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Album

09/12/14 - U-Zine

Tankard

Thirst

LabelAFM Records
styleThrash
formatAlbum
paysAllemagne
sortiedécembre 2008
La note de
U-Zine
6.5/10


U-Zine

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26 longues années que Tankard nous offre ses pintes de bières, et pour fêter la fin de l’année 2008, les revoilà avec leur 13ème album, intitulé Thirst. De nouveau, le titre de l’album fait référence au penchant assoiffé du metalleux, puisqu’il signifie « soif » en français. Mais n’allez pas croire qu’il se limite à la soif d’alcool… Ce serait avoir une vision réductrice du message que veut faire passer Tankard.

La cover est, comme d’habitude chez Tankard, du comique de situation. Notre bon gros alcoolique est très embarrassé en plein désert, alors qu’il n’a plus de bière à boire, que le prochain bar se trouve à 666km, et que des obstacles (arbre, vautours) lui barrent la route. Une cover simple, avec moins de détails amusant que par le passé (n’est pas Sebastian Krüger qui veut…). Enfin, la mascotte du groupe, le petit extra-terrestre vert, a disparu.

Au niveau musical, Tankard pratique son thrash habituel (plutôt celui des 3 derniers albums tout de même) : de la simplicité qui vise à être efficace. Le but pour les teutons est de rester authentique, de garder leur caractère unique, et surtout, de continuer à distiller des morceaux destinés à séduire les fans en concert. Généralement rapides, les morceaux de Thirst adoptent régulièrement une rythmique galopante à la guitare. Les titres « Octane Warriors » et « Deposit Pirates » en sont les fervents illustrateurs. Pour moi, ils font très bien se débuter l’album. Mais par la suite, Tankard tombe dans ses travers, avec des morceaux aux structures identiques, aux passages répétitifs (les refrains où le titre est scandés par un cœur par exemple. Un classique de chez classique),où seules quelques harmoniques placées par-ci par là viennent troubler ces récurrences. L’exemple le plus flagrant est le titre qui fait référence au nom de l’album, « Stay Thirsty ! » (aussi visible en vidéo clip). Trop d’impression de calque ou de déjà vu. C’est une dangereuse menace linéaire tout au long des 44 minutes (10 titres), qui pourrait être comblée par des progrès techniques. C’est du bon thrash des familles, mais ça ne va pas plus loin.
Néanmoins, Tankard a voulu innover un peu dans ce disque :
Tout d’abord, toujours dans ce morceau « Stay Thirsty ! », nous notons l’apparition d’une guitare acoustique en intro. Ensuite, sur le surprenant titre « When Daddy Comes To Play » et sur la partie « folk » de l’ultime morceau « Sexy Feet Under » (plutôt bon, rappelant ceux des compères Kreator et Sodom), des chants féminins et enfantins viennent apporter du sang frais à leur musique, un peu comme le picon dans la bière…
Enfin, « G.A.L.O.W. » commence par une rythmique typiquement punk, mais pour enchaîner sur du thrash pure souche. Vous me direz, ce n’est pas très innovant, puisqu’à ses débuts, Tankard donnait pas mal dans le punk. Mais c’est juste pour souligner que le groupe a voulu un peu changer par rapport à la continuité de ses dernières offrandes.

Si on regarde les prestations de chaque entité de Tankard, tout le monde est plutôt performant. Bien sûr, le leader Gerre est bien mis en avant par la production d’Andy Classen (comme sur les 3 derniers albums). J’aime beaucoup son chant, à la fois thrashisant et grand (qui nous pousse vers le haut). Les guitares d’Andy Gutjahr sont elles aussi bien mis en avant. Ses parties sont efficaces, ses soli de bonne facture, mais comme je l’ai dit précédemment, il y a par moment beaucoup de linéarité dans ses compositions, pas assez d'élan technique et mélodique. La basse par contre, n’est pas assez audible, bien qu’on la distingue en se concentrant bien. Enfin, Olaf le batteur a un jeu correct : une simplicité, des frappes là où il faut, mais rien d’extravagant ou d’innovant chez lui.
En ce qui concerne les lyrics, je l’ai déjà dit, Tankard ne se limite pas aux clichés alcooliques : « Octane Warriors » est un message à vocation écologique, contre les grands consommateurs de pétrole. « Sexy Feet Under » nous met à la place de l’homme qui a devant lui une beauté fatale qu’il croit hors de sa portée (j’entends par là qu’il lui semble impossible de conquérir). Vous avez ainsi compris le choix du titre de l'album "soif", qui ne se réduit pas à la soif d'alcool.
Il y a pour finir un morceau qui est tordant de rire : « Myevilfart » : un titre à la première personne du singulier, qui raconte l’insupportable mal de nez procuré par les flatulences du narrateur. On dirait que ça sent le vécu ! Toujours est-il que Tankard n’a pas peur du ridicule, et que l’autodérision est au rendez-vous.

En définitive, Thrist est un bon album de Tankard, qui ne déroge pas aux standards imposés par le groupe depuis des années. Ce n’est pas un disque monumental, mais on retiendra ses 2 premiers morceaux ainsi que le dernier, qui sont plutôt entraînant. C’est certain, les titres passeront bien en live et les fans seront satisfaits de leur achat. Mais pour moi, avec cet album, les teutons restent un poil en dessous de Kreator, de Sodom ou du dernier Destruction.

1. Octane Warriors
1. Deposit Pirates
2. Stay Thirsty !
3. Hyperthermia
4. Echoes Of Fear
5. When Daddy Comes To Play
6. Zodiac Man
7. G.A.L.O.W.
8. Myevilfart
9. Sexy Feet Under

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