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REVUE D'ACTU #36 : Alien Weaponry, Wormwitch, Joe Knecht, Destinity...

lundi 14 juin 2021
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

La musique permet de voyager sans bouger de son canapé, c'est bien connu. C'est d'autant plus vrai cette semaine : on vous propose une sélection qui nous offre un véritable tour du monde, des forêts primaires de Cascadie aux côtes grouilllantes de vie de Nouvelle-Zélande, avec même un détour par l'Arabie Saoudite !

Ana.n7n :

Storyteller : Chez Horns Up, on va souvent chercher nos groupes dans des contrées lointaines, afin de vous apporter une touche d’exotisme. Le nom du groupe est déjà une source d’étonnement : Ana.n7n ; les quatre musiciens viennent d’Arabie Saoudite et sont sur le point de sortir leur premier album, dont le titre et la date ne sont pas encore connus. La démarche est singulière : tout d’abord, tous les titres sont chantés en langue arabe, ce qui apporte bien entendu des sonorités peu entendues dans le monde du Metal progressif. De plus, chaque titre de l’album sera accompagné d’un visuel que l’auditeur pourra suivre sur Youtube ou Instagram. Le groupe cherche à rendre l’expérience la plus totale possible puisque le concept tournera autour des réseaux sociaux, de leurs acteurs et de leur influence. Et aujourd’hui, vous pouvez voir "Sonnaa Al Dayaa" ("those who corrupt" dans la langue de Shakespeare), quatrième single, prog et presque Heavy, aux confins d'un style que l'on pourrait voir comme proche de Vanden Plas par exemple. A suivre chez Wall of Sound Records.

 

Wormwitch :

Circé : Deux ans après Heaven that dwells within, Wormwitch sortira son troisième album le 27 août prochain, toujours chez Prosthetics Records. Et à en juger par "Abracadabra", premier extrait sorti la semaine dernière, les canadiens semblent mettre à nouveau l'accent sur l'aspect le plus punk de leur Black Metal, rappelant bien plus le premier de leurs deux albums. Les mélodies, sans complètement disparaître, sont mises en retrait pour des guitares et un chant plus rentre-dedans sur un mid-tempo à faire bouger la tête bien en rythme – un petit solo venant tout de même casser la relative linéarité du morceau jusque là. Le mélange reste tout de même assez équilibré, comme toujours avec le groupe, la production propre et puissante rendant le tout encore plus accrocheur. On pourrait certes gagner en véhémence, mais c'est direct, propre et efficace - on a hâte de pouvoir découvrir Wolf Hex dans son intégralité

Joe Knecht III :

Storyteller: Les jeux vidéo sont sans aucun doute un point de convergence pour pas mal de fans de Metal, alors quand un musicien s'entiche d'un morceau tiré d'un jeu culte, on a envie d'écouter. Joseph Knecht est un de ces musicos diplômés de la prestigieuse Berklee School of Music et donc, en toute logique, il fait du prog. Et là, il a décidé pour rebondir sur l'actualité du jeu et de jouer sa version du titre d'ouverture de Halo Reach, saga éditée par Microsoft et donc disponible sur Xbox. Pour rappel, le jeu, un FPS, est sorti en 2010 sur la Xbox 360, c'est un prequel de l'univers Halo et de son héros légendaire, Master Chief.

Pour en revenir à la musique, l'ensemble est arrangé pour sonner Metal, mais les fans reconnaitront la partition aisément. Ce morceau fait partie d'un EP de 6 morceau qui est sorti le 16 juin.

Wolves In The Throne Room :

Circé : Les loups envahissent de nouveau la salle du trône avec un single assez court par rapport aux habitudes du groupe. Cinq petites minutes qui ne déçoivent en tout cas pas une seule seconde avec un son toujours plus majestueux s'éloignant du côté plus intimiste des premiers albums. L'atmosphère demeure en tout cas toujours aussi mystique et prenante, des riffs mélodiques aux vocaux en passant par les arrangements omniprésents. Jouant toujours par leurs propres règles, le groupe s'autorise même un solo en plein milieu d'un morceau black atmo sans que cela ne détonne une seule seconde. Le groupe a signé pour ce prochain album avec Relapse Records, et on sent en tout cas plus que jamais la volonté de Wolves de confirmer leur statut au delà de l'underground (que ce soit par la production, le clip bien chiadé ou l'aspect très accessible de ce morceau). Mais du moment que la qualité est au rendez-vous, on ne va pas s'en plaindre. Il faudra en tout cas attendre jusqu'au 20 août pour entendre l'album complet, intitulé Primordial Arcana. Il sortira chez Relapse en Amérique du Nord et chez Century Media pour le reste.

Unto Others :

Circé : Les Oregonais d'Idle Hands avaient fait grand bruit il y a quelques années avec leur EP Don't waste your time et leur premier album, Mana. Surfant sur la vague du revival Goth/Post-Punk avec une base heavy mélodique, j'avais pour ma part fortement apprécié l'album à sa sortie, mais me suis vite mise à zapper pas mal de titres pour ne me repasser que les “tubes”. C'est avec curiosité mais pas forcément beaucoup d'attentes que je lance donc le nouveau single du groupe – désormais nommé Unto Others après un soucis de trademark sur leur précédent nom. “When will gods be done” s'éloigne toujours plus du heavy pour se concentrer sur la facette de leur musique la plus goth, que ce soit par les lignes de basse, le chant, l'imagerie du clip... Malgré le petit solo de guitare et le chant qui s'aventure toujours par occasion sur des terrains plus écorchés en lachant quelques “ugh” au passage. Unto Others confirme tout de même globalement leur direction musicale ; quelque chose de plus forcément très original à l'heure actuelle, avouons-le. Les couplets peuvent être un peu bancals et convenus, mais le refrain fait son boulot de partie accrocheuse et groovy. Un retour en demie-teinte musicalement, au delà d'un succès apparent de part leur signature chez Roadrunner et une grosse tournée européenne en prévision avec Behemoth, Carcass et Arch Enemy.

Destinity :

ZSK : Pour son grand retour, 9 ans après Resolve In Crimson et 3 ans après sa reformation autour d’une bonne partie des membres d’origine, le groupe lyonnais Destinity nous a réservé une petite surprise ! Si le groupe s’était fait porte-étendard d’un Mélodeath moderne, extrême et musclé avec des albums marquants comme Synthetic Existence (2005) et The Inside (2008), avec ce premier extrait de In Continuum (qui sortira le 15 octobre), Destinity semble prendre une autre direction. Celle menant, à l’instar de pas mal de groupes français œuvrant dans les mêmes eaux (comme Aesmah, lyonnais également), vers un Mélodeath beaucoup plus connoté 90’s. Et c’est parfait ! Dès les premières secondes, on est transporté vers le feeling de certains anciens albums de Dark Tranquillity et At The Gates. Même la voix de Mick se met à l’unisson, plus proche des chants extrêmes suédois d’antan que de son ton rauque habituel. Cela fonctionne du tonnerre grâce à des mélodies de premier choix, des rythmiques efficaces et même un beau break légèrement acoustique. C’est classique, mais comme d’autres, c’est totalement réussi et très enthousiasmant pour l’album à venir. Il va falloir encore patienter jusqu’à l’automne mais avec ce "Reject the Deceit", Destinity fait un retour déjà convaincant et une entrée fracassante dans le microcosme du Mélodeath nineties remis au goût du jour. Génial !

Enshine :

ZSK : Auteur de deux albums remarquables, Origin (2013) et Singularity (2015), Enshine - qui rassemble le Suédois Jari Lindholm (ex-Slumber, ex-AtomA) et le Français Sébastien Pierre (Fractal Gates, Cold Insight, Monolithe) - va revenir en bacs le 30 juillet, toujours chez Rain Without End Records. Pas pour un nouvel album - qui devrait néanmoins suivre de peu - mais pour un EP 4-titres nommé Transcending Fire histoire de mettre l’eau à la bouche. Le morceau-titre nous a été dévoilé en guise de premier single et le moins qu’on puisse dire, c’est que Enshine n’a pas changé. Il est toujours porteur d’un Doom/Death mélodique très éthéré, futuriste et cosmique. Porté par les splendides mélodies de Jari Lindholm et les growls toujours aussi bien sentis de Sébastien Pierre, ce single nous fait une fois de plus bien voyager. Les amateurs seront conquis et attendront la suite avec impatience, surtout que Singularity remonte à six ans, même si entretemps on a pu se rabattre sur l’album de Cold Insight et les projets de Jari Lindholm - qui a sorti un joli album solo Trajectories plus tôt cette année - comme Exgenesis. Enfin, sachez également que Origin et Singularity vont être réédités si vous ne les aviez pas choppés à l’époque. On va donc rester alerte pour la suite du retour de Enshine

Alien Weaponry :

Matthias: Attention, si vous souffrez de thalassophobie ou de squalophobie passez votre chemin* ! Alien Weaponry se fend d'un clip en milieu humide pour accompagner "Tangaroa", single qui figurera sur le second album du groupe néo-zélandais, d'ailleurs éponyme et attendu pour septembre prochain. Bon, le message portant sur la dégradation de la biodiversité océanique et sur l'étouffement généralisé par le plastique reste évidemment louable, et probablement sincère de la part de ces jeunes kiwis/maoris qui soutienne Sea Shepperd. Mais je ne peux pas m'empêcher de le trouver un peu plat, sans doute car nous avons beaucoup parlé du dernier Gojiraces derniers temps. L'alternance de chant clair et de refrains scandés en maori fonctionne toujours, mais je peine quand même à retrouver la puissance guerrière d'un morceau comme "Kai Tangata". Les frères Lewis et Henry de Jong, respectivement guitariste et batteur de Alien Weaponry ont toutefois précisé que leur second album abordera aussi des thèmes plus historiques, comme la migration des Maoris jusqu'en Nouvelle-Zélande ainsi que les légendes qui accompagnent ce peuple. C'est suffisant pour que je prenne le temps de l'écouter.

*Respectivement la phobie de l'océan et celle des requins. Oui, à Horns Up on aime bien soigner le vocabulaire.

Alcatraz Metal Festival :

Matthias: Cela fait longtemps qu'on avait plus eu l'occasion de vous montrer l'affiche d'un festival ! Car oui, après quantité d'incertitudes, il semblerait que l' Alcatraz aura bien lieu les 13, 14 et 15 août 2021 à Courtrai. Dans le monde d'avant, ce festival belge jouissait d'une image d'événement certes éclectique, mais à la programmation de qualité, avec toujours quelques groupes hitoriques à (re)découvrir sur scène. Quant à cette année, bon... On peut s'étonner de certains choix dans la programmation, comme l’enchaînement Eluveitie AmenRa Kreator en guise de haut d'affiche le troisième jour. Je me demande bien qui donc serait attiré par ces trois groupes à égalité... A noter toutefois que l'affiche n'est pas présentée comme complète sur le site officiel de l'Alcatraz.