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REVUE D'ACTU #27 : Our Eternity, Dvne, Nightfall, Deus Mortem, Tribulation, etc.

dimanche 24 janvier 2021
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Les jours de ce mois de janvier s'écoulent et l'espoir apporté par la nouvelle année s'estompe déjà peu à peu. Les concerts et festivals sont menacés au moins jusqu'à l'été, le moral est dans les chaussettes et la morosité ne fait que grandir au fur et à mesure que le spectre d'un nouveau confinement revient dans nos vies. Heureusement, les sorties d'album et autres plaisirs musicaux continuent de nous maintenir la tête hors de l'eau. Au programme de ces deux dernières semaines, nous avons épinglé du Metalcore, du Death mélo ou bien encore du Black Metal.

 

Dvne

Di Sab : En 2017, les écossais de Dvne ont surpris absolument tout le monde avec Asheran. Voyage musical d’une heure centré sur la saga éponyme de Frank Herbert, le groupe a fait état de sa capacité à intégrer intelligemment beaucoup d’ingrédients divers : petites touches de prog, des éléments post rock, des voix claires et des voix saturées, quelques riffs issus des musiques lourdes, des breaks rappelant les scènes les plus modernes…le résultat est hyper cohérent, invite au voyage et, de mémoire, a vraiment conquis de nombreux auditeurs.

Le successeur d’Asheran aurait du sortir l’année dernière. Quelques soucis de type « crise sanitaire mondiale » en ont repoussé sa sortie, et ce n’est que cette semaine que le premier single a été dévoilé. Intitulé SI-XIV, le titre nous laisse là où nous nous étions quitté : encore une fois un niveau d’écriture remarquable pour un résultat accrocheur et complexe à la fois sans que l’une dimension prenne le pas sur l’autre. Etemen Ænka, le nouvel album, sortira le 19 mars. Le temps sera long d’ici là.

 

The Ruins of Beverast

Circé : Le nouveau The Ruins Of Beverast est sans conteste une de mes plus grosses attentes de 2021, après la claque que fut Exuvia et l'immersif split avec Almyrkvi de l'année dernière. Après un premier extrait, “Kromlec'h knell”, très monolithique, “Anchoress in furs”, tout en restant très doomesque, met un peu plus l'accent sur les ambiances mystiques et spirituelles avec une voix de femme incantatoire et des lignes de chant clair hypnotiques. On reste dans le lugubre, loin de la dimmension mélodique et céleste dans laquelle évoluent parfois les allemands. La pâte TROB est en tout cas bien là au milieu de ces neufs minutes envoûtantes, laissant présager un nouvel album de haute volée.

 

Of Mice & Men

Michaël : Les coreux Américains d'Of Mice & Men sortiront un nouvel EP le 26 février prochain chez SharpTone Records, leur nouveau label, sous le petit nom de Timeless. Composé début 2020, juste avant que la pandémie de la Covid ne vienne perturber les plans du groupe, il sera composé de - seulement - trois titres. Le premier extrait de cet EP, Obsolete, met toutefois l'eau à la bouche : un titre efficace, dynamique, puissant, dans la veine du dernier opus du groupe (Earthandsky) sorti en 2019. Le tout porté par une lyric vidéo animée plutôt réussie. Espérons que le reste de l'EP soit du même acabit. 

 

Nightfall

Michaël : Après plus de huit ans d'absence, Nightfall (Blackened death mélodique - Grêce) est de retour avec un nouvel album intitulé At Night We Pray, dont la sortie est prévue le 5 mars prochain chez Season of Mist. Le premier titre qui en est extrait, Killing Moon, a une vibe très old school à la Hypocrisy qui ravira les fans de Melodeath. Sans être fondamentalement révolutionnaire, ce titre mené de main de maître par le fidèle Efthimis Karadimas nous donne l'eau à la bouche ; et des douleurs à la nuque (je pense notamment à ce petit break parsemén de double pédale). On a hâte d'en écouter plus !

 

August Burns Red

Michaël : On ne s'attendait pas vraiment à revoir les Américains d'August Burns Red nous offrir du nouveau contenu si rapidement, eux qui ont sorti leur dernier album (Guardian) en avril dernier. Standing in the Storm, qui fait l'objet de la vidéo animée ci-dessous, est en réalité un titre qui avait été enregistré lors de la session studio de Guardian mais que le groupe a décidé de mettre de côté. Pas vraiment leur meilleur titre, mais un rythme effréné pour ce clip un peu bizarre. Quoi qu'il en soit, cette nouvelle vidéo a au moins un mérite : nous inviter à nous replonger dans les dernières sorties du groupe qui, elles, valent le détour.

 

Liquid Tension Experiment

Storyteller : Rassembler quatre héros du Metal Prog, c’est une belle performance, mais les rassembler pour la première fois depuis vingt-deux ans, c’est un événement. Liquid Tension Experiment, le projet instrumental de Mike Portnoy (Sons of Apollo), Tony Levin (King Crimson) et les deux Dream Theater Jordan Rudess et John Petrucci s’est reformé pour un troisième album, LTE3. Bon, ils ne sont pas très forts côté nom mais l’essentiel est à l’intérieur. On sait que la cible de ce genre d’albums est vraiment restreinte, il faut être fan de musique expérimentale et instrumentale. Le quatuor laisse une belle place à l’improvisation et au feeling, ce qui permet à des morceaux comme The Passage of Time de naître. Ce titre est le premier qu’ils ont composé en se remettant ensemble. Il est accompagné d’un clip un peu psychédélique, aux couleurs du groupe pour faire le lien avec les productions précédentes, et il contient surtout beaucoup d’images des musiciens qui jouent, comme si on rentrait dans l’intimité du studio et de la composition des quatre férus de musique. Le titre est Metal, par ses riffs et le son du binôme Portnoy - Petrucci, mais il est aussi Prog par la composition soignée, très légèrement complexe, et bien sûr, il est aussi plein de shreds pour ceux qui veulent s’en mettre plein les oreilles. Ce qui marque c’est aussi le côté accessible. Certes, il dure sept minutes, mais les thèmes sont abordables, on ne se laisse pas perdre dans un prog-jazz-branlette de manche prétentieux. C’est un bon titre d’accroche pour un album qui sortira le 26 mars chez InsideOut.

 

Our Eternity

Michaël : Ryan Kirby, chanteur du groupe de Metalcore Fit For A King, a décidé de se lancer avec le guitariste Chris Wiseman (Currents/Shadow Of Intent) dans un nouveau projet intitulé Our Eternity. Un Metalcore puissant, dynamique avec - sans grande surprise quand on connait les intéressés - des éléments symphoniques. Le premier fruit de cette collaboration s'appelle Bloodstained et vous pouvez l'écouter ci-dessous. Un projet qu'il faudra suivre dans les mois qui viennent !

 

Deus Mortem

Matthias: Le fait est peu connu en Occident, mais la Pologne et l'ésotérisme hébraïque partagent une longue histoire commune, pour le meilleur comme pour le pire. Qu'on songe évidemment au kabbalisme, mais aussi à l'épopée hallucinante et hallucinée de Jakób Frank, messie juif autoproclamé dans une République des Deux Nations alors profondément multiconfessionnelle. Je suis donc agréablement surpris que Deus Mortem continue à explorer cette veine mystique injustement délaissée avec son dernier EP, The Fiery Blood. Bon, techniquement celui-ci est sorti le 8 décembre dernier chez Malignant Voices, mais j'étais resté sur l'échéance du pressage en vinyle par Terratur Possessions, annoncé pour les mois à venir. Et puis vu le sujet, on n'est pas à une subtilité de calendrier près ! Les quatre titres viennent d'être tous dévoilés, c'est l'occasion de s'y plonger !

Car cette nouvelle sortie des Silésiens s'attaque à un gros morceau : la Genèse, rien de moins, et plus particulièrement ses péripéties les plus fondamentales. Dès les premières mesures de "Down the Scorched Paradise", la voix éraillée de Necrosodom nous plonge dans le désespoir le plus noir des résidents d'Eden contraints à l'exil par leur cruel démiurge, tandis que les guitares prennent le rythme répétitif et entêtant des dépossédés qui errent sans but sur "Lord of All Graves", dans le vent et la poussière, se ressasssant l'abondance perdue. Avec The Fiery Blood, Deus Mortem s'attribue une tâche ambitieuse : conter rien de moins que sa version de la tragédie des fils d'Adam, et en particulier du premier d'entre eux, Caïn, qui donnera à la lignée le goût du sang et sera lui aussi condamné à l'exil. Avant de devenir, on l'oublie parfois le premier fondateur des villes et des civilisations, comme le souligne la ligne presque atmosphérique qui revient constamment dans "Nod", jusqu'à terminer cet EP qui marque pourtant le tout début d'une Histoire aussi longue que furieuse. Un récit qui a le mérite d'être original dans un contexte black metal, et que le groupe polonais, un peu moins renommé que certains de ses compatriotes alors qu'il est taillé dans une très respectable étoffe, nous offre avec une maîtrise rare de la composition et de la narration !

 

Tribulation

Circé : Trois ans après Down Below, les suédois seront de retour avec un nouvel album, Where the gloom becomes sound, le vendredi 29 janvier via Century Media. “Funeral Pyre” étant déjà le troisième morceau promo sorti, on a déjà une bonne idée de ce à quoi cette cuvée 2021 va ressembler. Les suédois ne changent en rien la recette employée depuis plusieurs albums déjà, entre Death melo et gothic. Les riffs mélodiques comme le chant saturé sont propres et efficaces, les influences goth rock 80's toujours aussi palpables et bref, si la formule est connue, elle est toujours aussi agréable à l'écoute.

 

Emptiness

Malice : Mais qu'est-ce qui s'est passé avec Emptiness ? C'est vrai, j'avais un peu perdu de vue mes compatriotes depuis leur concert au Botanique qui m'avait laissé, pour rester mesuré, franchement sceptique. Mais Nothing but the Whole et même Not For Music, de plus en plus loin des racines extrêmes du groupe, étaient des albums intéressants et intelligents. De quoi rester attentif à cette nouvelle sortie et y jeter une oreille. 

Et là, c'est le drame : ce nouveau morceau, "Vide, incomplet", ressemble à un pastiche de post-punk "à la mode", prend la recette typique de ce genre tellement à la mode et y pose un chant aux allures d'ASMR bas de gamme, comme le texte cringe et edgy au possible posé sur des images bon marché de la Foire du Midi (la fête foraine bruxelloise par excellence). Il doit y avoir un concept et un intérêt "artistique" qui m'échappent, et si ça plaît à certains, grand bien leur fasse, mais désormais, Emptiness restera hors de mon radar ...