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mercredi 6 juin 2018

Babymetal @ Utrecht (Pays-Bas)

TivoliVredenburg - Utrecht

Schifeul

Dans l'équipe car il était là avant.

2 ans après leur dernier passage, BABYMETAL daigne enfin passer en Europe pour une tournée de quelques festivals d’été, entrecoupés de concerts en tête d’affiche. La France étant soigneusement évitée (comme la majorité des pays européens d’ailleurs hein, arrêtez de rager les fans) me voici en direction des Pays-Bas pour assister à l’un des deux concerts d’Utrecht. Parce que non seulement, la circulation en Belgique, c’est le foutoir quand t’arrive sur Anvers, mais en plus, c’est la merde de rouler en bagnole aux Pays-Bas, j’arrive sur les lieux en plein milieu du set de la première partie dont j’ai oublié le nom. Pas grave, on s’en fout complet, ça laisse juste le confort de prendre du merch sans faire la queue et ça permet de découvrir un peu la salle...

Affichant complet depuis belle lurette, le TivoliVredenburg est rempli ras la gueule. La configuration de la salle présente des balcons, joignables par des escaliers en extérieur, qui se terminent de chaque côté par une rampe qui descend jusqu'aux côtés de la scène. Cette originalité doit donner un point de vue privilégié aux fans qui avaient la foi de faire la queue. Surtout quand la scène est censée être caché par un rideau.

Après une courte attente, les lumières s’éteignent et comme il est d’usage dans les concerts du groupe, nous avons droit à la narration d’un chapitre de leur légende. De ce que j'ai compris, la Metal Resistance a un côté obscur et un côté, heu, lumineux ? Et les Metal Gods ont envoyé les Chosen Seven depuis le Dark Side. Non sans oublier de balancer un truc du genre “les Chosen Seven ne sont pas forcément obligés d'être dans la même dimension” histoire de taper une pirouette sur la question de l’absence de Yui. Ha oui, si jamais tu n'es pas au courant, Yui n’est pas dans le groupe depuis le début de la tournée et personne ne sait pourquoi. Entraînant ainsi un flot continu de spéculation et de désolation chez les fans.

Le rideau tombe et voilà nos huit Chosen Seven qui déboulent sur In The Name Of, intro sur un metal plutôt tribal et ritualisé avec ses percussions, découvert lors du Legend S. Les huit du coup, car en plus du Kami-band fringué en toge à capuche façon rip off de Batushka, deux danseuses pro accompagnent Su-Metal et Moa-Metal. Ces quatre dernières arborent pour ce titre le masque façon Shredder mixé au kabuto de Gamō Ujisato comme utilisé sur les affiches de 2015 en mode Dark Knight, ainsi qu’un sceptre rappelant Saori dont elles se servent pour exécuter leur chorégraphie ou battre le sol (attention à la gangrène les filles). Mais arrêtons-nous un peu sur les costumes, qui ont fait couler beaucoup d'encre sur les écrans d'ordinateur. Ici, c’est fini les jupons et les froufrous, les couettes et les franges. Les BABYMETAL ainsi que les danseuses sont vêtues de robes noires façon prêtresses guerrières. Perso ça me va complètement, ce nouvel accoutrement donnant un côté beaucoup plus adulte. Parce que bon, Kawaii, c’est bien, mais là elles arrivent sur 19 et 21 ans (oui, elles sont plus vieilles que toi) et faudrait peut-être passer à autre chose, ce qui implique une certaine évolution sur le groupe. Mais on va y revenir.

 

 

Suite à ce In The Name Of, où même si je reconnais son efficacité en titre d’intro, une version écourtée n’aurait pas été de refus non plus, BABYMETAL enchaîne (après avoir remplacé les masques par des couronnes) avec Distorsion, le nouveau titre que l’on connait déjà qui passe foutrement bien en live, puis deux inédits, nommés provisoirement Elevator Girl et Tattoo. Si le premier titre donne dans le BABYMETAL pur jus, avec petite boucle électro, refrain imparable de furieux et même petite touche lounge jazz (d’où le “Elevator” sûrement) le tout soutenu par une chorégraphie énergique, la deuxième dénote totalement. Pas tant musicalement, où on retrouve Su toute seule qui prouve encore une fois qu’elle est une putain de bonne chanteuse, mais surtout parce qu’elle est en totale roue libre ! Pas de chorégraphie, la voilà libre de ses mouvements. Si ce côté naturel apporte une certaine fraîcheur, il faut aussi se rendre à l’évidence et la pauvre est un peu paumée, ne sachant parfois pas quoi faire de sa carcasse. En même temps, tu gommes pas 8 ans de choré comme ça, normal qu’elle ait pas l'aplomb d’une front woman.

On a donc droit à un début de concert basé sur des nouveau titres. Plutôt risqué, mais force est de constater que, tout cela est passé comme papa dans maman. La magie BABYMETAL opère d’office sur un public qui, de toute façon, est tout acquis à sa cause. Même si elle est très regrettable, l’absence de Yui est compensée d’une part par les deux danseuses, mais surtout par une Moa qui se décarcasse à combler ce vide. D’ailleurs elle le prouvera avec panache sur Gj!, qui nous fait enfin mettre pied en terrain connu et sera le seul morceaux du Black Babymetal joué ce soir (et pour le coup, j'aurais préféré avoir enfin droit à Sis.Anger). Plus souriante que jamais, Moa va assurer seule le spectacle sur cette chanson, étant soutenue uniquement sur le refrain par les danseuses. Malheureusement, ce moment de grâce sera quelque peu gâché par une bande de Jean Foutre qui ont décidé de se lancer dans un pit. Sur le concept, je veux bien, sauf que, n’ayant pas réussit à se faufiler à l’endroit propice, ils ont décider de faire ça n’importe où, et en particulier dans mon dos. La situation est assez contrariante vous en conviendrez. Heureusement une fois le dominant calmé de façon peut-être assez sèche, mais mesurée, tout rentre dans l’ordre et on peut apprécier un nouvelle fois le talent de Su pour Akatsuki. On notera sur le solo une réapparition des danseuses pour une chorégraphie de combat du plus bel effet qui montre, à l’instar du Kami-Band, qu’elles ne sont pas là pour faire de la figuration et qu’elles aussi touchent leur bille.

 

Megitsune prend la suite, permettant à un semblant de pit de se former, le moment propice pour faire une percée et me rapprocher de la scène. Si d’un coté c’est plaisant car c’est toujours dans cette zone là que j'apprécie le plus les concerts, d’un autre, dans quoi je suis tombé ? Entre ceux qui tentent d’imposer un jumping à la Slipknot pour aucune raison et celui qui me prend pour son pote à sauter en me tenant l’épaule avant que j’écarte sa main avec mépris, me voilà bien mal tombé… Mais ne boudons pas notre plaisir pour un des rares morceaux du premier album joué ce soir, avec Gimme Chocolate qui enchaîne directos derrière. Et là, déso je vais faire une petite infidélité à Moa. Car si elle m’a bien mis des étoiles pleins les yeux en exécutant à elle seule sa choré et celle de Yui, mon attention est accaparé par la danseuse de droite qui cabotine à qui mieux-mieux en exécutant moultes grimaces expressives. C’est simple, à côté, les Jim Carrey et autre De Funès passent pour des Steven Seagal atteint de paralysie faciale.

 

 

On passe ensuite à un Karate repris par tout le public où la lie de l’humanité se colle une nouvelle fois à moi sous la forme d’un mec qui agite son fox sign de manière frénétique à mon oreille. Je le dégage une fois, deux fois et alors que je m'apprête à le faire une troisième fois, Moa regarde dans notre direction. Ce qu’elle a pas fait la pauvre. Voilà que le lascar se met à sauter et à hurler comme un fou, comme si pour la première fois de sa vie, lorsque ses yeux firent croire à son cerveau qu’ils croisèrent ceux de sa Waifu, son corps s’était mis à produire de la testostérone. Et voilà qu’il repart de plus belle à agiter sa main de flutiste. Pas que je sois un grand fan du concept de Safe Space, mais parfois il est de notre devoir, au nom de la République, d’inculquer quelques bases de tolérance. Je me retourne et ho putain, l’erreur. Le lascar est affublé d’un râtelier qui ferait passer Su pour une égérie Colgate. Le temps que je me remette de ce que je viens de voir que le drôle en chaussures de randonnée a disparu. En effet sur le pont en mode “on se relève grâce au pouvoir de l’amitié et on est plus fortes” une deuxième tentative de jumping Spit It Out est lancée avec plus de succès et je me retrouve le seul con debout. En même temps j’ai pas compris le délire et puis j’obéis qu’aux minettes sur scène moi Monsieur !

Après une très courte pause, une sirène retentit, annonçant un Road Of Resistance entamé avec les filles armée de drapeaux, cette fois à l’effigie de l’espèce de cercle qui doit représenter la porte du dark side ou chépakoi. Comme de coutume, Su demande à ce que le public s’écarte afin de permettre un wall of death. Il s'exécute, mais de genre 30 cm. Vous en conviendrez, l’effet qui en résulte n’est pas celui escompté, le public néerlandais reste, donc ici, fidèle à sa réputation de tout mou. Bon en même temps, à leur décharge, la salle est archi pleine et y a pas non plus beaucoup de place. La suite on la connait, danse du dragon, hoohooohooohooo a cappella et on arrive à l’ultime titre du concert avec un The One dont on se passerait fort bien !

Parce que oui, le véritable scandale de ce retour de BABYMETAL, ce n’est pas la pauvreté du nombre de date, les costumes qui en ont triggered plus d’un ou l’absence de Yui, non, c’est cette foutue Set List ! Une heure de concert, 11 titres et même pas les meilleurs ça gâche un peu la magie. Je veux bien comprendre qu’avec ces histoires de danseuses supplémentaires, il a fallu retravailler les choré et limiter le nombre de titres, mais pas The One putain ! Parce que non, désolé pour les petites meufs qui avaient la larme à l’oeil durant le morceau, The One est une purge infâme ! Il dure des plombes, c’est chiant, il se passe rien sur scène et on s’en branle de son message. Et en plus il a le culot d’avoir un refrain qui reste des plombes en tête. Dégagez le vite et foutez Yava! et Headbangeeeeer!! à la place !

En conclusion, malgré un manque de hits qui fait un peu tirer la grimace, une fois de plus on a eu droit à un grand concert de BABYMETAL. Divertissant en diable, proposant moult nouveautés visuelles et musicales, il faudrait être bien grincheux pour bouder son plaisir, nonobstant les quelques imperfections çà et là. En revanche, on peut souligner que BABYMETAL est clairement dans une phase de transition. Le logo BABYMETAL est absent du backdrop ou des drapeaux de Road To Resistance, les costumes sombres et la musique qui tendent tout de même vers quelque chose de moins en moins foufou, et rendent le groupe plus adultes, laissant le côté kawaii pour s’orienter vers quelque chose d’autre. Ou alors c’est juste pour la tournée Dark Side. La tournée Bright sera avec Yui et on aura un retour des froufrou kawaii. Merci et bonsoir.

Setlist

IN THE NAME OF
Distortion
Elevator Girl
Tattoo
GJ!
Akatsuki
Megitsune
Gimme Chocolate!!
KARATE
Road of Resistance
THE ONE