
Raton et la bagarre #36
samedi 10 janvier 2026
Amateur de post-musique, de breakdowns et de gelée de groseilles.
L’année 2025 n’a pas fait exception à la règle, rayon hardcore on s’est fait chier en novembre et en décembre. Ces mois qui ne sont jamais fastes pour la scène, n’ont pas été complètement stériles non plus. Même s’il a fallu fouiner plus que d’habitude, j’ai réuni dans ce numéro de très belles sorties dont une ou deux qui pourraient même figurer dans mon top de l’année (que vous pouvez consulter juste ci-dessous).
Toujours dans un souci de diversité, vous aurez le choix entre du crossover métallique, du post-hardcore, du hardcore chaotique, du screamo et même du neocrust. J’espère que ce dernier article pour les sorties 2025 vous donnera l’occasion de rattraper vos oublis et n’oubliez pas que pour ça, le meilleur outil reste la playlist Spotify que j’actualise à chaque épisode. Bonne lecture et belle année !

Drain | letterstoyou | Excide | Baïonnette | Inosuke | Raw Brigade | Météore | False Reality | Pupil Slicer | Cold Steel | Mentions bonus
Drain – ...Is Your Friend
Crossover metalcore – USA (Epitaph)
La place de Drain dans la scène a été assurée vitesse grand V grâce à deux éléments incontestables : la qualité de leur premier album agressif California Cursed, et l’extraordinaire énergie communicative de leurs lives. Avec deux tels arguments même pas besoin de se renouveler ou de sortir des albums au niveau du premier. Living Proof, sorti en 2023, l’a prouvé en étant moins inspiré mais en n’édentant aucunement la réputation du groupe. Beaucoup estiment que …Is Your Friend est dans la même lancée, mais je ne partage pas cet avis.
Alors bien sûr l’effet de surprise et le mordant incomparable de California Cursed n’est plus là, mais ce troisième album est ultra généreux, concis et efficace. Le souci de son prédécesseur, Living Proof, était que son intérêt résidait surtout dans ses singles et qu’il se cassait un peu les dents en voulant se diversifier, que ce soit avec la reprise des Descendants ou le featuring de Shakewell. Ici, on a moins ce souci, avec plus de morceaux mémorables (« Stealing Happiness from Tomorrow », « Loudest in the Room » ou « Scared of Everything and Nothing ») et une seule incartade stylistique avec le pop punk « Who’s Having Fun? ». Ce dernier est une bravade amusante aux groupes qui adoucissent leur son et qui perdent leur sincérité (difficile de ne pas penser à Turnstile dans les paroles).
Les riffs sont forts, les breaks le sont tout autant, le chant maniéré, éructé de Sammy Ciaramitaro est à son meilleur et Drain ne tombe pas dans l’erreur d’ajouter du groove metal comme c’est le cas de nombreux autres groupes du genre (cf. la 10e chronique de cet article) ; alors pourquoi bouder son plaisir ? En plein hiver, …Is Your Friend sera votre été de poche.
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letterstoyou – letterstoyou
Screamo métallique – USA (Indépendant)
Il y a des artistes que j'avoue volontiers plébisciter. Et parmi ceux-ci, certains me rendent la tâche aisée en sortant constamment des disques et en créant de nouveaux projets. C'est le cas du prodige mexico-étasunien Damián Antón Ojeda, jeune cerveau bouillonnant des scènes underground. Âgé de 28 ans, il inonde les musiques extrêmes depuis plus de dix ans, d'abord avec son projet blackgaze Sadness, puis sa grande entreprise black atmo Trhä, mais aussi l'incroyable œuvre screamo de Life, toujours en solo. Si ce sont les trois principaux dans la galaxie de ses activités musicales, un quatrième projet pourrait bien se rajouter à la liste des incontournables : letterstoyou.
Centré sur un screamo sombre, agressif et dissonant, letterstoyou a déjà eu le temps de publier quatre sorties en six mois. Celle qui a retenu le plus l’attention est la troisième, disque de vingt-cinq minutes au potentiel époustouflant. Cet album éponyme nous cueille d’emblée avec la prouesse « november » qui conjugue une révérence sincère au screamo old school en y ajoutant des ambiances dissonantes et des couleurs emoviolence. L’album va maintenir cet équilibre entre émotivité hurlée, textures sinistres (« lavender orange blood ») et panic chords métalliques avec de nombreux breaks tous aussi inspirés et hallucinés les uns que les autres : celui soudain et menaçant de « eight autumn » ou le plus original, sur « early garden », qui garde la ritournelle du morceau au milieu d'un segment mid-tempo agressif.
C'est d'ailleurs probablement ce qui differencie letterstoyou de Life qui évoluait déjà en terrain screamo, mais souvent plus lumineux et moins lugubre et grinçant que ce nouveau projet. J’ai encore à creuser le reste des publications, mais celle-ci est une bourrasque qui évoque autant la beauté que la hargne sourde avec des riffs monstrueux et syncopés (« orange lights and november rain ») et des paysages sonores terrifiants comme le très réussi segment central, cauchemardesque, de « lavender orange blood ». Mon coup de cœur de ce numéro.
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Excide – Bastard Hymns
Post-hardcore / Metal alternatif – USA (SharpTone)
Excide a jusqu’ici pas mal échappé aux radars de la scène hardcore alors pourtant qu’il fait partie des projets prometteurs qui ne se contentent pas de servir la même soupe habituelle dans des registres perclus de gimmicks. Après des singles épars en 2020, les gars de Caroline du Sud (qui partagent des membres avec les excellents Foreign Hands) publient un premier LP en 2022 au succès et à la diffusion limités, qui témoignait d’une marge de progression assez importante.
Stylistiquement, le groupe se retrouve au carrefour du metal alternatif 90s et du post-hardcore pluriel, quelque part dans le sillage de Snapcase, Quicksand, Cave In, voire même Failure. Avec quelques sonorités metalcore, Excide me rappelle vraiment ce qu’ont pu sortir Higher Power ou Riot Stares dans les dernières années. Avec des grands riffs ouverts et lancinants et une multitude de hooks mélodiques puissants (« Down in the Mouth »), les Étasuniens délivrent un album généreux et varié, à la réécoutabilité indiscutable.
Alors que je trouvais que sur ses précédentes sorties Excide peinait davantage à mêler uniformément ses influences alternatives à ses appétits hardcore et metalcore, Bastard Hymns atteint un niveau d’hybridation digeste et maîtrisé. Si tout n’est pas forcément d’une constance irréprochable, les morceaux dégoulinent d’énergie et de témérité, avec même des breaks bien sentis (« Ruiner ‘95 »).
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Baïonnette – Abandon Before Cowards
Hardcore chaotique – France (Indépendant)
Baïonnette est une entrée non conventionnelle dans cette rubrique, car voici comment se décrit le groupe : « Nous n’enregistrons pas nos morceaux en studio mais uniquement en live, dans des situations incongrues et curieuses. Nous célébrons l’éphémère. Pas de replay. Pas de compromis. Juste le moment – et le bruit ». En plus de son dispositif particulier, Baïonnette est un duo, formé d’un chanteur-guitariste et d’un batteur. Pas de basse, tout étant réfléchi pour une instantanéité qui fait honneur aux musiques extrêmes et saturées.
Le groupe français pourrait être un de ces projets qui ne fonctionne que par son concept et dont on n’oublie la teneur musicale rapidement, mais cette toute première live session tape juste. Dans un hardcore chaotique qui rappellera Gaza ou The Chariot, avec des accents « convergiens »inévitables, Baïonnette déploie une musique pleine de hargne, qui emplit le spectre sonore avec précision et utilise la dissonance avec maestria. Pour un groupe qui dit « embrasser l’imperfection », le hardcore de Baïonnette est extrêmement mature et vigoureux. Compréhensible quand on apprend que ses deux membres sont aussi dans des groupes actifs tels que The Prestige ou Junon (ex-General Lee).
Dans une ère où les logiques performatives des réseaux sociaux obligent les groupes à faire du graphisme, de la communication et de la production en plus de la musique, une proposition brute, singulière avec un caractère fort comme Baïonnette fait du bien, et d’autant plus que la musique est absolument convaincante.
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Inosuke – Allomancer
Neocrust / Post-metal – USA (Zegema Beach)
Faute de représentants forts, le neocrust est mal connu en France. Ajouté le fait que ce n’est pas le style dont le nom retranscrit le mieux son contenu, vous avez une indifférence généralisée pour ce genre, pourtant fascinant et singulier des musiques extrêmes. Parfois aussi appelé crust mélodique, le neocrust a pris les rudiments du crust punk et y a ajouté une sensibilité plus sombre, mélodique et épique avec notamment des influences fortes du post-metal, du sludge, du screamo ou même du black metal. En résulte un genre versatile, très expressif et marqué par des groupes comme Fall of Efrafa, His Hero is Gone ou Tragedy.
Inosuke n’est pas le premier nom qui vient en tête, notamment parce que le duo de l’Ohio ne revendique pas le terme. Pourtant avec des bases hardcore / crust, le groupe vient jouer sur les textures, les émotions et les mélodies dans la même logique qu’un Alpinist ou un Fall of Efrafa. Le post-metal est omniprésent (« a thousand years of ash and mist ») et les réflexes screamo du batteur sont aussi évidents (« the well »). Logique car Erik Anderson est aussi batteur de Lord Snow et que le guitariste-chanteur Jason Kallicragas est aussi dans les très bons Locktender.
Inspiré de la saga fantasy Fils-des-brumes écrit par Brandon Sanderson, cet EP est un voyage créatif passionnant de dix-huit minutes aux atmosphères riches, aux idées de riffs inouïes et à la batterie bigarrée et éloquente. Un morceau de plus aurait été apprécié, mais Allomancer se tient extrêmement bien en l’état et vous auriez tort de ne pas l’intégrer à vos rattrapages des oublis de 2025.
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Raw Brigade – 100 %
Punk hardcore – Colombie (Flatspot)
Les États-Unis et l’Europe n’ont pas l’apanage du hardcore. Les autres continents se débrouillent très bien pour produire du punk de grande qualité, plein de ferveur et de nouveaux regards sur la scène. C’est le cas de l’Asie du Sud-Est, mais aussi de l’Amérique latine qui a une histoire ancienne avec toutes les franges du hardcore, du hardcore mélo au screamo. Raw Brigade a été créé en 2016 à Bogotá, en Colombie, à l’origine comme un cover band de Youth of Today qui n’était censé n’exister que pour un show unique. Neuf ans plus tard, Raw Brigade est le groupe de hardcore pur qui s’exporte le mieux de Colombie, voire d’Amérique latine.
Après une signature chez Flatspot, les Colombiens straight edge viennent de sortir leur deuxième album, 100 %, avec une particularité majeure : une sortie en deux éditions, une en espagnol et une en anglais. Cette pratique, rarissime dans le hardcore, était pourtant courante à une époque où les groupes non-anglophones devaient passer par l’anglais pour percer (pensons à Kraftwerk, ABBA ou des artistes yéyé) ou dans la K-pop actuelle, souvent également enregistrée en japonais. Alors que ça pouvait être compréhensible pour des groupes destinés à des gros circuits, je trouve ça un peu dommage que Raw Brigade offre la possibilité de gommer son particularisme et de ne pas écouter sa musique dans sa langue natale, d’autant plus que la version anglaise garde tous les samples en espagnol et perd largement en intérêt.
Du reste, 100 % est un album de hardcore à l’ancienne (grosse inspiration Outburst), survitaminé et expéditif, avec la majorité des morceaux ne dépassant qu’à peine la minute trente. Tout l’album est réfléchi pour maximiser l’efficacité avec des two-steps farouches, du sing-along, des paroles sur la fierté de venir de Bogotá, la communauté straight edge, et les inégalités sociales et la corruption. Un écrin assez classique mais une exécution impeccable pour un disque frais et puissant, bourré d’hymnes. À savoir que le groupe a aussi sorti un court documentaire sur son histoire et ses engagements que je ne peux que vous conseiller.
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Météore – Spectres
Emo / Post-hardcore – France (Spleencore / Cœur sur toi)
À la lecture des influences de Météore, beaucoup d’entre vous pourraient froncer un sourcil ou adopter une mine circonspecte. En effet, dans le kit presse on peut lire côte à côte Title Fight, M83, Kyo, Have Heart et Bon Iver. Mais à la surprise devrait vite succéder une curiosité enthousiaste. Intérêt salutaire car le tout premier EP du groupe brestois est assez fascinant dans sa démarche et dans son exécution.
Sur une base de post-hardcore lancinant et introspectif qui rappelle en effet Title Fight ou Citizen, Météore ajoute dès le premier titre, « Le Goût du sang », une sensibilité émotive en voix de tête qui vient flatter une certaine école française doucereuse dont Kyo était le porte-drapeau. Et quand la saturation s’installe, la patte screamo française d’Amanda Woodward ou Daïtro devient évidente, à l’image de l’explosion salvatrice finale sur « Phasmes ». Chaque écoute dévoile alors un nouveau niveau de subtilité, faisant de chaque titre ce que les anglophones appellent un « earworm », un morceau qui colle au cerveau. Allez Brest allez !
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False Reality – Faded Intentions
Metalcore – Angleterre (Hassle Records)
False Reality avait créé la surprise début 2024 avec son premier EP Path of Self Destruct, qui contenait des gros tubes (« Pay the Reaper ») et un featuring de Speed, rien que ça. Le groupe londonien fait dans le metalcore urbain bien hurlant, bien cinglant, avec une chanteuse à la saturation hargneuse, dans un style similaire à celui de No Right, un Initiate plus corsé ou même Trapped Under Ice dans l’équilibre entre breakdowns sauvages (« Snake Eyes ») et sensibilité pour le groove et le rock’n’roll.
C’est cette approche très rock, avec des solos nets et incisifs (« Snake Eyes », « Cost of Spite »), du groove (« Sonder ») et des timbres de guitare bien gras (« Mirror ») qui font tout le sel de False Reality et lui permet de sortir du lot. Ça n’empêche pas le groupe d’avoir recours à des riffs metalcore façon cran d’arrêt (« Out of Time ») ou des riffs effrénés en palm mute façon thrash crossover (« Cranium », « Worth It »). Cette diversité de couleurs dans la musique de False Reality fonctionne bien, mais avec une durée démesurément longue de trente-cinq minutes, Faded Intentions part un peu dans tous les sens et aurait gagné à se séparer d’un ou deux titres (« Worth It » et « Every Gaze » par exemple), mais vous commencez à savoir que c’est une croisade personnelle que je mène depuis longtemps.
Ce premier long format a beau frôler parfois le péché d’orgueil, il n’en est pas moins une grande mandale envoyée avec de l’élan dans la face du hardcore européen. False Reality est d’ailleurs un très bon groupe de live, comme il l’avait prouvé à la dernière édition de Bourlon. Autant de raisons pour vous plonger dans l’écoute de Faded Intentions afin de dégivrer vos canaux auditifs. Attention, étrangement, toutes les pistes ne sont pas écoutables sur la page Bandcamp. Si vous voulez écouter le disque en entier il faudra passer par les plateformes habituelles.
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Pupil Slicer – Fleshwork
Metalcore chaotique – Angleterre (Prosthetic)
Pupil Slicer n’a pas mis longtemps à s’imposer comme une valeur sûre du mathcore contemporain, aux côtés de Frontierer, Soulkeeper ou Car Bomb. Pourtant, dès son deuxième album, le mathcore commençait à s’ouvrir à des influences extérieures avec des passages plus atmosphériques et des respirations post-hardcore bien pensées mais un peu trop présentes.
Pour ce troisième-né, les Londoniens-nes synthétisent davantage cet intérêt pour les ambiances ciselées (« Cenote »), mais l’abordent plus subtilement et le fait au service de la noirceur saturée. À ce propos, la dissonance et les signatures rythmiques curieuses disparaissent en toile de fond pour laisser s’exprimer un metalcore certes chaotique et dissonant, mais beaucoup plus frontal et groovy (« Innocence ») que ce que le groupe a produit jusqu’ici. Le groupe décrit d’ailleurs l’album comme « trans inclusive radical hatred », en référence à la transidentité de Kate Davies, au chant.
Ce changement de cap stylistique a sûrement plein de raisons, la plus évidente étant le départ du bassiste historique Luke Fabian et son remplacement par Luke Booth qui assure également des backs sur le disque. Ce dernier apporte des lignes de basse forte, comme sur « Innocence » qui complimente très bien les riffs syncopés (« Sacrosanct », « Nomad ») et la versatilité de la batterie, qu’on peut notamment entendre sur « Black Scrawl ». C’est un album riche, avec beaucoup d’idées, des intentions blackgaze sur quelques segments comme la fin de « Nomad » ou « Cenote », des breaks pesants (celui de « Black Scrawl », en deux parties) ou des crescendos forts à l’image du très bon titre éponyme et ses références post-hardcore. Il vous faudra au moins deux écoutes pour commencer à digérer Fleshwork, mais c’est une entreprise hautement gratifiante.
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Cold Steel – Discipline & Punish
Crossover metalcore – USA (Spinefarm)
Je vous en parlais dans la Bagarre #20, Cold Steel était une excellente surprise dans le registre metalcore crossover qu’occupe également Spiritworld, Mindforce ou Drain, avec une proposition extrêmement incisive, des riffs marquants et des breaks écrasants. Le passage des EPs au LP est toujours un moment risqué où des groupes cèdent à certains compromis sur leur recette sonore ou perdent le percutant permis par un format plus court. Malheureusement, Cold Steel semble trébucher et se retrouver dans la première catégorie.
Discipline & Punish est très loin d’être un album inintéressant, mais il est segmenté de façon évidente en deux moitiés qui peinent à dialoguer. D’une part, une première partie très enthousiasmante, avec l’efficacité viscérale des productions passées (« Front to Enemy » avec Aaron Heard de feu Jesus Piece) et qui garde tout le mordant du thrash crossover (le très Drain « Killing Season ») et ses breaks épiques (celui de « No Escape » en tête). Mais de l’autre, le groupe va chercher ailleurs ce qu’il réussissait pourtant très bien dans le style originel.
À partir de « Vantage Point », Cold Steel commence à faire du groove metal / metalcore pas forcément manqué, mais qui ne lui ressemble pas et qui sonne comme une tentative de s’attirer les faveurs du public de groupes comme Malevolence ou Judiciary. Ça s’entend dans le moyen et lancinant « Fever Dreaming », ou « Return to Agony », pas toujours du meilleur goût et qui ne se voit pas transcendé par les apports groove, comme sur ce break final en chugs, pas mauvais, mais qui ne colle pas à la personnalité du groupe. Constat similaire avec « Smoking Mirrors », morceau qui va chercher du côté du hip-hop avec des scratchs et des loops, amusant mais qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Le groupe nous laisse avec « The Coldest Death », final avec des idées mais dont les liants sont curieusement disposés, à l’image de la déclamation émotive à 3:30. Ce premier LP s’avère être un disque très inégal, avec un début sur les chapeaux de roue et qui s’effondre en deuxième partie, faute d’idées ou à cause d’une volonté trop radicale de diversification.
« Mais Raton tu nous as dit qu'il y avait rien en novembre-décembre », oui mais j'ai quand même du rab pour les appétits insatiables :
On a peu d’exemples de bon metalcore chanté en français. Heureusement, Ab-Natural fait figure d’exception. Avec ce deuxième EP, les Rennais livrent un metalcore résolument moderne, souvent syncopé, avec quelques synthés habilement amenés et un sens de l’emphase typique de la scène actuelle.
The Devil Wears Prada a décidé de confier la majorité du chant de son nouvel album au guitariste Jeremy DePoyster et de reléguer Mike Hranica au second plan. S’en dégage un album de metal alternatif aux relents électroniques fade et inoffensif qui a perdu tout le mordant que Color Decay pouvait encore parfois avoir et dont tous les titres sont interchangeables dans leur médiocrité.
Les mordus-es de metalcore mélodique peuvent profiter d’un bon snack avec le double single publié par xSeraphx, groupe très prometteur de Minneapolis et dont les deux morceaux viennent renouer avec brio avec la tradition du genre, des breaks gutturaux aux riffs épiques chipés à At the Gates et même des gang vocals sur le deuxième titre.
Les mêmes personnes seront ravies du retour de A Mourning Star, deux ans après le grand A Reminder of the Wound Unhealed. Les Canadiens sont toujours aussi à l’aise dans le registre metalcore mélodique, avec une incursion plus emo, notamment sur le très bon « Painted Doors » ou sur « An Abundance » et sa basse imparable.
Groupe majeur du screamo japonais, Sans Visage livre sa première sortie depuis cinq ans avec un EP de skramz classique mais efficace, avec des moments d'intensité mais pas forcément tenus. Beaucoup de changements de rythme et de jeu sur les rythmes de batterie le font sortir de la mêlée, même si ça reste réservé aux die-hards du style.
Le groupe canadien Coup d'État continue à faire dans le screamo / faux emo, en ciblant autant les fans de Saetia que d'Alexisonfire. C'est toujours bien et créatif, même si ça a souvent le cul entre plusieurs chaises et que la sortie de 2024 reste très au-dessus.
Celles et ceux qui regrettent l’insolence de Heavy Heavy Low Low, The Sawtooth Grin ou The Locust seront ravis-es du premier album d’Hetta, groupe portugais de mathcore sassy. Dissonant, grinçant, nerveux et chanté avec la voix de Cartman de South Park, c’est une proposition originale dans un style trop oublié.













