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Album

09/12/14 - U-Zine

Devin Townsend

Ocean Machine - Biomech

LabelHevy Devy
styleMetal Athmospérique indispensable
formatAlbum
paysCanada
sortiemai 1998
La note de
U-Zine
9.5/10


U-Zine

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Il fut un temps un temps ancien, je l’admets, où Devin Townsend arrivait à dissocier réellement son travail en solo et son travail avec Strapping Young Lad. En effet, sortaient à un an d’intervalle deux albums qui sont depuis quelques années sur mon chevet : City et Biomech. Enfin solo, Biomech l’est sans l’être. En effet, Biomech n’a pas été réalisé sous le nom de Devin Townsend mais d’Ocean Machine, le divin chauve s’entourant pour l’occasion de Marty Chapman à la batterie et de JR Harder à la basse. Le reste étant assuré par vous devinez qui, tout comme la composition. Autrement dit,derrière Ocean Machine, The Devin Townsend Band ou Devin Townsend simplement, se cache un projet « solo » du père Devin. Oui, il est très dur de suivre la carrière du Canadien.

Cet album est particulier à mes yeux car de tous les albums « solo » de Devin, je n’ai jamais trouvé un seul autre lui arrivant à la cheville et pourtant dieu sait que sa carrière a été productive en terme de sorties de qualité. Sauf que celui là, a quelque chose en plus. Devin parle de sujets qui me parlent et utilise une musique très simple encore plus éloquente à mes oreilles. Il a je pense rendu la sa copie la plus personnelle qu’il ait pu faire. Il y a mit tout son cœur et cela se ressent incontestablement sur l’auditeur qui pendant une heure et quart voit le monde comme à l’intérieur de Devin, à travers ses yeux. Cet album est avant tout une expérience et devient, donc, très vite éprouvant pour le pauvre humain qui n’en attendait pas tant.

Pourtant, ce disque n’est absolument pas complexe. Les chansons sont très faciles d’accès, entraînantes et entêtantes. La faute à des riffs et à des paroles se répétant beaucoup (« You’re Never Alone »). Devin n’a pas usé de son talent de guitariste mais a bien effrité ses talents de compositeur et de chanteur.
En effet, il est incroyable qu’un album aussi long (une heure et quart, mine de rien) et aussi basique instrumentalement parlant, vous scotche autant. De plus, les changements de rythme sont peu nombreux (Ceux me marquant le plus étant la fin de « Hide Nowhere » et la légère accélération vers le milieu de « Bastard »). Et pourtant, on s’ennuie très rarement : seul « Bastard » me semble un poil long.

A quoi cela est du ?

Je vous le donne en mille : Grâce à la sincérité de Devin. Tant sur le plan instrumental que vocal, Devin essaye de vous faire ressentir ce que lui-même ressent plutôt que de vous en mettre plein la vue. Prenez « 3 A.M» ou « The Death Of  Music » et vous trouverez cette douceur et d’une pureté dans la voix que peu de chanteurs peuvent vous faire ressentir (Jonas Renkse ou Mikael Akerfeldt en ce qui me concerne). Mais le divin chauve utilise à merveille son grand talent de chanteur et sait le varier dans les bonnes occasions comme sur « Hide Nowhere » et « Regulator » qui est, au passage, la chanson la plus violente de l’album.

« Hide Nowhere », justement, est pour moi la chanson qui gâche un peu le trip de Biomech. Pas qu’elle soit mauvaise mais surtout trop barré et joyeuse pour coller à cette ambiance quand même relativement mélancolique et encore plus d’une beauté à toute épreuve. « The Death Of Music » en est le parfait exemple. Devin est presque seul avec lui-même en train de chanter la mort de la musique pendant la première partie du morceau (qui dure douze minutes quand même), c’est déjà quelque chose à vivre mais alors quand une once de clavier annonce la renaissance de ladite musique, on ne peut plus retenir ces larmes devant ce summum de beauté qu’atteint l’œuvre pourtant des plus minimalistes.

Aucun autre album de Devin Townsend ne me touche autant et je suis prêt à parier qu’aucun autre dans le futur ne pourra atteindre cette grandeur.
C’est malheureux pour le personnage mais après un tel Biomech, il m’est impossible de ne pas être déçu par un de ses albums (Strapping Young Lad mis à part).


01- Seventh Wave
02- Life
03- Night
04- Hide Nowhere
05- Sister
06- 3 A.M.
07- Voices In The Fan
08- Greetings
09- Regulator
10- Funeral
11- Bastard
12- Death Of Music
13- Things Beyond Things (Bonus)

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