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Album

09/02/21 - Varulven

Asphyx

Necroceros

LabelCentury Media Records
styleDeath Metal
formatAlbum
paysPays-Bas
sortiejanvier 2021
La note de
Varulven
7.5/10


Varulven

The sound of falling, when the pictures are moving

Asphyx fait partie de ces groupes piliers dont l’on n'attend qu’une chose : qu’ils nous servent la même vieille recette, certes attendue, mais toujours aussi efficace. En cela, les Bataves remplissent assez aisément le contrat. Surtout depuis leur comeback en 2007, après une pause de sept ans suivant la sortie de On The Wings of Inferno, alors noyé dans tous le fatras d’albums « concours de brutalité technique » qui pullulaient à l’époque. Death... The Brutal Way (2009), et surtout Deathhammer (2012), reprenaient le flambeau des 2 premiers opus, mais en allant encore plus loin dans la puissance de feu, la force de frappe et la lourdeur appuyée. Un compromis entre salves éclairs et longues plages suffocantes, portées par les aboiements atypiques de Martin Van Drunen. Une lenteur que l’on retrouvera au premier plan sur Incoming Death (2016), qui accentuera davantage la facette Doom présente depuis les débuts, mais en la poussant vers plus de « légèreté » mélodique. Un rendu lorgnant presque vers le Heavy/Doom sur certains passages plus aérés, bien que la furie Death touka touka continue à pointer de temps à autre le bout de son nez.

C’est durant les premiers jours de 2021, toujours en pleine crise sanitaire donc, que Asphyx nous revient avec Necroceros. Successeur de Incoming Death, au nom quelque peu atypique, qui semble indiquer un passage définitif vers le côté mid tempo de la Force. Avec un album portant comme titre un jeu de mot claqué entre la mort et le nom d’un pachyderme, difficile d’y voir autre chose qu’une prise de position radicale concernant le contenu de ce dixième méfait.

En un sens, c’est effectivement le cas. Pourtant, le groupe reste une fois de plus, et avant tout, campé sur ses positions. Ce Necroceros demeure d’abord un énième concentré de Death Metal old school simpliste et rustique, où violence bas du front et pavés bien stompy se livrent une bataille acharnée au coeur de ces dix compositions. La seul différence réside dans le dosage beaucoup moins strict concernant les deux facettes de la bande. Tous les curseurs ont été poussés à fond, avec le moins de retenue possible. Si bien que malgré leur nombre très réduit, les morceaux brutaux paraissent encore plus parpaings et straight forward qu’à l’accoutumée. Le thrashy « Botox Implosion » et le rock’n’roll « Knight Templar Stand » sont de bons exemples en termes de dévastation de mobilier, même si le tractopelletage d’un « Death… The Brutal Way ou d’un « Deathhammer » semble désormais bien loin.

L’intensité bien neuneu fait toujours bel et bien partie d’Asphyx. Mais elle est, comme présentie, encore plus diluée que sur Incoming Death. Les grosses marches belliqueuses ont ici le beau rôle, et ont été poussées à l’extrême. Tant et si bien que les passages guerriers sont tellement groovy qu’ils en sont presque entraînants, au détriment de la désolation écrasante que pouvait véhiculer un « Minefield » ou un « As The Mammoth Magma Rises » sur Deathhammer. On tire beaucoup plus vers un climax fait de mélodies épiques et emphatiques, chose aussi déroutante que rafraîchissante dans un album des Néerlandais. Cela se caractérise autant par des instants va t’en guerre et victorieux dignes d’un bon Bolt Thrower (« Molten Black Earth », « Mount Skull », entre autres) que par des leads guitares plus lancinantes très typées Paradise Lost ou My Dying Bride (« Three Years of Famine », « In Blazing Oceans »). Un parti pris plutôt réussi, mais qui mène malheureusement à un certain enlisement passé « The Nameless Elite ». Cette surcharge de lourdeur finit à terme encroutée dans quelques longueurs soporifiques de fin de morceaux, les derniers titres étant assez symptomatiques de cette tendance observée sur les récentes productions. Et si l'on prend en compte un début d'essoufflemment évident des vociférations de Van Drunen, ressemblant plus à un vieil asthmatique en manque de ventoline qu'au sergent instructeur furax de Full Metal Jacket, on peut craindre que ce léger assagissement soit le fruit d'un progressif vieillissement. Mais ça, c'est le futur qui nous le dira. 

Quoi qu'il en soit, Necroceros reste un bon cru dans la récente discographie d'Asphyx, laissant toujours la place aux fondamentaux tout en s'autorisant quelques petites "nouveautés" bien senties. Car malgré la légère (mais pas dramatique) baisse de régime de Van Drunen, nul doute que ma curiosité et mon impatience d'entendre ces nouveaux titres en live seront intactes. Un jour, peut-être. Dans le monde d'après. 

 

Tracklist : 

1. The Sole Cure is Death

2. Molten Black Earth

3. Mount Skull

4. Knights Templar Stand

5. Three Years of Famine

6. Botox Implosion

7. In Blazing Oceans

8. The Nameless Elite

9. Yield or Die

10. Necroceros

 

 

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