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REVUE D'ACTU #22 : Dordeduh, Soen, John Carpenter, Architects, Scald...

dimanche 1 novembre 2020 - Team Horns Up
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

 

 

Architects

Michaël : Les Anglais sortiront leur neuvième album initulé "For Those That Wish To Exist" le 26 février via Epitaph Records. Après un Holy Hell qui m'avait un peu laissé de marbre, le groupe revient avec un album qui semble clairement approfondir cette nouvelle orientation résolument plus rock et mélodique "à la BMTH". C'est en tous cas ce que laisse penser ce premier titre où les cris/screams sont rares et où tous les passages principaux assurés en voix claire, là où Sam Carter se serait égosillé il y a encore quelques années. Le titre n'est pas mauvais, loin de là ; l'aspect martial de la batterie, les vocals de Sam et la très large utilisation de sons électroniques donnent un titre dynamique, entrainant et puissant. Pour autant, cette orientation risque d'en laisser quelques uns sur le carreau - moi le premier. On souhaite toutefois  le meilleur à ce groupe qui aura largement mérité d'être reconnu sur la scène internationale en parvenant à produire un son si singulier dans un genre - le Metalcore - particulièrement aseptisé. A confirmer lors de l'écoute intégrale de l'album.

Soen

Storyteller : Soen est le projet Metal Prog de Martin Lopez, ex batteur de Opeth, qu’il a créé avec la collaboration du bassiste Steve Di Giorgio, qui a joué pour Death ou encore Testament. Le groupe existe depuis une dizaine d’années et a sorti quatre albums depuis 2012. Voilà, les bases sont posées et on peut se concentrer sur le titre "Antagonist", qui vient préparer le prochain album Imperial, dont la sortie est prévue le 21 janvier de l’année prochaine, si une météorite ne nous tombe pas sur le coin de la tête d’ici là.

Le quintet nous propose une chanson très engagée. Le propos est très clair dans le clip : le groupe fait un état du monde très pessimiste, marquant la fracture entre les puissants et ceux qui n’ont rien d’autre que leur colère et leurs mots pour faire changer la situation. La diction du chanteur, le phrasé de la chanson est suffisamment lent et intense pour marteler ce message, qui invite les peuples à remettre en question cette autorité qui empêche d’avancer. La musique, quant à elle, est directe, très heavy, mid-tempo comme pour mettre en exergue l’aspect rouleau compresseur des paroles. Pas de grandes fioritures baroques mais une structure conçue à dessein, pleine d’intention. La fin du titre repose sur un groove de batterie et un solo de guitare qui appuient la vidéo.

Une œuvre vraiment complète et pleine de promesses pour la suite. Le son y est d’ailleurs un peu plus cru que Lotus, l’album précédent. Le message est clair : l’époque est crade, il est temps de prendre son destin en main : Fire up your guns !

John Carpenter

Di Sab: Ces cinq années ont été synonyme d’hécatombe pour l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Tobe Hopper, Wes Craven et Georges Romero partis, des Grands ne reste plus que Big John. Alors que le dernier classique du réalisateur a désormais 25 ans et qu’au cours du XXIème siècle, Carpenter a empoigné la caméra avec parcimonie il développe depuis 2014 sa carrière musicale main dans la main avec Sacred Bones Records en sortant ses Lost Themes.

Très proches de ses OST, ces thèmes perdus nous replongent dans les meilleurs moments de la ô combien riche filmographie de Carpenter. Alors que Lost Themes I nous tenait en haleine du début à la fin, j’ai trouvé son successeur un peu plus hétérogène d’un point de vue qualitatif. Le volume III sortira donc en février prochain et le premier extrait, "Weeping Ghost" est aussi peu surprenant qu’efficace. Ne nous quitte jamais, John !

 

Scald 

Malice : On attendait plus de détails sur le retour de Scald, déjà effectué en live mais désormais confirmé en studio avec toujours le très talentueux Felipe Plaza (Procession, Deströyer 666, Nifelheim) au chant. Sacrée tâche de remplacer Agyl, pour rappel disparu en 1997 et au micro sur l'unique et cultissime album Will Of Gods Is A Great Power (1996). 

Voilà désormais que l'EP à venir a une date de sortie : c'est le 26 février 2021 que sortira There Flies Our Wail!, via Roller Records. Au programme, une nouvelle version d'"Eternal Stone" mais aussi un inédit éponyme. Deux morceaux, c'est tout, pour cette première sortie studio en 25 ans : il faudra s'en contenter, en espérant que les Russes nous reviennent vite - et qu'ils n'aient pas perdu leur inspiration, tout de même ...

Dordeduh 

Malice : On le sait, beaucoup d'entre vous pleurent encore la mort prématurée de Negura Bunget, séparé en 2017 après l'excellent - et donc ultime - album Zi. Fort heureusement, l'esprit et la musique de Negura Bunget se sont réincarnés en 2012, quand des tensions internes poussaient Cristian Popescu (aka Sol Faur) et Edmond Karban (aka Hupogrammos) à fonder Dordeduh. Le premier et jusque là unique album, Dar de duh (2012) formait une dose de black folklorique roumain d'une qualité indéniable, qui permettait aux fans de NB de tenir le coup pendant la longue pause du groupe de 2010 à 2015. 

Maintenant que Negura Bunget est officiellement mort, c'est le moment idéal pour Dordeduh de ressurgir : 8 ans plus tard, le très discret combo roumain annonce que son second album est prêt depuis quelques mois, mixé par Jens Bogren et prêt à être dévoilé dans un futur proche. Pas de date, pas d'extrait, juste la promesse de ce qui devrait être l'un des albums les plus attendus de la scène. 

 

Lethe

Circé: On n'avait plus vraiment eu de nouvelles de Lethe depuis The first corpse on the moon en 2017, jusqu'il y a peu. Le duo expérimental composé d'Anna Murphy (Cellar Darling, ex-Eluveitie) et Thor-Helge Skei (Manes) a annoncé un nouvel album avec une « tentative de sortie » pour 2021, mais plus concrètement, un 7' deux titres dont voici la première partie.

"Gamma" met en avant plus que jamais la voix toujours aussi enveloppante d'Anna Murphy sur une instrumentation éléctro éthérée, ambiante, qui prend lentement des sonorités orientales presque entraînantes. Un morceau tout en langueur et mélancolie au rythme de ce beat répétitif, des synthés et autres bidouillages sonores discrets sur lesquels le groupe a toujours aimé jouer. Evidemment, Lethe se rapproche toujours énormément de ce que peut proposer Manes, dans une version encore plus éloignée de ses racines rock/metal – mais le parallèle reste plus qu'évident. Mais on y retrouve dans ce morceau aussi un côté prog, dans la même veine que le dernier méfait de Leprous, par exemple. Bref, les quatre petites minutes du morceau me laissent plus sur ma fin qu'autre chose, mais je suis tout de même bien contente d'avoir un petit quelque chose à me mettre sous la dent. Et surtout de savoir qu'une suite arrive probablement l'année prochaine !