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Album

09/12/14 - U-Zine

Mhönos

Humiliati

LabelLe Crépuscule du Soir productions
styleDrone Rituel
formatAlbum
paysFrance
sortiedécembre 2011
La note de
U-Zine
8/10


U-Zine

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Formé en 2009, Mhönos commence à se faire une belle petite réputation dans le milieu du Drone et je pense que nous n'avons pas fini d'en parler tant sa prolificité est remarquable. En l'espace d'un an, le groupe a sorti son premier album Miserere Nostri, un CD live Rotomagus Ritualis et voilà déjà poindre le deuxième album qui était plutôt attendu (au moins par moi!). Encore une fois, Stephane - ici accompagné par sept membres qui ont aussi pris part à la composition - fait dans la joie et l'allégresse en lui donnant le nom d'Humiliati et trouvant une pochette tout ce qu'il y a de plus savoureux.

N'ayant pas en ma possession Miserere Nostri, avec cet album, c'est la première fois que j'écoute Mhönos dans sa version studio et c'est, surtout, la première fois que je m'attaque à un album de Drone. Mais pour le coup, Mhönos, c'est quand même particulier avec ces ambiances maléfiques et rituelles sans utiliser de guitares mais pas assez particulier pour nous offrir un objet à la durée interminable à l'instar d'un Esoteric. Humiliati ne dure qu'une heure et sept minutes pour trois morceaux qui oscillent entre les huit minutes de « Ex Nihilo... Ad Nihilum » et les trente-quatre de « Alveus Terra ». Pour conclure le disque, « Mortificare » atteint les vingt-cinq minutes. Vous me connaissez, ce n'est pas ça qui me fera peur, bien au contraire.

Humiliati commence avec les très gros morceau, « Alveus Terra » dont la construction n'est pas sans rappeler celle d'« Aquus Noctis Caeremonia », unique chanson présente sur Rotomagus Ritualis. C'est un peu le même genre de montée en puissance avec un riff de basse pilier inébranlable de la structure du morceau auquel viennent se greffer, petit à petit, de légères nuances. Il y a toujours ne nouvelle - petite - chose qui vient s'ajouter qu'elle soit clavier ou larsens. Au bout de vingt-quatre minutes, l'ambiance change, devient de plus en plus cosmique avec trois notes de basse répétées inlassablement. Le morceau se termine avec une batterie complètement folle accompagnée de coups de massue qui vous écrasent comme un titre de Neurosis sur l'album Through Silver In Blood.

« Ex Nihilo... Ad Nihilum » se trouve dans une mouvance plus ambiante unissant - dans un mariage à trois - percussions, larsens et voix pour le moins possédée pour une incantation de huit minutes jouant encore une fois sur les nuances avec des claviers légers et des cloches qui sonnent comme le glas.

La fin est proche mais n'est pas encore arrivée. Il faudra encore « Mortificare » pour passer enfin dans l'autre monde. Une chanson qui sonne comme un réveil dans une première partie pêchue dont on ne pouvait pas s'attendre au vu des deux premiers morceaux d'Humiliati. On passe pendant cinq minutes dans la folie satanique pure. Un riff musclé et une voix de possédée (en l'occurrence, celle de Necropiss de The Arrival Of Satan) comme j'en ai rarement entendue. Bon Dieu que c'est envoûtant !!
Puis, vient le temps de l'apaisement dans une atmosphère Doom plus classique avec une voix de déterré à la manière de Rainer Landfermann (Bethlehem) et un crescendo qui prend tout son temps pour s'installer. Cette seconde partie de « Mortificare » est un terrain qu'on a l'impression d'avoir déjà abordé quelques fois. L'aspect « rite » est présent mais moins mis en avant au profit de la souffrance, ce qui me paraît plus commun et me fait sortir un peu de l'album alors qu'il est tout sauf mauvais. Pour vous dire, je pense pas mal à Funeralium en l'écoutant. après un départ de morceau aussi démentiel, je m'attendais pour la suite à quelque chose de plus... Démentielle.

Mais Mhönos, quand il vous prend sous son emprise, commence d'abord par vous casser les os et dans un second temps, ne vous lâche plus. C'est hallucinant de voir comment un groupe qui pendant vingt minutes va répéter sans cesse le même riff, les mêmes patterns, peut autant susciter l'engouement chez l'auditeur. Bien aidé par le fait qu'il soit enregistré dans des églises, le mysticisme poussé à son comble dans cette œuvre par le dévouement de ses géniteurs est surement la réponse à cette absence d'ennui. Plus encore, de là nait une fascination malsaine pour le sale, pour le mal, pour la mort. Humiliati vous donne la nausée et pourtant, vous ne pouvez vous empêcher d'y revenir, pêcheurs que vous êtes...

1. Alveus Terra
2. Ex Nihilo... Ad Nihilum
3. Mortificare

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