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Album

09 décembre 2014 - U-Zine

Exodus

Exhibit B : The Human Condition

LabelNuclear Blast
styleThrash metal
formatAlbum
paysUSA
sortiemai 2010
La note de
U-Zine
9/10


U-Zine

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2010 est l’année d’Exodus : après avoir sorti un DVD en début d’année, voici venu leur nouvel album, Exhibit B : The Human Condition. Son nom est « Exhibit B » car ce nouvel opus est la suite annoncée depuis 2 ans de l’album The Atrocity Exhibition... Exhibit A (2007). Entre temps, les californiens ont proposé aux fans un réenregistrement du mythique et excellent disque Bonded By Blood : Let There Be Blood. A travers la chronique écrite dans nos pages, on s’est bien rendu compte de l’inutilité de ce dernier, et on attendait avec impatience le nouvel album, dont la pochette est plutôt réussie.

Par rapport à Exhibit A, la version B se veut plus classique pour les habitués du groupe. Des titres comme « The Ballad Of Leonard And Charles » ou « Hammer And Life » qui est dédié au premier chanteur du groupe, Paul Baloff, ne surprennent pas beaucoup, mais sont très efficaces et ont toujours les chorus en surplus du chant, interprétés par les musiciens à cordes du groupe. Sur le premier morceau, « The Ballad Of Leonard And Charles », dans le double solo de guitares extrêmement rapide, on entend les pains du guitariste le plus aigu. Ça fait très thrashy !
Ce côté très thrash est amplifié par l’excellente production d’Andy Sneap. Un régal pour les oreilles des thrasheurs. Ce n’est donc pas Peter Tagtgren, en guest à la voix sur le titre « The Sun Is My Destroyer », qui a produit l’album. Il ajoute juste sa voix death au morceau, pour apporter de la profondeur à Exodus, dans un titre très long et structuré : « The Sun Is My Destroyer » se rapproche d’un morceau ultra rapide comme « Deathamphetamine » (album Shovel Headed Kill Machine), mais avec des accélérations brusques et un ralentissement tout aussi étonnant au milieu : un passage central bluesy, southern rock. Exodus surprend donc, mais ne plaira pas forcément avec ces nouveaux efforts.
Aussi, outre la rapidité et l’agressivité caractéristique d’Exodus qu’on rencontre sur « Class Dismissed (A Hate Primer) », « March Of The Sycophants », « Burn, Hollywood, Burn » ou « Good Riddance », nous avons droit aux sempiternelles ballades chères aux californiens. Ainsi vous écouterez le thrash plus posé d’Exodus dans « Nanking », « Democide » ou « A Perpetual State Of Indifference ». Enfin, Exodus n’en oublie pas pour autant la mélodie, avec un morceau entraînant comme « Downfall ».
Sinon, à l’écoute du disque, il se passe un phénomène étrange : au démarrage de « Nanking », on croirait qu’un nouvel album arrive, à cause de sons jamais entendus par le passé chez Exodus : des guitares cristallines et douces. De plus, comme c’est le morceau le plus posé de l’album, il agira pour l’auditeur comme une pause dans Exhibit B, ou marquera effectivement le démarrage d’un deuxième sous album dans l’album.
C’est guitares cristallines se retrouvent en introduction et en conclusion de « Democide » et de « A Perpetual State Of Indifference ». Ce nouveau son apporte un grand bol d’air frais à Exodus, et en plus d’être sympathique, il a le mérite de diversifier leur musique.

Au niveau des individualités, le duo de guitaristes Gary Holt / Lee Altus est excellent dans cet album. Nombreux sont les riffs efficaces et entraînants. Les soli de guitare sont certes moins démonstratifs que ceux d’Annihilator par exemple, mais ils sont très bons techniquement et plus thrashy. Le duo a su laisser mûrir ses compositions après un premier jet de 4 morceaux en 2008, pour proposer un disque riche en bonnes idées en 2010. Pour Rob Dukes, souvent critiqué par les fans qui préfèrent l’ancien chanteur Steve Zetro Souza, on peut dire qu’il a progressé à la voix, c’est indéniable. Son registre est ici plus vaste qu’avant, comme on peut le constater par exemple sur le morceau « Nanking ». De même, on l’avait entendu s’essayer au chant clair sur The Atrocity Exhibition... Exhibit A, et sur l’Exhibit B, c’est plus réussi, plus naturel. Vous pouvez oublier cela dans ce nouvel album. En parlant d’oubli, il y en a un qui n’a pas oublié le bon vieux temps des années 80 : c’est Tom Hunting, le batteur. Il est en force sur l’album et a livré une excellente prestation derrière les fûts. Il n’a jamais été à un aussi bon niveau. Il semble aujourd’hui que le patron soit Holt alors que Hunting a été membre fondateur avec un certain Kirk Hammett (Metallica) : c’est lui qui a ressuscité Exodus, qui est présent sur tous les albums et qui a fait en sorte que le groupe soit à son top aujourd’hui. Enfin, Jack Gibson, quant à lui, fait vrombir sa basse yamaha dans Exhibit B : The Human Condition, comme par exemple sur « A Perpetual State Of Indifference ». Il a droit à ses petites parties en solo sur certains morceaux. Son instrument n’est pas superflu comme beaucoup de disques actuels. La production rend sa basse très massive et métallique ; comme les précédents albums d’Exodus me direz-vous…

Au final, 1 heure 14 minutes de musique, voilà qui fait long sur le papier. Mais Exhibit B : The Human Condition est à la fois dense et varié. Alors oui, nous avons droit à des morceaux étendus (comme la chronique...) et parfois indigestes, mais toutefois plusieurs écoutes et une coupure au milieu (« Nanking ») rendront cette assimilation plus aisée. Néanmoins, celles et ceux qui n’aiment pas les longs morceaux pourront passer leur chemin : ils appelleront peut-être le thrash d’Exodus du « thrash schizophrénique ».
Si on regarde les sorties thrash de 2010, on peut dire que l’album est supérieur au dernier disque d’Annihilator (notamment à la voix et à la batterie), mais aussi au nouvel album d’Overkill et de Heathen (autre groupe de Lee Altus). Ces quatre disques sont des réussites et sont bien meilleurs que les dernières offrandes des membres du big four du thrash (Metallica, Slayer, Megadeth, Anthrax qui n’a pas de nouvel album à défendre pour l’instant). On peut oser le dire : les « seconds couteaux » du thrash sont meilleurs que ceux qui sont supposés l’être.

1. The Ballad Of Leonard And Charles
2. Beyond The Pale
3. Hammer And Life
4. Class Dismissed (A Hate Primer)
5. Downfall
6. March Of The Sycophants
7. Nanking
8. Burn, Hollywood, Burn
9. Democide
10. The Sun Is My Destroyer
11. A Perpetual State Of Indifference
12. Good Riddance

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