans attendent depuis des années ! Et ne pensez pas que c’est seulement du doom et du gloom, ça reste très metal. Et c’est un excellent album !

Merci à Messiah Marcolin pour sa bonne humeur constante et sa grande communication.