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Album

22/07/22 - S.A.D.E

Black Magnet

Body Prophecy

Label20 Buck Spin
styleIndus
formatAlbum
paysUSA
sortiejuillet 2022
La note de
S.A.D.E
9/10


S.A.D.E

Chroniqueur doom, black, postcore, stoner, death, indus, expérimental et avant-garde. Podcast : Apocalypse

Après un premier album avec une force de frappe et une qualité de composition irréprochable, toutes les oreilles sont braquées sur l'auteur lorsqu'il annonce sa deuxième production. En tous cas, les miennes étaient orientées depuis 2020 en direction d'Oklahoma City d'où a émergé le son incroyable de Black Magnet, dans l'attente (mes oreilles) d'une suite à cette incroyable découverte qu'a été le projet de James Hammontree. La seconde fournée nous est de nouveau servie par 20 Bucks Spin et autant vous le dire tout de suite, c'est toujours aussi savoureux.

Dès A History of Drowning, Black Magnet nous repêche là où il nous avait laissé : dans une période sentant bon les années 90 mais avec une production tout à fait moderne et ancrée dans son époque. Toujours dans son registre Indus fortement inspiré de Godflesh, James Hammontree donne un énorme coup de boutoir avec ce premier morceau : le tempo est écrasant, le son (à nouveau signé Sanford Parker qui a bossé, dans un style différent, avec Eyehategod ou Yob) est massif et le riffing imparable. Juste derrière, Violent Mechanix joue davantage dans les plates-bandes de Ministry déboule avec son énergie impulsive et démontre une nouvelle fois la force principale de Black Magnet : une incroyable capacité de synthèse. Tout au long de l'album, on navigue entre les grands piliers de l'Indus du siècle dernier (Godflesh, Ministry, NIN et Manson), passant de l'un à l'autre avec une aisance totale, sans jamais tomber dans le plagiat ou la caricature. Parce que, de ces inspirations quadri-céphales, Black Magnet sait comment en retirer une musique qui n'est pas que la somme de ses parties mais bien un tout ontologique cohérent et identifiable immédiatement.

Si chaque titre est réussi, quelques uns sortent quand même du lot. Parmi ces morceaux, Floating in Nothing est particulièrement intéressant. Citant l'air de rien, sous des couches de saturation bien synthétiques, New Order et son Blue Monday, James Hammontree montre qu'il est capable de puiser encore plus loin dans les musiques où la machine est reine tout en parvenant à intégrer ces idées dans son champ d'action. Incubate très NIN/Manson est également excellent, rampant et menaçant à souhait. C'est d'ailleurs ce titre que le grand maître Broadrick a remixé, consécration ultime s'il en est. Quant à la palme de l'agression, elle revient peut-être à Wolverine Dreams : le chant plus hurlé et désespéré que jamais vous en veut personnellement, la rythmique simple et précise n'est là que pour vous écraser et les machines et leurs saturations infernales complètent le tableau. A l'image du premier album, Body Prophecy est relativement court, et cela reste une force. Les morceaux vont droit au but, tout est fait pour que l'écoute soit intense du début à la fin, et pour que l'envie de rappuyer sur play inlassablement vous prenne chaque fois que la conclusion arrive.

Pari réussi pour Black Magnet avec ce deuxième album : sans bénéficier de l'effet de surprise qui accompagnait sa première sortie, James Hammontree parvient à impressionner tout autant avec cette seconde proposition. L'équation est la même, le résultat très proche, et pourtant pas le moindre ennui ou sentiment de redite à l'horizon. Deux albums, deux tueries, et deux questions : à quand la troisième ? A quand le passage par le Vieux continent ?

Tracklist de Body Prophecy :
01.A History of Drowning
02.Violent Mechanix
03.Floating in Nothing
04.Incubate
05.Hermetix
06.Wolverine Dreams
07.Body World
08.Sold Me Sad
09.Last Curse
10.Dowsing
11. Incubate - Justin K. Broadrick Remix

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