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REVUE D'ACTU #23 : Oldblood, Tribulation, Empyrean Grace, Yoth Iria..., etc.

dimanche 15 novembre 2020 - Team Horns Up
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

De la Grèce au Plat Pays, en passant par l'Angleterre, la Suède et les Pays-Bas, cette édition de la Revue d'actu parcourt les scènes européennes. Entre découverte archéo-musicale, clip futuriste et diversité sonore, voilà de quoi éveiller la curiosité en cette morne mi-novembre. Bonne lecture et bonne écoute !

Oldblood

S.A.D.E : Growl guttural et son massif, voici ce qui vous accueillera sur ce single de Oldblood. Quatuor londonien, Oldblood est un petit nouveau dans la grande cour(se) du Post-Metal à l'arrière goût de Black Metal, où le très bon cotoie le très convenu. A l'écoute de cet extrait de leur premier EP, j'ai très envie de ranger Oldblood dans la catégorie des combos prometteurs : la production est excellente, le riffing travaillé et riche d'une multitude de détails bien amenés, la construction intelligente et cohérente. Pas de défaut à l'horizon donc. Le tout est même livré avec un clip (pour le coup un peu convenu, des montages explosions nucléaires on en a déjà vu). Il faudra attendre le 4 décembre pour pouvoir écouter l'intégralité de Arms to the Sky.

Tribulation

Dolorès : Ce vendredi est sorti le nouveau clip et premier extrait du futur album de Tribulation. Visuellement, les presque cinq minutes animées par Ulf Lundén nous propulsent dans un monde entre animation étoilée SF, élans colorés seventies, géométrie et symboles subtils. Un beau moment qui colle très bien à la musique sans aller beaucoup plus loin, mais dans lequel on se laisse doucement absorber par l'animation majoritairement abstraite qui nous est proposée.

Un visuel qui dénote pas mal de l'identité visuelle très marquée et kitsch que Tribulation peut arborer sur scène par exemple. Mais finalement pas si loin de la musique que nous propose le groupe avec « Leviathans », un peu moins gothique que d'habitude, en continuant de proposer un style metal aux sonorités Death, Heavy et Gothrock sans trop abuser de cette dernière cette fois. A voir si la tendance se révèle sur l'album entier, qui paraîtra chez le 29 janvier 2021 chez Century Media Records.
 

Empyrean Grace

Dolorès : On parle rarement d'opus entiers ici, puisque quitte à parler de plusieurs titres rassemblés sous un même nom et visuel, il y a la rubrique chroniques. Cependant, lorsque le premier titre d'une démo est également le seul morceau, long de 28 minutes, on avise.

C'est le cas d'Empyrean Grace, qui vient de sortir cette première perle chez Haeresis Noviomagi. Même label néerlandais que Fluisteraars, Turia ou encore Solar Temple, dont les sonorités se rapprochent d'ailleurs fortement de ce dernier... Vu qu'on a bien l'impression que toute cette scène fourmille pour donner naissance à des projets, et qu'on a pour l'instant peu d'informations sur les membres d'Empyrean Grace, il est fortement possible qu'on y retrouve des membres des groupes de ce même label.

Bestowment of the Seraphic Key, dans la forme, se présente un peu comme Solar Temple : des vagues de Black atmosphérique mais destructeur, qui tournent et tournent encore sans jamais prendre fin, dans un raz-de-marée doucement épique, mystique et anxiogène. La différence : ça ne s'arrête pas de sitôt. On conseille, fortement, et ça vient de sortir fin octobre.
 

 

Yoth Iria

Matthias : J'ai déjà profité de cette rubrique pour évoquer Yoth Iria, et pour cause ! Qui me connait bien peut imaginer l'enthousiasme que suscite en moi une nouvelle collaboration entre deux vétérans de la scène grecque, les vénérables Jim Mutilator (Rotting Christ, Varathron, Medieval Demon,...) et The Magus (Rotting Christ, Necromantia, Thou Art Lord,...). Le duo a déjà commis cette année un EP et un split avec Kawir qui m'avaient tout deux fort intéressés, avec leur black metal hellénique rappelant la saveur si particulière des 90's.

Le duo derrière Yoth Iria semble donc bien décidé à transformer l'essai, avec un album intitulé As the Flame Withers et attendu pour janvier 2021 chez Pagan Records. Pour nous faire patienter, les Grecs ont dévoilé "The Red Crown Turns Black", avec un clip en prime. Si l'ensemble reste d'une bonne facture, ce morceau perd un peu de la spontanéité primordiale des sorties précédentes pour virer vers une composition plus mélodique, voire gothique, mais sans pour autant s'enfoncer trop avant sur cette piste. A voir donc, mais ce premier album reste une de mes grandes attentes de l'année à venir.

Rotting Christ

Matthias : Tant qu'à aborder la scène grecque de près ou de loin, je ne peux m’empêcher de revenir sur l'information la plus inattendue et la plus plaisante des dernières semaines : deux chercheurs luxembourgeois ont décidé de nommer une espèce fossile récemment découverte en hommage aux frères Sakis et Themis Tolis de Rotting Christ ! Pas de terrible lézard ou autre mastodonte, toutefois : Brezinacantha Tolis était un ophiure, soit un représentant d'une classe d'échinodermes proches des étoiles de mer, qui hantait les fonds marins du Crétacé. "Ce nouveau fossile appartenait à un animal qui vivait dans un environnement obscur et toxique au fond d'un ancien océan, s'épanouissant au milieu des restes de ses prédécesseurs éteints. C'est du pur black metal !", ont résumé les scientifiques, visiblement enthousiastes. Un bel hommage en tout cas, que n'ont pas renié les deux frangins grecs. Et une preuve la recherche scientifique n'est pas imperméable à d'agréables moments de folie. Une pointe de bonne humeur nécessaire, avec les attaques que les sciences subissent de tout côté, ces derniers temps... 

 

Soul Dissolution

Matthias : Retour à la musique, et plus précisément en Belgique, avec un nouvel EP de la part de Soul Dissolution, Winter Contemplations, sorti ce 12 novembre chez Viridian Flame Records. Dès "La Dernière Tempête" mes compatriotes arrivent à installer une ambiance hivernale, mais plus propice à l'anomie de la solitude forcée qu'aux réjouissances de fin d'année sentant bon le girofle et la cannelle. Blizzard ou pas, le titre gagne évidemment une certaine pertinence en ces temps anxiogènes, renforcée par le chant d'un Acharan pris aux tripes sans pour autant abandonner une très digne retenue. Avec seulement deux titres pour un EP de 24 minutes, il faut évidemment se retrouver dans une certaine ambiance pour apprécier pleinement Winter Contemplations mais, pour peu que décembre prenne la peine d'enfin se refroidir d'une manière décente, nul doute que j'y retournerai.

 

Lethvm

Matthias : Parité linguistique oblige, si j'ai abordé un croupe belge néerlandophone, il me faut répliquer avec une formation de langue française. L'occasion de mentionner, avec un peu de retard, j'en conviens, les Namurois de Lethvm, assez familiers de nos diverses rubriques. Après un second album intitulé Acedia qui a rempli ses promesses l'année dernière, le groupe de sludge/doom au son si particulier découvre avec clip à l'appui "Confessions", morceau inédit d'un EP éponyme de trois pistes, dont deux acoustiques, et que Lethvm présente comme un point final à l'histoire de leur sortie précédente. Fort logiquement, la parenté reste évidente, et Confessions fera office de petit cadeau d'une fin d'année morose pour les fans du groupe (dont la rédaction compte quelques spécimens). On ne va pas bouder son plaisir en tout cas, d'autant que la voix de Vincent crucifie toujours aussi aisément l'auditeur par son intensité peu commune, et que le chanteur confirme au passage qu'il sait aussi maitriser la voix claire.