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Album

09/12/14 - U-Zine

Amplifier

Echo Street

LabelKscope
styleSpace Rock Progressif
formatAlbum
paysAngleterre
sortiemars 2013
La note de
U-Zine
7.5/10


U-Zine

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Ah le phénix et sa renaissance. Cette métaphore n’aurait jamais pu aussi bien coller à un autre groupe qu’à Amplifier. On croyait les Britanniques morts, enterrés et même bouffés par les vers et ils ont ressurgi de nulle part, plus forts que jamais avec un double album applaudi par la critique et le public. The Octopus, c’était également une autre vision de la musique, celle des Radiohead, Marillion et consorts qui ne se voyaient plus dans le système des labels afin de rester artistiquement le plus indépendants possibles.

Sauf que les plus belles histoires sont les plus courtes et qu’il faut vite revenir à la réalité, Amplifier a décidé de revoir sa stratégie de distribution en signant chez Kscope… Bon ok, ce n’est pas n’importe quel label puisqu’il a en on sein des formations comme Anathema, Porcupine Tree, Steven Wilson ou Ulver mais quand même, Amplifier entre un peu dans le rang en faisant ce choix et c’est en fait un peu à l’image d’Echo Street.

Mais avant d’en arriver là, vous devez savoir qu’Amplifier a vu son line-up bien chamboulé. Le bassiste de toujours, Neil Malhony, a été remplacé par Alexander Redhead tandis que Steve Durose de feu Oceansize a été introduit à la seconde guitare. Néanmoins, l’influence sur le son est présente (moins lourd, plus spatial) mais pas non plus des plus palpables car pour ceux qui suivent le groupe depuis un paquet de temps (2006 pour moi), on reconnaît le style assez facilement. Avouons qu’avec un chanteur à la tessiture si rassurante comme l’est Sel Balamir, cela joue énormément. Sel c'est un peu le papa qu'on a tous rêvé d'avoir pour nous chanter une petite comptine en nous couchant et pouvoir s'endormir en toute sérénité. Alors quand le bougre est particulièrement mis en valeur comme sur cet album, il devient vite l’atout principal de séduction sur quelques titres comme « Matmos », « Where The River Goes » ou encore « Mary Rose » qu'il tient de voix de maître. Enfin on ne peut tout de même pas résumer cet Echo Street au seul chanteur aussi bon soit il car il y a de quoi parler des instruments. Mais surement pas autant que pour The Octopus...

J'ai longtemps reproché à Amplifier – c'était moins vrai pour The Octopus – de compiler sur chaque album des morceaux géniaux avec des morceaux passables et cet Echo Street retourne dans cette voix avec un début d'album génial et une deuxième partie bien moins remarquable à l'exception de ce beau final sur « Mary Rose » et d'un « Paris In The Spring » bien émouvant. Le reste est tout juste passable pour ne pas dire indigne du groupe qui a sorti The Octopus il y a un peu plus de deux ans de cela et qui te laisse comme un arrière goût d'inachevé. Comme si le groupe avait sorti un album pour sortir un album à l'opposé du concept The Octopus prônant la liberté artistique.

Heureusement, il y a un mais. Et ce « mais », c'est qu'il y a deux morceaux qui viennent me mettre sur le cul, « The Wheel » et encore plus « Extra Vehicular ». « The Wheel » est composée d'une boucle de guitare répétée à l'infini qui vous hypnotise complètement durant sept minutes. Cela rappelle les grandes heures de l'Electro de la fin des années 70/ début 80 et ses boucles lancinantes. Parfait pour vous simuler une sortie dans l'espace mais pas autant que le morceau qui le suit chronologiquement. « Extra Vehicular », c'est le meilleur titre qu'Amplifier a composé. Ni plus, ni moins. Jamais dans leur carrière pourtant riches de superbes titres (« Airborne », « Forever And More » ou « Insider » ne sont quand même pas de la merde), les Britanniques n'ont atteint une telle grâce. Je suis capable de me passer ce morceau en boucle et d'être pris aux tripes à chaque fois par ce putain de riff à partir 6'25 et qui revient à la fin du morceau en guise d'apothéose. C'est surement du fait de ce morceau que le reste peut paraître fade. Était-ce vraiment opportun de le mettre en troisième position et pas en dernière de sorte qu'il y ait une continuité logique ? Là on ressent une coupure énorme entre le troisième et le quatrième morceau.

En conclusion, Echo Street possède donc deux défauts :
- Il doit faire face aux comparaisons avec The Octopus qui avait complètement marqué l'année 2011.
- Il possède « Extra Vehicular » qui a une légère tendance à attirer l'attention sur lui au point de sous-estimer le reste.
Mais Echo Street est tout sauf un album dégueulasse, il est même très bon mais il aurait été bien plus reconnu s'il était sorti avant The Octopus. Dans le contexte actuel, il ne restera qu'un album parmi d'autres dans la discographie d'Amplifier qui est déjà rentré dans le rang.

1. Matmos
2. The Wheel
3. Extra Vehicular
4. Where The River Goes
5. Paris In The Spring
6. Between Today And Yesterday
7. Echo Street
8. Mary Rose

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