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Album

09/12/14 - U-Zine

Psygnosis

Anti-Sublime

LabelIndépendant
styleMetal Protéiforme
formatAlbum
paysFrance
sortiejanvier 2011
La note de
U-Zine
8/10


U-Zine

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Il est loin le temps où j’écoutais Psygnosis et que Lastfm confondait le groupe avec les musiques de l’ancien éditeur de jeux vidéos à qui nous devons sur Playstation l’énorme Adidas Power Soccer 97 (Et ses coups de pieds dans la tête, ses mains, ses balles dans la nuque, ses gardiens qui rentrent dans le but en essayant de capter un ballon surpuissant… « Non mais c’est affligeant ! »), de l’art en CD. C’est justement ce qu’on attend du groupe qui avait beaucoup promis en 2009. Groupe ? J’ai dit groupe ? Bah oui, Rémi n’est plus tout seul et s’est entouré d’une triplette de musiciens. Désormais, on retrouvera Jeremy à la basse, Anthony à la guitare et Raphael au chant. La batterie est toujours programmée et reste en ce qui me concerne un des points noirs de l’album, j’y reviendrai.

Alors de son Metal protéiforme, que reste t-il ? Tout plein de bonnes choses à vrai dire. Psygnosis continue de délivrer un Metal unique brassant nombre et nombre de styles tous plus surprenants les uns que les autres. Ce qui n’est pas étonnant quand on connait un peu Rémi (A.K.A. M. Kekchoz) dont l’éclectisme s’est très vite ressenti sur U-zine où il écrit depuis de nombreuses années. Bien sur, ce n’est pas pour ça que je suis élogieux, vous n’aurez qu’à naviguer sur la toile pour comprendre qu’on est plusieurs à apprécier ce que fait Psygnosis. Bref, cette digression nous amène donc sur l’hétérogénéité tellement singulière du groupe capable en un morceau de brasser un très grand nombre de styles aussi bien new génération qu’old school. On se rappelle que sur Phrases, le premier album sorti en 2009, on rencontrait sur quelques morceaux de gros problèmes de fluidité qui m’empêchaient de m’extasier. A croire que les membres ont lu ma chronique car ce sentiment, je ne le ressens plus. Psygnosis a gagné en deux ans de la maturité et franchement, je ne trouve rien à redire quant à la construction des morceaux. Même les passages de Brutal Deathcore à la Dying Fetus sur « Liquid Nebuula » - qui succède, quand même, à un « Wake Up » Mono-esque - ne m’embêtent pas le moindre du monde, surtout quand ils amènent lentement mais sereinement - en passant entre deux par la voie d’un Shining - une fin Doom Death plutôt excellente. Sur ce passage, je trouve même qu’il y a encore une réminiscence d’Ataraxie dans l’ambiance et dans le chant, ce qui est le plus haut des compliments venant de ma plume. Certains groupes de Doom Death pourraient en prendre de la graine d’ailleurs.

Toujours aussi schizophrène, Psygnosis tient à montrer à quel point il est devenu plus cohérent, le groupe se permet de reprendre un titre de son premier album, « Phrase 02 – Chute Inexorable Vers Un Paradis De Souffrance Et De Pleurs » pour en faire l’ouverture de son nouvel opus sous le nom de « Phrase 2.11 » (Rien que dans la différence entre les noms des morceaux sur les deux opus, on se rend compte à quel point le groupe a grandi) dans une version bien plus cohérente qui passe pourtant du Post-Rock/Trip Hop au Néo Metal puis au Brutal Death avant de revenir à une musique électronique plus introspective sans que cela choque. On y retrouve le thème le plus connu et sans doute également le plus marquant du groupe avec par-dessus le monologue de Samuel Lee Jackson dans Pulp Fiction (« Ce qui est vrai, c’est que tu es le faible et que je suis la tyrannie des méchants ») qui est prenant. Vous remarquez que les répliques de films sont toujours présentes et font parti intégrantes de chaque morceau (J’ai reconnu Pulp Fiction et Fight Club, je sèche sur les autres…) même si je regrette que ceux-ci soient en version française et pas dans leurs langues originales. Cela n’aurait fait que renforcer leurs pertinences.

Je regrette cette batterie programmée dont le son de la grosse caisse est horrible et agresse les oreilles, ainsi que cette production trop propre à mon goût qui enlèvent une petite part de l’humanité faisant la force d’Anti-Sublime et du groupe. Sans apporter de réelles réponses, Psygnosis pose beaucoup de questions sur son existence. Alors bien sur, dans le fond, ça a été fait par des tonnes de groupes mais dans la forme que se permet de prendre Psygnosis, je trouve que ça ressort mieux au point de vouloir se plonger dans les paroles du groupe et de se visionner tous les films dont les monologues sont tirés. Il y a comme une sorte de fascination qui se dégage chez l’auditeur pour cette œuvre qui pousse à aller plus loin dans sa réflexion personnel sur The Meaning Of Life pour citer autre titre de film.

C’est marrant de constater comme je peux être souvent en contradiction avec les goûts musicaux de Rémi mais comme je suis sur la majorité des points en accord avec sa manière (et celles de ses collègues, évidemment) d’appréhender la musique. Pour moi, Anti-Sublime fait parti des très bonnes sorties de ce début (j’ai l’impression de me répéter depuis ce début d’année 2012) mais il manque encore un petit truc pour faire d’Anti-Sublime un album qui me marquera à vie. Un batteur peut être ?

1. Phrase 2.11
2. Compression
3. FIIIX
4. Default Dysfunction
5. Wake Up
6. Liquid Nebuula

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